La désinformation est considérée comme l’un des plus grands fléaux de notre siècle. Selon le rapport d’étude du Forum économique mondial, la désinformation est un danger pour nos sociétés au même titre que les catastrophes naturelles ou les conflits armés. Selon UN today, le magazine officiel des fonctionnaires internationaux des Nations unies, la prolifération de contenus trompeurs fragilise les fondements démocratiques, particulièrement lors des échéances électorales, et vise délibérément à fragiliser la solidité des institutions. Au-delà de la sphère politique, ces manipulations informationnelles mettent également en péril la sécurité et la santé des populations, comme on l’a vu pendant les élections de 2025 au Cameroun ou encore pendant la crise du COVID-19.
Avec son écosystème particulièrement vulnérable alliant une accélération de la pénétration d’internet et un faible niveau d’alphabétisation dans plusieurs régions, le continent africain n’échappe pas à cette réalité. Les récentes guerres d’influence dans la région du Sahel, marquées par des campagnes de désinformation massives orchestrées par des puissances étrangères pour manipuler l’opinion publique, illustrent bien l’acuité de cette menace, selon le rapport de 2024 du Centre d’études Stratégique de l’Afrique. C’est dans ce contexte que l’Association camerounaise d’éducation aux médias (ÉdukMédia), organisation reconnue experte dans le domaine de l’EMI, a déployé un programme de formation en EMI dans cinq pays d’Afrique francophone qui avaient des échéances électorales en 2025 : le Cameroun, le Togo, la RCA, le Tchad et le Burundi.
59 %
Le pourcentage des participant·e·s aux formations d’Éduk-Média qui disent se sentir plus à l’aise pour analyser l’information.
Si les actions de formation conduites par Éduk-Média dans ces cinq pays s’inscrivent dans une dynamique croissante de promotion de l’EMI en Afrique, leur efficacité demeure encore insuffisamment documentée. Or, l’évaluation de ces initiatives est essentielle pour mesurer leur capacité à renforcer durablement les compétences des bénéficiaires et à favoriser des changements de comportements face aux désordres informationnels.
La problématique de cette étude s’articule donc autour de l’efficacité de ces actions de formation. Elle vise à analyser dans quelle mesure l’intervention en EMI permet une montée en compétences réelle chez les bénéficiaires dans la lutte contre la désinformation.
Parmi les résultats, on citera notamment un chiffre: plus de 59 % des participant·e·s aux formations d’Éduk-Média disent se sentir plus à l’aise pour analyser l’information. Pour une majorité d’entre eux, vérifier une image avec une recherche inversée ou utiliser des outils de fact-checking est désormais devenu un réflexe. Et surtout, 51 % se sentent aujourd’hui capables de réagir et de corriger une fausse information lorsqu’ils en rencontrent dans leur entourage.
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Photo de couverture: Formation dans une classe par l’association camerounaise Eduk Media. Crédit: Eduk Media.
Eduk-Media Cameroun est une association camerounaise dédiée à l’éducation aux médias et à l’information, avec une expertise reconnue en matière de sensibilisation aux risques désinformationnels, notamment via les réseaux sociaux.






