La principale explication de l’échec américain en Afghanistan est le choix d’une stratégie, entamée par le président Bush, mais ensuite poursuivie par le président Obama, basée quasiment exclusivement sur l’usage de la force. Le soutien au développement a été très peu important au regard des sommes colossales affectées aux opérations militaires.

(errata : En page 1, il faut lire « le Plan Marshall, qui a consisté à aider les pays européens à reconstruire leur économie entre 1947 et 1951, a coûté aux États-Unis une somme équivalente à 150 milliards de dollars (aux prix actuels), soit moins de 7 % du coût de la guerre d’Afghanistan« .

En page 2, il faut lire « les Américains dépensent annuellement 780 milliards de dollars (et non 780 millions) pour leur budget militaire« .

Un usage exclusif et très coûteux de la force

Les Américains ont déployé des moyens militaires considérables en Afghanistan pendant les vingt ans de leur présence sur son territoire. Le président Biden a indiqué que les Américains y avaient dépensé 1.000 milliards de dollars. En réalité, il s’agit uniquement des dépenses relatives à la guerre en Afghanistan inscrites dans le budget de la défense. Les chercheurs du projet « Costs of War » du Watson Institute International and Public Affairs dépendant de la Brown University – une université américaine indépendante –, ont ajouté à cette somme tous les coûts supplémentaires inscrits dans d’autres budgets : ils arrivent à un total de 2 261 milliards de dollars. À titre de comparaison, le Plan Marshall, qui a consisté à aider les pays européens à reconstruire leur économie entre 1947 et 1951, a coûté aux États-Unis une somme équivalente à 173 milliards de dollars (aux prix actuels), soit moins de 8 % du coût de la guerre d’Afghanistan pour les Américains.

Crédit photo: Afghanistan war collage – Author: Swarm – Wikimedia Creative Commons

Lire la suite de l’Éclairage en pdf ou en PdfViewer ci-dessous.

Aller au contenu PDF
Plus de publications

Bernard Adam a obtenu une Licence en Sciences économiques à l’Université catholique de Louvain. Il a effectué un service civil de deux ans comme objecteur de conscience au Mouvement chrétien pour la paix, dont il a été Secrétaire national.

Il a fondé le GRIP en 1979 et a été son directeur pendant 31 ans jusqu’en 2010, dirigeant une équipe d’une vingtaine de personnes, ainsi qu’un réseau d’une cinquantaine de collaborateurs extérieurs.

Il a travaillé sur les questions des relations Est-Ouest (crise des euromissiles, armements nucléaires, désarmement), les institutions multilatérales de défense et de sécurité (ONU, OSCE, OTAN, PESC, PESD) ainsi que dans le domaine de l’économie de l’armement (dépenses militaires, exportations d’armes).

En 1990, il a réceptionné pour le GRIP le titre de « Messager de la paix », décerné par le Secrétaire général de l’ONU en reconnaissance de « sa contribution précieuse à l’action menée en faveur de la paix ».

Il a collaboré aux travaux parlementaires sur la préparation des législations sur les exportations d’armes belges, notamment en 1991 et en 2003. Il a créé en 2004 la « Cellule de veille de l’évolution de la production et des transferts d’armes en Belgique, en Europe et dans le monde » soutenue par la Région wallonne.

Il a dirigé plusieurs études sur les armes légères et de petit calibre, notamment concernant leur circulation en Afrique centrale et de l’Ouest, dans le cadre de travaux pour les Ministères belges des Affaires étrangères et de la Coopération au développement.

Il a réalisé plusieurs études et rapports sur les conflits dans le monde, la prévention et la gestion des conflits, les opérations de maintien de la paix, en particulier concernant les guerres dans l’ex-Yougoslavie, en Irak et en Afghanistan.

Il a publié plusieurs textes sur l’Union européenne (« Puissance tranquille »), les relations transatlantiques et la politique extérieure des Etats-Unis.

Outre les travaux publiés dans le cadre du GRIP, il a publié environ 200 articles et cartes blanches notamment dans Le Soir, La Libre Belgique, La Cité, Le Peuple, Le Vif-L’Express, L’Echo, Libération, L’Etat du Monde, Le Monde Diplomatique, Tiempo de Paz, la Revue Nouvelle. Il a également réalisé des travaux pour le SIPRI, le Bureau international du Travail, la Commission européenne, le Parlement européen, le Conseil central de l’économie et plusieurs organisations syndicales belges et européennes.