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D’agression armée à menace hybride : les mutations dangereuses du principe de légitime défense après l’intervention au Venezuela

Dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026, les forces armées des États-Unis bombardent le Venezuela et capturent son président, Nicolas Maduro. Alors que la plupart des pays européens dénoncent cette opération comme une violation de l’interdiction du recours à la force prévue par la Charte des Nations unies, l’Italie adopte une posture singulière. Le gouvernement italien suggère que l’action américaine pourrait relever de la « légitime défense » face à des attaques hybrides qui menacent la sécurité, comme le trafic de drogue organisé par certains États. Cette justification, peu convaincante sur le plan juridique, illustre un glissement préoccupant du principe de légitime défense, historiquement limité à la riposte contre une agression armée.

Ce glissement n’est pas totalement inédit : il avait été amorcé par l’OTAN dans son Concept stratégique 2022, qui envisageait que certaines opérations hybrides puissent atteindre le seuil d’une agression armée. L’intervention au Venezuela et les déclarations italiennes franchissent un pas supplémentaire, en légitimant la force contre des « menaces à la sécurité » plutôt que contre des attaques effectives. Ce papier examine ces mutations du droit international, en analysant comment la légitime défense, originellement conçue comme un droit strictement réactif, s’élargit désormais à des formes diffuses de menace, et les implications de ces évolutions pour le système de sécurité collective.

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Photo de couverture : Des manifestants protestent à Washington contre l’intervention au Venezuela, le 3 janvier 2026 – crédit : Jason Gooljar, Flickr, licence CC BY-NC-SA 4.0.

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Agatha Verdebout est chargée de recherche au GRIP depuis le mois de mai 2022. Elle a étudié le droit ainsi que les relations internationales, et est titulaire d’un Doctorat en sciences juridiques de l’Université Libre Bruxelles (2017). Son domaine d’expertise principal est le droit de la paix et de la sécurité internationale. Avant de rejoindre le GRIP, Agatha Verdebout était enseignante-chercheuse en droit international public à la European School of Political and Social Sciences (ESPOL) et Chargée d’enseignement à la faculté de droit de l’Université Libre de Bruxelles.

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