[…] L’un des arguments les plus entendus en faveur du commerce des armes est certainement sa contribution à l’économie. Il est mis en avant pour justifier à la fois le financement des programmes d’armement et les ventes à l’exportation, même dans des situations où les armes sont impliquées dans des violations des droits humains et des conflits armés meurtriers. Au nom de la prospérité économique, il faudrait continuer d’alimenter la violence politique, sinon un autre État n’ayant pas les mêmes normes éthiques et juridiques et moins soucieux de la sécurité des populations civiles en profiterait pour prendre des parts de marché. En d’autres termes, la prospérité des actionnaires et des employés des producteurs d’armes et la manière dont elle irriguerait l’économie des territoires justifieraient de conclure une vente. Et tant pis pour les victimes. Le caractère indéfendable au plan moral de cette posture ne suffit manifestement pas dans le débat public et auprès des décideurs à éclipser un argument économique si fort qu’il en irait de l’évidence, une assertion qui mériterait pourtant une démonstration.
Crédit: miliaryedge
Télécharger l’Éclairage en pdf ou lire ci-dessous.
Yannick Quéau est directeur du GRIP depuis 2020 après y avoir exercé la fonction de directeur adjoint et de la recherche pendant deux ans.
Ses sphères d’expertise couvrent la sécurité internationale, les relations transatlantiques en matière de défense, les aspects industriels, stratégiques et économiques du commerce des armes, qu’elles soient classiques ou nucléaires, ainsi que les règles de contrôle qui les encadrent.
Il intervient régulièrement dans les médias (télévision, radio et presse écrite) pour commenter les confits et les enjeux du commerce des armes. Il coanime notamment la chronique hebdomadaire « Le dessous des guerres » sur la chaîne d’information en continu sur LN24.
M. Yannick Quéau a été nommé en 2023 et pour cinq ans sur le Conseil consultatif des armes du SPF Justice comme représentant francophone d’associations et d’organisations indépendantes démontrant une expérience effective de la gestion et de la prévention des problèmes posés par la détention et l’utilisation d’armes légères.
De 2018 à 2020, Yannick Quéau a été membre du comité éditorial de l’ATT Monitor (un projet de Control Arms) qui évalue de manière indépendante les modalités de mise en œuvre du Traité sur le commerce des armes des Nations unies.
Il a auparavant travaillé au sein du Groupe de recherche sur l’industrie militaire et la sécurité (GRIMS, Montréal) et été rattaché à l’Observatoire de l’économie politique de la défense (OEPD, Montréal). Il a aussi œuvré comme analyste au Technopole défense et sécurité à Valcartier (Québec, Canada), plus précisément, au Bureau de commercialisation et d’intelligence des marchés, ainsi que comme enseignant pendant 3 ans pour le compte du ministère de la Défense du Canada à Saint-Jean-sur-Richelieu (Canada).
Yannick Quéau a enseigné épisodiquement comme chargé de cours à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), à l’Université Paris 2 Panthéon-Assas et à Sciences Po Paris. Depuis 2021, il intervient comme expert invité à l’Université libre de Bruxelles (ULB). Yannick Quéau est diplômé de l’UQAM (Canada) et de l’université de Bradford (Royaume-Uni).






