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Note d'analyse

L’ombre d’un doute. Les divergences franco-allemandes en matière d’exportation d’armes

Au cours des cinq dernières années, les exportations d’armes sont devenues une question délicate dans les relations franco-allemandes. De profonds désaccords sont apparus sur la question de savoir s’il fallait ou non vendre des armes à des pays non membres de l’UE, comme l’Arabie saoudite, ce qui a eu des répercussions négatives sur la collaboration en matière de défense entre Paris et Berlin.

En effet, les autorités allemandes ont bloqué à plusieurs reprises les exportations de systèmes développés conjointement vers des pays sensibles avec lesquels la France avait déjà signé des contrats. À première vue, une telle accumulation de turbulences a semblé surprenante, car la France et l’Allemagne partageaient un cadre commun d’accords sur les exportations d’armes, dont la Position commune de l’UE sur les exportations d’armes (PCUE), le Traité sur le commerce des armes (TCA), et même des accords bilatéraux signés dans les années 1970.

Cependant, les interprétations divergentes des dispositions de ces instruments ainsi que les spécificités nationales en matière de contrôle des exportations ont abouti à des politiques françaises et allemandes très éloignées l’une de l’autre en matière d’exportations d’armes. Dans un contexte de regain d’intérêt pour les grands projets de défense communs, tels que le futur Système de Combat Aérien du Futur (SCAF), Berlin et Paris se sont efforcés de régler leurs différends en rédigeant un nouvel accord en octobre 2019. Bien que tombée à point nommé, cette initiative n’a pas permis de dégager une approche commune sur les exportations d’armes vers les pays tiers et risque même de compromettre la mise en œuvre des règles internationales et européennes convenues dans le cadre de la PCUE et du TCA.

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Yannick Quéau est directeur du GRIP depuis 2020 après y avoir exercé la fonction de directeur adjoint et de la recherche pendant deux ans. 

Ses sphères d’expertise couvrent la sécurité internationale, les relations transatlantiques en matière de défense, les aspects industriels, stratégiques et économiques du commerce des armes, qu’elles soient classiques ou nucléaires, ainsi que les règles de contrôle qui les encadrent. 

Il intervient régulièrement dans les médias (télévision, radio et presse écrite) pour commenter les confits et les enjeux du commerce des armes. Il coanime notamment la chronique hebdomadaire « Le dessous des guerres » sur la chaîne d’information en continu  sur LN24. 

M. Yannick Quéau a été nommé en 2023 et pour cinq ans sur le Conseil consultatif des armes du SPF Justice comme représentant francophone d’associations et d’organisations indépendantes démontrant une expérience effective de la gestion et de la prévention des problèmes posés par la détention et l’utilisation d’armes légères. 

De 2018 à 2020, Yannick Quéau a été membre du comité éditorial de l’ATT Monitor (un projet de Control Arms) qui évalue de manière indépendante les modalités de mise en œuvre du Traité sur le commerce des armes des Nations unies. 

Il a auparavant travaillé au sein du Groupe de recherche sur l’industrie militaire et la sécurité (GRIMS, Montréal) et été rattaché à l’Observatoire de l’économie politique de la défense (OEPD, Montréal). Il a aussi œuvré comme analyste au Technopole défense et sécurité à Valcartier (Québec, Canada), plus précisément, au Bureau de commercialisation et d’intelligence des marchés, ainsi que comme enseignant pendant 3 ans pour le compte du ministère de la Défense du Canada à Saint-Jean-sur-Richelieu (Canada). 

Yannick Quéau a enseigné épisodiquement comme chargé de cours à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), à l’Université Paris 2 Panthéon-Assas et à Sciences Po Paris. Depuis 2021, il intervient comme expert invité à l’Université libre de Bruxelles (ULB). Yannick Quéau est diplômé de l’UQAM (Canada) et de l’université de Bradford (Royaume-Uni). 

Léo Géhin

Léo Géhin est chargé de recherche au GRIP pour le projet "Armes légères et transferts d’armes". Diplômé en sciences politiques de l’Université Jean-Moulin Lyon III et titulaire d’un master 2 de relations internationales de l’IEP de Strasbourg, il travaille notamment sur les questions liées au contrôle des transferts d’armements de l’Union européenne et des instruments de contrôle des armes légères et de petit calibre.

Cette note a été réalisée dans le cadre de la Cellule de veille de l’évolution de la production et des transferts d’armes en Belgique, en Europe et dans le monde, un projet financé par la Région wallonne.

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