Alors que le sommet de l’OTAN à Ankara s’est achevé mercredi, Yannick Quéau a analysé, pour Le Soir, dans un entretien publié ce jeudi 9 juillet, les accords conclus entre les différents membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord. Des signatures qui actent la poursuite d’une course au réarmement entamée un an plus tôt à La Haye. Le directeur du GRIP y interroge la pertinence et l’efficacité de ces dépenses.
Pour Yannick Quéau, si l’achat de systèmes antimissiles par les Européens est loin d’être démesuré, certains choix en matière d’armement, notamment l’acquisition de drones armés, apparaissent en revanche peu pertinents. « Sur les quantités, sur la manière dont ça doit réellement participer à une meilleure sécurité du continent européen, il y a quand même de nombreuses interrogations. Et puis le choix d’augmenter le nombre de F-35, c’est peu pertinent et très coûteux. »
« Sur les quantités, sur la manière dont ça doit réellement participer à une meilleure sécurité du continent européen, il y a quand même de nombreuses interrogations. Et puis le choix d’augmenter le nombre de F-35, c’est peu pertinent et très coûteux. »
Yannick Quéau, directeur du GRIP
Sur la question de l’approvisionnement et de son origine, le directeur du GRIP se montre favorable à une approche « made in Europe », tout en appelant à la méfiance : « Il faudra voir ce que ça veut dire dans la durée. On risque d’avoir une pluralité d’acteurs nationaux qui vont être en concurrence les uns avec les autres, tant pour les marchés intérieurs à l’UE que les marchés extérieurs. C’est déjà une situation qu’on connaît depuis très longtemps. Cela ne crée pas une meilleure harmonie et ça contribue à la dispersion des crédits. »
Comment, dès lors, organiser de la manière la plus intelligente possible l’armement européen ? Pour Yannick Quéau, « il faut réussir à mettre en commun un certain nombre de choses. C’est la difficulté qu’on a en Europe : on ne se fait pas confiance pour, structurellement et sur le long terme, construire des codépendances. »
Lire l’interview en entier sur lesoir.be.
Trump-Rutte, une « opération marketing »
Toujours sur le sommet de l’OTAN mais sous un autre angle, Yannick Quéau a également été interrogé par le quotidien français La Croix, sur la stratégie adoptée par Mark Rutte pour ménager le président américain.
Durant le sommet, Donald Trump a tiré à boulets rouges sur ses alliés, abordant tour à tour des dossiers sensibles comme le Groenland, l’Espagne ou l’Iran. Malgré ces critiques, sa relation avec le secrétaire général de l’OTAN semblait au beau fixe. Et pour cause : Mark Rutte n’a cessé de flatter le Républicain et de défendre la stratégie de Washington.
Pour Yannick Quéau, il ne s’agit rien de moins que d’une « opération marketing » : « C’est une alliance qui dépend fortement du bon vouloir des Américains. Donc il ne peut pas rentrer en confrontation ou heurter le chef des armées américaines, qui est la plus grande puissance de l’OTAN. »
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