Quelle place occupe la Turquie sur les marchés de défense?

Parmi les membres de l’OTAN, la Turquie est probablement l’État confronté à l’environnement régional le plus volatile. Bordée par la mer Noire, la Méditerranée, le Caucase et l’Iran, frontalière d’États confrontés à des groupes terroristes ou en guerre – comme l’Irak, la Syrie et même le Liban – la Turquie est également aux prises avec un mouvement indépendantiste kurde comportant un volet armé.

Ce contexte d’insécurité a largement contribué au maintien de l’emprise des militaires sur la conduite des affaires à Ankara. Le gouvernement consent ainsi depuis longtemps à de lourds efforts pour maintenir et même développer les capacités en matière de défense de l’État. Comme pour nombre de pays émergents, les ambitions turques ne se situent toutefois pas uniquement au niveau de l’achat d’équipements militaires avancés. Ankara entend en effet développer ses capacités domestiques de conception et de production d’armements, l’objectif étant de les hisser progressivement au niveau des leaders mondiaux du domaine.

Ce Rapport situe la Turquie dans le marché mondial des armements en exposant les dynamiques affectant les importations et les exportations d’armes du pays. Si l’importance du militaire et celle de la base industrielle de technologie et de défense (BITD) ne sont pas une nouveauté en Turquie, on observe depuis quelques années une percée des produits turcs sur les marchés d’exportation. Ankara affiche l’ambition de devenir un exportateur majeur d’armements et semble disposée à consacrer les ressources nécessaires pour atteindre ce but. Les défis à relever sont toutefois importants et il n’est pas garanti qu’ils puissent tous l’être. Les acteurs de la BITD turque partent de loin, tant en termes de présence sur les marchés que de maîtrise des technologies.

 

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Yannick Quéau est directeur du GRIP depuis 2020 après y avoir exercé la fonction de directeur adjoint et de la recherche pendant deux ans. 

Ses sphères d’expertise couvrent la sécurité internationale, les relations transatlantiques en matière de défense, les aspects industriels, stratégiques et économiques du commerce des armes, qu’elles soient classiques ou nucléaires, ainsi que les règles de contrôle qui les encadrent. 

Il intervient régulièrement dans les médias (télévision, radio et presse écrite) pour commenter les confits et les enjeux du commerce des armes. Il coanime notamment la chronique hebdomadaire « Le dessous des guerres » sur la chaîne d’information en continu  sur LN24. 

M. Yannick Quéau a été nommé en 2023 et pour cinq ans sur le Conseil consultatif des armes du SPF Justice comme représentant francophone d’associations et d’organisations indépendantes démontrant une expérience effective de la gestion et de la prévention des problèmes posés par la détention et l’utilisation d’armes légères. 

De 2018 à 2020, Yannick Quéau a été membre du comité éditorial de l’ATT Monitor (un projet de Control Arms) qui évalue de manière indépendante les modalités de mise en œuvre du Traité sur le commerce des armes des Nations unies. 

Il a auparavant travaillé au sein du Groupe de recherche sur l’industrie militaire et la sécurité (GRIMS, Montréal) et été rattaché à l’Observatoire de l’économie politique de la défense (OEPD, Montréal). Il a aussi œuvré comme analyste au Technopole défense et sécurité à Valcartier (Québec, Canada), plus précisément, au Bureau de commercialisation et d’intelligence des marchés, ainsi que comme enseignant pendant 3 ans pour le compte du ministère de la Défense du Canada à Saint-Jean-sur-Richelieu (Canada). 

Yannick Quéau a enseigné épisodiquement comme chargé de cours à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), à l’Université Paris 2 Panthéon-Assas et à Sciences Po Paris. Depuis 2021, il intervient comme expert invité à l’Université libre de Bruxelles (ULB). Yannick Quéau est diplômé de l’UQAM (Canada) et de l’université de Bradford (Royaume-Uni).