Cet éclairage revient sur la politique de sanctions de l’Union européenne à l’égard d’Israël depuis octobre 2023, en mettant en lumière son caractère tardif, limité et essentiellement symbolique. Alors que de graves violations du droit international humanitaire sont largement documentées, l’UE a longtemps renoncé à toute mesure restrictive, malgré les alertes d’experts internationaux. Ce décalage interroge la crédibilité de l’action extérieure européenne.
L’analyse montre que les premières sanctions adoptées par le Conseil de l’UE en juillet 2024 relèvent davantage d’un compromis politique minimal que d’une stratégie coercitive unie à la hauteur des enjeux. En refusant de cibler les autorités israéliennes et en écartant des options plus structurelles – comme la suspension de l’accord d’association – pourtant défendues par le Parlement européen et la Commission européenne, l’UE révèle les limites politiques et institutionnelles de son régime de sanctions face à un partenaire stratégique.
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Photo de couverture : Des drapeaux européens à Bruxelles – crédit : Marco, Pexels.
Dana Reignier-Tayar est assistante de recherche au GRIP, au sein de l’Observatoire Boutros-Ghali du maintien de la paix. Licenciée de droit public en France, elle s'est spécialisée en droit international pénal aux Pays-Bas et en politiques européennes en Pologne.
Agatha Verdebout est chargée de recherche au GRIP depuis le mois de mai 2022. Elle a étudié le droit ainsi que les relations internationales, et est titulaire d’un Doctorat en sciences juridiques de l’Université Libre Bruxelles (2017). Son domaine d’expertise principal est le droit de la paix et de la sécurité internationale. Avant de rejoindre le GRIP, Agatha Verdebout était enseignante-chercheuse en droit international public à la European School of Political and Social Sciences (ESPOL) et Chargée d’enseignement à la faculté de droit de l’Université Libre de Bruxelles.











