La guerre opposant l’Iran à Israël et aux États-Unis depuis juin 2025/février 2026 constitue un révélateur des logiques structurelles qui sous-tendent la présence chinoise au Moyen-Orient. Loin de s’inscrire dans une logique d’alignement ou de neutralité passive, la posture de Pékin doit être comprise à travers le prisme de la triangulation stratégique. En entretenant simultanément des relations économiques et politiques avec deux acteurs antagonistes, la Chine cherche à maximiser ses intérêts tout en évitant les coûts d’un engagement conflictuel.
Cet article mobilise les apports théoriques relatifs aux triangles stratégiques, aux asymétries relationnelles et à la synchronisation des interactions pour analyser la configuration Chine–Iran–Israël. Il montre que la guerre transforme cette triangulation en une structure contrainte, dans laquelle les marges de manoeuvre chinoises sont réduites par l’intensification du conflit. Si la Chine conserve une capacité singulière à dialoguer avec les parties antagonistes, son incapacité à influencer directement les dynamiques sécuritaires souligne les limites d’une puissance principalement économique dans un environnement hautement militarisé.
Télécharger la publication au format PDF
Thierry Kellner est chargé de cours au Département de science politique de l’Université Libre de Bruxelles (ULB) où il enseigne la politique étrangère chinoise. Il est membre du centre "Recherche et études en Politique Internationale" (REPI-ULB) et chercheur associé au Brussels Institute of Contemporary China Studies (BICCS), centre spécialisé sur la Chine contemporaine. Spécialiste de l’Asie, il est l’auteur de nombreuses études portant sur la politique étrangère chinoise, le Xinjiang/Turkestan oriental, les questions énergétiques, la politique asiatique de l’Iran et l’Asie centrale.







