Le 7 août 2026, l’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie ont signé à La Mecque un accord de défense conjointe. Son texte n’a pas été rendu public, mais, dans un communiqué commun, ses signataires ont mis en exergue un article stipulant qu’une attaque contre l’un d’eux « serait considérée comme une attaque contre eux tous », soit des termes similaires à l’article 5 de la Charte de l’OTAN, c’est-à-dire sa clause de défense mutuelle.
Éloignés géographiquement, ces pays n’en demeurent pas moins des puissances régionales économiques ou militaires pouvant être vues comme complémentaires : malgré ses difficultés actuelles, l’Arabie saoudite reste le premier exportateur mondial de pétrole ; la Turquie, premier PIB du bloc arabo-musulman, développe une industrie d’armement performante ; et le Pakistan dispose de l’armée la plus importante de ce bloc… et de l’arme atomique.
Dans un premier temps, cet Éclairage vise à comprendre la dynamique de rapprochement qui a abouti au Pacte de La Mecque et à évaluer la possibilité d’un élargissement à d’autres États. Ensuite, il esquisse la teneur des engagements pris par ses trois membres et les différences manifestes entre cette alliance et l’OTAN. Cette seconde partie aborde également les nombreuses inconnues qui subsistent, en particulier à propos de l’éventuel « parapluie nucléaire » que pourrait offrir le Pakistan. La troisième partie explore le positionnement géopolitique de l’alliance de La Mecque dans un contexte sécuritaire profondément troublé. Alors qu’elle a été favorablement accueillie par certains pays, d’autres semblent la considérer avec méfiance, bien qu’elle ne soit prétendument dirigée contre aucun État particulier. La recrudescence des combats au Yémen et les frappes d’alliés de l’Iran en territoire saoudien ont, en outre, déclenché une rapide activation du Pacte pour protéger le royaume des Saoud.
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Georges Berghezan était chercheur de 2000 à 2022.Après avoir travaillé au GRIP durant les années 1980, Georges Berghezan y est revenu au début des années 2000. Il concentre depuis ses activités sur les nombreux conflits « post-guerre froide », particulièrement en Afrique subsaharienne, et sur les outils servant à les mener, les armes légères et de petit calibre, dont l’utilisation et les transferts commencent seulement à être quelque peu réglementés. C’est donc autour de ces deux problématiques – Afrique et armes légères – que Georges Berghezan menait la plupart de ses activités.



