« À qui appartient l’espace ? » c’était la question au cœur du podcast « Les Clés » d’Arnaud Ruyssen sur La Première diffusé ce vendredi 11 septembre.
Pour décrypter les grands enjeux liés à la conquête spatiale — faut-il redéfinir les règles communes qui encadrent l’utilisation de l’espace ? Est-il encore possible aujourd’hui de s’entendre sur des principes communs ? — notre chercheuse au GRIP Lou Villafranca Izquierdo était invitée aux côtés de Jean-François Mayence, directeur du département juridique « Relations Internationales » de BELSPO.
À l’heure de la course des grandes entreprises privées à la conquête spatiale et de la position dominante de SpaceX, qui détient une grande partie des satellites en orbite autour de la Terre, l’utilisation de l’espace répond de plus en plus à des logiques commerciales et militaires, et plus seulement scientifiques.
« C’est en grande partie grâce à ces contrats conclus avec des entités publiques que SpaceX doit son succès. La privatisation du spatial est encore fortement dirigée par les investissements publics. »
La guerre en Ukraine illustre particulièrement bien cette évolution : les forces ukrainiennes utilisent notamment des satellites privés pour leurs opérations. Comme le rappelle Lou Villafranca Izquierdo : « Se servir de l’espace pour augmenter la puissance au sol n’est pas nouveau. Dans l’espace, on peut survoler le territoire de n’importe quel État. Aujourd’hui, il y a une augmentation de cette utilisation pour augmenter la puissance au sol. De plus en plus d’États investissent dans des satellites à cette fin. » Mais cette privatisation du spatial reste largement soutenue par les États. « C’est en grande partie grâce à ces contrats conclus avec des entités publiques que SpaceX doit son succès. La privatisation du spatial est encore fortement dirigée par les investissements publics. »
Le Traité de l’espace de 1967 établit notamment que les États peuvent accéder librement à l’espace, mais ne peuvent pas se l’approprier. Un Traité avec lequel les États-Unis prennent de plus en plus de distance, notamment à cause du monopole de la société américaine SpaceX. Dans ce texte, certaines zones floues demeurent, notamment concernant l’usage des armes conventionnelles. « Sur la Lune, c’est interdit de mettre tout type d’armes. Par contre, cela n’est pas interdit de placer des armes conventionnelles autour de la Terre. Un gros angle mort du Traité, c’est justement la définition d’une arme conventionnelle dans l’espace ? », illustre Lou Villafrana Izquierdo.
Retrouvez la suite de l’intervention de Lou Villafranca Izquierdo dans « Les Clés » d’Arnaud Ruyssen sur La Première.
Pour lire les travaux de Lou Villfranca Izquierdo sur le sujet, rendez-vous ici.
Photo: Satellite starlink – Crédit: Wikimedia commons.








