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Note d'analyse

Le parcours professionnel du personnel militaire dans les OP : le Bénin et le Cameroun, deux trajectoires spécifiques

Le Bénin et le Cameroun, sont deux pays contributeurs francophones, dont le parcours emblématique, justifie que l’on s’attarde sur la trajectoire professionnelle respective de leurs personnels en uniforme, au sein des opérations de paix onusiennes.

Les données sur les trajectoires de l’engagement de ces personnels dans les OP onusiennes ont été recueillies dans le cadre d’une enquête de terrain menées dans les deux pays. Au Bénin, les entretiens ont été menés au niveau de l’État-major général des armées à Cotonou et au Centre de formation aux opérations de maintien de la paix (CFOMP) de Cana. Au Cameroun, les données ont été collectées à l’État-major général des armées et au Secrétariat d’État à la défense chargé de la Gendarmerie (SED) à Yaoundé. Cette enquête se base sur un échantillon de militaires, gendarmes et policiers, constitué en tenant compte des considérations de genre et de grade. Selon les données de l’enquête, les personnels déployés dans le cadre des OP onusiennes bénéficient d’un parcours professionnel extrêmement dense et riche dans les missions. Ce parcours leur fournit, ainsi qu’aux pays contributeurs, les outils nécessaires pour renforcer les performances individuelles et collectives au sein des missions. Les bonnes pratiques dans les deux pays se déclinent également par l’intégration appréciable des femmes dans les missions, malgré des contraintes spécifiques de genre, qui s’imposent à elles. Pourtant, les pays contributeurs de troupes ne tirent pas encore assez d’avantages des acquis et des opportunités qui leur sont offerts par les OP. Cela se manifeste dans ces deux États par l’absence d’un organe central d’encadrement, de coordination et de suivi du parcours individuel de tout le personnel déployé. Cette note formule par conséquent des recommandations en vue d’une mise en place de politiques nationales pertinentes, permettant une capitalisation effective des acquis de ces parcours au bénéfice d’un meilleur impact pour tous les acteurs concernés.

Cette note a été réalisée grâce au soutien conjoint de la Confédération suisse et de la Direction générale des relations internationales et de la stratégie du Ministère français des Armées.

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Dr Aïcha Pemboura, enseignante-chercheure, est titulaire d’un doctorat en Sciences politiques, spécialisée sur les questions de paix et sécurité, en particulier de stratégie et de défense. Enseignante de relations internationales et d’études stratégiques à l’Université de Yaoundé II, elle enseigne à l’École supérieure internationale de guerre (ESIG), notamment l’Architecture africaine de paix et de sécurité (APSA) et la force africaine en attente (FAA).
Elle est directrice de séminaire de Géopolitique de la Défense à l’École militaire interarmées du Cameroun et instructrice à l’École de maintien de la paix Alioune Blondin Beye de Bamako (EMP) au Mali depuis 2015. Depuis 2016, elle est formatrice en gestion des conflits pour les soldats de la paix au United State Institute of Peace (USIP) - GPOI (USA) où elle a formé des contingents du Burkina, du Bénin, de la Guinée, du Tchad et du Cameroun. Directrice exécutive du Centre de recherche en stratégie, sécurité et développement, elle enseigne également au Centre d’excellence de l’Union africaine et de la CEEAC et intervient dans le master en paix et sécurité à l’Université de Maroua (Cameroun).

Hassane Koné est chercheur senior au Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest, le Sahel et le Bassin du Lac Tchad de l’Institut d’étude de sécurité (ISS). Il est diplômé d’état-major option Gendarmerie et titulaire de certificats de formateur en Réforme du secteur de la sécurité et en Protection des civils dans les OP. Colonel retraité de la gendarmerie mauritanienne, il a servi pendant 20 ans dans le service de renseignement et puis 4 ans dans le bureau chargé de la police judiciaire de son corps d’origine.
Attaché militaire à l’ambassade de Mauritanie au Mali avec accréditation au Niger et au Burkina Faso, il a servi d’officier de liaison avec les commandements de l'opération Serval, de la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA) et de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Il a participé à de nombreuses enquêtes sur les faits de terrorisme ou de trafic de drogue, ainsi qu’à différents travaux de réflexion ou conférences sur la situation sécuritaire dans le Sahel.
Il a notamment pris part aux activités rentrant dans le cadre de la gestion de la crise malienne, dont les négociations et la mise en œuvre des accords de Ouagadougou de juin 2013, du cessez-le-feu de Kidal du 23 mai 2014 et d'Alger de mai 2015.

 

Cette note a été réalisée par l'Observatoire Boutros-Ghali du maintien de la paix, piloté par le GRIP.

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