Le 4 février 2026 marquait l’échéance du traité bilatéral New START, le dernier accord régulant les arsenaux nucléaires stratégiques des États-Unis et de la Russie. Signé en 2010, le traité limitait à 1 550 le nombre d’ogives nucléaires stratégiques déployées par pays et plafonnait le nombre de vecteurs de livraison, comprenant notamment les missiles balistiques intercontinentaux et les bombardiers lourds. Au-delà de ces plafonds, le traité instaurait un régime de vérification particulièrement robuste, reposant sur l’échange d’informations, des inspections régulières sur site et une commission consultative bilatérale chargée de superviser sa mise en œuvre. Initialement conclu pour une durée de dix ans, le traité a été prolongé en 2021 pour une durée de cinq ans. Les dispositions de l’accord ne prévoyaient qu’une seule prolongation possible.
Il est important de souligner que ces cinq dernières années, le traité New START a été confronté à d’importantes difficultés de mise en œuvre. Après une interruption des inspections de vérification à partir de mars 2020 dans le contexte de la pandémie de Covid-19, la Russie suspend sa participation au traité en 2023. Moscou a fait valoir que le contrôle des armes stratégiques ne pouvait être dissocié du conflit en Ukraine et d’autres « actions hostiles » de l’Occident à son égard.
Avec l’expiration du dernier traité encadrant les arsenaux stratégiques américains et russes, de nombreuses analyses alertent sur le risque d’une nouvelle course aux armements nucléaires, certaines la considérant même comme inéluctable. Le présent Éclairage examine cette hypothèse et souligne la façon dont l’expiration du traité New START s’inscrit dans une dynamique plus large de délitement des régimes de contrôles des armements nucléaires. Il revient, tout d’abord, sur les préoccupations liées à la perspective d’une reprise de la compétition stratégique. Il s’interroge, ensuite, sur la portée et l’efficacité réelles du traité New START au moment de son expiration. Enfin, il examine les solutions envisagées pour contenir les risques d’escalades.
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Photo de couverture : Signature du traité New START à Prague le 8 avril 2010 par les présidents russe et américain – crédit : Kremlin.ru via Wikimedia Commons.
