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Armes artisanales en Côte d’Ivoire : entre tradition et exigences légales

Si la grande majorité des armes en circulation en Afrique sont fabriquées à l’extérieur du continent, une partie d’entre elles – en particulier celles destinées à la chasse – sont produites localement par de petits artisans. Cette étude, réalisée en grande partie grâce à une enquête de terrain, s’intéresse à la production, à la réparation et à la détention d’armes à feu artisanales en Côte d’Ivoire. Elle confirme que ces phénomènes sont profondément ancrés dans des traditions, que ce soit celle des forgerons pour les producteurs ou les dozos pour les utilisateurs. Alors que la demande pour de telles armes se révèle nettement à la baisse, elle montre aussi que la plupart des fabricants ne produisent pas que des armes, mais d’abord tout un éventail de biens à usage ménager ou professionnel. Alors que la Côte d’Ivoire est en train de peaufiner une nouvelle législation sur les armes, il importe que les autorités politiques et administratives tiennent compte de ces réalités pour élaborer une réglementation adaptée, permettant l’enregistrement et la mise en conformité de ces dizaines de milliers de producteurs et détenteurs.

Crédit photo : armes en cours de production à Ferkessédougou en Côte d'Ivoire (© GRIP 2014).

Monitoring de la stabilité régionale dans le bassin sahélien et en Afrique de l’Ouest – avril à juin 2014

Ce monitoring trimestriel est réalisé dans le cadre d’un projet d’une durée de trois ans (2014-2016) intitulé « Amélioration de la sécurité humaine, prévention des conflits et renforcement de l’état de droit dans huit pays d’Afrique occidentale et centrale » financé par le Ministère des Affaires étrangères du Grand-Duché du Luxembourg.

Il a pour but de suivre la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest avec un accent plus particulier sur le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger et le Sénégal.  Il se penche en particulier sur les questions liées aux tensions régionales, au terrorisme et aux trafics transfrontaliers, ainsi qu'aux mécanismes de coopération en matière de lutte contre la criminalité transnationale organisée. 

Crédit photo : mosquée  à Tombouctou classée au patrimoine mondial de l'humanité
(source: MINUSMA/Marco Dormino)

Géopolitique du pétrole dans la CEEAC : l’enjeu des nouvelles politiques des hydrocarbures

Depuis le début des années 2000, les pays africains affichent des taux de croissance élevés, liés principalement à l'attractivité de leurs abondantes ressources naturelles. Principale source d'énergie au cœur d'une économie mondialisée, le pétrole demeure l'une des ressources stratégiques majeures justifiant ce regain d'attention pour le continent africain. En 2012, l'Afrique dans son ensemble – avec 9,442 Mb/j (millions de barils par jour) – a totalisé 10,9 % de la production mondiale, soit une augmentation de 7,7 % par rapport à 2011, et le continent dispose de 7,8 % des réserves mondiale. La région du golfe de Guinée, plus particulièrement, avec ses 25 milliards de barils de réserves, nourrit l'intérêt d’un nombre croissant d’États et de compagnies pétrolières...

Le traçage des armes sur les lieux de conflits: leçons et perspectives

Au cours des deux dernières décennies, une attention et des ressources croissantes ont été consacrées au traçage des armes illicites dans les zones de conflit. Ce document souligne l'importance de cette discipline et la valeur de l'information fondée sur des preuves qu'il génère, non seulement afin d'identifier les entités impliquées dans des violations des sanctions internationales, mais aussi afin d'améliorer la compréhension de la dynamique des conflits, d’en renforcer l'analyse, augmenter l'efficacité des mécanismes de contrôle des armements existants, et orienter l'aide et la coopération international de manière plus efficace.

Crédit photo: Claudio Gramizzi

Boko Haram : un an sous état d'urgence

Un an après avoir décrété l’état d’urgence dans le nord-est du pays, les autorités nigérianes ne sont toujours pas venues à bout du groupe islamiste Boko Haram. Au contraire, le conflit – surmédiatisé depuis l’enlèvement spectaculaire de plus de 200 lycéennes à Chibok – est devenu plus meurtrier que jamais, avec plus de 2 000 victimes depuis le début de l’année. Pire, le groupe semble étendre son théâtre d’opération, laissant craindre une contagion des violences aussi bien dans le centre du Nigeria que dans les pays voisins. Impuissant, le gouvernement cherche désespérément un appui international alors qu’une escalade est à craindre à l’approche des élections générales de 2015.

Crédit photo : Manifestation dénonçant l'enlèvement des lycéennes par Boko Haram (source : ONU / Lagos, Nigeria -  8 mai 2014)

CEEAC : enjeux sécuritaires de la souveraineté alimentaire

La question de l’accès aux produits alimentaires revêt une importance politique cruciale, particulièrement en situation de faible priorisation du secteur agricole, de déficit de la productivité de ce secteur, d’insuffisance des revenus de larges couches de la population et lors de la flambée des prix des denrées de première nécessité. La grande crise alimentaire de 2008 et les émeutes sociales qui l’ont accompagnée ont révélé, pour nombre de pays, une fragilité structurelle porteuse de risques systémiques majeurs, qui font de la souveraineté et de la sécurité alimentaires un enjeu central de la gouvernance. Tout ceci justifie une réflexion sur les stratégies agricoles et alimentaires envisagées par les États de la sous-région de l’Afrique équatoriale et centrale...

Sécurité maritime: vers l'élaboration d'une stratégie européenne

La sécurité maritime fait partie intégrante de la Politique de sécurité et de défense commune (PSDC) de l’Union européenne. Il aura fallu attendre le lancement de l’opération Atalanta, en décembre 2008, pour que l’instrument PSDC prenne explicitement en charge une mission de contre-piraterie dans la Corne de l’Afrique. Compte tenu du succès de cette opération et de l’importance que revêtent les couloirs maritimes pour l’économie européenne, il était attendu que l’UE échafaude une Stratégie européenne de sécurité maritime (SESM), qui doit être adoptée en juin 2014. Elle devra prendre en considération l’ensemble des enjeux sécuritaires maritimes affectant les intérêts européens, en faisant apparaître un consensus sur la question. Son élaboration ne sera pas chose aisée au vu du nombre important d’acteurs impliqués.

(Crédit photo: EuNavFor Media and Public Information Office)

L'Indonésie: une puissance régionale aux ambitions mondiales

Le 9 avril dernier, les Indonésiens élisaient un nouveau Parlement. En juillet, ils retourneront aux urnes pour les élections présidentielles. Ces scrutins, pourtant, n’apporteront probablement pas grand-chose de nouveau dans la politique étrangère du pays. Les visages peuvent changer à Jakarta, mais certains facteurs structurels continueront à peser lourdement sur la destinée et la stratégie du pays. L’Indonésie est une puissance montante, se construisant un agenda international ambitieux sur la base d’un fort développement économique et d’un environnement géopolitique en transition. Sa politique internationale est cohérente et démontre la confiance de plus en plus affirmée de Jakarta. Mais le pays est-il prêt à jouer un rôle de premier plan non seulement dans sa région mais aussi dans les affaires du monde? Sur quelles forces peut-il compter? Quels sont les obstacles à son ascension? L’Indonésie est-elle vraiment destinée à devenir une puissance mondiale? 

(Crédit photo: jpatokal at en.wikipedia (scène de Wayang Kulit)

Conférence de Nayarit sur l’impact humanitaire des armes nucléaires : «Un point de non retour!»

Un second round de conférence sur l’impact humanitaire des armes nucléaires s’est déroulé au Mexique, à Nayarit, les 13 et 14 février. Loin d’être une répétition de la conférence d’Oslo de mars 2013, ce forum a permis aux 146 États et à la société civile présents d’approfondir les réflexions scientifiques, humanitaires et politiques face au désastre d’une catastrophe nucléaire. Entre la volonté d’avancer vite dans un processus de désarmement nucléaire ou une continuité avec le TNP, les postures de chacun des États se dessinent et se révéleront certainement à Vienne, en Autriche, lors d’un troisième round en fin d’année 2014.

Crédit photo: Le président de la conférence de Nayarit, Juan Manuel Gómez Robledo, vice-ministre mexicain des Affaires multilatérales et des Droits de l'homme. 
(source : ministère de Affaires étrangères du Mexique

 

Utilisation des drones armés : considérations juridiques et pratiques

Il ne se passe plus une semaine sans que les médias ne relatent les attaques ciblées sur des terroristes – ou prétendus tels – au Yémen, en Somalie, au Pakistan ou dans les Territoires palestiniens, au moyen de drones déployés par des pays comme les États-Unis ou Israël. Les États ont de plus en plus recours aux drones armés en raison de leur capacité sans limite à éliminer des cibles humaines partout dans le monde. La planète est devenue un véritable champ de bataille à ciel ouvert dans lequel les frontières n’existent plus. Compte tenu des nombreux avantages pour leurs utilisateurs, la logique d'utilisation des drones semble irréversible et le vrai défi aujourd’hui n’est pas tant de délégitimer leur utilisation que de la réglementer. Cette Note a pour objet de clarifier les principales obligations émanant du droit international qu’un État est tenu de respecter lorsqu’il a recours à des drones armés. 

Crédit photo: drone de type Predator de l’US Air Force
(Source : Robert Huffstutter/Licence Creative Comons)

 

Le Sommet sur la sécurité nucléaire de La Haye 2014 : réussite ou occasion manquée ?

Le 3e sommet sur la sécurité nucléaire, visant à sécuriser les matières fissiles et autres matières nucléaires dans le monde, s’est déroulé les 24 et 25 mars 2014 dans la ville néerlandaise de La Haye. Malgré les avancées des deux premiers sommets, les attentes à la veille de ce nouveau rendez-vous international étaient considérables. Elles ont été partiellement rencontrées, notamment avec des engagements multilatéraux majeurs et des discussions sur la création d’une architecture de sécurité nucléaire durable et complète. Néanmoins, certaines lacunes persistent. Plusieurs acteurs majeurs de la scène internationale n’ont pas soutenu différentes initiatives. Des outils de sécurité nucléaire essentiels n’ont toujours pas été ratifiés ou mis en œuvre de manière intégrale. Les États-Unis accueilleront le prochain sommet en 2016. En plus de poursuivre les progrès commencés en 2010, les chefs d’États devront s’accorder sur la forme du processus au-delà de 2016 et sur le rôle à venir de l’Agence internationale pour l’énergie atomique en matière de sécurité nucléaire. 

Crédit photo: Sommet sur la sécurité nucléaire de La Haye
(Source : site du Premier ministre du Canada)

Sûreté et sécurité maritimes dans l’espace CEEAC : enjeux et perspectives

L’espace maritime de la Communauté des États de l’Afrique centrale (CEEAC) est partie intégrante du golfe de Guinée, dont il constitue le versant oriental. D’un point de vue à la fois géographique et institutionnel, le golfe de Guinée est un vaste ensemble intégrant 17 pays côtiers d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale qui se partagent un littoral long de près de 6 000 km, en partant des côtes du Sénégal jusqu’à l'Angola, sans oublier les îles du Cap-Vert et Sao Tomé-et-Principe. Le golfe de Guinée couvre ainsi deux vastes régions géographiques, politiques et économiques : la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), toutes deux affiliées à la Commission du golfe de Guinée (CGG) et à l'Union africaine...

Le projet de défense européenne : l'Arlésienne de l'UE

Ce texte analyse les défis auxquels sont actuellement confrontés les industries de défense et les gouvernements, dans le contexte d’une demande interne limitée et d’une nouvelle concurrence venue de BRICS et d’autres pays émergents. Il identifie les principaux moteurs et les grandes étapes dans le processus de mondialisation de l’industrie des armements et les met en perspective avec l’évolution des marchés de la défense et de la sécurité depuis la fin de la Guerre froide. Il isole également les principales tendances orientant le processus de production des armements au plan global, actuellement et probablement pour la prochaine décennie. Cette mise en contexte permet de cerner des menaces, mais aussi des opportunités pour les groupes européens de défense et de souligner le fait que les stratégies mises en œuvre par des firmes étant de moins en moins dépendantes de leur marché domestique ont des conséquences politiques, notamment pour le projet européen de défense. Les  mesures implantées par les États-Unis et par les pays émergents et la situation prévalant en Europe pourraient nuire de manière significative à toute tentative de créer une puissance militaire proprement européenne s’appuyant sur une base industrielle de défense suffisamment solide pour assurer l’autonomie stratégique du Vieux Continent.  

La Stratégie de l’UE pour le développement et la sécurité au Sahel 2011-2013

Dans un contexte sécuritaire dégradé, l’UE a publié en septembre 2011 sa Stratégie pour le développement et la sécurité au Sahel. Reconnaissant le lien indéfectible entre sécurité et développement, elle prévoit d’agir sur ces deux aspects en soutien des stratégies et politiques nationales des États du Sahel, d’abord la Mauritanie, le Mali et le Niger ; l’approche se voulant en effet régionale. Dès son lancement, de nombreuses questions se sont soulevées quant au cadre régional fixé, aux défis de coordonner de multiples acteurs et instruments, et à l’application du volet sécuritaire de la Stratégie. Si un an après, le bilan a pu susciter de fortes désillusions, force est de constater que l’année 2013 a enclenché une nouvelle dynamique européenne pour la région.

Crédit photo: Visite du Représentant Spécial de l’UE pour le Sahel
Source: www.eutmmali.eu)

Du libre-échange à la crise ukrainienne – L’UE face à ses erreurs

Les dérives autoritaires du régime de Vladimir Poutine et les menaces qu’il fait planer sur la paix en Europe ne peuvent servir de prétexte pour esquiver certaines questions, notamment sur la stratégie suivie par l’UE face à l’Ukraine et à la Russie. Est-il vrai que l’Accord d’association proposé par Bruxelles à Kiev a, de fait, mis l’Ukraine entre deux feux, en contraignant ce pays à choisir entre la Russie et l’Occident ? Malgré un débat initialement très manichéen, plusieurs commentateurs occidentaux commencent timidement à manifester des doutes, qui méritent d’être approfondis. Retour sur les origines d’une crise. 

Crédit photo : manifestation à Berlin en soutien à l’Ukraine
(source : Mike Herbst / Licence Creative Commons)

Monitoring de la stabilité régionale dans le bassin sahélien et en Afrique de l’Ouest – janvier à mars 2014

Ce monitoring trimestriel est réalisé dans le cadre d’un projet d’une durée de trois ans (2014-2016) intitulé « Contribution à l’amélioration de la sécurité humaine, à la prévention des conflits et au renforcement de l’État de droit en Afrique sub-saharienne » financé par le Ministère des Affaires étrangères du Grand-Duché du Luxembourg.

Ce monitoring a pour but de suivre la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest avec un accent plus particulier sur le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger et le Sénégal. Il se penche sur les questions de sécurité interne au sens large, les tensions régionales, la criminalité et  les  trafics transfrontaliers. 

Crédit photo: manifestation à Ouagadougou 
(Source: Le balai citoyen )

Les forces armées pakistanaises : Forces et faiblesses d’un acteur de premier plan

Le nouveau chef des armées pakistanaises a récemment rappelé à la nation et à la communauté internationale de ne pas prendre à la légère ses capacités d’action militaires nationales. Dans un environnement économique ténu, lestant ses velléités de modernisation, l’armée reste en effet un acteur de premier plan au Pakistan. Qu’il s’agisse d’intervention sur un théâtre extérieur (en Inde ou en Afghanistan) ou à l’intérieur des frontières nationales (contre-insurrection et lutte anti-terroriste), la Pakistan Army disposerait, selon son nouveau responsable, des moyens nécessaires pour mener à bien ses diverses missions et préserver les intérêts vitaux de ce pays d’Asie méridionale. À travers une courte série de questions/réponses, cette Note d’analyse dresse un état des lieux des forces armées pakistanaises...

Crédit photo : préparatifs pour une opération au Nord-Waziristan 
(Source : Pakistantoday.com.pk)

Dynamique des réponses sécuritaires de la CEEAC à la crise centrafricaine

Située dans la partie septentrionale de l’Afrique centrale, la République centrafricaine (RCA) s’étend sur 622 984 km2, environ 12% de plus que la superficie de la France métropolitaine (551 500 km2), pour seulement 4 525 millions d’habitants (Banque mondiale, 2012). État enclavé, la Centrafrique est limitrophe de six États de la sous-région. Elle partage 1 197 km de frontière avec le Tchad au nord, à l’est 175 km avec le Soudan, 990 km avec le Soudan du Sud, à l’ouest 797 km avec le Cameroun, enfin au sud, 1 577 km, avec la République démocratique du Congo, et 467 km de frontière avec la République du Congo. La République centrafricaine est à la fois membre de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), et de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC)...

Transferts d’armes vers l’Afrique du Nord : Entre intérêts économiques et impératifs sécuritaires

Lors de la dernière décennie (2003-2012), les transferts d’armes vers l’Afrique du Nord ont considérablement augmenté. Afin de mieux comprendre cette dynamique, cette Note d’Analyse présente un panorama des transferts d’armes vers cette région – en particulier en provenance des États membres de l’UE – ainsi que le contexte dans lequel ceux-ci ont été menés. Ainsi, au sein des pays d’Afrique du Nord, les enjeux de stabilité interne et régionale, de même que les problématiques liées à la porosité des frontières nationales, ont orienté les décisions de ces pays à acquérir des armements conventionnels. De plus, les intérêts économiques des États européens, leur désir d’influencer les pays du sud de la Méditerranée, ainsi que les impératifs sécuritaires liés à la lutte contre l’islam radical et les trafics illicites des biens et des personnes, jouent manifestement un rôle dans les transferts d’armes vers cette région charnière.

Crédit photo: Armée libyenne (Photo ONU)

Afrique centrale : risques et envers de la pax tchadiana

Au cours de la décennie écoulée, le Tchad s’est employé à occuper, en Afrique centrale, les zones d’influence laissées en friche par d’autres États aux capacités bien plus importantes (Angola et Cameroun). En projetant une certaine puissance militaire en Centrafrique et aussi au Mali dans le cadre de l’opération Serval et des Nations unies, le Tchad semble vouloir se positionner en leader dans le système de régulation de la sécurité en Afrique centrale et même au Sahel. Bien qu’aucun autre État de l’espace CEEAC – hormis l’Angola – ne dispose d’une puissance de feu équivalente à celle de l’armée tchadienne, ni de troupes aussi aguerries, le statut de la puissance tchadienne reste questionné.

Crédit photo: Troupes tchadiennes de la MINUSMA, à Tessalit au Nord-Mali (source: Marco Dormino/UN - 27 juillet 2013)

Architecture et contexte sécuritaire de l'espace CEMAC-CEEAC

Les États d'Afrique centrale appartiennent à deux ensembles sous-régionaux. Le premier étant la Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale (CEMAC), qui regroupe les pays de l'ancienne Afrique équatoriale française (AEF) – à savoir le Cameroun, le Congo-Brazzaville, le Gabon, la République centrafricaine et le Tchad – auxquels s'ajoute la Guinée équatoriale. Le second ensemble, la Communauté économique des États d'Afrique centrale (CEEAC) rassemble dix pays : l'Angola, le Burundi, la République démocratique du Congo et Sao Tomé-et-Principe, en sus des six États membres de la CEMAC...

 

Human Rights Criteria in Arms Exports

Presentation by Mélanie De Groof in front of the European Parliament Subcommittee on Human Rights.

During the next 12 minutes I will focus my attention – and hopefully yours – on the human rights criteria, and the humanitarian law criteria, which EU Member States must take into account when they decide whether or not to grant export licences. Doing research on the topic of arms transfers in view of human rights and humanitarian law standards is an extremely interesting and important activity. Especially today. This is because over the last decade EU arms have been used either to commit human rights abuses or internal repression on several occasions. To illustrate, in the year 2008 the Belgian army supplied Bahrain with 50 armoured combat vehicles. In the context of the so-called Arab Spring, these vehicles were reportedly used against protesters... 

Credit: Ammunition captured during a counterinsurgency operation in Afghanistan. (PRC Embedded Mentoring Team - UK Ministry of Defence)

Une région entre deux feux : dépenses militaires et transferts d’armements en Asie centrale (2003-2012)

L’Asie centrale et sa situation sécuritaire ont considérablement évolué au cours de la dernière décennie, pour des raisons à la fois intérieures et extérieures. La région se retrouve en effet au cœur d’une vaste conjonction de facteurs de déstabilisation : troubles sociaux, fondamentalisme religieux, tensions ethniques, corruption, trafics… Un tel contexte n’est pas sans conséquence sur les dépenses militaires régionales, lesquelles ont très sensiblement augmenté ces dix dernières années. Pour autant, pour celles-ci comme pour leurs transferts d’armements, les États de la région suivent des dynamiques résolument différentes : tandis que le Kazakhstan s’affirme clairement comme le leader régional, Turkménistan et Ouzbékistan demeurent isolés, et Kirghizistan et Tadjikistan très fragiles. Dès lors difficile à homogénéiser, l’analyse est rendue d’autant plus complexe par l’absence de données officielles et transparentes, donc exploitables, sur ces sujets. 

(Crédit photo: Wikimedia Creative Commons)

Des armes pour la paix? Transferts d’armes, conflits armés et responsabilité de protéger

Cette présentation se focalise sur des questions urgentes relatives à la pratique et à la légalité des transferts d’armes aux différentes parties impliquées dans un conflit armé ; c’est-à-dire à la fois les acteurs étatiques et les acteurs non-étatiques. L’objet principal de cette présentation est le lien entre transferts d’armes et rétablissement de la paix et de la sécurité. De plus, dans la mesure où le concept de « responsabilité de protéger » (« responsibility to protect ») est souvent mis en avant par les États lorsqu’ils fournissent des armes à des acteurs violents à l’étranger (comme la Syrie ou la Libye), nous nous intéresserons également à la recevabilité de cet argument. En conclusion, nous insisterons sur le fait que l’emploi des concepts de légalité et de légitimité en ce qui concerne les transferts d’armes à des pays en proie aux conflits armés est erroné et doit donc ne plus survenir. 

 

(Photo credit: Kandahar, March 2011 by ISAF Public Affairs)

Pacifisme : histoire, succès et perspectives

Une tendance récente dans l'historiographie européenne tend à décrire l'Europe du XXe siècle comme le « continent des ténèbres » qui a, selon Hobsbawm, « vécu et pensé en termes de guerre mondiale, même lorsque les armes se taisaient et que les bombes n’explosaient pas ». Toutefois, cette interprétation tragique et violente de notre histoire cache des rêves de paix et de liberté - portés par des hommes comme Henri Lafontaine et d'autres - qui ont fortement influencé notre histoire. Même si une évaluation réaliste de l'histoire européenne suggère que les mouvements de paix n'ont jamais été en mesure d'arrêter ou empêcher les guerres, ils sont une partie essentielle du processus par lequel les paradigmes et les stratégies de politique étrangère finissent par changer et compter. Cet article montre que, si les pacifistes peuvent être frustrés dans la poursuite d'objectifs politiques à court terme, ils sont essentiels pour influencer le changement social sur le long terme. 

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