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Australian conservatives are back on track

On the 7th of September, the Australian people elected their 28th Prime Minister: Tony Abbott. The former Head of Government and leader of the Australian Labor Party (ALP), Kevin Rudd, had brought the federal elections forward. Interestingly, but not so surprisingly, the country decided that, after six years of Labor rule, it was time for change.  The polls foreshadowed it: the victory belongs to the Liberal-National coalition...

Traité sur le commerce des armes : de nouvelles signatures dont les États-Unis !

Désormais, plus de la moitié des États du monde ont signé le premier traité réglementant les transferts internationaux d’armes dans l’histoire. Cette semaine, à l’occasion de la 68e session de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies, à New York, les États-Unis ainsi que 23 autres pays se sont joints aux 86 États déjà signataires* du Traité sur le commerce des armes (TCA), adopté le 2 avril 2013 par l’ONU après plus de sept ans de négociations internationales...

Crédit photo: Win Khine/ONU

RCA : Djotodjia et la Séléka, six mois après

En Centrafrique, après trois mois de tergiversations, de crises et d’âpres négociations (ponctuées par l’Accord de paix de Libreville du 11 janvier 2013 et par la formation du gouvernement d’union nationale du 3 février 2013), la coalition rebelle Séléka conduite par Michel Djotodjia s’emparait de Bangui, la capitale, le 24 mars 2013. François Bozizé, ex-chef de l’État, replié temporairement à Yaoundé, au Cameroun, avait dénoncé, lors de plusieurs interviews, la trahison dont il a été victime de la part de ses partenaires tchadiens et sud-africains. Or, les autorités tchadiennes qui avaient favorisé son accession au pouvoir dix ans plus tôt, l’accusaient, autant que la coalition rebelle, de n’avoir pas respecté les termes de l’Accord de paix de Libreville.

Six mois après son coup de force, la Séléka, bien que dissoute par Michel Djotodjia le 15 septembre 2013, reste à l’origine d’un climat de terreur à Bangui et dans les villes secondaires où se multiplient enlèvements, pillages, assassinats et incendies, visant notamment les populations chrétiennes et perpétrés par des ex-rebelles ne faisant allégeance qu’à leur chef-recruteur immédiat. En réaction, divers groupes d’auto-défense se sont créés, se revendiquant pour certains de l’ancien chef de l’État. François Bozizé, actuellement en exil en France, se dit favorable à un retour à l’ordre constitutionnel, par la voie des urnes ou par la force. Pendant ce temps, les ex-FACA (Forces armées de Centrafrique), restées fidèles à l’ex-chef de l’État et repliées à l’est du Cameroun et au nord de la RDC, multiplient les attaques contre la Séléka (dont les effectifs sont estimés à 20 000 combattants actuellement, en partie constitués d’adolescents tchadiens, soudanais et centrafricains) et contre les populations musulmanes.

L’Europe face à la crise syrienne : Londres, Paris … et les autres

En Syrie, l’Union européenne a presque failli être oubliée. Lors de la crise libyenne deux ans auparavant, un Conseil européen extraordinaire avait au moins pu être organisé en toute urgence (mars 2011), avant que les avions de chasse franco-britannique n’investissent le ciel libyen. La tentative de conférer à l’UE une position commune fut vaine, mais réelle. Face aux possibles frappes contre le régime de Bachar el-Assad, cette peine a désormais été épargnée aux chefs d’État et de gouvernement. Les appels tardifs du président français François Hollande pour que la voix de l’Union se fasse entendre n’enlèvent rien au fait qu’initialement, ni lui ni David Cameron n’avaient cru bon porter le dossier à Bruxelles...

Crédit photo: European External Action Service

Le rôle de l’Union européenne dans la gestion des crises

Au cours de ces quatre dernières années, le GRIP a coordonné un réseau de plus de trente centres de recherche européens spécialisés sur le rôle de l’UE dans la gestion des crises et les opérations de paix. Financé par le programme COST de l’Union européenne (www.cost.eu), ce réseau a notamment organisé une conférence internationale qui s’est tenue à Vienne le 21 mars 2013. À partir de cette conférence, un livret sur le rôle de l’Union européenne dans la gestion multilatérale des crises a été publié par l’Académie nationale de défense autrichienne, en collaboration avec d’autres instituts dont le GRIP... 

Mali : une élection présidentielle attendue…et réussie !

Cela faisait plusieurs mois qu’on attendait fébrilement et avec anxiété la tenue de l’élection présidentielle au Mali, tant rien ne semblait réuni pour son (bon) déroulement. Plusieurs obstacles apparaissaient alors comme des écueils insurmontables : la fabrication de millions de cartes d’électeurs en quelques semaines à peine et leur distribution chaotique ; le déroulement du scrutin sur l’ensemble du territoire notamment dans la région de Kidal difficile à pacifier même après l’accord de Ouagadougou du 18 juin ; le risque d’attentats ; la difficulté pour un grand nombre de déplacés internes et de réfugiés dans les pays voisins à se faire recenser et à recevoir leurs cartes d’électeurs ; une campagne marquée par l’abandon d’un des candidats défiant face à « un processus électoral bâclé, conduit dans l’autisme », etc.

Crédit photo: Les citoyens maliens votent pour le premier tour de l'élection présidentielle à Bamako, au centre situé dans l'école de la République (Source : Bamako, 28 juillet 2013, MINUSMA).

L'armée égyptienne, force motrice du changement ?

Institution aux nombreux privilèges, l’armée détient une place éminente au sein de la société arabe et conserve un rôle majeur au cœur du pouvoir. Son influence a été particulièrement mise en exergue à la faveur du vent de révoltes qui a soufflé de l’Afrique du Nord jusqu’au Moyen-Orient puisqu’elle a joué un rôle de pivot, déterminant le renversement du pouvoir en Égypte et en Tunisie ou bien garantissant la survie du régime syrien. Vectrice de modernisation ou force conservatrice, l’armée a pesé dans l’histoire des pays arabes. En Égypte plus particulièrement, elle s’est imposée comme un pilier du régime jusqu’au soulèvement populaire de janvier 2011...

Un nouveau venu au club : l’UE accueille la Croatie dans ses rangs

Engluée dans une crise protéiforme, l’Union européenne (UE) n’a eu, ces dernières années, que peu d’événements heureux à célébrer. L’adhésion d’un 28ème membre lui donnera, le temps des festivités prévues à Zagreb, l’occasion de se détourner pendant un instant de ses problèmes économiques et institutionnels, mais aussi de mesurer le chemin parcouru depuis le temps où la guerre ravageait les Balkans

Sommet stratégique des États d’Afrique centrale et de l’Ouest sur la piraterie

Les 24 et 25 juin 2013, se tiendra à Yaoundé au Cameroun, le tout premier sommet des chefs d'État et de gouvernement des pays riverains du Golfe de Guinée, consacré à la piraterie. Cette réunion est chargée d’encadrer l’élaboration d’une stratégie régionale intégrée de lutte contre la piraterie, commune aux États de la CEEAC et de la CEDEAO.

Le golfe de Guinée constitue un vaste espace maritime, à la charnière entre les deux grandes sous-régions de l'Afrique centrale et de l'Afrique de l'Ouest, et regroupe une dizaine de pays ayant une façade maritime sur l'océan Atlantique: le Ghana, le Togo, le Bénin, le Nigéria, le Cameroun, la Guinée équatoriale, le Gabon, Sao Tomé et Principe, ainsi que le Congo-Brazzaville et l'Angola...

Armer les rebelles syriens ? Une action en principe illégale !

Depuis la levée de l’embargo européen sur les armes destinées à la Syrie, le 1er juin, une question importante domine la politique et la presse internationale : « Va-t-on armer, oui ou non, les rebelles syriens ? » Les gouvernements pèsent le pour et le contre.            

Un des arguments en faveur des transferts d’armes vers l’opposition syrienne, soulevé par le Royaume-Uni notamment, est qu’ils permettraient d’accroître la pression sur le régime de Bashar al-Assad. Le message serait limpide : si le régime refuse toute solution négociée et continue de bafouer les règles les plus élémentaires du droit international humanitaire et des droits de l’homme, les États européens et les États-Unis armeront l’opposition. Plusieurs personnalités politiques ont aussi soulevé que l’Occident ne pouvait plus demeurer simple spectateur des massacres, et qu’il fallait équiper les rebelles afin qu’ils puissent se défendre et protéger les civils...

Crédit photo : Damien Spleeters, mars 2013, Syrie.

Des armes européennes dans le dédale moyen-oriental (RTBF Info)

Les flux d’armes à destination des régimes instables du Moyen-Orient ont marqué l’actualité de ces derniers mois. À la croisée de trois continents, cette zone stratégique est aussi le carrefour de trafics en tous genres, dont celui mené par ceux que l’on appelle " les marchands de mort ". En dépit du faible respect des droits humains et des risques de détournements qui prévalent dans cette région, les armes continuent de gonfler les puissants arsenaux des gouvernements de la région. 

Tandis que l’Iran et la Syrie s’approvisionnent auprès de leurs alliés russes et chinois, des armes fabriquées en Europe affluent vers de nombreux pays de la région, principalement les membres du Conseil de coopération du Golfe et Israël. Plus inquiétant, certaines d’entre elles parviennent à se faufiler entre les mailles des maigres filets sécuritaires existants pour tomber dans l’escarcelle de groupes armés non-étatiques, aux contours flous et aux idéologies radicales...

Ciquez sur le lien pour lire l'article sur le site RTBF Info.

Étude à venir: Le débat stratégique autour de l’Europe de la défense vu sous un angle inversé

Grâce à un réseau de centres de recherche financé par le programme COST de l’UE, le GRIP a coordonné une étude qui vise à inverser l’angle d’approche communément utilisé dans le débat stratégique sur l’Europe de la défense. Au lieu d’essayer d’identifier les valeurs et les intérêts communs qui pourraient constituer le socle d’une stratégie européenne globale, l’étude s’est concentrée sur les intérêts nationaux individuels que les principaux pays européens entendent poursuivre à travers la Politique de sécurité et de défense commune (PeSDC).

Rendre l’avenir du Mali aux Maliens

Bien que le Mali ne soit pas un État failli, il a connu plusieurs bouleversements : un coup d’État contre un gouvernement élu, la mise en place de structures de transition controversées, la déroute de ses forces armées et leur division, l’occupation d’une partie de son territoire par des groupes non-étatiques aux ambitions politiques et/ou religieuses et la consécutive disparition dans cette zone de tout relais politique, administratif, économique ou sécuritaire de l’État central.

Depuis l’opération française Serval de janvier 2013 qui a forcé les groupes armés islamistes (AQMI, Ansar Eddine, Mujao pour les principaux) à se disperser ou à reculer dans les massifs de l’Adrar des Ifoghas, la question n’est plus exclusivement sécuritaire mais bel et bien politique, économique et humanitaire. Maintenir l’intégrité territoriale du pays, redéployer l’administration au nord, (re)former les forces de défense et de sécurité, relancer l’économie et les services sociaux, organiser des élections, rétablir la stabilité et réconcilier les Maliens entre eux, c’est éviter l’installation durable d’acteurs internationaux, en premier lieu l’ONU, le retour des groupes armés islamistes ainsi que la persistance de revendications indépendantistes. Le tempo est donc désormais celui du relèvement au plus vite de l’État malien…mais il ne faut pas confondre vitesse et précipitation, ni non plus se substituer aux acteurs maliens eux-mêmes...

67 pays, dont la Belgique, ont signé le Traité sur le commerce des armes

Ce 3 juin 2013, après plus de sept années de discussions préparatoires et de négociations, 67 États ont signé d’emblée le Traité sur le commerce des armes (TCA). Tous les membres de l’Organisation des Nations unies (ONU) étaient en effet invités à venir signer, au cours d’une cérémonie officielle au siège de l’Organisation à New York, ce texte inédit dans l’histoire du contrôle des armes conventionnelles. La Belgique, comme  la plupart des États membres de l’UE (à l’exception de la Bulgarie, de la Pologne et de la Slovaquie) a signé ce texte dès ce lundi. C’est donc désormais aux parlements du Fédéral et des Régions de se prononcer en faveur du texte, pour que la Belgique puisse officiellement ratifier le Traité.

La levée de l’embargo européen sur les armes destinées à la Syrie: quelles implications ?

Les 27 États membres n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur un éventuel assouplissement de l’embargo européen sur les armes lors du Conseil des Affaires étrangères de l’UE du 27 mai. La conséquence de ce désaccord n’est pas des moindres : elle implique la levée totale de l’embargo actuel sur les armes destinées à la Syrie. En conséquence, la question qui se pose désormais est de savoir si cette levée d’embargo implique que les États européens pourront effectivement, et de manière légitime, livrer des armes et du matériel militaire à la rébellion syrienne, à partir du vendredi 31 mai, à minuit. 

Eric Remacle nous a quittés, le GRIP perd un ami

Notre ami Eric Remacle est décédé ce mercredi 22 mai 2013. Alors qu’il venait de prendre la parole dans le cadre d’un séminaire du Centre d'Histoire et de Sociologie des Gauches, à l'Institut de sociologie de l'ULB, Eric s’est effondré au milieu d’une phrase, foudroyé par un accident vasculaire cérébral.

Membre de l'Assemblée générale du GRIP, Eric Remacle a été chercheur au GRIP de 1987 à 1992, mais il est toujours resté un proche collaborateur et une ressource incontournable sur les questions de paix et désarmement.

Il enseignait les relations internationales, la communication multilingue et les études européennes à l’Université libre de Bruxelles et venait d’être élu président de la Coordination nationale d’Action pour la Paix et la Démocratie (CNAPD), qui regroupe 48 organisations de jeunesse, de paix, de solidarité internationale et d’action pour la citoyenneté.

Eric était également membre du parti Ecolo, conseiller politique auprès du Ministre de la Recherche Jean-Marc Nollet, et siégeait depuis décembre 2012 au conseil communal d’Ixelles.

Nous perdons non seulement un ami fidèle, mais aussi un grand intellectuel et un militant profondément engagé pour la paix et la solidarité internationale. Toute l’équipe du GRIP souhaite témoigner de sa profonde sympathie et présenter ses sincères condoléances à la famille d’Eric et à ses proches.

Quel avenir pour la Convention d’interdiction des armes chimiques ?

Du 8 au 19 avril 2013, s’est tenue à La Haye la troisième conférence de révision de la Convention d’interdiction des armes chimiques (CIAC). Contrairement aux conférences d’examens du Traité de non-prolifération, par exemple, celles relatives aux armes chimiques n’ont pas pour objectif de prendre de nouvelles décisions. Ce rôle revient à la Conférence annuelle des États parties, ainsi qu’aux réunions du Conseil exécutif qui sont les organes décisionnels de l’OIAC.

Une conférence de révision de la CIAC consiste plutôt à évaluer ce qui a été accompli depuis la dernière édition, à présenter les problèmes restant à résoudre et à indiquer la route à suivre pour les cinq prochaines années. Cette conférence a eu toutefois un cachet particulier avec la participation de Ban Ki-moon, le Secrétaire général des Nations unies. Dans le contexte syrien, où des voix dénoncent l’usage d’armes chimiques tant par le régime de Bachar el-Assad que par les « rebelles », sa présence se voulait un message fort, bien que rien dans le document final ne fasse référence au contenu de son discours.

Une mission des Nations unies au Mali à l’été 2013

La très attendue résolution des Nations unies, transformant la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA) en une Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), a été adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU) ce 25 avril 2013. Plus concrètement, la résolution 2100 prévoit le déploiement pour douze mois d’une mission de maintien de la paix au Mali dès le 1er juillet 2013, si les conditions de sécurité le permettent. Autrement dit, si une nouvelle opération militaire venait à se dérouler d’ici au mois de juillet ou si une menace sécuritaire venait à peser sur les populations et le personnel international, alors la date de déploiement pourrait être repoussée...

Vers une nouvelle guerre de Corée ?

Depuis décembre 2012 et la mise en orbite – réussie – d’un satellite, la Corée du Nord s’est engagée dans une surenchère verbale (suivie par des actes) avec Séoul et Washington. Le 12 février 2013, exactement trois semaines après avoir été l’objet de nouvelles sanctions par le Conseil de sécurité des Nations unies pour son tir de fusée, Pyongyang procédait à son troisième essai nucléaire. Le pays annonçait par la même occasion maîtriser à la fois les technologies relatives à la miniaturisation et à l’enrichissement d’uranium. Les premières sont indispensables à l’intégration d’une tête nucléaire sur un missile balistique, tel que celui qu’elle a testé en ...

Les États s’accordent pour réglementer le commerce des armes

L’Assemblée générale des Nations unies a adopté, ce 2 avril 2013,  le Traité sur le commerce des armes. Cette décision efface le résultat décevant de la Conférence finale de négociations, qui s’était tenue du 18 au 28 mars 2013, en raison de l’opposition de 3 États –  l’Iran, la Corée du Nord et la Syrie. Il s’agit aussi, pour la majorité des États et la société civile, d’une étape très importante d’un long processus au sein des Nations unies en vue de doter les États d’un instrument juridiquement contraignant établissant les « normes les plus strictes possibles pour réglementer ou améliorer la réglementation du commerce international d’armes classiques ».

Toujours pas de traité sur le commerce des armes ! Partie remise?

Les Etats avaient neuf jours pour adopter des normes internationales régulant les transferts des armes conventionnelles et combler un des vides les plus criants et dommageables du droit international. Le texte du traité sur le commerce des armes n’a pas pu être adopté au consensus ce jeudi 28 mars 2013. Ce consensus, essentiel pour le président de la conférence, n’a en effet pas pu être atteint en raison de l’opposition de l’Iran, de la Corée du Nord et de la Syrie, portant un coup dur aux efforts menés pendant près de 20 ans par des diplomates progressistes et les organisations de la société civile. Néanmoins, le blocage de la part d’un nombre très restreint d’Etats ne sonne pas le glas de ce long et nécessaire processus qui a le potentiel de contribuer à réduire les souffrances humaines résultant de la violence armée et des transferts d’armes irresponsables ou illicites.

Centrafrique : de l’État-fantôme à l’État-canon

Le 24 mars 2013, après 72 heures de combat sans grande ampleur, la rébellion Séléka est entrée dans Bangui. À dix heures du matin, le palais présidentiel a été conquis, alors que le président François Bozizé s'était enfui quelques heures auparavant vers le Cameroun, où les autorités lui ont accordé un asile de quelques jours. La rapidité avec laquelle les événements se sont produits recommande de questionner les raisons de la détérioration de la situation en si peu de temps, après quelques semaines de répit acclamé. Aussi, quel crédit peut-on accorder à Michel Djotodjia, nouvel homme fort de Bangui, autoproclamé président de la République ? Quel avenir pour l’accord de paix de Libreville du 11 janvier 2013 ? 

Traité sur le commerce des armes : les négociations de la dernière chance ?

Après l’échec des négociations sur un Traité sur le commerce des armes en juillet 2012, les États se sont fixés une nouvelle et dernière échéance afin de combler un des vides les plus criants et dommageables du droit international. En effet, le commerce international des armes, n’est, à l’heure actuelle, soumis à aucune réglementation internationale légalement contraignante. Les ONG sont parmi les premières à faire remarquer que le commerce des  bananes est plus contrôlé que celui des armes, outils de prédilection dans la violence armée, la criminalité, et les abus des droits humains et du droit international humanitaire. Les États membres des Nations unies auront 10 jours – du 18 au 28 mars 2013 – pour s’accorder, au consensus, sur le contenu de ce traité. Ils ne partiront pas de rien. Le projet de texte présenté par le Président de la conférence le 26 juillet 2012 servira de point de départ pour les travaux de cette conférence finale de négociation. (...)

En Europe, les courtiers en armes ne sont pas assez contrôlés…

Ce texte a été publié dans la rubrique OPINION de la RTBF le 19 février 2013.

Une des manières de réglementer le commerce des armes, c'est de contrôler les courtiers, les "marchands" d'armes. Un contrôle difficile explique Kloé Tricot 'Farrell, chercheure associée au Grip, pour qui la législation européenne est utile mais pas suffisamment mise en œuvre.

Les courtiers en armes servent d’intermédiaires et de facilitateurs dans l’organisation de transferts d’équipements militaires. Alors que les activités de courtage s’exécutent généralement en toute légalité, des trafiquants mal intentionnés opèrent dans des zones grises, tirant profit de l’absence, de la faiblesse ou des disparités entre les législations et les régimes de contrôle pour œuvrer impunément.

Des activités difficiles à réglementer

Ainsi, en août 2000, faute d’une législation adéquate, Leonid Minin échappa à la justice italienne malgré l’existence de preuves témoignant de sa participation dans l’organisation de nombreux transferts d’armes, en violation des embargos des Nations unies, à destination du Libéria et du Front révolutionnaire uni du Sierra Leone. Citoyen israélien opérant en partie depuis l’Italie, il fut relâché par les autorités italiennes car les armes transférées n’avaient pas touché le territoire national.

Le développement indonésien : vision historique et implications stratégiques

Dans le cadre du programme de recherche du GRIP consacré aux enjeux sécuritaires dans la région de l’Asie-Pacifique, Bruno Hellendorff a publié le 19 janvier sur le site de Perspectives Internationales une « Tribune libre » consacrée au rôle de l’Indonésie comme puissance médiane entre la Chine et les États-Unis.

Archipel comptant plus de 17 000 îles, s’étendant sur plus de 5 000 km et sur lesquelles vivent 240 millions d’habitants, l’Indonésie est le plus important pays d’Asie du Sud-est. Depuis que son économie continue de croître de plus de 6 % par an malgré la crise économique mondiale, Jakarta a gagné un nouveau statut de puissance émergente relayé par de nombreux médias occidentaux. Au-delà de son économie, l’Indonésie représente aussi une région carrefour, entre les océans indien et pacifique, et une zone de rencontre entre différentes influences extérieures. Depuis quelques années, le pays cherche à se détacher quelque peu de son statut d’ « Etat pivot », objet de rivalités géopolitiques qui le dépassent, pour être pleinement maître de son destin, acteur de plein droit au sein d’une région en pleine transformation.

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