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Le pacifisme à l’heure du désarmement nucléaire : pièges et enjeux

Jean-Michel Guieu, sans doute l’un des plus éminents chercheurs français sur l’histoire du pacifisme, mettait en évidence dans un article récent que depuis une vingtaine d’année, un important courant historiographique dans l’étude de l’histoire européenne du 20ème siècle, décrivait souvent l’Europe comme un « continent des ténèbres ». Un continent qui, selon Éric Hobsbawm, aurait essentiellement « vécu et pensé en termes de guerre mondiale, même lorsque les armes se taisaient et que les bombes n’explosaient pas ».

Selon cette interprétation tragique de l’histoire européenne, les périodes de retour à la paix deviennent des « sorties de guerre », c’est-à-dire « une sorte de guerre après la guerre », « une ère de catastrophes », ou une Guerre Froide.

Entretemps la Guerre Froide s’est terminée, la menace d’une destruction mutuelle totale s’est dissipée, les forces armées européennes se sont considérablement réduites et le service militaire obligatoire a disparu dans la plupart des pays – laissant ipso facto sombrer dans l’oubli les combats des objecteurs de conscience, comme Jean Van Lierde en Belgique –, mais cela ne signifie pas que la guerre a disparu. [...]

La stratégie européenne de sécurité maritime

Sur initiative de la présidence grecque, le Conseil européen a approuvé le 24 juin la stratégie de sécurité maritime de l'Union européenne (UE) en tant que cadre pour relever les défis imposés par la maritimisation des enjeux. L'objectif est de protéger les intérêts de l'UE contre les risques et les menaces dans le domaine maritime mondial, comme le crime organisé, les menaces à la liberté de navigation, la prolifération des armes de destruction massive ou les risques environnementaux. La Stratégie couvre les aspects internes et externes de la sécurité maritime de l'UE dans une approche trans-sectorielle et globale.

Crédit photo: Afridroit
 

Territoires contestés en mer de Chine méridionale: quels enjeux pour l’Europe?

En mai 2014, le Vietnam célébrait le 60e anniversaire de la fin de la bataille de Dien Bien Phu. Célébrations nationales et hommages aux héros de guerres étaient à l’ordre du jour. Cette année, cependant, le passé et le présent se sont rencontrés de façon assez inquiétante avec l’apparition d’une plateforme pétrolière géante exploitée par l’entreprise publique chinoise CNOOC (China National Offshore Oil Corporation) dans les eaux contestées de mer de Chine méridionale. Voilà deux ans que le président de la CNOOC Wang Yiling a qualifié cette plateforme de «territoire national mobile et arme stratégique» de la Chine... 

Crédit photo: Flickr/Licence Creative Commons

Le Traité sur le commerce des armes ratifié par la Belgique

Le 3 juin 2014, un an exactement après l’ouverture à la signature de ce traité historique, la Belgique a ratifié le Traité sur le commerce des armes (TCA) à l’occasion d’une cérémonie officielle organisée au siège de l’Organisation des Nations unies à New York. Selon le Ministre des Affaires étrangères belge, Didier Reynders, « [le TCA] répond pleinement aux objectifs de la Belgique de consolider la paix et la sécurité dans le monde par le renforcement de l’ordre juridique international. »

Boko Haram : le Nord-Cameroun dans la tourmente ?

Depuis plusieurs années, le gouvernement nigérian se heurte aux violences répétées du groupe islamiste Boko Haram dans le nord du pays et plus précisément dans l’État du Borno, fief historique de la secte. Chassés par une vaste répression gouvernementale en 2009, de nombreux combattants de Boko Haram sont revenus en 2010 sur le sol national, formés et entraînés au combat selon les méthodes qaïdistes acquises lors de leur exil dans les régions voisines et en Somalie. Depuis, l’organisation terroriste nigériane multiplie les attaques, les cibles et les moyens avec pour but ultime la mise en échec du pouvoir politique central. Face à cette violence et aux nombreuses exactions commises en retour par les forces de sécurité, les populations civiles du Nord-Est se retrouvent piégées dans un cycle de terreur et n’ont souvent plus d’autre choix que de fuir.

Crédit photo : Soldats camerounais en formation (source: Staff Sgt. Whitney Hughes, 114th PAD, New Hampshire National Guard - 20 février 2013)

 

Retrait tchadien de la Centrafrique. Quelles conséquences pour la paix en RCA?

Survenant après la mort d'au moins 30 civils et plus de 300 blessés, sur un marché de Bangui le 29 mars dernier, l’annonce, le jeudi 3 avril, du retrait du contingent tchadien de la MISCA, Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine, pourrait fragiliser les efforts de pacification du pays entrepris depuis décembre 2013.
La succession, depuis décembre, d'incidents violents impliquant les troupes tchadiennes participant à la force de l’Union africaine (UA) déployée en République centrafricaine (RCA), est à l’origine d’un climat d’hostilité à l’égard du contingent tchadien, souvent accusé par la population d’être proche de l’ancienne rébellion de la Séléka.

(Crédit photo: centrafrique-presse.over-blog.com)

Les vents de la Crimée peuvent-ils souffler jusqu’en Asie du Sud-Est ?

Diplomatie et puissance dans les négociations en mer de Chine méridionale 
Le 18 mars, la Chine et l’Association des Nations d’Asie du Sud-Est (ASEAN) se sont réunies à Singapour pour poursuivre leurs consultations concernant la mer de Chine méridionale. Ces dernières portaient à la fois sur la mise en œuvre de la Déclaration de conduite et sur la négociation d’un Code de conduite. Cette réunion est intervenue dans un contexte particulier, celui d’une inquiétude de plus en plus vive vis-à-vis d’une Chine qui semble poursuivre de manière plus unilatérale et plus agressive ses intérêts dans la zone. 

(Crédit photo : Thailand Ministry of Foreign Affairs)

"Arms Races and Conferences: Asia’s Naval Build-Ups through the Lens of History"

"Arms Races and Conferences: Asia’s Naval Build-Ups through the Lens of History" est un article publié par B. Hellendorff et T. Kellner (chercheur interne et chercheur associé) dans la rubrique Newsbrief du Royal United Services Institute (RUSI). ​

En voici le résumé (anglais et français). L'entièreté de l'article peut-être téléchargé ci-dessous.

Over the last two decades, the rise of China and its quest for status on the international stage has resulted in profound changes to the global balance of power, constituting a source of considerable anxiety in many countries. With Beijing investing heavily in the modernisation and development of its military, especially in the maritime domain, uncertainty over its aims and ambitions has become an existential question for some of its neighbours. Japan, South Korea, Taiwan, Vietnam and the Philippines have much at stake in the face of a rising China beefing up its potential for coercion in this domain. These and other countries in East, Southeast and even South Asia have displayed great creativity in implementing hedging strategies, cautiously welcoming Washington’s rebalancing towards Asia, while also nurturing ambitions of their own.

Démocratie ou géopolitique? L’UE face à la crise ukrainienne

Les évènements de février 2014 en Ukraine ont pris de court tous les acteurs impliqués dans la crise : le président déchu Viktor Ianoukovytch bien sûr, la Russie évidemment, mais aussi une partie importante de l’opposition parlementaire ukrainienne, ainsi que les démocraties occidentales et l’Union européenne. Cette dernière avait pourtant adopté une position prudente au début de la crise, pour éviter, justement, que la situation n’atteigne un point de non-retour. Peine perdue : l’Ukraine est aujourd’hui plus divisée que jamais, et avec elle le Vieux Continent… qui semble avoir fait un pas en arrière de 25 ans, pour retomber en pleine Guerre froide...

Une année comme une autre : les exportations européennes d’armements en 2012

Cet éclairage a pour objectif d’analyser les informations sur les exportations d’équipements militaires des États membres de l’Union européenne rendues publiques le 21 janvier 2014. Ce 15e rapport annuel est un important instrument de transparence sur le commerce des armes. Bien qu’imparfait et imprécis – ne permettant pas de mener une analyse du processus de prise de décisions pour l’octroi d’une licence d’exportation – il éclaire néanmoins sur les exportations que les pays européens ont autorisées (et effectuées) durant l’année 2012. Ce rapport est également d’une grande utilité pour obtenir des informations sur les exportations autorisées de plusieurs pays européens qui ne produisent pas de rapports nationaux. 

Crédit photo : char Léopard 2A4 lors d'une parade à Riihimäki en Finlande, le 6 décembre 2009 (source: Vestman / Licence Creative Commons)

Traité sur le commerce des armes - Priorités de l’UE en vue de la mise en œuvre

La négociation et l’adoption du traité sur le commerce des armes (TCA) n’étaient que la première étape d’un long processus qui reste à concrétiser pour que le TCA puisse in fine avoir un réel impact positif sur les conditions de vie et la sécurité des populations1. Alors que la procédure de ratification du Traité est en cours dans de nombreux États, dont ceux de l’Union européenne (UE), et nous rapproche par conséquent de l’entrée en vigueur, une nouvelle étape doit dès à présent être appréhendée : celle de la mise en oeuvre du texte. Cette étape devra se faire en tenant compte d‘une part des faiblesses du traité, et en particulier les nombreuses possibilités laissées à l’interprétation, et d’autre part des multiples défis auxquels de nombreux États vont être confrontés...

(Crédit photo: Sophia Paris/ONU)

Nouvelles perspectives pour l’organisation d’une Conférence sur une ZEADM au Moyen-Orient ?

Plus de cinquante ans ont été nécessaires pour que le concept de zone exempte d’armes nucléaires et autres armes de destruction massive (ZEAN/ZEADM) soit envisagé concrètement pour la région du Moyen-Orient. Porté par les États de la région eux-mêmes dans différentes enceintes internationales, c’est finalement dans le cadre des conférences de révision du TNP que le processus de création de cette ZEAN/ZEADM a finalement trouvé sa place.

Après la résolution sur le Moyen-Orient incluse dans le document final de la Conférence de révision du TNP en 1995, il a fallu attendre celle de 2010 pour que soit décidée l’organisation, pour 2012, d’une Conférence sur l’établissement d’une ZEAN/ZEADM dans la région. Un an après l’annulation de la Conférence d’Helsinki sur la création d’une zone exempte d’armes nucléaires (ZEAN) et autres armes de destruction massive (ZEADM) au Moyen-Orient, de nouvelles perspectives s’offrent en cette fin d’année 2013...

Les transferts d’armements de la Région wallonne en 2012. Synthèse du rapport annuel

Le rapport annuel de la Région wallonne sur les transferts d’armes en 2012, présenté à huis clos devant la sous-commission de contrôle des licences d'armes du Parlement wallon le 13 novembre 2013, constitue la principale source d’informations sur ce domaine de politique bien particulier. Par la parution de cette synthèse qui est, depuis décembre 2008, une obligation européenne, la Région wallonne fait preuve de transparence, ingrédient essentiel pour permettre au parlement et aux membres de la société civile de s’informer sur les activités du gouvernement et de vérifier leur conformité avec les objectifs politiques déclarés et le cadre légal national et international existant.

Philippines : le drame et ses conséquences

Les Philippines auront connu ces dernières semaines deux catastrophes naturelles de grande ampleur : d’une part le tremblement de terre du 15 octobre sur l’île Bohol et d’autre part, le passage du typhon Haiyan dans la province de Leyte le 7 novembre. Au-delà des retombées dramatiques pour des milliers de vies humaines, quelles pourraient être les conséquences de ces catastrophes pour le pays ?

Conséquences financières d’abord, avec un impact désastreux des dommages liés à la tempête estimé à environ 14 milliards de dollars dont 2 seulement seront couverts par les assurances.  L’économie locale, fortement dépendante du secteur agricole (canne à sucre et riz), mettra des mois à s’en remettre avec des répercussions directes sur les exportations et le chômage local (un million d’agriculteurs ont été touchés). Les infrastructures, fortement endommagées par la puissance du vent et des vagues, manqueront également pour aider à la reprise. Aucun doute  que les prévisions de croissance – 6,5 % pour 2013 – seront affectées.

Vers une solution négociée du nucléaire iranien? Dynamiques favorables et vents contraires

En juin dernier, la population iranienne, accablée par les sanctions appliquées par la communauté internationale à l’encontre de la République islamique en raison de son programme nucléaire, et par le climat répressif exacerbé sous la présidence Ahmadinejad, s’est exprimée clairement en faveur d’un changement à la fois en politique étrangère et sur le plan interne en portant à la présidence, dès le premier tour, Hassan Rohani...

Geza Mezösy : du trafic d’armes à la politique…

Le principal parti flamand, la N-VA, a mis fin à sa collaboration avec Geza Mezösy, président faisant fonction d’une de ses sections bruxelloises. Cette décision fait suite à la publication, par l’auteur Koen Hostijn, du passé judiciaire de l’individu, auquel le GRIP s’était déjà intéressé dans un livre publié en 2002. Mesözy avait, dans les années ‘90, tenu un rôle très actif dans de multiples violations de l’embargo sur les armes imposé à l’ex-Yougoslavie. Il avait alors approvisionné « pour des raisons humanitaires » les armées de Croatie et de Bosnie-Herzégovine. Il avait également avoué avoir fourni l’arme qui servit, en 1995, à assassiner le vétérinaire Karel Van Noppen, crime qui avait fait grand bruit en Flandre et avait été attribué à la « mafia des hormones ».

Vous trouverez  la biographie de Geza Mezösy dans le livre Trafics d’armes vers l’Afrique – Pleins feux sur les réseaux français et le «savoir-faire» belge, encore disponible au GRIP.

Le Mexique face au crime organisé

Des justiciers attaquent la police d’une ville mexicaine» – «Treize corps découverts dans une fosse commune clandestine» – «Arrestation du chef du cartel du Golfe » – «24 morts dans les états du Michoacan et de Guerrero» – «22 morts dans une série d’attaques au Mexique». Voici quelques-uns des titres les plus chocs de la presse française concernant le crime organisé au Mexique en l’espace de quelques semaines durant l’été 2013. Pour un peu, on serait tenté de parler de faits divers. Tenté, uniquement, lorsqu’on connaît un peu l’actualité de ce pays, haut lieu du tourisme international mais également de la criminalité organisée, et en particulier du trafic de drogues, qui l’a entraîné dans une vague de violence brutale, sans précédent...

Le cancer des groupes armés au coeur de l'instabilité au Congo

Alors que tous les regards des dirigeants occidentaux sont rivés sur la Syrie, la situation dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et ses millions de victimes ne semblent pas bénéficier de la même attention de la part de nos décideurs et faiseurs d’opinion. Est-ce l’effet de la lassitude face à un interminable conflit? Après dixsept ans de guerre à intensité variable, peu d’évolutions notables sont perceptibles: le gouvernement congolais semble incapable de maîtriser la situation dans une région située à plus de mille kilomètres de sa capitale, des groupes armés en profitent pour prendre le contrôle des ressources minières et des axes de communication, et la population continue à vivre dans une insondable misère. Tandis qu’une petite élite, basée au Congo, dans les états voisins ou dans les pays industrialisés, ne cesse de s’enrichir de manière éhontée...

Wapenleveringen aan Syrië: praktische & juridische beschouwingen

Tijdens het overleg van de Raad van 27 mei jl. zijn de Europese ministers van Buitenlandse zaken het niet eens geworden over een versoepeling van het Europees wapenembargo. Het water tussen de voorstanders en de tegenstanders bleek te diep. Volgens de voorstanders zou de dreiging van wapenleveringen druk leggen op het regime van Bashar Hafez al-Assad: de troepen van Assad moeten de meest elementaire regels van het internationaal recht respecteren en onderhandelingen voeren met de oppositie, zoniet zullen de Europese lidstaten en de Verenigde Staten het niet nalaten om de oppositie te bewapenen. Een ander argument dat vaak wordt ingeroepen om de rebellen te bewapenen is dat het Westen niet langer outer toeschouwer kan blijven van het bloedbad in Syrië...

Retour sur la gestion de la crise malienne

L’offensive du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) en janvier 2012 contre les camps militaires de Ménaka, Tessalit, Aghueloc, Anderamboukane et Tizawaten marque la relance d’une nouvelle rébellion touarègue au Mali. Forts de leur expérience au sein de l’armée de Kadhafi et des équipements militaires ramenés d’une Libye en pleine déliquescence, les Touaregs du MNLA se montrent déterminés à obtenir l’indépendance de l’“Azawad” par les armes. Face à la mauvaise gestion du conflit par les autorités étatiques et à l’incapacité des forces armées maliennes d’enrayer les succès militaires des rebelles, des soldats stationnés à Bamako entament une mutinerie...

Australian conservatives are back on track

On the 7th of September, the Australian people elected their 28th Prime Minister: Tony Abbott. The former Head of Government and leader of the Australian Labor Party (ALP), Kevin Rudd, had brought the federal elections forward. Interestingly, but not so surprisingly, the country decided that, after six years of Labor rule, it was time for change.  The polls foreshadowed it: the victory belongs to the Liberal-National coalition...

Traité sur le commerce des armes : de nouvelles signatures dont les États-Unis !

Désormais, plus de la moitié des États du monde ont signé le premier traité réglementant les transferts internationaux d’armes dans l’histoire. Cette semaine, à l’occasion de la 68e session de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies, à New York, les États-Unis ainsi que 23 autres pays se sont joints aux 86 États déjà signataires* du Traité sur le commerce des armes (TCA), adopté le 2 avril 2013 par l’ONU après plus de sept ans de négociations internationales...

Crédit photo: Win Khine/ONU

RCA : Djotodjia et la Séléka, six mois après

En Centrafrique, après trois mois de tergiversations, de crises et d’âpres négociations (ponctuées par l’Accord de paix de Libreville du 11 janvier 2013 et par la formation du gouvernement d’union nationale du 3 février 2013), la coalition rebelle Séléka conduite par Michel Djotodjia s’emparait de Bangui, la capitale, le 24 mars 2013. François Bozizé, ex-chef de l’État, replié temporairement à Yaoundé, au Cameroun, avait dénoncé, lors de plusieurs interviews, la trahison dont il a été victime de la part de ses partenaires tchadiens et sud-africains. Or, les autorités tchadiennes qui avaient favorisé son accession au pouvoir dix ans plus tôt, l’accusaient, autant que la coalition rebelle, de n’avoir pas respecté les termes de l’Accord de paix de Libreville.

Six mois après son coup de force, la Séléka, bien que dissoute par Michel Djotodjia le 15 septembre 2013, reste à l’origine d’un climat de terreur à Bangui et dans les villes secondaires où se multiplient enlèvements, pillages, assassinats et incendies, visant notamment les populations chrétiennes et perpétrés par des ex-rebelles ne faisant allégeance qu’à leur chef-recruteur immédiat. En réaction, divers groupes d’auto-défense se sont créés, se revendiquant pour certains de l’ancien chef de l’État. François Bozizé, actuellement en exil en France, se dit favorable à un retour à l’ordre constitutionnel, par la voie des urnes ou par la force. Pendant ce temps, les ex-FACA (Forces armées de Centrafrique), restées fidèles à l’ex-chef de l’État et repliées à l’est du Cameroun et au nord de la RDC, multiplient les attaques contre la Séléka (dont les effectifs sont estimés à 20 000 combattants actuellement, en partie constitués d’adolescents tchadiens, soudanais et centrafricains) et contre les populations musulmanes.

L’Europe face à la crise syrienne : Londres, Paris … et les autres

En Syrie, l’Union européenne a presque failli être oubliée. Lors de la crise libyenne deux ans auparavant, un Conseil européen extraordinaire avait au moins pu être organisé en toute urgence (mars 2011), avant que les avions de chasse franco-britannique n’investissent le ciel libyen. La tentative de conférer à l’UE une position commune fut vaine, mais réelle. Face aux possibles frappes contre le régime de Bachar el-Assad, cette peine a désormais été épargnée aux chefs d’État et de gouvernement. Les appels tardifs du président français François Hollande pour que la voix de l’Union se fasse entendre n’enlèvent rien au fait qu’initialement, ni lui ni David Cameron n’avaient cru bon porter le dossier à Bruxelles...

Crédit photo: European External Action Service

Le rôle de l’Union européenne dans la gestion des crises

Au cours de ces quatre dernières années, le GRIP a coordonné un réseau de plus de trente centres de recherche européens spécialisés sur le rôle de l’UE dans la gestion des crises et les opérations de paix. Financé par le programme COST de l’Union européenne (www.cost.eu), ce réseau a notamment organisé une conférence internationale qui s’est tenue à Vienne le 21 mars 2013. À partir de cette conférence, un livret sur le rôle de l’Union européenne dans la gestion multilatérale des crises a été publié par l’Académie nationale de défense autrichienne, en collaboration avec d’autres instituts dont le GRIP... 

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