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Pour la dignité paysanne. Expériences et témoignages d'Afrique, réflexions, pistes méthodologiques

« On me dit que tu t’occupes de développement ! Mais que fais-tu au juste ? », lui demande un jour son oncle. C’était en 2006. Deogratias Niyonkuru avait passé une trentaine d’années aux côtés des paysans congolais et camerounais. La tête pleine d’idées, il rentre chez lui au Burundi et s’investit dans la création d’ADISCO, une association qui vise à accroître l’autonomie des paysans et à construire avec eux des modèles économiques et sociaux viables. Leur action sera couronnée du prix Roi Baudouin pour le Développement en Afrique 2014-2015.

Monitoring de la stabilité régionale dans le bassin sahélien et en Afrique de l’Ouest – janvier à mars 2018

Ce monitoring trimestriel, publié par le GRIP depuis 2011, a pour but de suivre la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest avec un accent plus particulier sur le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger et le Sénégal. Il se penche sur les questions de sécurité interne au sens large, les tensions régionales, la criminalité et les trafics transfrontaliers.

Crédit photo : manifestations à Conakry (source : Cellou Binani)

 

L’évaluation des risques en matière de contrôle des exportations d’armes: indicateurs et facteurs de risque

À l’initiative d’organisations internationales et non gouvernementales, de nombreux indicateurs ont été développés ces dernières années avec comme objectif d’évaluer les performances des États sur des thématiques toujours plus précises et variées. Ils représentent désormais une source systématique d’information importante sur des enjeux politiques, sécuritaires et de droits humains à l’échelle d’un pays. Cette Note propose d’analyser l’utilisation d’indicateurs comme outils d’évaluation des risques en matière de contrôle des exportations d’armes. L’objectif est de s’inscrire dans le champ du renforcement des bonnes pratiques en matière d’évaluation des risques liés aux exportations d’armes et de la consolidation du Guide d’utilisation.

Mer de Chine méridionale : érosion de la règle de droit ou renforcement de la diplomatie?

La mer de Chine méridionale est un espace stratégique où transite une part importante du commerce mondial. C’est aussi une région marquée par des différends territoriaux et maritimes opposant principalement la Chine à ses voisins d’Asie du Sud-Est. En juillet 2016, un tribunal d’arbitrage a invalidé l’essentiel des revendications chinoises au regard de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM). Pourtant, cette clarification de la règle de droit n’a pas eu pour effet de faciliter les négociations entre la Chine et ses voisins. Au contraire, elle a consolidé un format de discussions où prédominent rapports de force et calculs politiques. Cette note s’attache ainsi à détailler ce paradoxe apparent, entre une règle de droit érodée et une diplomatie faussement renforcée.

Crédit photo : UN Photo/Eskinder Debebe

Bataillons de volontaires et protecteurs de village : utilisateurs finaux à risque en Ukraine et Turquie

Les exportateurs d’armements livrent généralement leurs matériels à des utilisateurs gouvernementaux, forces régulières ou de police, à des entreprises privées voire à des civils habilités à détenir une arme. Mais dans certains cas, des utilisateurs non-étatiques atypiques viennent compléter cette liste de destinataires : les milices pro-gouvernementales. Ces milices peuvent occuper des fonctions similaires à celles des forces régulières ou de police tout en conservant leur autonomie vis-à-vis des règles auxquelles l’armée et les forces de sécurité régulières sont soumises. Cette Note s’attache à présenter les risques et les défis posés par d’éventuelles exportations d’armes vers ces acteurs non-étatiques à travers l’étude de deux milices pro-gouvernementales : les bataillons de volontaires ukrainiens et les protecteurs de village turcs.

Crédit photo : Camion blindé improvisé du batailon Azov en Ukraine

Menaces sur l’accord nucléaire iranien

La signature du JCPoA a constitué un véritable succès diplomatique pour la communauté internationale ainsi que pour la non-prolifération nucléaire. Le principe général de l’Accord était simple, l’Iran abandonnait son programme nucléaire militaire et se soumettait à un régime d’inspections sévère en échange d’une levée des sanctions liées au nucléaire aux niveaux américain, européen et onusien. Cette levée des sanctions devait apporter à l’Iran un sursaut de croissance, un apport technologique et un retour dans le système commercial mondial. Mais l’arrivé à la Maison-Blanche de Donald Trump, très opposé à cet accord, a profondément changé la donne. Le président Trump a posé un ultimatum à Téhéran et aux autres parties prenantes à la négociation pour obtenir de larges modifications du JCPoA sous peine de voir les États-Unis se retirer de l’Accord. Cette Note d’Analyse expose les griefs américains contre le JCPoA et montre le rôle que pourrait jouer l’Europe en cas de retrait des États-Unis de l’Accord...

Crédit photo : Signature du JCPoA à Vienne en juilet 2015 (crédit : ONU/Dragan Tatic)

 

Prévention des détournements d’armes: faiblesse des pratiques européennes

Les États membres de l’UE disposent de normes et de procédures destinées à renforcer les contrôles des exportations d’armements et notamment à prévenir et lutter contre leur détournement, qui sont considérées parmi les plus strictes au monde. Pourtant, aujourd’hui, il ne se passe plus un mois sans qu’un État membre ne soit interpellé quant à ses décisions en matière d’exportation. Les publications de cas de détournements – présumés ou avéré – d’armes européennes au Moyen-Orient se multiplient, et désormais depuis des pays considérés comme des alliés et comptant parmi les meilleurs clients des pays de l’UE. Cette Note d’Analyse présente certains des défis en matière de prévention et de lutte contre les détournements d’armes auxquels les États membres de l’UE font face lorsqu’ils autorisent des exportations.

(Crédit photo: militaryedge.org, Syrian Rebel with a PKM)

 

RCA: difficile politique d’apaisement. La justice transitionnelle menacée?

Malgré la signature de plusieurs accords politiques depuis 2016, les groupes armés omniprésents dans douze des quatorze provinces de la République centrafricaine (RCA) poursuivent leurs exactions. Depuis début 2017, un nouveau cycle de violences communautaires et confessionnelles, rappelle celui de 2013-2014.

La mission EUNAFVOR MED Libye: des critiques justifiées?

Le 19 avril 2015 a marqué un tournant dans la position adoptée par l’Union européenne (UE) vis-à-vis de ce qui est désigné aujourd’hui comme la "crise méditerranéenne" ou la "crise migratoire". Ce jour-là, un bateau contenant environ 700 migrants au départ des côtes libyennes chavire près de l’île italienne de Lampedusa, causant la mort d’au moins 400 d’entre eux. Cette tragédie largement médiatisée rend soudain manifeste l’augmentation des flux migratoires illégaux à travers la Méditerranée, ainsi que le juteux trafic de migrants qui s’y greffe. L’intérêt particulier de l’Europe envers la Libye découle précisément de ces deux phénomènes complexes, tous deux causés par la guerre civile et l’instabilité politique qui règne dans le pays depuis 2011...

Crise libyenne: rôles et enjeux de l’UE et ses membres

Lorsque le régime de Mouammar Kadhafi s’est effondré sous les bombes de l’OTAN, en 2011, la France et le Royaume-Uni, principaux instigateurs et acteurs de la campagne libyenne, n’imaginaient pas que la Libye deviendrait le théâtre d’un conflit destiné à s’éterniser, digne de ceux qui tourmentent le Moyen-Orient.

Toutefois, contrairement au Moyen-Orient, l’Union européenne et ses membres jouent en Libye un rôle prépondérant. En dépit d’enjeux et d’intérêts contradictoires, ils ont su préserver une certaine unité, bien que la relation entre l’Italie et la France dans ce dossier demeure empreinte de méfiance et de malentendus.

(Crédit photo: Emmanuel Macron a invité le 25 juillet 2017, le Président du Conseil présidentiel du Gouvernement d’entente nationale, Fayez Sarraj, et le commandant de l’armée nationale libyenne, Khalifa Haftar. Source: Elysee.fr)

Les trois zones en Libye

L’industrie de défense ukrainienne: un pied en URSS, l’autre dans l’OTAN

Depuis sa création, l’industrie de la défense ukrainienne a été fortement imbriquée dans l’appareil de défense russe. L’annexion de la Crimée et le soutien russe aux séparatistes dans l’Est a forcé un découplage brutal des deux complexes industriels. UkrOboronProm, la coupole des industries publiques de défense ukrainiennes, s’est donné plusieurs objectifs : fournir l’armée ukrainienne en équipements modernes, remplacer la Russie dans les fournitures de l’industrie de défense ukrainienne, réformer les industries de défense pour les rendre compétitives, trouver de nouveaux marchés et adopter les normes occidentales. L’industrie de défense ukrainienne passe également d’un système calqué sur le modèle russe à un système d’inspiration occidentale qui repose davantage sur l’initiative privée. Pour réussir cette transition, l’appareil industriel de défense ukrainien aura besoin de soutien politique interne et externe aux réformes, de collaborations avec des partenaires occidentaux et de la mise en place d’un contrôle qualité scrupuleux pour faire oublier la mauvaise réputation de l’Ukraine dans les années Ianoukovitch.

Crédit photo: The Vast Soviet Tank Graveyard at Kharkov, Ukraine - Urban Ghosts Media (Tom, July 2015)

Monitoring de la stabilité régionale dans le bassin sahélien et en Afrique de l’Ouest – Octobre à décembre 2017

Ce monitoring trimestriel, publié par le GRIP depuis 2011, a pour but de suivre la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest avec un accent plus particulier sur le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger et le Sénégal. Il se penche sur les questions de sécurité interne au sens large, les tensions régionales, la criminalité et les trafics transfrontaliers.

Crédit photo : Casque bleu de la MINUSMA à Kidal  au Mali (UN Photo/Marco Dormino)

Est du Congo: à qui profite la prolifération des groupes armés?

Plus que jamais, les milices et groupes armés pullulent en République démocratique du Congo (RDC). Des régions jusque-là épargnées sont touchées, et tout particulièrement le Kasaï, mais la violence et l’insécurité – déjà omniprésentes depuis plus de deux décennies – sont en pleine recrudescence dans l’est du pays.

La défense européenne, entre Doctor FED & Mister PESCO

Les États membres de l’Union européenne (UE) sont persévérants. Depuis près d’un an, ils clament vouloir relancer la Politique européenne de sécurité et de défense commune (PSDC), qu’ils avaient créée en 1999 sans toutefois avoir l’intention de la faire fonctionner sérieusement. Le contexte sécuritaire international se faisant plus pressant, ils ont décidé de la remettre en ordre de marche, d’autant plus que leur principal bouc-émissaire en la matière, le Royaume-Uni, s’apprête à tirer sa révérence...

La guerre oubliée du Yémen : impasse militaire, casse-tête politique et catastrophe humanitaire

En mars 2015, une coalition internationale dirigée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis est entrée en guerre au Yémen. Elle entend combattre le mouvement politique armé Houthi, allié aux forces fidèles à l’ancien président yéménite Saleh pour ramener au pouvoir le président internationalement reconnu, Hadi. Souvent qualifié de guerre par procuration entre l’Arabie saoudite et l’Iran sur fond de tensions interconfessionnelles, le conflit au Yémen reflète en réalité une mosaïque de luttes de pouvoir et de tensions au niveau local ainsi que de multiples fractures dans la société yéménite. Héritages d’évènements récents et d’une histoire séculaire, ces fractures sont les braises sur lesquelles viennent aujourd’hui souffler les différents acteurs d’un conflit qui a pris une dimension internationale...

La Turquie après le putsch manqué : reconfiguration accélérée de l’exercice du pouvoir

La tentative de coup d’État qui s’est déroulée dans la nuit du 15 juillet 2016 en Turquie présente un caractère paradoxal. Bien qu’avortée, elle a mis fin à l’âge d’or du parti AKP qui, depuis 2002, exerçait le pouvoir sans discontinuer en s’appuyant sur une majorité solide, une popularité croissante, une politique économique efficace, et un rapport de force avec les autres acteurs de la vie politique qu’il tournait de plus en plus à son avantage. Toutefois, elle constitue également ce "cadeau de Dieu" qu’évoquait le président Erdogan, une opportunité historique qui doit permettre à l’AKP d’accélérer la transformation en profondeur des institutions, afin de faire émerger un système politique qui consacre son hégémonie à travers un déséquilibre des pouvoirs...

Turquie: l'indépendance de la justice en danger

Les purges en Turquie sont largement relayées et dénoncées par la presse internationale depuis le putsch manqué du 15 juillet 2016. L’ampleur des atteintes portées au pilier de l’état de droit qu’est le système judiciaire a en effet de quoi interpeller : des procès éclairs en série, des motifs d’accusation obscurs et quelque 4 000 magistrats limogés par décret depuis le coup d’État avorté. Mais l’instrumentalisation de l’appareil judiciaire turc ne date pas de juillet 2016, il est un enjeu de pouvoir visible entre forces politiques turques depuis une dizaine d’années. En effet, depuis l’arrivée au pouvoir de l’AKP, en 2002, l’évolution du système judiciaire est fonction des relations entre trois acteurs concurrents de l’échiquier politique : le mouvement religieux Hizmet de Fethullah Gülen...

L’Amérique latine, nouvel Eldorado pour les armes européennes?

Les États d’Amérique latine se trouvent aujourd’hui dans une situation exceptionnelle, où se mêlent contraction des budgets de défense et réorientation des missions des forces armées vers des questions de sécurité publique. Cette Note d’Analyse présente l’évolution des dépenses militaires de ces pays ainsi que de leurs acquisitions d’armements : qui sont les principaux importateurs, leurs fournisseurs et quelles sont les tendances actuelles. Elle se penche également sur les transferts d’armes légères et de petit calibre et de leurs munitions des États membres de l’Union européenne vers cette région...

Crédit photo : parachutistes mexicains (Master Sgt. Adam M. Stump/USAF/Wikimedia Commons)

 

«Robots tueurs»: encadrement ou interdiction?

Ce 13 novembre 2017, les Nations unies vont ouvrir des discussions officielles sur la problématique des «robots tueurs», avec la première réunion d’un groupe d’experts[1] dédié à ce sujet. Fin août déjà, une centaine de professionnels du secteur de la robotique et de l’intelligence artificielle, dont Elon Musk[2], signaient une lettre ouverte à l’ONU demandant une interdiction des armes létales autonomes.

Transferts d’armes aux groupes armés de Syrie: le rôle de Washington

Depuis 2012, des armes et des munitions arrivent massivement aux multiples groupes armés actifs en Syrie, en provenance notamment des Balkans et transitant par des pays voisins qui, comme l’Arabie saoudite, déclarent en être les destinataires. Loin de n’être qu’une affaire mêlant exportateurs peu scrupuleux et importateurs faisant fi de l’interdiction de réexporter leur armement, il apparaît que les États-Unis sont au cœur de ces transferts.

Via deux programmes, le premier mis en œuvre par la CIA au bénéfice des opposants au gouvernement de Damas, le second organisé par le Pentagone visant à armer les adversaires de l’État islamique, les États-Unis ont en effet coordonné, facilité et financé à hauteur de plusieurs milliards de dollars, des achats d’armes dans des pays-tiers et supervisé leur acheminement aux groupes rebelles syriens qu’ils souhaitent soutenir. Mais ce déluge d’armes a produit de nombreuses dérives, dont l’approvisionnement de groupes djihadistes et des combats entre factions armées, les unes par la CIA, les autres par le Pentagone.

Crédit photo : missile TOW américain utilisé par des combattants de l'Etat islamique

Transferts d’armes des Balkans vers le Moyen-Orient et risques de détournement vers des groupes armés

Depuis 2011, les flux d’armes légères et de petit calibre des Balkans vers le Moyen-Orient ont fortement augmenté. Si l’Irak demeure logiquement le premier importateur d’armes balkaniques de la région, l’Arabie saoudite s’est aussi imposée comme un client majeur. D’autres, en particulier la Turquie, la Jordanie et les Émirats arabes unis, ont également développé fortement leurs achats d’armes. Le principal pays exportateur vers le Moyen-Orient est, de très loin, la Bulgarie, suivie par la Croatie, la Bosnie-Herzégovine et la Serbie. La courbe de leurs exportations est fortement ascendante, avec des records de vente enregistrés en 2015 ou 2016.

Or, une partie de ces armes a été détournée vers divers groupes armés non étatiques actifs en Syrie, y compris des "filiales" d’Al-Qaïda et même État islamique. La politique laxiste des exportateurs n’est pas seule en cause. En effet, ces transferts s’inscrivent dans une stratégie allant bien au-delà des Balkans et du Moyen-Orient.

Crédit photo : Mitrailleuse serbe M02 Coyote utilisée par un rebelle en Syrie (2016) - source: ARES (Armament Research Service) via Facebook.

Dépenses militaires, production et transferts d’armes - Compendium 2017

Ce rapport présente une synthèse des principales tendances et statistiques relatives aux dépenses militaires mondiales, à la production et aux transferts internationaux d’armements conventionnels, sur la base des Fact Sheets et des bases de données du Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI).
En 2016, les dépenses militaires mondiales se sont élevées à 1 666 milliards de dollars, soit 2,2% du produit intérieur brut mondial et environ 227 dollars par habitant...

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