Rapport de la mission des Nations unies au Sahel : vers une centralisation des actions de lutte contre la déstabilisation de la région

Le 27 janvier, la mission d’évaluation inter-institutions des Nations unies chargée de mesurer les impacts de la crise libyenne au Sahel a présenté son rapport au Conseil de sécurité. Après trois semaines de visite dans les Etats de la région du 7 au 23 décembre 2011, les membres de l’Union Africaine, de l’Organisation internationale pour les migrations et de l’ONU ont noté que les défis auxquels se heurtent les autorités sahélo-sahariennes (Algérie, Mauritanie, Mali, Niger, Tchad, Tunisie) pré-existaient à la crise libyenne mais ont été considérablement aggravés par elle : crise alimentaire, trafics en tous genres (armes, drogues, êtres humains), terrorisme. A cela s’ajoute le retour de dizaines de milliers de migrants dans leur pays d’origine, fuyant les affrontements armés ou les représailles, accentuant de fait la pression sur un environnement socio-économique déjà très vulnérable. La mission a salué les initiatives multilatérales entreprises pour faire face à ces nouvelles difficultés et soutenir les efforts des Etats de la région à lutter contre l’accentuation de ces menaces. Ces derniers sont convaincus de la nécessité de considérer les « causes profondes » des problèmes de la région et d’y apporter des réponses internes et régionales. Le rapport émet ainsi une série de recommandations, parmi lesquelles la nécessité de renforcer les capacités nationales et régionales en mettant l’accent sur la cohérence et la coordination des programmes mis en œuvre (action humanitaire, sécurisation des frontières, partage de l’information) ou encore la nécessité de mobiliser l’aide internationale en faveur de la sécurité et du développement de la région. Enfin, la mission plaide pour la mise en place d’« un mécanisme ou d’un cadre global » réunissant l’ensemble des Etats sahéliens concernés, permettant l’échange de vues et la discussion autour de possibles solutions.