Armes chimiques en Syrie: risques avérés ou fausses menaces?

En janvier 1993, près de 150 États signent  la Convention d’interdiction des armes chimiques (CIAC)  qui prévoit l’interdiction de développer, produire, acquérir, stocker, détenir et transférer directement ou indirectement des armes chimiques,  ainsi que l’obligation pour les États parties de détruire leurs stocks et de se soumettre à un régime de vérification strict comprenant des inspections imprévues. La Syrie, qui ne fait pas partie des signataires, se réservait donc le droit de contrevenir aux obligations enserrés dans le texte. La non-adhésion de Damas ne surprend pas puisque le régime est soupçonné d’avoir opté, dès les années 1970, pour le développement d’un programme d’armes chimiques, avec l’aide de l’Union soviétique et de l’Iran. Ce type d’armes non conventionnelles constituerait en quelque sorte un instrument de défense asymétrique face au non-officiel programme nucléaire israélien. Parce qu’elles nécessitent des ressources financières moins importantes et un court délai de fabrication, et occasionnent des dommages aussi dissuasifs que l’arme nucléaire, les armes chimiques, biologiques ou bactériologiques sont en effet considérées comme une arme de dissuasion du faible au fort, ou du pauvre au riche.

Damas aurait entrepris, pendant ces décennies, la construction de quelques usines de production afin de développer des agents chimiques tels que le cyanure et des agents neurotoxiques mortels, tels que le gaz sarin ou le VX, avant de les stocker dans plusieurs dépôts du pays. Parallèlement, le pays s’est doté d’un arsenal de vecteurs (bombes aériennes, missiles balistiques, roquettes d’artillerie) capables de transporter ces armes chimiques.