Enjeux électoraux au Gabon : quelques hypothèses sur l’élection présidentielle d’août 2016

L’élection présidentielle gabonaise du 27 août 2016, pourrait marquer un tournant dans l’histoire politique du pays ; c’est en effet la première échéance électorale présidentielle « normale » de l’ère post-Omar Bongo Ondimba, puisque celle de 2009 a été anticipée à la suite du décès du doyen gabonais. Par rapport au scrutin de 2009, cette élection revêt par ailleurs plusieurs caractéristiques singulières, dont il faut tenir compte dans l’appréciation de ce que pourrait être l’avenir politique du Gabon. Tout d’abord l’ampleur de la mobilisation des acteurs des deux camps, majorité présidentielle et opposition, contrairement à l’élection de 2009 dont l’effet de surprise avait réduit les capacités d’action de plusieurs acteurs politiques. À titre d’illustration, aucun candidat de l’opposition n’avait pu déployer des représentants dans l’ensemble des bureaux de vote. Tout comme plusieurs d’entre eux n’avaient pu parcourir la moitié des localités importantes du pays, en raison de l’insuffisance de ressources, tant matérielles qu’humaines. De même, les candidats n’avaient pas eu le temps de mettre en place une stratégie de contestation des résultats des urnes en cas d’irrégularité, stratégie qui aurait pu contraindre le vainqueur à partager le pouvoir...