Trafics d'armes: enquête dans la plaine de la Ruzizi (RDC-Burundi)

Réalisée dans la région particulièrement affectée des Grands Lacs africains, cette étude sur la prolifération des armes légères couvre la plaine traversée par la rivière Ruzizi, dont le tracé épouse celui de la frontière entre le Burundi et la République démocratique du Congo. De part et d’autre, à l’ouest du Burundi comme au Sud-Kivu, la guerre a été particulièrement meurtrière depuis plus d’une décennie. Aujourd’hui encore, des troubles – embuscades, incursions armées…- secouent ces deux régions. La porosité de la frontière, les connexions entre les groupes armés tendent à indiquer que le calme n’y reviendra que simultanément. 
 
L’étude a été réalisée dans le courant 2004 par deux équipes d’enquêteurs – congolais et burundais – encadrés par Charles Nasibu Bilali et Jacques Ntibarikure. Ce dernier a également coordonné l’ensemble du travail et rédigé le présent rapport. Le dépouillement des données – sous forme de réponses à trois types de questionnaires, suivant le public interrogé – a été réalisé par Small Arms Survey (Genève) et le GRIP, qui ont également financé l’étude. 
 
Au Burundi, l’enquête a couvert les provinces de Bubanza, Bujumbura rural et Cibitoke. En RDC, elle s’est déroulée dans les localités d’Uvira, Kiliba, Sange et Luvungi, situées dans le territoire d’Uvira. Ont été particulièrement ciblés deux groupes spécifiques, dont la profession est souvent confrontée aux conséquences de la prolifération des armes : le personnel médical et les agents des secteurs de la justice et de la sécurité. En outre, des personnes représentatives de la population, mais n’appartenant pas aux deux groupes précités, ont fourni le gros des réponses, traitées de manière statistique. 
 
Les données recueillies confirment que les populations paient un lourd tribut à la prolifération incontrôlée des armes. Elles regorgent également d’informations sur des sujets sensibles, tels les motivations des détenteurs, le profil des utilisateurs, les types d’armes les plus répandus, leur origine, leur coût… La comparaison entre les deux pays reflète les avancées disparates des processus de paix, des processus hésitants, mais bien réels. Enfin, cette enquête montre la nécessité d’un désarmement en profondeur de ces sociétés et fournit des outils pour lancer une telle dynamique.
 
Cette étude a été réalisée dans le cadre d’un projet commun du GRIP et de SAS (Small Arms Survey) sur les armes légères, la prévention des conflits et la construction de la paix en Afrique, avec le soutien du ministère des Affaires étrangères de Belgique, du ministère des Affaires étrangères du Luxembourg et du ministère de la Communauté française de Belgique.
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