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Les 100 jours de Faustin-Archange Touadéra : défis de la RCA post-conflit

L’élection, en février 2016, de l’ancien Premier ministre Faustin-Archange Touadéra à la présidence de la Centrafrique, a marqué formellement la fin de la transition et le début de la phase de reconstruction du pays, après trois années de crise. Bien que la cause immédiate de la crise centrafricaine reste le coup de force perpétré en mars 2013, par la coalition des rebelles de la Séléka, contre le président François Bozizé, les facteurs explicatifs des cycles de crises en Centrafrique sont à situer dans l’héritage historique des coups de force et dans la fragilité structurelle de l’État centrafricain...

Monitoring of regional Stability in the Sahel region and in West Africa – April to June 2016

This quarterly monitoring, published by GRIP since 2011 is part of a project named “Contributing to improve human security, conflict prevention and strengthening the rule of law in Sub-Saharan countries” funded by the Ministry of Foreign Affairs of the Grand Duchy of Luxembourg.

It aims to monitor the security situation in West Africa with a focus on Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinea, Mali, Niger and Senegal. It examines in particular broad internal security issues, regional tensions, and cross-border and transnational crimes.

Crédit photo : l'ex-ministre sénégalais de l’Écologie a dénoncé l'ampleur du trafic illégal du bois de vène en Casamance 

 

Le casse-tête des transferts d’armes à la Libye

Le débat relatif aux dérogations possibles prévues par l’embargo sur les armes contre la Libye a été plutôt confus au cours des derniers mois, à l’image de la situation politico-militaire du pays. Le 16 mai 2016, lors d’une réunion internationale des pays dits « amis de la Libye », la communauté internationale semblait convaincue : le moment était venu pour elle d’autoriser des transferts militaires vers le fragile gouvernement de Fayez el-Sarraj imposé par l’ONU en mars 2016. Objectif : permettre aux nouvelles autorités libyennes de rétablir l’ordre et, surtout, de combattre le terrorisme.

(Photo: A Streit Group Typhoon mine-resistant ambush protected vehicle (MRAP) seized by Greek customs officials in the port of Piraeus. The vehicles were reportedly bound for Libya, in breach of a UN arms embargo against the country. In total 16 vehicles were seized, including eight Typhoons. Source: Greek Public Revenue office)

Depuis, cette idée a été temporairement remise de côté. Le cours récent des évènements semble avoir tout à coup rappelé aux « amis de la Libye » que le gouvernement d’accord national de Sarraj n’est pas encore en mesure de s’imposer face aux multiples milices maîtresses du terrain. Les risques de détournement demeurent trop grands.

La partie n’est cependant que remise, car l’idée d’envoyer des armes au gouvernement légitime libyen n’est en réalité pas nouvelle. Au contraire, elle est aussi vieille que la crise, qui a éclaté en 2011.

When France is no longer a dream. The example of Niger

This document is the ‘Note d’actualité No. 38’ (June 2016), property of the Thomas More Institute (with the support of the DGRIS). Reproduction by GRIP courtesy of its author, Antonin Tisseron.

Niger, a country particularly exposed to the jihadist threat that burdens the Sahel-Saharan strip, is generally regarded in France as a reliable partner that is aware of the security issues. Caught between the AQIM movement in the West, the Libyan conflicts and Islamic State in the North as well as Boko Haram attacks in the South, the authorities have undertaken to increase the strength of the armed forces while several attempted terrorist actions were thwarted in the country. Seen from Niger, however, away from the corridors of power, Franco-Nigerien relationship has showed significant deterioration in recent years. And while this deterioration is not inexorable, it cannot be neglected. Considering that Niger is no exception.

Crédit photo : Wikimedia Commons/Jean Rebiffé/Niamey from the sky

RD Congo, régionalisme et équilibres géopolitiques : les enjeux du nouveau découpage territorial

Le 9 janvier 2015, le Parlement congolais adoptait la loi relative au redécoupage du pays en 26 provinces, contre 11 initialement. Bien que cette réforme figure dans la Constitution de 2006, sa mise en œuvre aura attendu près de dix ans, et intervient dans un contexte de tensions politiques, à moins d’une année de la fin du deuxième et dernier mandat constitutionnel du président Joseph Kabila. Parallèlement à la mise en œuvre du processus de découpage territorial, le Parlement congolais avait également apporté un amendement à la loi électorale, visant à subordonner la tenue des prochaines élections présidentielles – théoriquement programmées pour novembre 2016 – à l’organisation d’un recensement préalable de la population. La mesure sera retirée suite aux violentes manifestations populaires survenues entre les 19 et 23 janvier 2015, contre ce qui est alors apparu à une partie de l’opinion et à l’opposition, comme une « tentative de modification » du calendrier électoral, en vue de maintenir le président sortant au pouvoir au-delà des délais constitutionnels...

La défense européenne face au Brexit

Que ce soit vis-à-vis de l’Allemagne nazie, de l’Union soviétique ou… de l’intégration européenne, Winston Churchill a toujours su voir plus loin que ses contemporains. De manière vague et imprécise, certes, mais sincère néanmoins, il souhaitait que l’Europe continentale évolue à terme vers une véritable fédération. Il évoquera même le terme d’États-Unis d’Europe à ce propos. Car Churchill aimait l’Europe, et parlait volontiers de civilisation européenne, dont le nazisme constituait à ses yeux la négation.
Mais Winston Churchill ne pensait pas que le Royaume-Uni devait participer à ce processus d’intégration politique qu’il souhaitait pour le reste du continent. Sans doute voyait-il son pays comme un pont au milieu de l’Atlantique, reliant une Europe unie aux États-Unis, dans le cadre d’une relation transatlantique forte et solidaire. 
Même mort, Churchill continue à voir plus loin que les générations qui lui ont succédé. Car c’est bien ce chemin-là que l’Europe doit prendre à présent. L’UE ne doit pas adopter une attitude punitive vis-à-vis du Royaume-Uni, mais elle doit relancer, parallèlement, le processus d’intégration politique du Vieux Continent. En commençant par la politique étrangère, de sécurité et de défense commune, qui moisit dans les couloirs de Bruxelles depuis des années.
Européens et Britanniques sont destinés à rester côte à côte face aux grands défis sécuritaires internationaux. Mais pas nécessairement dans le cadre de l’UE, pas forcément dans ses structures.

After Compaoré: discussing "the Ivorian policy” of the new government of Burkina Faso

Following the collapse of the Compaoré regime in 2014, Burkina Faso is witnessing a shift in its foreign policy. One of the challenges for the country is to maintain its diplomatic influence in the region. This crisis with Côte d’Ivoire, which resulted from the arrest warrant released by Burkina Faso against Guillaume Soro, is a test for the new President Roch Kabore. Regarding Côte d’Ivoire as a threat for its government, President Kaboré has to mediate between the quest for justice of its population and the need to maintain a peaceful relationship with Côte d’Ivoire, an emerging regional power since the end of the civil war in 2011. Despite the political will of both countries to settle the conflict peacefully, political tensions in their domestic politics are likely to worsen the stability of the Abidjan-Ouagadougou diplomatic axis in the following years.

(Photo credit: commons.wikimedia.org - President Roch Marc Christian Kaboré)

Dismantling of nuclear weapons and vessels: A terrifying legacy for future generations

As part of disarmament agreements, or due to obsolescence, a large number of nuclear weapons and nuclear vessels – especially nuclear-powered submarines – must be dismantled. All countries are facing the same challenge posed by the security and environmental constraints of storing large quantities of fissionable and radioactive materials for a very long period. The new economic sector that might be generated by these activities, in Brest for example, cannot make us forget the terrifying burden imposed on future generations by decades of "belief" in nuclear deterrence.

Crédit photo : Le SNLE Le Terrible lors de sa sortie du hall de construction (DCNS)

Côte d’Ivoire, the difficult path to Reconciliation

Peace in Côte d’Ivoire will be difficult to consolidate without progress in the reconciliation process. Improvements in social cohesion remain blocked by grievances over the access to land – an issue that president Alassane Ouattara promised to address upon his reelection in October 2015. Steps should also be taken to prevent the reconciliation process from being perceived as driven by victor’s justice – by those who won the war, exclusively targeting those who lost, that is Gbagbo and his followers.

Crédit photo : Le Gri-Gri international

Military Spending and Arms Imports in five West African Countries

This report describes the evolution of military expenditures and arms imports during the last decade in five French-speaking West African countries: Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali, Niger and Senegal. None of these countries can be considered as a major power, but most of them recently chose to strengthen their military capacities, apparently in response to the terrorist and secessionist threats that shake the sub-region. Without stating about the legitimacy of a military answer to this type of threats, the note intends to bring some fresh data on the quantity of resources allocated to the defence and security sector, and compare them over time and with regard to the expenses allocated to the social needs for the population of these countries.


Photo credit : Malian Soldier -  AFP/Sia Kambou

Les missiles iraniens de la discorde

Le 9 mai 2016, un missile balistique d’une portée de 2 000 km est lancé par Téhéran[1]. Deux mois auparavant, un Qiam (d’une portée de 750 km) et un Ghadr-1 (d’une portée de 1 600 km) étaient testés par les Gardiens de la révolution. Depuis 2010, ce sont des dizaines de tirs d’essais qui ont été réalisés par la République islamique[2].
La légalité de ces tirs divise l’union éphémère des pays négociateurs du Plan d’action global conjoint (JCPOA) signé il y a près d’un an et met en lumière la présence de véritables enjeux de langage dans le texte de l’accord. La question de la survie du JCPOA se pose donc à mesure qu’augmentent les pressions internes et externes pesant sur les États-Unis.

La paix et la sécurité au sommet de l’UEMOA

Le 5 juin prochain se tiendra à Dakar le sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union économique monétaire ouest-africaine (UEMOA). Parmi les sujets qui y seront abordés figure celui de la paix et de la sécurité dans l’espace UEMOA[1], en l’occurrence la problématique de la lutte contre le terrorisme, ainsi que 18  mesures potentielles en faveur de l’intégration régionale. Cela traduit un développement majeur dans le champ de compétences de l’UEMOA, une organisation à caractère essentiellement économique, et d’autant plus que d’autres organisations sous-régionales jouissent d’une expertise sur cette thématique. Certes, l’espace UEMOA est concerné par la menace terroriste, mais il faut qu’il veille à ce que le volet sécuritaire ne le détourne pas de sa vocation originelle.

(Crédit photo: Sputniktilt - Le siège local de l'UEMOA, à Ouagadougou, Burkina Faso)

Contrôle de l'utilisation finale des armes: pratiques et perspectives

Les autorités chargées d’octroyer les licences d’exportation d’armes sont dans une situation peu enviable. Elles doivent assumer une énorme responsabilité chaque fois qu’elles reçoivent une demande d’autorisation de transfert d’un certain type et d’un certain volume de matériel ou de technologies militaires à un utilisateur final situé dans un pays destinataire particulier. Tout refus de leur part empêche un entrepreneur situé sur leur territoire de fournir le matériel contrôlé à un client étranger et constitue au minimum un préjudice commercial pour l’entrepreneur concerné, tandis que toute autorisation de transfert entraîne un risque potentiel de mauvaise utilisation du matériel...

Containing diversion: arms end-use and post-delivery controls

Arms transfer control authorities are in an unenviable position. Great responsibility is implied in each decision they make regarding the authorisation of the export of certain types and volumes of military goods or technology. A decision to deny the requested transfer licence prevents a company from supplying a customer abroad and is bad for business, while a decision to authorise the transfer might result in the goods being used for ill. In an ideal world, arms export control authorities would have at their disposal accurate end-use documentation allowing them to judge whether the intended use is in line with the exporting country’s national laws, as well as regional and international conventional arms control arrangements...

Practices and issues of small arms and light weapons control in Senegal

In West Africa, where armed groups are still active and jihadist terrorism is growing, the proliferation and illicit circulation of small arms and light weapons (SALW) remains a major security challenge. Despite the low intensity conflict in Casamance and the presence of armed crime in certain areas of the country, Senegal is emerging as one of the countries least affected by armed violence in the sub-region. Besides good governance in Senegal, limiting the grounds for armed confrontations, the various measures for the control of SALW taken by that country may also explain this result. This note examines the SALW issues in Senegal and analyses the initiatives and control measures undertaken in this area.

(Photo Credit: Oeil d'Afrique.com-Trafic d’armes: Le Sénégal traîne le pas pour sa ratification)

 

 

Is the Mali Centre an epicenter of djihadism?

The proliferation of violent episodes in the center of Mali since the middle of 2015, shows how fragile peace is in the country. The signing of peace agreements and the beginning of a reconciliation process certainly marks a step forward for the government, but stability remains fragile in the Centre and North. In the absence of state authority, disparate groups claiming a jihadist movement whose name they do not even know, dictate law and take revenge of their opponents / enemies in central Mali. Thus, in the Macina, transhumant pastoralists, not wanting to submit to the rules established by their traditional leaders (dioros) guaranteed by the administration for the exploitation of pastures, armed themselves and decided not to pay taxes for access to bourgous (forage crops). They are considered to be jihadists. Jihad thus appears as a simple instrumental option for objectives other than the dissemination of rigorous faith.

(Photo: Participants to the forum of Dewral Pulaaku at the Peul camp of Serma (Douentza). @B. Sangaré, October 2014)

Les embargos sur les armes, sanctions en faveur de la paix et la sécurité

Le Traité sur le commerce des armes (TCA), entré en vigueur en décembre 2014, rappelle aux États parties leurs obligations en matière de respect des embargos sur les armes : aucun État ne doit autoriser un transfert d’armes classiques en violation d’un embargo sur les armes des Nations unies. Le GRIP maintient à jour une base de données des embargos décidés depuis 2000, destinée aux autorités compétentes en matière d’octroi des licences d’exportation d’armes ainsi qu’à la société civile dans son ensemble, et qui vise à contribuer au respect des dispositions du TCA. Créée avec le soutien de la Région wallonne, cette base de données cherche à présenter un instantané le plus complet possible des mesures qui touchent un pays : utilisateurs et types d’équipements concernés, modalités d’exemptions et actes juridiques instaurant les mesures...

 

Les élections au service du présidentialisme: les cas du Cameroun, Gabon, République du Congo et Guinée équatoriale

Les systèmes présidentiels ne se caractérisent pas uniquement par l’élection directe du chef de l’État, ni par le rôle prédominant de celui-ci sur le pouvoir exécutif. Le principal élément constitutif de ce type de régime réside dans une stricte séparation des pouvoirs, notamment et surtout entre les branches législative et exécutive. Dans ce contexte, le terme « présidentialisme » est utilisé le plus souvent avec une connotation péjorative. Il désigne une variante, voire une dégénérescence du régime présidentiel, dans la mesure où les équilibres institutionnels sont rompus au profit du chef de l’État. Celui-ci domine les pouvoirs législatifs et judiciaires, ainsi que l’administration de l’État, les forces de sécurité (armée et police) et les structures préposées à l’organisation des élections. Ces dernières deviennent dès lors une simple formalité devant conférer une légitimité démocratique fictive au pouvoir préexistant. Ainsi, le terme de « démocrature » est souvent associé au concept de « présidentialisme », dans le but de dénoncer la nature dictatoriale d’un régime camouflé sous les habits d’une démocratie.

À la lumière d’une telle définition, plusieurs États d’Afrique francophone pourraient être qualifiés de présidentialistes. Parmi eux, figurent les quatre pays d’Afrique équatoriale qui seront analysés dans cette Note : le Cameroun, le Gabon, la Guinée équatoriale et la République du Congo (Congo-Brazzaville). Dans ces pays, le présidentialisme est souvent associé à une forme de paternalisme, le président étant en quelque sorte le père de la nation. Certains auteurs n’hésitent pas, à ce propos, de parler de « présidentialisme paternaliste » ou de « paternalisme institutionnel ». Cette notion repose sur le fait que l’institution présidentielle doit normalement incarner l’unité nationale du pays. Or, la création relativement « récente » de l’État dans nombre de régions d’Afrique explique une transposition de ce rôle depuis l’institution vers la personne qui la représente, ouvrant souvent la voie à un exercice arbitraire de l’autorité.

Face à de telles dynamiques, l’examen des systèmes présidentiels d’Afrique équatoriale peut paraitre aux premiers abords comme secondaire, les dynamiques socio-politiques, historiques et économiques expliquant l’essentiel de leur caractère autocratique. Pourtant, bien que l’inclinaison autoritaire de ces pays ne découle pas forcement de la structure de leur système présidentialiste, l’analyse de celle-ci peut être utile afin de comprendre si ces régimes pourraient évoluer à terme vers un profil plus démocratique, sans pour autant sombrer dans le chaos.

 

L'homme qui répare les femmes: le combat du Docteur Mukwege (5e édition, revue et augmentée)

Paru en octobre 2012, le livre de Colette Braeckman en est désormais à son 5e tirage. La réédition se démarque par sa nouvelle couverture et l’ajout de deux chapitres inédits. Depuis la première parution, le médecin-chef de Panzi s’est retrouvé à deux reprises sur la « short list » des candidats au prix Nobel de la paix et en 2014. Le Parlement européen lui a décerné le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit. Son combat a été porté à l’écran par Thierry Michel et Colette Braeckman dans un documentaire couronné de récompenses dans les festivals internationaux.

Cette nouvelle édition peut être commandée via notre site (www.grip.org) ou par téléphone au 02/241 84 20.

Dépenses militaires mondiales: l’arc oriental fourbit ses armes

Les dépenses militaires globales de la planète sont estimées à 1 676 milliards USD en 2015 (1 773 milliards aux prix et taux de change de 2014), selon les dernières données publiées par le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) .
Cette somme représente une hausse d’environ 1% en termes réels par rapport à 2014. Elle est équivalente à 2,3% du produit intérieur brut mondial et à une moyenne d’environ 230 dollars par habitant.
Les États-Unis, avec des dépenses militaires de 596 milliards USD en 2015, dominent de loin tous les autres pays et représentent à eux seuls 35,6% du total mondial. Ils sont suivis par la Chine, dont les dépenses estimées à 215 milliards comptent pour 12,8% du total.
L’Arabie saoudite, dont les dépenses militaires ont doublé entre 2006 et 2015 et sont probablement sous-estimées selon le SIPRI, se hisse pour la première fois à la troisième place du classement et pèse 5,2% du total mondial (87 milliards).
La Russie est rétrogradée à la quatrième place principalement en raison de la chute du rouble, tandis que le Royaume-Uni, profitant d’un euro faible, se hisse devant la France, elle-même dépassée par l’Inde, qui occupe la sixième place en 2015.  
Le Top 10 des pays les plus dépensiers pour leur effort militaire est complété par le Japon, l’Allemagne et la Corée du Sud, dont les dépenses militaires représentent respectivement de 2,4% à 2,2% du total mondial.

Une tendance ininterrompue à la hausse

Il s’agit de la première hausse après trois années consécutives de diminution depuis 2011. La crise des finances publiques et la fin de la Guerre froide avaient amené les dépenses militaires à leur niveau le plus bas en 1998, année à partir de laquelle elles ont recommencé à croitre sans discontinuer jusqu’en 2011.

Monitoring of regional Stability in the Sahel region and in West Africa – January to March 2016

This quarterly monitoring, published by GRIP since 2011 is part of a project named “Contributing to improve human security, conflict prevention and strengthening the rule of law in Sub-Saharan countries” funded by the Ministry of Foreign Affairs of the Grand Duchy of Luxembourg.
It aims to monitor the security situation in West Africa with a focus on Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinea, Mali, Niger and Senegal. It examines in particular broad internal security issues, regional tensions, and cross-border crime and trafficking.
Crédit photo : Manifestation "contre la peur" sur la plage de Grand-Bassam en Côte d'Ivoire (source : Licence creative commons)

Union européenne: plus d’exportations d’armes, moins de transparence?

2014 a vu une explosion des autorisations d’exportation d’armes vers le Moyen-Orient par les États membres de l’UE. Cette région absorbe désormais le tiers du montant total des licences d’exportations accordées. Les données récemment rendues publiques mettent aussi en évidence le manque de lisibilité des chiffres de certains pays. Il devient dès lors aujourd’hui de plus en plus difficile d’évaluer de manière adéquate les exportations des États membres, ainsi que le respect de leurs engagements nationaux et internationaux en la matière.

Les limites de la transparence

Le rapport sur les exportations d’armes des États membres de l’UE pour 2014, comme les précédents, n’a pu établir le total des livraisons d’armes effectives cette année, puisque sept États n’ont communiqué aucune donnée à ce sujet (Allemagne, Belgique, Danemark, Grèce, Irlande, Pologne et Royaume-Uni)[1]. À noter également que ne sont disponibles en intégralité que les montants des licences octroyées, lesquels peuvent différer sensiblement de la valeur de l’exportation effective.

Armes nucléaires américaines en Europe : les raisons du statu quo

Le nombre d’armes nucléaires américaines déployées en Europe a diminué de 97 % depuis les années 1970. Toutefois, il reste encore aujourd’hui environ 180 bombes nucléaires américaines dans cinq pays européens : Pays-Bas, Allemagne, Belgique, Italie et Turquie. Pourtant, ces armes nucléaires tactiques, de courte portée, n’ont aucune utilité militaire. La capacité de dissuasion de l’OTAN ne serait en rien affectée par leur retrait. Alors pourquoi sont-elles encore là en 2016 ?

Présidentielles en Guinée équatoriale: un scrutin couru d’avance

Prévues pour l’automne, les élections présidentielles en Guinée équatoriale se tiendront finalement au printemps : le 24 avril 2016. Tel est le souhait du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Teodoro Obiang), candidat à sa propre succession, après 36 années passées à la tête de l’État. Les raisons officielles ayant poussé M. Obiang à revoir le calendrier restent peu claires : « les circonstances l’y obligeraient » selon une information qui a filtré du Palais du peuple de Malabo.

Le décret présidentiel fixant la nouvelle date du scrutin a été adopté le 11 mars 2016, soit six semaines avant le rendez-vous électoral, et 28 jours à peine avant le début de la campagne électorale. D’une durée de 14 jours, celle-ci se tiendra donc du 8 au 22 avril. Bien que de tels délais soient habituels dans l’organisation des scrutins sur le continent, le fait que l’élection ait été soudainement anticipée de plusieurs mois a pris de cours l’opposition équato-guinéenne. Ainsi, celle-ci aurait dû théoriquement disposer de 28 jours pour préparer deux semaines de campagne… afin de défier les 36 années de pouvoir de Teodoro Obiang, un record sur le continent.

De telles conditions ont finalement été rejetées par le plus important mouvement d’opposition au régime. Le 20 mars 2016, l’organe exécutif de la principale coalition légalisée de l’opposition du pays, la Convergence pour la démocratie sociale (Convergencia para la Democracia Social – CPDS), a publié un communiqué de presse sans appel, pour dénoncer le caractère anti-démocratique du scrutin à venir et demander à ses militants de boycotter les opérations de vote. La CPDS dénonce en outre les manœuvres des autorités visant à militariser le pays et à bloquer les frontières avant et après le vote, grâce notamment à des soldats venus du Zimbabwe. Bien que les autorités aient peu communiqué à ce sujet, cette présence de troupes zimbabwéennes témoigne néanmoins du climat de tensions et du manque de confiance qui entourent le rituel électoral équato-guinéen.

Bien que le pays ne soit pas étranger aux processus électoraux, il ne peut en aucun cas être considéré comme démocratique, au regard notamment des normes internationales en vigueur sur la question. Les institutions européennes, d’ailleurs, ne la considère guère comme telle. L’Union européenne (UE), qui déploie régulièrement des missions d’observation électorale en Afrique, n’a jamais voulu contrôler sur le terrain les consultations équato-guinéennes. Pour elle, les conditions démocratiques minimales qui justifient la présence d’une mission n’ont jamais été réunies. Et elles ne le seront clairement pas le 24 avril prochain.

 

La Maprobu : défis d’un déploiement des forces de l’UA au Burundi

Le Burundi traverse une crise politique majeure depuis que le président Pierre Nkurunziza a décidé de solliciter un troisième mandat début avril 2015. Selon l’ONU, au moins 400 personnes ont été tuées et 220 000 autres ont trouvé refuge dans les pays voisins entre avril et décembre 2015[1]. Dès le début de cette crise, l’Union africaine (UA) a exprimé sa détermination à assumer pleinement ses responsabilités, en tant que garante de l'Accord de paix et de réconciliation d'Arusha (2000), dont le but est de garantir la paix et la démocratie au Burundi[2]. À plusieurs reprises, le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA a rappelé sa préoccupation face aux menaces sérieuses que la situation faisait peser sur la paix et la sécurité au Burundi, mais aussi pour les implications graves qu’elle pouvait avoir sur la région. À la suite de la recrudescence des violences en novembre et en décembre 215, le CPS avait voté le 17 décembre l’envoi d’une force de 5 000 hommes, sous le nom de Mission africaine de prévention et de protection au Burundi (MAPROBU)[3], dans le but de restaurer la stabilité et l’État de droit dans le pays.

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