Publications

Les attentats de Madrid et l'échec de la lutte contre le terrorisme

Les attentats perpétrés ce 11 mars 2004 à Madrid nécessitent d’examiner l’action menée depuis deux ans et demi dans la lutte contre le terrorisme. Que la responsabilité des attentats incombe à l’ETA ou à Al Qaïda, des constatations fondamentales peuvent être faites dans le cadre de ces deux hypothèses.

1. Globalement, il faut constater l’échec de la politique actuelle de lutte contre le terrorisme menée sous le leadership des Etats-Unis qui ont privilégié l’action militaire et unilatérale. De plus, les Américains ne remettent pas en cause le choix de ces moyens face au manque de résultats obtenus depuis plus de deux ans ...

Les missions de police de l'Union européenne

Le Conseil européen de Feira définit, en juin 2000, 4 domaines prioritaires pour lesquels l’UE se dote de capacités concrètes : la police, le renforcement de l’Etat de droit, l’administration civile et la protection civile [i] .

Les Etats membres se sont engagés en particulier à renforcer leur capacité à fournir des policiers pour les opérations internationales de police auxquelles ils décident de contribuer volontairement.

Ce Conseil fixe de plus des objectifs concrets de capacités à réaliser pour 2003 : une réserve de 5000 policiers affectés à des missions internationales de prévention et de gestion des crises et capables de répondre aux besoins spécifiques aux différents stades de ces opérations.

Le déploiement des effectifs de police de l’UE peut s’effectuer soit en réponse à une demande d’une organisation internationale (ONU, OSCE) soit en tant qu’opération autonome de police de l’UE, éventuellement dans le cadre d’une opération de gestion des crises de plus grande envergure conduite par l’UE.

Visant cet objectif global, les Etats membres se sont engagés à prendre les mesures nécessaires pour recenser et déployer dans un délai de 30 jours des forces de police (1000 officiers de police ou gendarmes) aptes à exécuter des opérations et des missions de conseil, formation, surveillance et encadrement.

A Feira, les Etats membres ont également exprimé leur volonté de définir un concept communautaire d’opérations de police internationales définissant les lignes directrices de l’UE et qui constituerait la référence en matière d’opérations de police.

Le Conseil européen de Göteborg de juin 2002 inclut un « Plan d’action en matière de police » [ii] pour aider à la réalisation de l’objectif de mobilisation de ces 5000 policiers et prend en compte les contributions possibles d’Etats non membres de l’UE à des missions de police de l’UE [iii] .

En décembre 2001, le Conseil européen de Laeken déclare que « l’Union est désormais capable de conduire des opérations de gestion des crises » [iv] .

Exportation de matériel militaire vers la Tanzanie

La Région wallonne vient de décider de ne pas accorder une licence d’exportation d’armes vers la Tanzanie. La demande portait sur des machines pouvant produire des munitions pour un montant de 11 millions d’Euros et avait été introduite par la firme liégeoise New Lachaussée (Herstal). Nous présentons ci-dessous des éléments de contexte relatifs à ce projet. 

La décision du gouvernement wallon a été prise en fonction de la position actuelle de la Tanzanie, située dans une région qui reste instable. L’exportation d’un tel type de matériel aurait pu risquer en effet de fragiliser les efforts de paix dans la région (RDC, Burundi) ...

L'hystérie sécuritaire, moteur de la relance américaine

L'information est tombée dans l'indifférence quasi générale de ce côté-ci de l'Atlantique. Pourtant, elle est emblématique d'une dérive sécuritaire que rien ne semble plus pouvoir enrayer aux États-Unis : l'armement des flottes de l'aviation commerciale n'est plus qu'une question de mois. Tous les avions civils américain – de ligne, charters ou cargos – devraient bientôt être équipés d'un système de défense supposé les protéger des attaques de missiles sol-air portatifs, les MANPADS dans le jargon militaire (MAN Portable Air Defense Systems) ...

Synthèse du 4e rapport rendu par le Groupe d’experts sur l’exploitation illégale des ressources naturelles et autres richesses en RDC

Le Groupe d’experts, mandaté par le Conseil de sécurité depuis juin 2000 pour réaliser plusieurs études sur exploitation illégale des ressources naturelles et autres richesses en République Démocratique du Congo (RDC), a rendu son quatrième rapport le 23 octobre 2003.

Lors de ses précédents travaux, le Groupe avait démontré le lien entre trafic de ressources naturelles et pérennisation du conflit en RDC. Sa troisième étude, publiée en octobre 2002, désignait nommément 157 firmes et individus dont les activités finançaient directement ou indirectement la poursuite des combats. Il avait alors suscité de vives réactions.

Bien que ce quatrième rapport se veuille plus consensuel, il a été qualifié par certains de « giclée d’eau tiède »[1], il laisse un « goût d’inachevé »[2], pour d’autres. Ce texte ne fait pas l’unanimité parce qu’il a été purgé d’éléments jugés nuisibles au bon déroulement de la période de transition. Les informations concernant les détails de l’exploitation des ressources et du trafic d’armes ont été transmises au Conseil de sécurité mais sont restées confidentielles. Il ne fait aucun doute qu’un certain nombre de personnes mises en cause dans ce document gardé secret occupent aujourd’hui des postes importants au sein des institutions de transition. La paix exige parfois de se taire.

'Une Europe sûre dans un monde meilleur' : Un concept stratégique utile mais dangereux

Désormais, l’Union européenne dispose officiellement d’un concept stratégique de sécurité. Le document, élaboré par M. Javier Solana, Haut représentant pour la Politique étrangère et de sécurité commune de l’UE et intitulé « Une Europe sûre dans un monde meilleur », a été adopté par le Conseil européen des 12 et 13 décembre 2003 qui a clôturé la Présidence italienne[1].

Au niveau de la forme et du principe, le document de Javier Solana est, d’abord et avant tout, bienvenu car il vient combler une grave lacune. Depuis la fin des années 1990, la démarche européenne a été de développer une capacité propre, tant civile que militaire, de gestion des crises, sans disposer d’une vision claire de ses objectifs stratégiques au service de laquelle pourraient, ensuite, être déployés des moyens spécifiques. 

Dans le fond cependant, il reste à voir à quoi les Etats membres (actuels et adhérents) se sont engagés. L’analyse qui suit met en exergue les insuffisances du concept stratégique européen qui pourrait justifier des politiques contradictoires, voire dangereuses.

Les Nouvelles du GRIP 1/2004

  • Irak : l'échec des théories des néoconservateurs américains (Bernard Adam)
  • La guerre en Irak, un an après : le bilan (Caroline Pailhe)    
  • Un budget de destruction massive (Luc Mampaey)    
  • Rwanda, dix ans après - Peut-on prévenir le génocide ? (Félix Nkundabagenzi)    
  • RDC: la nouvelle armée d'un pays réunifié (Georges Berghezan)

Le concept stratégique de l’Europe doit privilégier le multilatéralisme et la coopération internationale

Après l’intervention américaine en Irak et la fracture transatlantique, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne chargeaient, en mai 2003, M. Javier Solana, Haut représentant pour la Politique étrangère et de sécurité commune de l’UE, d’élaborer un document stratégique pour l’Europe. Ce document initial, intitulé « Une Europe sûre dans un monde meilleur », fut présenté et approuvé au Conseil européen de Thessalonique, le 20 juin 2003, en tant que base d’une stratégie globale de sécurité européenne devant être adopté lors du Conseil européen clôturant la Présidence italienne, prévu les 12 et 13 décembre prochains...

Les Irradiés de la République: Les victimes des essais nucléaires français prennent la parole

Ils étaient 150 000, pour la plupart de très jeunes hommes. Ils étaient peu – ou même pas du tout – informés sur les risques de la radioactivité. Désinformés même. Telles ces recommandations remises au personnel des essais par les autorités de la marine : « Une minute et demi après l’explosion, les débris sont tous retombés et il n’y a aucun danger provenant du rayonnement. » Les radiations retardées ? Elles sont « si faibles qu’elles ne constituent pas un danger. Ne vous en occupez pas ».

Les Nouvelles du GRIP 4/2003

  • L’Union européenne ne doit pas devenir une puissance militaire (Bernard Adam)    
  • Un concept stratégique pour l’Union européenne: le choix d’une «puissance tranquille» (Caroline Pailhe)    
  • Un instrument international pour la traçabilité des armes légères : une occasion à saisir (Ilhan Berkol)    
  • «Contrôlez les armes» : un appel aussi simple que nécessaire (Claudio Gramizzi)

 

Travaux du Groupe d'experts gouvernementaux de l'ONU sur le traçage des armes légères et de petit calibre. Analyse du rapport final et comparaison avec la Convention modèle du GRIP

Le Programme d’action de la Conférence des Nations unies sur les armes légères de juillet 2001 prévoit d’étudier la possibilité d’élaborer, à l’intention des Etats, un instrument international d’identification et de traçage rapide et fiable des armes légères illicites. En application de la demande qui figure dans la résolution 56/24V du 10 janvier 2002, le Secrétaire général a créé un groupe d’experts gouvernementaux (GEG) à cet effet. 

Le GEG s’est réuni une première fois du 1er au 5 juillet 2002 à Genève. L’ambassadeur indien Rakesh Sood a été choisi comme président. Le groupe s’est fixé deux lignes de conduite : d’abord, même si c’est important, il ne devrait pas étudier d’autres sujets que le marquage et le traçage ; ensuite, son travail consisterait à étudier la faisabilité de développer un instrument international et non de négocier un tel instrument. A cet effet, le groupe s’est penché d’abord sur le fait de voir si cet instrument est souhaitable. Durant cette première réunion le GEG a entendu les représentants de la société civile et un représentant de l’industrie de la viande en relation avec le traçage ainsi que les représentants des gouvernements français et suisse sur leur initiative. La 2ème réunion du groupe a eu lieu à Genève du 24 au 28 mars 2003 où des experts sur la criminalité et sur les munitions ainsi que sur le trafic illicite ont fait des présentations. Le GRIP a fait parvenir au président du GEG, à sa demande, le modèle de convention sur le marquage, l’enregistrement et le traçage qu’il venait d’établir et le secrétariat du groupe a confirmé que le document a été circulé parmi les experts. Le groupe s’est réuni une dernière fois du 2 au 6 juin 2003. Cette dernière réunion était consacrée aux conclusions et à l’élaboration du rapport, toutefois, les membres de WFSA ont fait quelques présentations.

Transferts d'armes de la Belgique en 2002

Le présent rapport comprend les chiffres et les données relatifs aux exportations belges en 2002. Ce rapport comporte un tableau précis des exportations belges, tableau qui indique le nombre de licences accordées par pays, leur caractère privé ou public et la nature des types d’équipements généralement exportés. A cette information s’ajoute le montant global de nos exportations par pays de destination. De plus, tous les tableaux statistiques sont présentés dans un ordre d’importance décroissant, ce qui permet au lecteur de saisir immédiatement l’importance relative des destinations concernées...

Le projet de régionalisation des licences d'exportation d'armes

Les accords de gouvernement avaient prévu la possibilité de discuter dans un « forum » la question de « la régionalisation des exportations d’armes ». Puis, de façon inattendue le nouveau gouvernement Verhofstadt II a décidé lors de son premier Conseil des Ministres, le 12 juillet 2003, de déposer en urgence un projet de loi spéciale sur la régionalisation de cette matière...

Armes de destruction massives irakiennes : le manque de crédibilité anglo-américaine

Alors que l’Iran se trouve acculé par les Etats-Unis à accepter un régime d’inspections plus sévères de son matériel nucléaire, en Irak, les Coalisés peinent à trouver les armes de destruction massive développées par Saddam Hussein et son régime. Et avec le temps, l’ampleur de la manipulation quant à la menace imminente représentée par l’Irak se précise. Les Etats-Unis et le Royaume-Uni n’ont en effet pas lésiné pour user de l’argument, de manière parfois très grossière, allant jusqu’à engager leur crédibilité au plus haut niveau de gouvernement...

Pressions sur la Belgique à propos de la loi de compétence universelle : une nouvelle expression de la politique unilatérale américaine

Décidément, le ministre américain de la Défense, Donald Rumsfeld, a le mérite de la clarté dans ses discours lorsqu’il présente publiquement les conceptions très unilatérales de l’actuelle administration américaine. Pourtant, après la fin de la guerre en Irak, les dirigeants politiques, des deux côtés de l’Atlantique, semblaient faire un effort pour tenter de rapprocher les points de vue, dans la perspective d’une possible réconciliation...

Le développement – Une arme de paix

«Aider la population n’était pas une finalité en soi, mais plutôt un moyen pour créer des conditions favorables à la paix.» Ces propos du responsable d’une ONG italienne, amenée à reconstruire des maisons dans les Balkans au lendemain de la guerre, résument parfaitement l’une des nouvelles tendances de la coopération internationale. Et de l’Union européenne en particulier.

Guerre préventive et choc des civilisations : un regard critique sur l'article « The Clash of Civilizations »

Les événements du 11 septembre ont largement contribué à relancer la thématique du « choc des civilisations ». A cette occasion, le talent « visionnaire » de Samuel Huntington fut porté au pinacle. Cette analyse est-elle pertinente ? Primo, il convient tout de même de rappeler que l’article de Samuel Huntington publié dans Foreign Affairs date de l’été 1993. Secundo, sur la forme, et à condition que l’on accepte la réalité en question, l’objet de son article porte essentiellement sur un niveau spécifique du « choc des civilisations », le niveau institutionnel ou inter-Etats. S’il se préoccupe des comportements des individus, son analyse concerne principalement les influences que ces modes de vie exercent sur les politiques des gouvernements « non-occidentaux ». Tertio, sur le fonds, la vision pessimiste distillée par « The Clash of Civilizations ? » est-elle le résultat d’une analyse impartiale ou sert-elle d’autres buts ? Si la deuxième hypothèse se vérifie, cela reviendrait à considérer que Samuel Huntington était motivé par des arrières-pensées...

Questions juridiques sur la régionalisation des licences d'armes

Dans sa déclaration gouvernementale du 14 juillet 2003, le Premier ministre créait la surprise en annonçant la possibilité de régionaliser les licences autorisant les exportations, les impor¬tations et les transits d’armements. Ce projet devait être débattu au sein d’un forum commu¬nautaire, annoncé dans la foulée. Cependant, le Conseil des ministres déposait exactement le même jour au Conseil d’Etat un projet de loi spéciale visant à concrétiser cette régiona¬lisation, en demandant l’application de la procédure d’urgence.

Pages