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Le Traité d'interdiction des essais nucléaires : plus que jamais nécessaire

Les 17 et 18 septembre, s’est tenue à Vienne la Conférence des États parties du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires. Onze ans après sa négociation, ce traité n’est toujours pas entré en vigueur en raison de la réticence de quelques États, dont les États-Unis, la Chine et l’Iran, à le ratifier. Pourtant, l’essai nucléaire effectué par la Corée du Nord le 9 octobre 2006 a rappelé à la communauté internationale toute la pertinence de cette réglementation. En effet, son entrée en vigueur contribuerait non seulement à consolider le régime international de non-prolifération et de désarmement mais aussi à apaiser certaines des crises qui menacent actuellement la sécurité mondiale.

Irak — Les inspections terminées, les ADM sont toujours introuvables

Plus de quatre ans après le début de la guerre menée par les Etats-Unis et leurs alliés contre l'Irak, le Conseil de sécurité des Nations unies a mis officiellement un terme au mandat des inspecteurs chargés de découvrir et démanteler les fameuses armes de destruction massive du régime de Saddam Hussein. 

Cet événement est une nouvelle occasion de rappeler que les inspecteurs dépêchés en Irak, tant par les Nations unies que par les Etats-Unis, n'ont pu trouver ces armes de destruction massive. Pourtant, elles avaient été la principale raison avancée par Washington pour envahir l'Irak au mépris du droit international et renverser le régime de Saddam Hussein en 2003. 

Le rapport final des inspecteurs de l'ONU souligne en outre que l'Irak d'aujourd'hui doit faire face à plusieurs défis avant d'enfin tourner cette page de son histoire.

Les Nouvelles du GRIP 3/2007

  • Les dépenses militaires des États-Unis en 2008, Un huitième «budget de destruction massive» (Luc Mampaey)
  • 65 milliards de dollars en armes de guerre américaines pour le Moyen-Orient - De l’huile sur le feu pour une région poudrière (Caroline Pailhe)
  • La coopération structurée permanente de l’UE - Vers des budgets militaires en hausse ? (Federico Santopinto)

Où va l’Amérique latine ? Tour d’horizon d’un continent en pleine mutation

« Les millions de personnes qui souffrent chaque jour des dégradations de la pauvreté et de la faim ont le droit d’être impatients. » Cette affirmation, paradoxalement énoncée par George W. Bush, résume fort bien les causes profondes et la nature complexe des récents virages à gauche. Qualifiés de gauchistes (un peu ou beaucoup), de centristes, de populistes ou à tendance autoritaire, les nouveaux gouvernements élus au Venezuela, au Chili, en Argentine, en Bolivie, au Brésil... suscitent pourtant les mêmes attentes.

Le traité de Lisbonne et l'action extérieure de l'Union européenne

Le rôle de l'Union européenne sur la scène internationale n'est pas facile à comprendre. Sur le plan commercial ou en matière de coopération au développement, l'UE a pu se profiler comme un acteur incontournable et reconnu sur la scène mondiale. Dans un domaine plus proprement politique, toutefois, l'identité de l'Union est nettement moins bien définie.

1997-2007 : La Convention d’interdiction des armes chimiques a 10 ans

Le 29 avril 2007 a marqué les dix ans de l’entrée en vigueur de la Convention sur les armes chimiques (CAC), un des plus grands succès en matière de contrôle des armements (1). En une décennie, la CAC est en effet parvenue à concrétiser de manière tangible l’interdiction des armes chimiques, qui avaient été utilisées à de nombreuses reprises durant le siècle passé : par l’ensemble des belligérants lors de la Première Guerre mondiale, par l’Irak contre l’Iran et contre sa propre population ou encore par l’Egypte au Yémen ou l’Indonésie au Timor-Oriental. 

La Convention est articulée autour de trois concepts majeurs : l’interdiction totale de ce type d’armement, la destruction de leur arsenal par les Etats reconnaissant en posséder et enfin, l’indispensable mise en place d’un régime de vérification sous l’égide de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). Si le régime mis en place a pu être aussi strict et unanimement respecté, c’est principalement grâce à la condamnation internationale de la barbarie des armes chimiques. C’est aussi parce qu’au moment des négociations de la CAC, à la fin des années 80, seuls quelques Etats de faible envergure étaient encore susceptibles de les utiliser ...

La nouvelle loi sur les armes : un an après, le bilan

Un an après la publication dans le Moniteur belge le 9 juin 2006 de la nouvelle loi sur les armes à feu (1), certains font état d’un bilan négatif, notamment quant à son applicabilité. Les élections approchant, certaines personnalités politiques se font l’écho du lobby d’armes qui, n’ayant apparemment pas encore digéré les changements, n’hésite pas à « tirer » sur la loi.

Une mise au point s’impose. Leurs affirmations sont-elles légitimes et résistent-elles à l’Analyse des faits ? Examinons les principales critiques à l’égard de cette loi qui, rappelons-le, règle les activités économiques et individuelles en matière d’armes ...

Les « Faiseurs de paix » au Congo – Gestion d’une crise internationale dans un Etat sous tutelle

Dix ans de guerre, plus de 3 millions de morts, des centaines de milliers de déplacés, des viols au quotidien, … Telles sont les tendances lourdes de l'histoire récente de la République démocratique du Congo, un pays dévasté par des armées, régulières ou rebelles, sans véritable agenda politique. Et pourtant, 25 millions de Congolais ont voté, l'espoir renaît.

Le kaki reprend-il des couleurs ? Forces armées et politiques défense en Amérique latine

Si l’on peut généralement affirmer que l’Amérique latine n’est pas, et n’a jamais été le théâtre de guerres ou de grands conflits armés entre États, elle est pourtant la région aux niveaux de violence criminelle les plus élevés du monde. Ce problème est accentué par le narcotrafic et l’apparition de bandes organisées, en particulier en Amérique centrale, où leurs membres sont estimés à 69 0002.

Le seul conflit colombien représente non seulement un terrible bain de sang pour son propre peuple, mais constitue également un risque pour les autres pays de la région. Autre grave problème du continent, l’instabilité politique chronique s’est aggravée dans les pays andins, en particulier en Équateur et en Bolivie, où la violence menace de prendre une dimension non seulement politique mais également ethnique.

Par ailleurs, la politique des États-Unis envers la région ne semble pas faite pour apaiser les tensions. Au contraire, elle les aggrave, alternant tour à tour l’indifférence et un messianisme digne du capitaine Ahab en lutte contre le mal, la baleine blanche étant en l’occurrence tantôt la guerre, tantôt l’infiltration communiste, la drogue ou le terrorisme international. Dans le cas de l’Amérique latine, l’apparition d’Hugo Chávez a considérablement augmenté la poussée d’adrénaline que connaît la région. Si ce dernier a bien été élu démocratiquement, il adopte des pratiques autoritaires dans son pays, joue au tour de force avec les États-Unis, ne ratant pas une occasion de se réunir avec les adhérents de « l’axe du mal », distribue généreusement les pétrodollars en échange de consensus et appuie tout candidat latino-américain susceptible de le suivre dans sa révolution bolivarienne.

Mais que fait la MONUC ? - Protection des populations et opérations robustes en République Démocratique du Congo.

Depuis deux ans, une doctrine du recours limité à la force s'est mise en place au sein de la MONUC.

Elle a permis d'augmenter la pression sur les chefs de guerre dans l'Est du pays et de les contraindre à négocier.

Cette doctrine n'a pas pu fonctionner lors des derniers événements de Kinshasa.

Chez beaucoup d'observateurs, l'image de la MONUC, détestable il y a trois ans à peine, s'est fortement appréciée. Toutefois, certaines critiques persistent. 

Attendue pour le 15 avril, la prochaine résolution du Conseil de Sécurité prolongeant le mandat de la MONUC redéfinira ses missions et ses effectifs. Elle suscite déjà des prises de position de différents groupes de pression.

Le nucléaire iranien : Ambition militaire ou indépendance énergétique ?

 

Selon l’AIEA, l’Iran a dissimulé certaines de ses activités d’enrichissement depuis une vingtaine d’années et s’est soustrait à ses obligations dans le cadre du Traité de non-prolifération (TNP). De ce fait, la communauté internationale a perdu la confiance indispensable sur la finalité réelle du programme nucléaire iranien. Toutefois, même si l’Iran le désirait, il ne pourrait éventuellement disposer d’une arme nucléaire que dans 5 ans au mieux. Une attaque militaire contre les installations nucléaires iraniennes pourrait paradoxalement l’encourager à quitter le TNP et à obtenir l’arme nucléaire dans des délais plus brefs.

La Convention de la CEDEAO sur les armes légères et de petit calibre : Analyse et recommandations pour un plan d’action

La Convention de la CEDEAO « sur les armes légères et de petit calibre, leurs munitions et autres matériels connexes » adoptée le 14 juin 2006 est le résultat du processus de transformation du Moratoire de la CEDEAO sur l’importation, l’exportation et la fabrication des armes légères en une convention légalement contraignante. Le Moratoire a une durée limitée et est un engagement de nature politique. De plus, n’étant pas cadré par un texte détaillé, sa mise en œuvre sur le terrain fut difficile. Un rapport d’évaluation établi par des experts indépendants en 2002 a montré plusieurs lacunes conduisant au non-respect du Moratoire par certains Etats et à de sérieuses négligences. Le fait qu’il soit volontaire est à l’origine de l’absence de sanctions et de mesures permettant une application efficace. Le défaut d’une stratégie de communication efficace entre les Etats membres et d’harmonisation des mécanismes de  contrôle a également causé un manque d’implication de la part de certains acteurs gouvernementaux et de la société civile, dont la plupart ignore même l’existence du Moratoire.

Radiographie de l'industrie d'armements en Belgique

Définir le périmètre du secteur des entreprises de production d’armement n’est pas une opération aisée. Le secteur de l’armement en tant que tel n’existe pas dans les statistiques nationales en Belgique. Certaines entreprises fonctionnent exclusivement pour la production de matériel militaire, tandis que d’autres ont une part de production pour l’armement variant fortement d’un exercice à l’autre. Enfin, malgré une récente évolution positive, la transparence de ce secteur est loin d’être acquise. 

Les sanctions in crescendo de l’ONU à l’égard de l’Iran : état des lieux

Depuis que l’ONU a été saisie par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) du dossier nucléaire iranien, les sanctions adoptées le 24 mars 2007 contre Téhéran représentent le quatrième acte du long bras de fer qui oppose la République islamique au Conseil de sécurité (CS). La présente Note, qui résume brièvement cette relation tourmentée ainsi que le contenu des mesures restrictives adoptées, souligne le fait que l’efficacité des sanctions dépend aussi des possibilités de dialogue qui les accompagnent et de la volonté de trouver un compromis.

L’Instrument international de l’ONU sur la traçabilité des armes légères et de petit calibre

En application de la recommandation contenue dans le Programme d'action en vue de prévenir, combattre et éliminer le commerce illicite des armes légères sous tous ses aspects (PoA), un Groupe d'experts gouvernementaux (GEG) a été formé en 2002 afin de déterminer la faisabilité d"un instrument international sur la traçabilité des armes légères et de petit calibre (ALPC).

Le Groupe a rendu son rapport avec un avis favorable qui a donné lieu à une résolution de l'Assemblée générale de l'ONU formant un Groupe de travail à composition non limitée (OEWG) pour négocier, à l'intention des Etats, un instrument international d'identification et de traçage rapides et fiables des armes légères illicites. Le Groupe s'est réuni en trois sessions de deux semaines à New York en 2004 et 2005 pour finalement aboutir à un Instrument international sur la traçabilité des ALPC, adopté par l'Assemblée générale de l‟ONU en décembre 2005 ...

Guerre d’Irak, quatre ans après : de la dictature au chaos humanitaire

Le 17 mars 2003, à l’aube de l’offensive américaine en Irak, le président américain George Bush déclarait aux Irakiens que les troupes américaines allaient « renverser l’appareil de terreur et (les) aider à bâtir un nouvel Irak, prospère et libre »1. Quatre ans plus tard, cette promesse ronflante a de quoi faire frémir. Pour les Irakiens, le quatrième anniversaire de la guerre se fêtera, comme tout autre jour, dans le sang ...

La politique de l’OSCE en matière d’ALPC

L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a été créée en 1973 afin de favoriser le dialogue et la négociation entre l’Est et l’Ouest, principalement dans le domaine de la sécurité. Après la chute de l’Union soviétique, l’OSCE s’est dotée de capacités opérationnelles nouvelles ainsi que d’institutions permanentes et le nombre de ses membres a crû considérablement, lui permettant ainsi d’afficher comme ambition principale d’être « un instrument de premier recours pour l’alerte précoce, la prévention des conflits, la gestion des crises et le relèvement après un conflit ». 
Actuellement, l’OSCE compte 56 Etats membres, dont la totalité des pays européens ainsi que des pays d’Amérique du Nord et d’Asie centrale ...

Exportations d’armes : Le problème de la destination finale

Novembre 2001 : la presse apprend que le Parquet de Liège a ouvert une enquête concernant la « disparition » d’une centaine de pistolets-mitrailleurs P90, dont 20 à visée laser. Le P90 est considéré comme la « super-arme de poing ». Il peut vider les 50 coups de son chargeur en un peu plus de 3 secondes ; ses balles, d’un calibre de 5,7 x 28 mm, peuvent perforer quatre ou cinq gilets pare-balles à une distance de 200 mètres. Et, détail qui ne manque d’inquiéter, cette arme de type militaire extraordinairement létale n’est en principe vendue qu’à des Etats ...

Nucléaire et Corée du Nord, le plus difficile reste à venir

Ce mardi 13 février 2007, les négociations à six sur le programme nucléaire nord-coréen ont abouti à Pékin à un nouvel accord selon lequel la Corée du Nord s’engage à geler son programme nucléaire en deux phases (fermeture du réacteur de Yongbyon et ensuite désactivation des installations nucléaires) en échange d’une importante aide énergétique. Ensuite, les six Etats aborderont, lors de nouvelles discussions, la question de la dénucléarisation du pays ainsi que d’autres dossiers comme les relations entre la Corée du Nord et les Etats-Unis.

Le rôle de la R&D à vocation militaire et sécuritaire dans le " nouvel objectif stratégique " européen : quelques leçons des Etats-Unis

L’Acte unique européen a introduit en 1986 dans le « Traité instituant la Communauté européenne » un article fixant pour objectif de « renforcer les bases scientifiques et technologiques de l’industrie de la Communauté, et favoriser le développement de la compétitivité internationale ».

Ce n’est cependant qu’assez récemment que cet objectif est devenu prioritaire et a donné lieu à des initiatives concrètes. Le 18 janvier 2000, la Commission européenne publiait une Communication dont l’objectif était « d'examiner de quelle façon progresser dans la direction d'une meilleure organisation de la recherche en Europe, et de proposer à la réflexion et au débat des suggestions à ce sujet. L'idée avancée est de créer un espace européen de la recherche »2. Peu après, le Conseil européen de Lisbonne3 des 23 et 24 mars 2000 a jeté les bases d’un « nouvel objectif stratégique » en affirmant son ambition de faire de l’Europe « l’économie la plus compétitive et la plus dynamique du monde, capable d’une croissance économique durable, accompagnée d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi et d’une plus grande cohésion sociale » à l’horizon 2010 ...

Riga 2006 : Le rendez-vous manqué de la transformation de l’Alliance atlantique

Les 28 et 29 novembre 2006, les vingt-six chefs d'Etat et de gouvernement membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) avaient rendez-vous à Riga, Lettonie, pour évoquer les opérations en cours, mais aussi formuler l'avenir de l'organisation, lancée depuis la fin de la Guerre froide dans une vaste « transformation ».

Annoncée comme décisive, la réunion a finalement accouché d’une souris. Les dissensions entre les membres quant à l’objet de l’organisation militaire, qui avaient éclaté lors la guerre en Irak, ainsi que les difficultés rencontrées en Afghanistan ont dominé la rencontre.

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