Le contrôle des missiles : un état des lieux

La prolifération des missiles représente un danger important pour la sécurité internationale. Malgré une forte réduction depuis 1987, les missiles balistiques intercontinentaux des cinq puissances nucléaires restent une menace mondiale et plusieurs autres États cherchent à accroître la portée de leurs lanceurs. Quelque 75 pays possèdent des missiles de croisière dont le nombre s’exprime en dizaines de milliers. Environ 500 000 missiles portatifs de défense aérienne (Manpads) sont en circulation et au moins 27 organisations qualifiées de terroristes en possèderaient. Missiles les plus rudimentaires, les roquettes aussi ont des conséquences désastreuses. Enfin, de nouveaux vecteurs se développent encore, tels que les drones.

Pourtant, alors que les charges nucléaires, chimiques ou biologiques sont soumises à des interdictions et des réductions permanentes imposées par des traités stricts, les mécanismes internationaux de contrôle des missiles – véhicules potentiels de ces charges – sont peu contraignants et partiels.

La détention des missiles concerne seulement un nombre limité de pays. L’endiguement de leur prolifération ne devrait donc pas être insurmontable. Seules des mesures préventives, visant à renforcer et élargir les régimes actuels, constituent toutefois une réponse adéquate à la prolifération des missiles et de leur technologie. Ces mesures peuvent aller d’accords régionaux spécifiques à une extension du Traité INF afin d’en faire un instrument multilatéral et universel. Par contre, les options défensives – défenses antimissiles balistiques ou armement des aéronefs civils – sont des facteurs de prolifération susceptibles de relancer une course aux armements.