Note d'Analyse

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Date d'insertion : 17/12/2004

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REUNION DE FONDATION DU RESEAU NATIONAL
CONGOLAIS SUR LES ALPC

RAPPORT DES ACTIVITES

 

INTRODUCTION

S’il est de nos jours, en République Démocratique du Congo, des réalités qui attirent l’attention de plus d’un activiste de la société civile et de différents ONGs sur la paix et la défense des droits de l’homme, la question de la prolifération et de la circulation des armes légères et de petit calibre se classe parmi les plus cuisantes. En effet, à la question de savoir qui porte l’arme, comment l’acquiert-on, on reste perplexe pour se retrouver enfin des comptes devant les retombées cruelles de ces armes qui sont les violations massives des droits l’homme, les viols, les vols, les assassinats, plusieurs méfaits sur l’aspect socio-culturel, sécuritaire, humanitaire… de la population. Et d’aucuns tendent à croire que cette situation constitue déjà le quotidien de la vie de l’homme de notre temps, lequel doit se créer du jour au jour son quotidien et son lendemain, qu’importent les moyens.
Cependant, conscients de la dignité dont doit se définir l’homme et de son souci d’atteindre son bien-être qui n’est rien d’autre que le développement intégral de l’humanité, lequel n’est possible que dans un climat de paix, certains ONGs congolais avec le soutien de la coupole 11.11.11. (Belgique), GRIP/RAFAL (Bruxelles), Pax Christi Flandre & Pays-Bas, Norwegian Church Aid et Oxfam (Belgique) veulent concevoir un cadre de réflexion de lutte contre ces armes légères et de petit calibre. C’est dans cette perspective que s’inscrit ce présent document qui n’est qu’un simple rapport de déroulement des activités de leur réunion de fondation du réseau national congolais sur les ALPC, organisée à Kinshasa, au Centre Nganda, du 18 au 20 novembre 2004.
Hormis cette note introductive, le texte de l’invitation et le programme de travail dans les premières pages, ce rapport met en exergue un aperçu général et journalier du déroulement la réunion suivi d’une analyse critique ou évaluation de la journée, les synthèses des travaux de carrefour mais aussi se poursuit sur une série des textes annexes ayant fait l’objet de différents exposés et se clôture sur les documents fondateurs de ce réseau national. Ainsi, nous osons croire qu’il servira d’un outil pédagogique précieux pour les participants dans leurs activités et lors de la restitution en province mais aussi pour toute personne pouvant s’intéresser à ce réseau soit comme adhérant, soit comme sympathisant, soit alors comme libre observateur mais dont l’objectif primordial est de lutter contre la prolifération et la circulation des armes légères et de petit calibre, en vue de redorer le blason longtemps terni de la stabilité politique et économique de la République Démocratique du Congo, pour contribuer enfin au processus de pacification dans lequel est engagé le monde entier.



DEROULEMENT DES ACTIVITES

PREMIERE JOURNEE : JEUDI 18 NOVEMBRE

Dans une ambiance de joie, surtout de soif d’être parmi les pionniers de la fondation du réseau national congolais sur les armes légères et de petit calibres que les participants sont entrés dans la salle de réunion du Centre Catholique Nganda, en vue de concrétiser le programme qu’ils avaient déjà sous leur portée depuis les provinces d’origine. En effet, c’est aux environs de 9h30, après l’installation des invités, des participants et l’arrivée de Son Excellence Monsieur le Vice-Ministre des Affaires Etrangères que l’Assemblée a exécuté l’hymne national du Congo. Le modérateur, le professeur Flory Kayembe a alors ouvert l’atelier par son mot de bienvenue à l’intention des participants et des invités pour passer la parole au Vice-Ministre des Affaires Etrangères de la République du Congo. Dans son discours d’ouverture, il a remercié les initiateurs du projet de lancement de cet atelier de la création du Réseau national congolais sur les ALPC. Pour lui, ceci rejoint le souci actuel du gouvernement de transition qui, dans le Point focal national, lutte de nos jours contre la prolifération, le trafic et l’usage illicite des ALPC. C’est à propos qu’il a évoqué les divers efforts déjà fournis jusqu’à présent par le gouvernement pour que cette lutte soit une réalité et non un rêve chimérique.
Après ce point fort, au bout duquel ont été déclarées ouvertes les assises de cet atelier par le Vice-Ministre, il a plu au modérateur d’accorder une pause café vers 9h55’ qui a été honorée par une photo de famille avec la délégation ministérielle. Aux environs de 10h40, après la présentation du programme de la réunion, la parole a été accordée aux participants des provinces en réseau d’un ou deux représentants par province, dans oublier les autres groupes présents dans la salle. En voici l’essentiel de leurs interventions :

1°. Province du Sud-Kivu
a) Axe Sud-Sud : Uvira
D’après le présentateur, la région d’Uvira, partie sud-sud de la province du Sud-Kivu, riche en divers produits, riveraine au Lac Tanganyika et zone frontalière à la Tanzanie, le Burundi et le Rwanda, connaît la présence des plusieurs groupes armés : FDD, Interahamwe… qui favorisent la circulation massive et la prolifération des ALPC, comme causes directes. Parmi les conséquences, on retient les viols, les tueries, l’insécurité généralisée et les violations massives des droits de l’homme, les conflits interethniques… Comme perspectives de remède à ces fléaux, les groupes d’ONGs d’Uvira ont déjà organisé des conférences et des réunions sur les ALPC et leurs conséquences. C’est à ce propos, qu’ils remercient les ASBL de la région d’Uvira, le Gouvernement, le GRIP… pour le soutien sur l’organisation de différentes assises sur les ALPC.
b) Axe BUKAVU
Après un état de lieu succinct sur la prolifération des ALPC dans l’axe Bukavu de la province du Sud-Kivu en raison d’au moins 20 armes par km, le présentateur a souligné qu’ils organisent déjà beaucoup d’ateliers sur les ALPC avec les acteurs de la société civile et dans le cadre de la mission DDR. C’est dans cette optique que cet axe souhaite vivement la mise en place d’un réseau national pour la lutte contre la prolifération des ALPC en vue de canaliser les efforts et expériences de tous les activistes de par le pays.

2°. PROVINCE ORIENTALE
a) Axe Kisangani
Parmi les causes directes de la prolifération des ALPC, tout commence par la guerre de libération de l’AFDL avec la présence de plusieurs troupes armées rebelles, nationales et étrangères (Ouganda, Rwanda). Parmi les moyens d’acquisition de ces armes, on peut retenir l’échange du bétail contre les armes, l’échange des matières premières contre les armes. Comme conséquences, il faut souligner les massacres de la population civile, la destruction méchante des infrastructures socio-économiques, les viols, les pillages, l’insécurité des personnes et de leurs biens. Pour lutter contre ces armes, quelques mesures entrevues dont les recherches et publications sur les ALPC, sur les traumatismes sur les ALPC… Dans les actions déjà menées, les activistes de Kisangani visent quelques objectifs : lutter contre la prolifération et la circulation des ALPC, faire des enquêtes et des recherches sur l’état de lieu, organiser des campagnes de sensibilisation et d’information sur les ALPC, former les capacités des acteurs sur terrain… C’est dans cette optique qu’ils saluent aussi l’initiative d’un réseau national.
b) Axe ARU
Extrême nord-est de la RDC, la circulation et la prolifération des ALPC y est très intense. Parmi les facteurs internes on retient les conflits interethniques qui perdurent sans aucun effort de les endiguer, les armes ayant servi à la rébellion toujours détenues par leurs porteurs, la lenteur du processus de réunification du pays et du processus de DDR dans la démobilisation des groupes armés ayant toujours chacun son Etat major, le retard de réintégration des groupes armés, la couverture insuffisante par la MONUC, la nervosité de la population fatiguée de plusieurs années de guerre. Par contre, les causes externes soulignent la situation de cette région par rapport aux frontières des pays comme l’Ouganda, le Soudan où la rébellion perdure toujours avec une culture d’armé autorisée (cfr groupe armé SPLA).

3°. LA PROVINCE DU NORD-KIVU
La prolifération des ALPC dans cette région se situe dans un cadre précis des guerres qu’a connu cette région depuis les guerres interethniques et d’autodéfense des populations du Masisi, la guerre du Rwanda, celle de l’AFDL, du RCD et de différentes incursions entre les différents groupes armés comme les May-May, les Interahamwe, les NALU, la Local Defense du gouverneur SERUFULI..., la présence des troupes étrangères de l’UPDF ou de l’APR. Ce qui a un impact négatif sur la situation économique, socio-culturel, sanitaire et humanitaire de la région. Cependant, dans un cadre de pacification et de lutte contre la prolifération des ALPC, plusieurs ONGs font déjà des enquêtes et investigations, lobbyings auprès même des autorités politico-administratives et souhaitent une action en synergie dont la création d’un réseau national.

4°. LA PROVINCE DU KATANGA
Parmi les causes de prolifération des ALPC, il faut souligner au niveau interne le phénomène May-May, les forces d’autodéfense populaire, la trahison de certains responsables militaires. Au niveau externe, on retient la guerre d’agression par le Rwanda – Burundi et Uganda dans leur appui aux forces rebelles. Dans cet imbroglio où il reste difficile d’identifier les porteurs d’armes, on assiste à des tueries, assassinats et exécutions arbitraires. C’est dans cette optique que les activistes des défense des droits de l’homme avec la société civile lutte contre la prolifération de ces ALPC surtout par une sensibilisation de la population par la population et pour la population.

5°. LA PROVINCE DE L’EQUATEUR
Les causes de circulation des ALPC s’expliquent par la situation frontalière de cette province avec d’autres pays, la braconnage mais aussi les armements de la DSP pendant la deuxième république et les rébellions de l’AFDL et du MLC… Ce qui est à l’origine de certaines extorsions, pillages et insécurité généralisée. Dans ses activités, la Commission Diocésaine Justice et Paix en synergie avec les ONGs de défense des droits de l’homme entreprennent déjà un processus de récupération de ces armes même si de fois sans succès à cause de la complexité de la problématique sur les armes légères.

6°. LA PROVINCE DU BAS-CONGO
Pour les activités de cette province, il n’y a pas encore d’activités concrètes menées jusqu’à présent dans la lutte contre la prolifération des ALPC, contrairement aux autres provinces. Cependant, on peut souligner certaines initiatives des autorités politico-administratives telles l’opération « Nous voulons la paix ». Ainsi, il faut encore réaliser beaucoup d’activités pour renforcer celles qui existent.

7°. LA PROVINCE DU KASAI OCCIDENTAL
Les atouts favorisant la prolifération des ALPC sont les guerres de libération dont les méfaits et les retombées sont les troubles et conflits quotidiens. Dans ses efforts la population offre un soutien par aux autorités pour la sécurité de la région en vue de démanteler les porteurs de ces armes.

8°. LA PROVINCE DU KASAI ORIENTAL

Ici, il faut souligner les méfaits des guerres de libération et d’agression rwando-ougandaise, la recherche du diamant dont les effets sont le banditisme, les viols, les vols et extorsions de la population par les mains armées. Ainsi, des efforts sont entrepris pour sensibiliser les populations à dénoncer les détenteurs d’armes.

9°. LA VILLE DE KINSHASA
Parmi les raisons, l’intervenant a surtout insisté sur l’enrôlement des enfants dans les groupes armés en évoquant enfin le courage de certains réseaux comme le GADERES pour lutter contre ce phénomène.

10°. INTERVENTION DES PARLEMENTAIRES
Représentés par le vice-président de la commission défense et sécurité, l’honorable a souligné le souci très accru du gouvernement transition de lutte contre les ALPC. Ainsi, a-t-il évoqué la conférence internationale de la paix sur les pays des grands-lacs en vue de l’harmonisation sur les ALPC dans cette région en ayant une législation commune sur la circulation des ALPC ; les contacts entre différents gouvernements par le ministre des affaires étrangères sur la prolifération et les conséquences des ALPC sur la population, couronnés par le projet de Traité entre pays en matière de prolifération et circulation des ALPC. Pour l’honorable, le souci réel et permanent de notre pays est l’instauration d’une paix durable. Ainsi souhaite-t-il la collaboration effective entre le Parlement et les acteurs de la base surtout par la création d’un réseau national sur les ALPC.

11°. INTERVENTION DU POINT FOCAL NATIONAL SUR LES ALPC
Né du Protocole de Nations Unies, le Point focal, par son Protocole pour la prévention et le contrôle des ALPC en région des Grands – Lacs, a pour rôle de coordonner les activités nationales sur la lutte contre les ALPC et faire rapport au niveau international.

12°. INTERVENTION DU DELEGUE DE NORWEGIAN CHURCH AID
Norwagian Church Aid a déjà mené plusieurs efforts par le biais de certaines organisations (comme Laisser l’Afrique Vivre) dans le cadre de la lutte contre la prolifération et la circulation des ALPC et surtout dans la région de l’est comme à Bukavu.

13°. LE DELEGUE DE PNUD
PNUD intervient surtout dans le cadre du projet COMREC sur la reconstruction communautaire, la réinsertion des anciens combattants et la destruction des ALPC. C’est dans ce cadre qu’à travers ses différents bureaux situés à Bukavu, Kindu, Goma, Bunia, Kalemie… il compte par exemple financer une enquête sur la problématique des ALPC à l’est du Congo.

14°. PAX CHRISTI / PAYS-BAS
Dans ses interventions, Pax Christi mène des recherches sur le trafic des ALPC au niveau des frontières RD Congo - Uganda – Soudan ; l’action à l’intérieur de l’Ituri par la conférence d’ARU ; la création d’un réseau entre différentes églises contre les ALPC.

15°. REPRESENTANT DE LA COUPOLE 11.11.11.
11.11.11 soutient dans ses activités la lutte contre les ALPC et la création du réseau national par puisque, a-t-il le représentant, la destruction des ALPC contribue très inébranlablement à la paix et au développement.

16°. GRIP / RAFAL

C’est dans le cadre des activités de RAFAL qu’est née l’idée du réseau national sur les ALPC en vue de marquer de son côté, un soutien au processus de paix et de la réunification nationale.

17°. LE GROUPE AMOS
Ce groupe participe déjà à plusieurs recherches sur les ALPC (en Ituri, p.ex.) et a déjà oublié plusieurs œuvres dans le même cadre d’idée.
Après l’exposé de ces expériences des activistes de terrain dans le différentes provinces et les divers exposés de certains représentants, le modérateur a proposé et dirigé un point des divers constitué par des questions et éclaircissements sur les précédentes interventions au bout desquelles une pause repas a été prise à 13h00 pour reprendre es activités vers 14h30 par une présentation personnelle et nominative de tous les participants sous la modération de Charles Nasibu. A 14h40, est alors intervenu un exposé sur l’importance du travail en réseau pour lutter contre la prolifération des ALPC par le professeur Flory KAYEMBE.

L’importance du travail en réseau pour lutter contre la prolifération des ALPC
Après avoir défini le réseau comme une nécessité d’alliance, une conjugaison des efforts pour se renforcer mutuellement par une interconnexion, l’intervenant a souligné les raisons d’un réseau dont la réalisation d’une action commune, le soutien de ses membres pour l’encouragement, l’échange des enseignements et expériences des autres. Le réseau vise parmi ses objectifs le changement social de sorte que parmi les conditions nécessaires à sa création, il faut retenir l’existence d’une vision commune inspirée d’une idéologie et une philosophie mais aussi la concentration claire et précise sur les intérêts du groupe. En conclusion, pour assurer la survie d’un réseau, il faut transcender les intérêts égoïstes pour une coalition devant surmonter les difficultés, les conflits pour une vision commune dans le respect mutuel.
La fin de l’exposé de ce thème a ouvert l’assemblée à une série des questions posées au professeur. A 16h00 s’annonçait la pause café, sitôt terminée pour aborder le dernier thème de la journée sur l’historique des actions sur les ALPC par Charles NASIBU à 16h30.

Historique des actions sur les ALPC
Problème de longue date, la problématique a attiré ‘attention en 1979. C’est un processus qui jouira de beaucoup d’interventions de mise en place des mécanismes en 1988, 2001, 2002… pour aboutir aujourd’hui à la réunion de fondation d’un réseau national sur les ALPC.
Pour avoir répondu à quelques questions en rapport avec le thème et d’aspects pratiques sur le travail du jour prochain, la journée s’est clôturée en toute beauté à 17h30, conformément au programme.


DEUXIEME JOURNEE : Vendredi 19 novembre

Du début des travaux
Après le petit déjeuner à l’heure habituelle, les participants se sont retrouvé dans la salle pour la reprise des travaux en séance plénière avec un léger retard pour lequel le modérateur, Mr Charles NASIBU, s’est excusé avant de souhaiter la bienvenue à tous et présenter une petite mise au point sur le déroulement des travaux pendant la journée.

De la lecture du Compte rendu de la première journée
Le Compte rendu / Rapport des activités de la 1ère journée, du jeudi 18 novembre 04, a été lu par le Rapporteur du jour, Mr Patrick, suivi des quelques observations, ajouts et corrections.

De la présentation des activités des invités par Province
Après la lecture du Compte rendu, suivra la suite des présentations des participants et de leurs activités relatives aux ALPC dans leurs rayons / Provinces respectifs(ves), en l’occurrence les délégués qui ont connu un retard pour la journée de jeudi, notamment la Province du Maniema et celle du Nord Katanga.

a) Le délégué du Maniema a focalisé son exposé sur l’état de détention et la circulation d’armes dans le Maniema par différentes factions et tribus en conflits ainsi que les sources d’approvisionnements en armes. L’orateur a porté à la connaissance de l’auditoire que les organisations actives dans la lutte contre la prolifération des ALPC avaient mis en place un réseau d’action local pour affronter la problématique de la prolifération des ALPC en novembre 2003, cette plate forme est dénommée REMAL (Réseau du Maniema sur les Armes Légères), il regroupe 10 Organisations actives du Maniema. Le présentateur a reconnu que la création et l’organisation du REMAL leur ont été inspiré à l’issue d’un atelier organisé à Bukavu par le Réseau d’Action sur les Armes Légères au Sud-Kivu tenu à Bukavu en octobre 2003. Le REMAL se préoccupe essentiellement de dresser l’état de lieux, d’établir une cartographie et d’engager des actions de sensibilisation pour la lutte contre la prolifération et le trafic illicite des ALPC ;

b) La déléguée du Nord Katanga, Mme Sylvie YUMA, a présenté, d’une manière succincte, la situation de la prolifération d’armes dans le territoire de Kongolo en nommant les troupes de l’APR et les Maï Maï comme étant les principales causes à la base de cette prolifération. Les armes sont devenues un moyen de survie pour certains et pour les récupérer, les détenteurs exigent souvent un objet quelconque en échange d’armes.

Aussi bien au Maniema qu’au Nord Katanga, les détenteurs d’armes semblent se rassurer d’abord d’une pacification effective de la région avant de s’en débarrasser.
En rapport avec les exposés des délégués Provinciaux, quelques réactions des participants ont été notées, complétées par la remarque de Mr Philippe Mwanza concernant les actions à mener qui doivent plus visées le désarmement des Communautés et non des forces armées. Celles ci doivent l’être par les différentes structures mises en place par le Gouvernement.

De la présentation des Projets de documents fondateurs du réseau National
Après la pause Café de 10h 10, il a été procéder au changement du Modérateur. C’est Mr Philipe MUANZA qui a pris la relève. Celui-ci a, avant de définir la méthodologie du travail, fixé l’Assemblée sur certains concepts clés liés aux ALPC. C’est le cas du concept « Combattants » qui englobe toutes les forces armées et les milices ; « ex combattants » qui comprend toutes les personnes qui se sont déchargées des leurs effets militaires ; « enfants soldats » qui concerne les enfants ayant pris les armes et en fin le concept « enfants associés aux groupes armées » qui comprend tous les enfants qui interviennent dans l’armée.
Après quelques débats et échanges au sujet de la méthodologie du travail pour ce qui concerne les documents fondateurs, les participants se sont mis d’accord sur la nécessité de création d’un réseau National sur les ALPC, et cela à l’unanimité. Pour ce faire, il a été accepté de constituer trois groupes pour traiter uniquement la question de statuts du réseau vu l’importance dudit document. Les grandes lignes des autres documents (ROI et Plan d’action) seront traités par les groupes ad hoc et leurs détails par l’équipe qui sera élu.

Avant les travaux en sous-groupes, cinq dénominations du réseau ont été proposées notamment :
- Le RENACAL proposé par la Coordination de l’Atelier;
- Le RENAAL - RDC, proposé par Mr SAFARI ;
- Le RECAAL, proposé par Mr RENE ;
- Le RACDAL, proposé par Mr Georges du GRIP ; et
- R.N.C.DAL proposé par Jacques MUGEREKE.

Les explications et justifications fournies n’ont pas du tout permis aux participants d’adopter une seule dénomination. La question a été renvoyée dans les débats en sous-groupes.

De la mise en commun et discutions des travaux des sous-groupes
La reprise des travaux a eu lieu en plénière après deux heures des amendements en sous-groupes inter coupées par une pause repas et une pause café.
Le représentant du point focal national a pris la parole pour rassurer les participants de la non participation des parlementaires aux travaux des sous groupes. L’honorable a montré que l’Etat était avec la Société Civile dans sa lutte.
Après cette assurance, le modérateur a repris la parole pour proposer la procédure à suivre en vue de faciliter la restitution des travaux en sous-groupe : donner à chaque groupe 3 minutes pour faire la lecture des amendements apportées au texte. Cette proposition n’a pas trouvé le consentement de tous les participants, c’est alors qu’on a procédé à la lecture des travaux effectués par un seul groupe à partir desquels porteront les discussions, chapitre par chapitre.
Après un débat houleux sur le premier chapitre, l’Assemblée a fini par adopter à l’unanimité la dénomination du réseau : Ce dernier s’appellera RECAAL « Réseau Congolais d’Actions sur les Armes Légères ».
Les contenues de l’article deux a fallu créer une division entre les participants, ceux-ci ont donc décidé de mettre ce fameux article « au frigo » et y revenir à la troisième journée.
A l’article 3 du siège, les participants se sont mis d’accord sur le fait que c’est l’Assemblée Générale qui décide du transfert du siège du réseau.
Pour ce qui est de l’article 4, les participants se sont accordé de supprimer l’extension du réseau hors de la R.D.Congo et de ne pas joindre le réseau à d’autres réseaux.
Compte tenu du temps imparti pour la journée, et pour rester dans la logique du strict respect du programme, le modérateur a proposé aux participants de clore les travaux du jour, d’aller réfléchir et de revenir le lendemain avec tous les éléments devant permettre le bon déroulement des travaux, et ce, pour traiter des points relatifs aux objectifs, à la composition et aux membres ainsi qu’aux différents organes du réseau et leur fonctionnement.

Ainsi, commencée à 9h00, la séance a été suspendue à 18h15.


TROISIEME JOURNEE : SAMEDI 20 NOVEMBRE


I. Du début des Activités
Comme à l’accoutumée, les travaux en séance plénière ont débuté à 9h10’, après le petit déjeuner, par le souhait de bienvenue aux participants.

II. De la lecture du compte rendu
Après avoir entendu les différentes dispositions à prendre pour les activités du jour, la lecture du compte-rendu des activités du vendre 19/11/2004 a été lu par le rapporteur du jour Mr MASARARA Séraphin. Suivront quelques corrections et observations en rapport avec le compte-rendu, auxquelles l’équipe du secrétariat a bien pris note.

III. De la poursuite du débat
Le Modérateur du jour, Me Feller LUTAICHIRWA, après avoir rassuré et prié l’assemblée de la nécessité de respecter le programme de la journée en acceptant un petit sacrifice par la réduction des heures de repos, a accordé cinq minutes à chacun de sous-groupes afin de rappeler à l’Assemblée les avis et suggestions portant sur le texte de base du réseau, entendu les Statuts. La discussion a été centrée autour des points concernant :

- Le but et objectifs du réseau ;
- La composition des membres et la procédure d’adhésion dans le réseau ;
- Les organes du réseau ;
- Le logo et la devise du réseau.

En vue d’harmoniser et concilier différents points de vue et arriver à se doter d’un seul texte accepté par tous, il a été adopté que les rapporteurs de tous les sous-groupes se retrouvent en commission afin de produire un document définitif, en tenant compte du fait que :

- Trois organes sont retenus :
1) L’Assemblée Générale constituée des membres signataires ;

2) La coordination comprenant :
- Un Coordinateur
- Un coordinateur adjoint
- Un secrétaire administratif et financier

3) La commission de contrôle composée de trois membres (1 président et 2 contrôleurs)
- L’adhésion au réseau se fait au niveau de la représentation provinciale et non au niveau du RECAAL ;
- Dans la composition des membres, il faut bien lever l’équivoque et différencier clairement les membres d’honneur et les membres de soutien ;
- Le logo retenu par l’Assemblée est : « Une croix rouge sur un fond d’un tas d’armes sur la carte de la RD Congo ».
- La devise retenu par l’Assemblée est : « Ensemble pour un Congo en sécurité ».
- Il serait souhaitable que le RECAAL ait plutôt des antennes par province au lieu d’une structure aussi semblable à la structure nationale pour éviter un étouffement.

Une commission a été donc désignée séance tenante composée des rapporteurs des sous-groupes assistés de deux juristes Me Agathe et Me IDA pour finaliser le texte des Statuts qui sera soumis à l’appréciation de l’Assemblée avant adoption.
IV. De l’examen du Projet de programme d’action
Pour gagner du temps et faciliter le bon déroulement des travaux, le modérateur, en accord avec l’assemblée, a procédé à la constitution des sous-groupes auxquels il a été accordé 70 minutes pour l’examen du texte de programme d’action avant son adoption en plénière.

V. De la lecture et de l’adoption des Statuts

Après les travaux en commission, aux environs de 15h45’, heure de Kinshasa, Me IDA KITWA délégué du Katanga et rapporteur de la commission a procédé à la lecture du texte des Statuts à adopter. Après lecture les Statuts du RECAAL ont été adoptés avec des applaudissements.

VI. Des discussions du projet du programme d’action
Les remarques et observations de deux sous-groupes ont porté sur :

1) Les faiblesses :
- Faible couverture dans les provinces ;
- Faible implication de la population congolaise ;
- Balkanisation du pays (à ajouter)

2) Le cadre logique : Les rapports devront être élaborés tant au niveau provincial que national par rapport aux indicateurs définies.

3) Les activités :
- Renforcer la capacité des membres dans la culture de la paix ;
- Elaborer et distribuer les textes juridiques, le ROI et autres documents à soumettre aux organisations membres ;
- Promouvoir un partenariat actif entre le RECAAL et le point focal national ;
- Identifier et orienter d’autres partenaires ;
- Faire des lobbying, le suivi et l’évaluation.

VII. De la désignation et Election des animateurs du RECAAL
Par consensus, l’Assemblée a proposé et adopté de constituer six pools correspondant aux 6 postes des animateurs du réseau.

1. Kinshasa : Coordonnateur
2. Province orientale et Equateur : Coordonnateur adjoint
3. Nord et Sud-Kivu : Secrétaire Administratif et Financier
4. Bas-Congo et Bandundu : Président Commission de contrôle
5. Katanga et Maniema : Conseiller Commission de contrôle
6. Kasaï oriental et occidental : Conseiller Commission de contrôle.

L’Assemblée insiste sur l’efficacité et la compétence des animateurs pour le bon fonctionnement du réseau. La latitude était laissée à chaque pool de désigner son animateur. Après concertation de chaque pool, les noms des personnes suivantes ont été retenues :

1) Coordonnateur : Flory KAYEMBE SHAMBA
2) Coordonnateur adjoint : Simon BOKONGO
3) Secrétaire Administratif et financier : Charles NASIBU
4) Président Commission de contrôle : Elvis MBIYA
5) Conseiller Commission de contrôle : IDA KITWA
6) Conseiller Commission de contrôle : Béatrice THIABA

Dans un climat de joie, la séance a été momentanément suspendue pour des dispositifs d’accueil du Ministre en vue des cérémonies de clôture, après avoir adopté le texte de déclaration de création du réseau dont le contenu en annexe.

VIII. De la cérémonie de clôture de l’atelier
Sous la modération de Mr Philippe MUANZA, les cérémonies de clôture de l’Atelier de création du réseau congolais d’action sur les ALPC ont été présidées par le Président du point focal national, représentant le Ministre des Affaires Etrangères et la Coopération Internationale, empêché..
Le programme prévoyait :

- la lecture de la Déclaration de création du réseau ;
- la présentation des animateurs des structures du réseau désignés par consensus ;
- l’allocution du coordonnateur national du réseau ;
- la clôture de l’atelier par le Président du point focal national après un petit mot d’adresse ;
- l’hymne national
- Cocktail.

Ainsi commencée à 9h10’, la séance a pris fin à 18h30’ dans un climat de joie et de fête pour le lancement d’un nouveau réseau congolais sur les armes légère et de petit calibre.

 


ANNEXES

I- PRESENTATION DES ACTIVITES PROVINCIALES CONCERNANT LES ALPC

PROVINCE DU KASAI OCCIDENTAL
La guerre (les conflits armés) qu’a connue notre pays le Congo a eu ses conséquences sur toute l’étendue du pays. Le Kasaï Occidental, notre province, a connu aussi certaines situations déplorables causées par ces conflits. En effet, avant la crise, la province était généralement dans le calme. Avec la crise, on a enregistré des cas de trouble à travers la province notamment des tueries, vol à mains armées même par les hommes en uniforme… Ce qui avait amené la population à se procurer des armes pour la sécurité des biens, et des familles (avant l’arrivée de l’AFDL à Kananga). Avec l’AFDL, il y a eu récupération des armes par l’autorité et l’organisation des patrouilles mixtes (militaires, policiers et civils) pour sécuriser les hommes et les biens.
Nous ne manquerons pas de signaler la vigilance, la conscience de la population pour soutenir l’autorité dans son entreprise. Bref, nous louons et encourageons les autorités provinciales dans leurs engagements pour la sécurité de tous les biens qu’il y a eu qui continuent à se procurer des armes légères et nous continuons à sensibiliser et rendre conscient sur les méfaits de ces armes.
Pour la Province, Béatrice TSHIABA de l’ONG CESF

PROVINCE DU BAS-CONGO
En un mot, les réalités que vivent nos amis de l’Est et des autres provinces sont tout à fait différentes sur la prolifération et la circulation illicite des armes légères et petits calibres dans la province du Bas-Congo. Ainsi, c’est maintenant que l’AVOLAR (Association des Volontaires pour l’ Auto promotion Rurale), basée à Mbanza-Ngungu, tient à entreprendre les activités dans ce domaine. Sinon, rien n’a encore commencé jusqu’à ce jour comme je le disais plus haut dans ce domaine. Je vous remercie.
Pour la Province du Bas-Congo,
Elvis MBIYA TEKADIOMONA, Secrétaire Général de l’AVOLAR.

CAS DE BUKAVU
La question de prolifération des ALPC, à part l’axe Sud-Sud, s’est fait sentir et continue à l’être sur les axes suivants :
- Bukavu – Nyangezi – Kaziba – Mwenga
- Bukavu – Walungu – Shabunda
- Bukavu – Walungu – Kamituga – Kitutu
- Bukavu – Bunyakiri – Hombo
- Bukavu – Kalehe – Minova
- Ile d’Idjwi.
Elle est essentiellement due aux deux guerres successives (1996 et 1998) qu’a connu la RD Congo surtout à l’Est et à l’entrée des réfugiés rwandais en 1994. Plusieurs groupes armés se sont alors créés et ont contribué à la circulation désordonnée des ALPC sur les axes précités. Une bonne quantité d’armes provenait des pays voisins, notamment le Rwanda pour venir alimenter à la fois le RCD mais aussi d’autres milices telles que le Mudundu 40 (M40).

Compte tenu des dégâts énormes causés par ces engins de la mort (viols, pillages, destruction des maisons…), plusieurs initiatives au niveau de la Société civile ont commencé à se faire entendre mais le compréhension de la question ou du problème, n’était pas aussi claire contrairement à l’engagement dans d’autres secteurs, tels que le Droit de l’homme…

En vue de pallier à cette situation, en février 2004 (du 25 – 27/2/2004), en pleine découverte des caches d’armes dans les résidences des personnalités de l’ex-mouvement rebelle RCD y compris le Gouverneur de l’époque Xavier Chiribanya, la Norwegian Church Aid (NCA) et Africa Peace Forum (APFO – Kenya) en collaboration avec Laissez l’Afrique Vive (LAV) avaient organisé un séminaire – atelier sur la problématique des ALPC et le Processus DDRR du Sud-Kivu à l’intention des acteurs de la société civile. Ont pris part aussi les délégués de la 10e région militaire, gouvernorat, services étatiques et ONGs et Agences onusiennes.

Cet atelier a abouti à la mise sur pied du cadre de concertation provincial sur les questions des ALPC appelé le FOPPAL (Forum provincial permanent contre la prolifération illicite des ALPC) – Sud-Kivu. Un noyau de travail a été constitué et a débuté la mise en commun des idées sur la forme, le contenu du travail du forum.
L’expérience acquise progressivement à partir du premier atelier a poussé NCA et APFO d’organiser deux autres ateliers à Kinshasa avec GADERES et Kisangani avec AMCP et CONGO EN IMAGES. Ces 3 ateliers ont abouti à l’élaboration d’une Déclaration dénommée DECLARATION DE KISANGANI sur les principes d’organiser un atelier national qui débouchera à la mise sur pieds d’un Réseau National contre la prolifération des ALPC appelé RENAAL dont LAV fait partie des initiateurs aux côtés de GADERES, IPC, CONGO EN IMAGES, AMCP, OVAD…

Les efforts ne s’étaient pas arrêtés à ce niveau, il fallait sensibiliser d’autres acteurs dont la vision allait dans le même sens que la nôtre pour fusionner les idées et avoir un seul cadre. Des contacts ont été pris avec Mr Charles Nasibu, GRIP, pour nous retrouver aujourd’hui ensemble. Nous espérons que l’atelier va effectivement atteindre ses objectifs en mettant sur pieds le réseau national qui ne sera pas une ONG mais plutôt un cadre d’échanges des associations impliquées effectivement dans la lutte contre les ALPC illicites en RD Congo.
Pour la Province,
SAFADRI BAGULA J.B.
Coordinateur de LAV
Modérateur de FOPPAL

NORD-KIVU
LA PROBLEMATIQUE DE LA CIRCULATION DE LA PROLIFERATION ILLICITE DES ARMES LEGERES ET PETIT CALIBRE DANS LA PROVINCE DU NORD-KIVU

I. INTRODUCTION

Depuis 1993, la province du Nord-Kivu a été plongée dans une crise socio-économique et politique alarmante caractérisée par des conflits armés interethniques suivis des conséquences néfastes et fâcheuses occasionnées par ces derniers. Les hostilités interethniques ont été observées dans les différents territoires du Nord-Kivu particulièrement dans les territoires de Masisi, de Rutshuru et de Walikale entre 1993 et 1996. Cette situation conflictuelle avait fait que les groupes ethniques soient armés dans l’objectif de défendre leurs communautés ethniques respectives. A cela il faut ajouter même que certaines personnes civiles s’étaient procurées des armes légères ou des petits calibres pour leur sécurité personnelle et/ou de leurs familles. Cette première étape a été aussi accentuée ou renforcée par l’afflux massif des réfugiés rwandais y compris les miliciens Interahamwe et les ex-FAR qui sont entrés dans la province avec leurs armes et munitions. Aujourd’hui, certains de ces milices errent encore dans les forêts et montagnes des territoires de la province du Nord-Kivu où ils vivent avec leurs armes.

Après cette période ce fut la guerre de l’AFDL d’octobre 1996 à mai 1997 qui avait aussi renforcé la circulation et la prolifération non seulement des armes lourdes de guerre mais aussi les armes légères et les petits calibres. La guerre du RCD quant à elle, d’août 1998 à nos jours était venue maximisée cette opération surtout avec le phénomène « Local Defense » ou « Unités d’Auto-Défense Populaire ». En effet avec l’avènement du RCD ; comme dans les autres provinces occupées jadis par ce dernier, dans la province du Nord-Kivu, on avait assisté à un recrutement des éléments dits « Local Defense » sous prétexte que l’objectif serait de protéger et de défendre les populations à la base. Ces derniers subissent une courte formation militaire avant que les armes ne leur soient remis par l’autorité provinciale.

La situation avait été plus complexe et grave lorsque le Gouverneur de la province du Nord-Kivu, Monsieur Eugène SERUFULI NGAYABASEKA avait initié les fameux « UAD » dont les unités d’autodéfense populaire où plus de 20000 hommes majoritairement rwandophones hutus avaient été formés et armés principalement dans la ville de Goma et les territoires de Masisi, Nyiragongo et Rutshuru. Ces derniers opéraient sous le commandement exclusif dudit Gouverneur et l’Etat-major de l’ex-ANC n’avait aucun contrôle sur eux. Avec l’unification de l’armée, certains d’entre eux avaient été injectés dans l’armée par le biais de l’ex-ANC, d’autres dans la police tandis que d’autres avaient décidé de réintégrer la vie civile. Mais la question reste de savoir où seraient parties les armes qu’ils utilisaient surtout qu’elles n’étaient pas enregistrées par le commandement / Etat-major de l’ex-ANC.

Actuellement donc, dans la province du Nord-Kivu, non seulement des groupes armés incontrôlés et ne faisant pas partie de l’armée régulière dont les FARDC continuent à détenir illégalement des armes mais aussi des armes légères et petits calibres restent encore dans les mains des populations civiles sans aucune autorisation de port d’armes.

Cela développe ainsi une culture de violence d’intolérance et de haine interethnique, différentes communautés se pointent des doigts et aucune n’a plus confiance à l’autre. certaines pour vouloir revendiquer certains « droits » et peut-être « se sécuriser » malheureusement au détriment de ceux des autres, préfèrent porter des armes et être ainsi au-dessus de la mêlée, au su et au vu des autorités politico-administratives, militaires tant territoriales, urbaines que provinciales.

II. ETAT DES LIEUX ACTUEL SUR LES ALPC

Sans peur d’être contredit, il faut souligner que la circulation et la prolifération illicite des armes légères et des petits calibres dans la province du Nord-Kivu atteignent aujourd’hui une vitesse de croisière. Les informations recueillies allègent l’existence non seulement de plusieurs caches d’armes mais aussi de plusieurs détenteurs illégaux d’armes lourdes, légères et petit calibre dans le chef des populations civiles. Cette situation s’observe bien sur toute l’étendue de la province du Nord-Kivu en partant de la ville de Goma jusqu’aux territoires de Masisi, Nyiragongo, Rutshuru, Walikale, Beni et Lubero. Il faut signaler que le territoire de Masisi se place à la première position. Cela s’explique du fait de l’existence de plusieurs groupes armés et résistances ethniques notamment les Maï-Maï, les combattants Hutu dits « Mongols », les UAD auxquels il faut ajouter les miliciens rwandais hutu Interahamwe et ex-FAR.

Particulièrement dans ce territoire, à part les caches d’armes ainsi que les détenteurs illégaux d’armes identifiés au début de cette année, alors que réellement aucun effort n’a été fait pour démanteler ces caches d’armes et ravir celles détenues illégalement par des populations civiles ; aujourd’hui une opération de distribution illicite d’armes à feu aux populations civiles et fort malheureusement à une partie de la population dont la communauté rwandophone hutu a débuté au début du mois de septembre dernier.

Les territoires de Beni et Lubero semblent présenter un cas particulier. En dehors des guerres de libération ou d’occupation qu’a connu la RD Congo, ces territoires ont été l’objet de convoitise de plus d’un agresseur. Ceci s’explique par ses atouts financiers, matériels et économiques prometteurs. C’est également la raison d’être de plusieurs groupes armés : les forces négatives incontrôlées comme les Interahamwe, les May-May, les NALU et autres milices d’autodéfense populaire ; les forces avec commandement telles celles des ex-mouvements rebelles intégrées ou non dans les FARDC dont l’APC du RCD-KML, l’ANC du RCD avec aussi la Local Defense, les forces du RCD-National, du FLC… mais les troupes étrangères du Rwanda et Uganda. Et ici, l’approvisionnement et la circulation des ALPC sont possible par achat contre de l’argent pour ces troupes toutes confondues, par affrontement entre groupes armés, par complicité avec certains cadres politico-militaro-administratifs pour des intérêts personnels ou alors des particuliers (commerçants pour protéger leur patrimoine), par pillages des ressources naturelles pour achat, par le retard de réintégration des groupes armés, mais aussi par le fait que ce coin semble isolé et ignoré par les autorités compétentes du pays.

Ainsi, devant cette situation très complexe, plusieurs observateurs se posent la question de savoir « quel serait par exemple l’objectif de cette distribution illicite d’armes à une communauté ethnique dans le territoire de Masisi déchiré par des conflits interethniques depuis 1992 ». Des rapports sur cette question existent quand bien même ils exigent plus d’approfondissement. La question donc de la circulation et de la prolifération des armes légères et de petit calibre dans la province du Nord-Kivu déchirée par des conflits armés dont des affrontements interethniques, des guerres de libération, de correction et de rectification est une réalité et devrait donc interpeller la communauté tant nationale et internationale.

III. CONSEQUENCES DE LA CIRCULATION ET DE LA PROLIFERATION DES ALPC AU NORD-KIVU

Les conséquences de la circulation et de la prolifération illicite des ALPC dans la province du Nord-Kivu restent critiques, fâcheuses et néfastes sur tous les plans. Nous allons essayer sans aller dans les détails énumérer quelques conséquences en rapport avec les questions administratives et politiques, économiques, sécuritaire et des droits de l’homme et socio-culturelles et humanitaires.

III.1. Sur le plan administratif et politique
Suite à la circulation et la prolifération illicites des ALPC, favorisant ainsi le port et la détention illégaux d’armes par des populations civiles, on remarque surtout dans les milieux ruraux :

- La désobéissance civile des porteurs et détenteurs d’armes en particulier et de certaines communautés en général face à l’autorité administrative, coutumière et locale légalement établie ;
- L’érection ou la création des pouvoirs parallèles, certaines communautés n’obéissant ou n’ayant des comptes à rendre qu’à leurs leaders ;
- Le positionnement politique de certaines communautés, se considérant plus fortes que les autres car disposant des armes et qu’avec ces dernières elles peuvent tout faire à leurs intérêts au détriment de ceux des autres communautés ;
- La domination des communautés non armées par celles armées ;
- La prise en otage de certaines populations par les leaders de leurs communautés respectives.

III.2. Sur le plan économique
Parmi les conséquences de la circulation et la prolifération des ALPC sur le plan économique, on peut retenir :

- L’exploitation illégale des ressources et richesses nationales par des groupes d’individus ;
- Le pillage systématique des biens des paisibles citoyens ;
- La destruction et l’abandon de certaines unités de production tels que les marchés, les fermes / pâturages, les champs, plantations, usines…

III.3. Sur le plan sécuritaire et des droits de l’homme
On peut citer ici :

- L’insécurité généralisée et grandissante ;
- Plusieurs cas des vols à mains armées ;
- Des assassinats, des meurtres et tueries sporadiques observés de tout côté ;
- Le déplacement massif des populations quittent les milieux ruraux vers les centres urbains en quête de sécurité provoquant ainsi l’exode rural ;
- Des viols et violences sexuelles à l’endroit des femmes, jeunes filles et des enfants ;
- Les affrontements entre différents groupes armés et même entre individus armés ;
- L’inaccessibilité de certains villages ou coins mis en quarantaine suite à l’insécurité.

III.4. Sur le plan socio-culturel et humanitaire
On observe à ce propos :

- La paupérisation de la population ;
- La non-scolarisation et la déscolarisation des enfants ;
- La destruction des infrastructures sociales et culturelles (écoles, dispensaires, centre de santé, églises…) ;
- La dégradation des relations sociales et culturelles entre différentes communautés ;
- La pérennisation des conflits entre les différentes communautés ;
- L’entrave à la cohabitation et la coexistence pacifiques ;
- La méfiance, le rejet et le non-respect mutuel entre communautés ;
- L’assistance humanitaire parfois suspendue dans certaines zones de suite à l’inaccessibilité due à l’insécurité ;
- L’handicap à des actions de développement et d’auto-promotion dans certaines zones déclarées « foyers de tension ».


IV. ACTIONS MENEES ET A MENER

IV.1. Actions menées
Des conséquences ci-haut citées dues à la circulation et à la prolifération des ALPC dans la province du Nord-Kivu ; la société civile n’a pas croisé les bras. C’est ainsi que certaines organisations n’ont cessé de mener des actions visant à lutter contre ce fléau.
Parmi ces actions, on retrouve :

- Des descentes sur terrains en vue de mener des enquêtes et investigations pour vérifier les informations et allégations sur la circulation et la prolifération des ALPC ;
- Dénonciation de cette pratique à travers la publication des rapports sur les ALPC ;
- Lobbying et plaidoyer auprès des autorités politico-administratives et militaires en vue de mettre fin à ce fléau ;
- Plusieurs actions de pacification et de réconciliation entre les différentes communautés en conflits suite à la distribution illégale des ALPC ;
- Identification des groupes armés et leurs arméments ;
- Détection des maisons avec cache d’armes ;
- Processus de démobilisation en collaboration avec la MONUC pour récolter les ALPC et les détruire ;
- Recenser et démobiliser les anciens militaires et May-May pour leur procurer des activités avec le concours de certains ONGs de la société civile ;
- L’assistance et l’accompagnement à tous les niveaux des victimes des ALPC
- Etc.

Ici, il faut saluer le courage et le dévouement des certaines organisations de la société civile impliquées dans la réalisation de l’une pu l’autre activité, notamment ASODP, AJERH, ASPD, CPDH-PHRC, CREDDHO, ETN, GMLK, RODHECIP dans l’axe Goma – Masisi – Nyiragongo – Rutshuru – Walikale et APADDHO et FJDF dans l’axe Beni – Lubero – Butembo ; pour ne citer que celles-là.

IV.2. Actions à mener
Face à la description ci-dessus et en dehors des actions déjà menées, il s’avère donc opportun que des actions de grande envergure soient menées en synergie en vue de prévenir la pérennisation de conséquences ci-haut citées en luttant contre la circulation et la prolifération illicite d’armes légères et petit calibre dans la province du Nord-Kivu en particulier en RD Congo et dans la sous-région africaine des grands lacs en général. C’est ainsi que parmi les activités à mener ou à entreprendre on peut citer :

- Organiser des descentes sur les terrains en vue de mener des enquêtes et investigations sur les différentes allégations concernant la circulation, la prolifération et la détention illicites et illégales des ALPC ;
- Sensibiliser une formation sur les conséquences et les méfaits de la circulation et prolifération illicite des ALPC en vue d’empêcher et de lutter contre le transfert illicite de ces derniers ;
- Mener des actions de lobbying et de plaidoyer contre la circulation et la prolifération illicite des ALPC ;
- Mener des actions de recherche et d’échanges d’informations sur la cohabitation pacifique, la réconciliation ainsi que la construction et le maintien de la paix ;
- Mener des actions de lobbying sur le non-recrutement des enfants dans l’armée et la non-utilisation de ces derniers dans les conflits armés et plaider ainsi pour l’obtention de la démobilisation de ceux déjà utilisés ou recrutés dans l’armée ;
- Mener des actions de plaidoyer afin que toute personne impliquée dans la circulation et la prolifération illicites des ALPC soit punie conformément à la loi ;
- Initier des actions d’auto-promotion et d’auto-prise en charge en vue de contribuer à la lutte contre la pauvreté.


V. CONCLUSION

La circulation incontrôlée et la prolifération des armes légères et de petit calibre dans la région africaine des Grands Lacs en général et en République Démocratique du Congo ; particulièrement dans la partie Est reste un frein non seulement au développement socio-économique du pays mais aussi à l’aboutissement heureux du processus démocratique et transitionnel en cours.

Pendant que la population congolaise toute entière se prépare aux échéances électorales l’année prochaine, où cette dernière devra se choisir des dirigeants responsables, honnêtes et compétents ; cela à l’issue des élections libres démocratiques transparentes et pluralistes ; certaines personnes continuent à penser que pour revendiquer un droit il faut nécessairement faire recours à la forme et donc aux armes. Cela est ainsi à la base de l’importation des armes à feu et à la distribution de ces dernières aux pauvres paysans sous une manipulation politicienne ; favorisant ainsi la circulation incontrôlée et exagérée, la prolifération des armes légères et de petit calibre mais aussi des armes lourdes dans la région.

Les conséquences de cette pratique pesant lourd sur les pauvres populations civiles innocentes ne connaissant ni les tenants ni les aboutissants de cette pratique ; des actions musclées méritent donc d’être menées en vue de décourager ce fléau. Pour y arriver, les efforts des uns et des autres, c’est-à-dire de tous les acteurs devraient être mis ensemble en vue d’éviter les actions dispersées susceptibles à toute fragilité. Bref, le travail en synergie ou en réseau est donc à encourager.

Les délégués du Nord-Kivu,
1. Nestor BAUMA BAHETE, CPDH-PHRC/GOMA
2. Magellan LUANDA MUNGABO, ASODP/GOMA
3. Me Feller LUTAITSHIRWA, ETN/GOMA
4. Me Cathy KATUNGU FURAHA, FJDJ/BUTEMBO
5. Florent KAMBASU KASULA, APADDHO/BUTEMBO

ACTIONS DE LUTTE CONTRE LES ALPC AU BAS-CONGO

Le Bas-Congo partage ses frontières avec les pays voisins dont l’Angola et le Congo-Brazaville. Cette province vit des situations purement différentes des autres car la guerre comme telle est apparemment rare.

Le port d’armes légères est depuis longtemps réglementé par la loi et suivi par les autorités locales mais cela ne nous empêchera pas de dire qu’il y a manque de respect de la part de la population vis-à-vis de la loi. Et cela fait que jusqu’à présent certains cas de tuerie dus à l’insécurité puissent y être signalés.

Les militaires, il faut le dire, ne se promènent plus avec les armes comme par le passé. Mais comme signalé ci-haut, il existe une insécurité généralisée. C’est ce qui fait d’ailleurs que, dans la nouvelle politique du conseil provincial de sécurité, le Gouverneur de province ait décrété l’opération « Beta zola ndembama na Buala » qui veut simplement dire : « Nous voulons la paix », qui consiste à sécuriser la nationale n° 01 (route Matadi – Kinshasa) d’une part et l’entièreté de la province de l’autre.

Ceci prouve à suffisance que les autorités ont encore grand-chose à faire pour ainsi sécuriser la population.

Comme actions, le CEPECO est depuis très longtemps investi dans la lutte pour l’instauration et le maintien de la paix. Mais comme actions de lutte contre les armes, cela reste un combat majeur.

Pour ce qui est des autres structures dans le Bas-fleuve par exemple, il y a également le conseil urbain de la jeunesse dans la ville de Boma qui vient de mettre il y a bientôt 6 mois, un programme d’action pour la lutte contre l’insécurité avec le concours de tous les jeunes et de l’autorité urbaine qu’est le Maire.

Voilà tout pour l’essentiel.

Lievin M’BOYI M’BOYI
CEPECO/BOMA (Bas-Congo)
Président du conseil urbain de la jeunesse, Ville de Boma


ETAT DE LIEU DE LA CIRCULATION DES ARMES LEGERES ET DE PETIT CALIBRE AU KASAI-OCCIDENTAL


Après la guerre de libération, nous avons connu une seconde guerre d’agression nous imposée par les rebelles en connivence avec certains pays limitrophes (Uganda, Rwanda et Burundi). Ces derniers ont conquis le Kivu, une partie du Katanga et celle du Kasaï. Pour le Kasaï-Oriental, Lusambo, Lodja, Tshofa, Lubefu, Lomela, etc. étaient sous contrôle des rebelles qui ont tenté de conquérir Mbuji-Mayi mais ont échoué de prendre Kabinda et Kabeya-Kamuanga. Toute cette période, nous n’avions pas observé la prolifération des armes dans la province.

Actuellement, les ex-combattants des FAC, les policiers, communément appelés suicidaires, à la recherche du diamant, s’introduisent clandestinement au Polygone MIBA, terrorisent, tuent et volent les graviers des creuseurs eux aussi clandestins sur la même concession. A Mbuji-Mayi et dans certains districts on a connu les cas de vols et viols des femmes perpétrés par les hommes en uniforme. Suite à l’opération KIMIA décrétée par l’autorité militaire plus ou moins 100 armes cachées en brousse au Polygone Minier ont été récupérées. Il est à noter que le banditisme continue à s’opérer dans certains quartiers avec les hommes en uniforme armés qui dérangent les paisibles citoyens. Le crépitement d’armes est observé ça et là sur la ville.

Eu égard à ce qui précède, il y a lieu de conclure qu’il y a prolifération d’armes au Kasaï-Oriental.

Comme activités menées, nos organisations telles que le C.D.D.H., ANMDH et GADERES dénoncent ces méfaits, informent les Autorités des cas qui surviennent sur la ville et sensibilisent les communautés à dénoncer aussi le désordre et à se solidariser en vue de les arrêter lorsqu’ils agressent un voisin ou envahissent un quartier, ceci dans le cadre de la lutte contre la prolifération des armes dans la Province.
La déléguée du Kasaï-Oriental,
Emérence NDAYA KABUYA


II - Liste des membres du bureau de la coordination nationale


Coordonnateur : Flory KAYEMBE SHAMBA (Kinshasa)
Coordonnateur adjoint : Simon BOKONGO (Kisangani)
Secrétaire Administratif et financier : Charles NASIBU (Sud-Kivu)
Président Commission de contrôle : Elvis MBIYA (Bas-Congo)
Conseiller Commission de contrôle : IDA KITWA (Lubumbashi)
Conseiller Commission de contrôle : Béatrice THIABA (Kananga)




KINSHASA, 20 NOVEMBRE 2004

Atelier tenu à KINSHASA, CENTRE NGANDA, du 18 au 20 NOVEMBRE 2004 grâce au soutien de 11.11.11. (Belgique), GRIP/RAFAL (Bruxelles), Pax Christi Flandre & Pays-Bas, Norwegian Church Aid et Oxfam (Belgique)



G
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