Note d'AnalyseGroupe de recherche et d'information sur la paix et la sécurité70 Rue de la Consolation, B-1030 Bruxelles Tél.: +32.2.241 84 20 - Fax : +32.2.245 19 33 Internet : www.grip.org - Courriel : admi@grip.org |
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RAPPORT DES ACTIVITES
INTRODUCTION
S’il est de nos jours, en République Démocratique du Congo,
des réalités qui attirent l’attention de plus d’un
activiste de la société civile et de différents ONGs sur
la paix et la défense des droits de l’homme, la question de la
prolifération et de la circulation des armes légères et
de petit calibre se classe parmi les plus cuisantes. En effet, à la question
de savoir qui porte l’arme, comment l’acquiert-on, on reste perplexe
pour se retrouver enfin des comptes devant les retombées cruelles de
ces armes qui sont les violations massives des droits l’homme, les viols,
les vols, les assassinats, plusieurs méfaits sur l’aspect socio-culturel,
sécuritaire, humanitaire… de la population. Et d’aucuns tendent
à croire que cette situation constitue déjà le quotidien
de la vie de l’homme de notre temps, lequel doit se créer du jour
au jour son quotidien et son lendemain, qu’importent les moyens.
Cependant, conscients de la dignité dont doit se définir l’homme
et de son souci d’atteindre son bien-être qui n’est rien d’autre
que le développement intégral de l’humanité, lequel
n’est possible que dans un climat de paix, certains ONGs congolais avec
le soutien de la coupole 11.11.11. (Belgique), GRIP/RAFAL (Bruxelles), Pax Christi
Flandre & Pays-Bas, Norwegian Church Aid et Oxfam (Belgique) veulent concevoir
un cadre de réflexion de lutte contre ces armes légères
et de petit calibre. C’est dans cette perspective que s’inscrit
ce présent document qui n’est qu’un simple rapport de déroulement
des activités de leur réunion de fondation du réseau national
congolais sur les ALPC, organisée à Kinshasa, au Centre Nganda,
du 18 au 20 novembre 2004.
Hormis cette note introductive, le texte de l’invitation et le programme
de travail dans les premières pages, ce rapport met en exergue un aperçu
général et journalier du déroulement la réunion
suivi d’une analyse critique ou évaluation de la journée,
les synthèses des travaux de carrefour mais aussi se poursuit sur une
série des textes annexes ayant fait l’objet de différents
exposés et se clôture sur les documents fondateurs de ce réseau
national. Ainsi, nous osons croire qu’il servira d’un outil pédagogique
précieux pour les participants dans leurs activités et lors de
la restitution en province mais aussi pour toute personne pouvant s’intéresser
à ce réseau soit comme adhérant, soit comme sympathisant,
soit alors comme libre observateur mais dont l’objectif primordial est
de lutter contre la prolifération et la circulation des armes légères
et de petit calibre, en vue de redorer le blason longtemps terni de la stabilité
politique et économique de la République Démocratique du
Congo, pour contribuer enfin au processus de pacification dans lequel est engagé
le monde entier.
DEROULEMENT DES ACTIVITES
PREMIERE JOURNEE : JEUDI 18 NOVEMBRE
Dans une ambiance de joie, surtout de soif d’être
parmi les pionniers de la fondation du réseau national congolais sur
les armes légères et de petit calibres que les participants sont
entrés dans la salle de réunion du Centre Catholique Nganda, en
vue de concrétiser le programme qu’ils avaient déjà
sous leur portée depuis les provinces d’origine. En effet, c’est
aux environs de 9h30, après l’installation des invités,
des participants et l’arrivée de Son Excellence Monsieur le Vice-Ministre
des Affaires Etrangères que l’Assemblée a exécuté
l’hymne national du Congo. Le modérateur, le professeur Flory Kayembe
a alors ouvert l’atelier par son mot de bienvenue à l’intention
des participants et des invités pour passer la parole au Vice-Ministre
des Affaires Etrangères de la République du Congo. Dans son discours
d’ouverture, il a remercié les initiateurs du projet de lancement
de cet atelier de la création du Réseau national congolais sur
les ALPC. Pour lui, ceci rejoint le souci actuel du gouvernement de transition
qui, dans le Point focal national, lutte de nos jours contre la prolifération,
le trafic et l’usage illicite des ALPC. C’est à propos qu’il
a évoqué les divers efforts déjà fournis jusqu’à
présent par le gouvernement pour que cette lutte soit une réalité
et non un rêve chimérique.
Après ce point fort, au bout duquel ont été déclarées
ouvertes les assises de cet atelier par le Vice-Ministre, il a plu au modérateur
d’accorder une pause café vers 9h55’ qui a été
honorée par une photo de famille avec la délégation ministérielle.
Aux environs de 10h40, après la présentation du programme de la
réunion, la parole a été accordée aux participants
des provinces en réseau d’un ou deux représentants par province,
dans oublier les autres groupes présents dans la salle. En voici l’essentiel
de leurs interventions :
1°. Province du Sud-Kivu
a) Axe Sud-Sud : Uvira
D’après le présentateur, la région d’Uvira,
partie sud-sud de la province du Sud-Kivu, riche en divers produits, riveraine
au Lac Tanganyika et zone frontalière à la Tanzanie, le Burundi
et le Rwanda, connaît la présence des plusieurs groupes armés
: FDD, Interahamwe… qui favorisent la circulation massive et la prolifération
des ALPC, comme causes directes. Parmi les conséquences, on retient les
viols, les tueries, l’insécurité généralisée
et les violations massives des droits de l’homme, les conflits interethniques…
Comme perspectives de remède à ces fléaux, les groupes
d’ONGs d’Uvira ont déjà organisé des conférences
et des réunions sur les ALPC et leurs conséquences. C’est
à ce propos, qu’ils remercient les ASBL de la région d’Uvira,
le Gouvernement, le GRIP… pour le soutien sur l’organisation de
différentes assises sur les ALPC.
b) Axe BUKAVU
Après un état de lieu succinct sur la prolifération des
ALPC dans l’axe Bukavu de la province du Sud-Kivu en raison d’au
moins 20 armes par km, le présentateur a souligné qu’ils
organisent déjà beaucoup d’ateliers sur les ALPC avec les
acteurs de la société civile et dans le cadre de la mission DDR.
C’est dans cette optique que cet axe souhaite vivement la mise en place
d’un réseau national pour la lutte contre la prolifération
des ALPC en vue de canaliser les efforts et expériences de tous les activistes
de par le pays.
2°. PROVINCE ORIENTALE
a) Axe Kisangani
Parmi les causes directes de la prolifération des ALPC, tout commence
par la guerre de libération de l’AFDL avec la présence de
plusieurs troupes armées rebelles, nationales et étrangères
(Ouganda, Rwanda). Parmi les moyens d’acquisition de ces armes, on peut
retenir l’échange du bétail contre les armes, l’échange
des matières premières contre les armes. Comme conséquences,
il faut souligner les massacres de la population civile, la destruction méchante
des infrastructures socio-économiques, les viols, les pillages, l’insécurité
des personnes et de leurs biens. Pour lutter contre ces armes, quelques mesures
entrevues dont les recherches et publications sur les ALPC, sur les traumatismes
sur les ALPC… Dans les actions déjà menées, les activistes
de Kisangani visent quelques objectifs : lutter contre la prolifération
et la circulation des ALPC, faire des enquêtes et des recherches sur l’état
de lieu, organiser des campagnes de sensibilisation et d’information sur
les ALPC, former les capacités des acteurs sur terrain… C’est
dans cette optique qu’ils saluent aussi l’initiative d’un
réseau national.
b) Axe ARU
Extrême nord-est de la RDC, la circulation et la prolifération
des ALPC y est très intense. Parmi les facteurs internes on retient les
conflits interethniques qui perdurent sans aucun effort de les endiguer, les
armes ayant servi à la rébellion toujours détenues par
leurs porteurs, la lenteur du processus de réunification du pays et du
processus de DDR dans la démobilisation des groupes armés ayant
toujours chacun son Etat major, le retard de réintégration des
groupes armés, la couverture insuffisante par la MONUC, la nervosité
de la population fatiguée de plusieurs années de guerre. Par contre,
les causes externes soulignent la situation de cette région par rapport
aux frontières des pays comme l’Ouganda, le Soudan où la
rébellion perdure toujours avec une culture d’armé autorisée
(cfr groupe armé SPLA).
3°. LA PROVINCE DU NORD-KIVU
La prolifération des ALPC dans cette région se situe dans un cadre
précis des guerres qu’a connu cette région depuis les guerres
interethniques et d’autodéfense des populations du Masisi, la guerre
du Rwanda, celle de l’AFDL, du RCD et de différentes incursions
entre les différents groupes armés comme les May-May, les Interahamwe,
les NALU, la Local Defense du gouverneur SERUFULI..., la présence des
troupes étrangères de l’UPDF ou de l’APR. Ce qui a
un impact négatif sur la situation économique, socio-culturel,
sanitaire et humanitaire de la région. Cependant, dans un cadre de pacification
et de lutte contre la prolifération des ALPC, plusieurs ONGs font déjà
des enquêtes et investigations, lobbyings auprès même des
autorités politico-administratives et souhaitent une action en synergie
dont la création d’un réseau national.
4°. LA PROVINCE DU KATANGA
Parmi les causes de prolifération des ALPC, il faut souligner au niveau
interne le phénomène May-May, les forces d’autodéfense
populaire, la trahison de certains responsables militaires. Au niveau externe,
on retient la guerre d’agression par le Rwanda – Burundi et Uganda
dans leur appui aux forces rebelles. Dans cet imbroglio où il reste difficile
d’identifier les porteurs d’armes, on assiste à des tueries,
assassinats et exécutions arbitraires. C’est dans cette optique
que les activistes des défense des droits de l’homme avec la société
civile lutte contre la prolifération de ces ALPC surtout par une sensibilisation
de la population par la population et pour la population.
5°. LA PROVINCE DE L’EQUATEUR
Les causes de circulation des ALPC s’expliquent par la situation frontalière
de cette province avec d’autres pays, la braconnage mais aussi les armements
de la DSP pendant la deuxième république et les rébellions
de l’AFDL et du MLC… Ce qui est à l’origine de certaines
extorsions, pillages et insécurité généralisée.
Dans ses activités, la Commission Diocésaine Justice et Paix en
synergie avec les ONGs de défense des droits de l’homme entreprennent
déjà un processus de récupération de ces armes même
si de fois sans succès à cause de la complexité de la problématique
sur les armes légères.
6°. LA PROVINCE DU BAS-CONGO
Pour les activités de cette province, il n’y a pas encore d’activités
concrètes menées jusqu’à présent dans la lutte
contre la prolifération des ALPC, contrairement aux autres provinces.
Cependant, on peut souligner certaines initiatives des autorités politico-administratives
telles l’opération « Nous voulons la paix ». Ainsi,
il faut encore réaliser beaucoup d’activités pour renforcer
celles qui existent.
7°. LA PROVINCE DU KASAI OCCIDENTAL
Les atouts favorisant la prolifération des ALPC sont les guerres de libération
dont les méfaits et les retombées sont les troubles et conflits
quotidiens. Dans ses efforts la population offre un soutien par aux autorités
pour la sécurité de la région en vue de démanteler
les porteurs de ces armes.
8°. LA PROVINCE DU KASAI ORIENTAL
Ici, il faut souligner les méfaits des guerres de libération et
d’agression rwando-ougandaise, la recherche du diamant dont les effets
sont le banditisme, les viols, les vols et extorsions de la population par les
mains armées. Ainsi, des efforts sont entrepris pour sensibiliser les
populations à dénoncer les détenteurs d’armes.
9°. LA VILLE DE KINSHASA
Parmi les raisons, l’intervenant a surtout insisté sur l’enrôlement
des enfants dans les groupes armés en évoquant enfin le courage
de certains réseaux comme le GADERES pour lutter contre ce phénomène.
10°. INTERVENTION DES PARLEMENTAIRES
Représentés par le vice-président de la commission défense
et sécurité, l’honorable a souligné le souci très
accru du gouvernement transition de lutte contre les ALPC. Ainsi, a-t-il évoqué
la conférence internationale de la paix sur les pays des grands-lacs
en vue de l’harmonisation sur les ALPC dans cette région en ayant
une législation commune sur la circulation des ALPC ; les contacts entre
différents gouvernements par le ministre des affaires étrangères
sur la prolifération et les conséquences des ALPC sur la population,
couronnés par le projet de Traité entre pays en matière
de prolifération et circulation des ALPC. Pour l’honorable, le
souci réel et permanent de notre pays est l’instauration d’une
paix durable. Ainsi souhaite-t-il la collaboration effective entre le Parlement
et les acteurs de la base surtout par la création d’un réseau
national sur les ALPC.
11°. INTERVENTION DU POINT FOCAL NATIONAL SUR LES ALPC
Né du Protocole de Nations Unies, le Point focal, par son Protocole pour
la prévention et le contrôle des ALPC en région des Grands
– Lacs, a pour rôle de coordonner les activités nationales
sur la lutte contre les ALPC et faire rapport au niveau international.
12°. INTERVENTION DU DELEGUE DE NORWEGIAN CHURCH AID
Norwagian Church Aid a déjà mené plusieurs efforts par
le biais de certaines organisations (comme Laisser l’Afrique Vivre) dans
le cadre de la lutte contre la prolifération et la circulation des ALPC
et surtout dans la région de l’est comme à Bukavu.
13°. LE DELEGUE DE PNUD
PNUD intervient surtout dans le cadre du projet COMREC sur la reconstruction
communautaire, la réinsertion des anciens combattants et la destruction
des ALPC. C’est dans ce cadre qu’à travers ses différents
bureaux situés à Bukavu, Kindu, Goma, Bunia, Kalemie… il
compte par exemple financer une enquête sur la problématique des
ALPC à l’est du Congo.
14°. PAX CHRISTI / PAYS-BAS
Dans ses interventions, Pax Christi mène des recherches sur le trafic
des ALPC au niveau des frontières RD Congo - Uganda – Soudan ;
l’action à l’intérieur de l’Ituri par la conférence
d’ARU ; la création d’un réseau entre différentes
églises contre les ALPC.
15°. REPRESENTANT DE LA COUPOLE 11.11.11.
11.11.11 soutient dans ses activités la lutte contre les ALPC et la création
du réseau national par puisque, a-t-il le représentant, la destruction
des ALPC contribue très inébranlablement à la paix et au
développement.
16°. GRIP / RAFAL
C’est dans le cadre des activités de RAFAL qu’est née
l’idée du réseau national sur les ALPC en vue de marquer
de son côté, un soutien au processus de paix et de la réunification
nationale.
17°. LE GROUPE AMOS
Ce groupe participe déjà à plusieurs recherches sur les
ALPC (en Ituri, p.ex.) et a déjà oublié plusieurs œuvres
dans le même cadre d’idée.
Après l’exposé de ces expériences des activistes
de terrain dans le différentes provinces et les divers exposés
de certains représentants, le modérateur a proposé et dirigé
un point des divers constitué par des questions et éclaircissements
sur les précédentes interventions au bout desquelles une pause
repas a été prise à 13h00 pour reprendre es activités
vers 14h30 par une présentation personnelle et nominative de tous les
participants sous la modération de Charles Nasibu. A 14h40, est alors
intervenu un exposé sur l’importance du travail en réseau
pour lutter contre la prolifération des ALPC par le professeur Flory
KAYEMBE.
L’importance du travail en réseau pour lutter contre la
prolifération des ALPC
Après avoir défini le réseau comme une nécessité
d’alliance, une conjugaison des efforts pour se renforcer mutuellement
par une interconnexion, l’intervenant a souligné les raisons d’un
réseau dont la réalisation d’une action commune, le soutien
de ses membres pour l’encouragement, l’échange des enseignements
et expériences des autres. Le réseau vise parmi ses objectifs
le changement social de sorte que parmi les conditions nécessaires à
sa création, il faut retenir l’existence d’une vision commune
inspirée d’une idéologie et une philosophie mais aussi la
concentration claire et précise sur les intérêts du groupe.
En conclusion, pour assurer la survie d’un réseau, il faut transcender
les intérêts égoïstes pour une coalition devant surmonter
les difficultés, les conflits pour une vision commune dans le respect
mutuel.
La fin de l’exposé de ce thème a ouvert l’assemblée
à une série des questions posées au professeur. A 16h00
s’annonçait la pause café, sitôt terminée pour
aborder le dernier thème de la journée sur l’historique
des actions sur les ALPC par Charles NASIBU à 16h30.
Historique des actions sur les ALPC
Problème de longue date, la problématique a attiré ‘attention
en 1979. C’est un processus qui jouira de beaucoup d’interventions
de mise en place des mécanismes en 1988, 2001, 2002… pour aboutir
aujourd’hui à la réunion de fondation d’un réseau
national sur les ALPC.
Pour avoir répondu à quelques questions en rapport avec le thème
et d’aspects pratiques sur le travail du jour prochain, la journée
s’est clôturée en toute beauté à 17h30, conformément
au programme.
DEUXIEME JOURNEE : Vendredi 19 novembre
Du début des travaux
Après le petit déjeuner à l’heure habituelle,
les participants se sont retrouvé dans la salle pour la reprise des travaux
en séance plénière avec un léger retard pour lequel
le modérateur, Mr Charles NASIBU, s’est excusé avant de
souhaiter la bienvenue à tous et présenter une petite mise au
point sur le déroulement des travaux pendant la journée.
De la lecture du Compte rendu de la première journée
Le Compte rendu / Rapport des activités de la 1ère journée,
du jeudi 18 novembre 04, a été lu par le Rapporteur du jour, Mr
Patrick, suivi des quelques observations, ajouts et corrections.
De la présentation des activités des invités par
Province
Après la lecture du Compte rendu, suivra la suite des présentations
des participants et de leurs activités relatives aux ALPC dans leurs
rayons / Provinces respectifs(ves), en l’occurrence les délégués
qui ont connu un retard pour la journée de jeudi, notamment la Province
du Maniema et celle du Nord Katanga.
a) Le délégué du Maniema a focalisé son exposé sur l’état de détention et la circulation d’armes dans le Maniema par différentes factions et tribus en conflits ainsi que les sources d’approvisionnements en armes. L’orateur a porté à la connaissance de l’auditoire que les organisations actives dans la lutte contre la prolifération des ALPC avaient mis en place un réseau d’action local pour affronter la problématique de la prolifération des ALPC en novembre 2003, cette plate forme est dénommée REMAL (Réseau du Maniema sur les Armes Légères), il regroupe 10 Organisations actives du Maniema. Le présentateur a reconnu que la création et l’organisation du REMAL leur ont été inspiré à l’issue d’un atelier organisé à Bukavu par le Réseau d’Action sur les Armes Légères au Sud-Kivu tenu à Bukavu en octobre 2003. Le REMAL se préoccupe essentiellement de dresser l’état de lieux, d’établir une cartographie et d’engager des actions de sensibilisation pour la lutte contre la prolifération et le trafic illicite des ALPC ;
b) La déléguée du Nord Katanga, Mme Sylvie YUMA, a présenté, d’une manière succincte, la situation de la prolifération d’armes dans le territoire de Kongolo en nommant les troupes de l’APR et les Maï Maï comme étant les principales causes à la base de cette prolifération. Les armes sont devenues un moyen de survie pour certains et pour les récupérer, les détenteurs exigent souvent un objet quelconque en échange d’armes.
Aussi bien au Maniema qu’au Nord Katanga, les détenteurs d’armes
semblent se rassurer d’abord d’une pacification effective de la
région avant de s’en débarrasser.
En rapport avec les exposés des délégués Provinciaux,
quelques réactions des participants ont été notées,
complétées par la remarque de Mr Philippe Mwanza concernant les
actions à mener qui doivent plus visées le désarmement
des Communautés et non des forces armées. Celles ci doivent l’être
par les différentes structures mises en place par le Gouvernement.
De la présentation des Projets de documents fondateurs du réseau
National
Après la pause Café de 10h 10, il a été procéder
au changement du Modérateur. C’est Mr Philipe MUANZA qui a pris
la relève. Celui-ci a, avant de définir la méthodologie
du travail, fixé l’Assemblée sur certains concepts clés
liés aux ALPC. C’est le cas du concept « Combattants »
qui englobe toutes les forces armées et les milices ; « ex combattants
» qui comprend toutes les personnes qui se sont déchargées
des leurs effets militaires ; « enfants soldats » qui concerne les
enfants ayant pris les armes et en fin le concept « enfants associés
aux groupes armées » qui comprend tous les enfants qui interviennent
dans l’armée.
Après quelques débats et échanges au sujet de la méthodologie
du travail pour ce qui concerne les documents fondateurs, les participants se
sont mis d’accord sur la nécessité de création d’un
réseau National sur les ALPC, et cela à l’unanimité.
Pour ce faire, il a été accepté de constituer trois groupes
pour traiter uniquement la question de statuts du réseau vu l’importance
dudit document. Les grandes lignes des autres documents (ROI et Plan d’action)
seront traités par les groupes ad hoc et leurs détails par l’équipe
qui sera élu.
Avant les travaux en sous-groupes, cinq dénominations du réseau
ont été proposées notamment :
- Le RENACAL proposé par la Coordination de l’Atelier;
- Le RENAAL - RDC, proposé par Mr SAFARI ;
- Le RECAAL, proposé par Mr RENE ;
- Le RACDAL, proposé par Mr Georges du GRIP ; et
- R.N.C.DAL proposé par Jacques MUGEREKE.
Les explications et justifications fournies n’ont pas du tout permis aux
participants d’adopter une seule dénomination. La question a été
renvoyée dans les débats en sous-groupes.
De la mise en commun et discutions des travaux des sous-groupes
La reprise des travaux a eu lieu en plénière après
deux heures des amendements en sous-groupes inter coupées par une pause
repas et une pause café.
Le représentant du point focal national a pris la parole pour rassurer
les participants de la non participation des parlementaires aux travaux des
sous groupes. L’honorable a montré que l’Etat était
avec la Société Civile dans sa lutte.
Après cette assurance, le modérateur a repris la parole pour proposer
la procédure à suivre en vue de faciliter la restitution des travaux
en sous-groupe : donner à chaque groupe 3 minutes pour faire la lecture
des amendements apportées au texte. Cette proposition n’a pas trouvé
le consentement de tous les participants, c’est alors qu’on a procédé
à la lecture des travaux effectués par un seul groupe à
partir desquels porteront les discussions, chapitre par chapitre.
Après un débat houleux sur le premier chapitre, l’Assemblée
a fini par adopter à l’unanimité la dénomination
du réseau : Ce dernier s’appellera RECAAL « Réseau
Congolais d’Actions sur les Armes Légères ».
Les contenues de l’article deux a fallu créer une division entre
les participants, ceux-ci ont donc décidé de mettre ce fameux
article « au frigo » et y revenir à la troisième journée.
A l’article 3 du siège, les participants se sont mis d’accord
sur le fait que c’est l’Assemblée Générale
qui décide du transfert du siège du réseau.
Pour ce qui est de l’article 4, les participants se sont accordé
de supprimer l’extension du réseau hors de la R.D.Congo et de ne
pas joindre le réseau à d’autres réseaux.
Compte tenu du temps imparti pour la journée, et pour rester dans la
logique du strict respect du programme, le modérateur a proposé
aux participants de clore les travaux du jour, d’aller réfléchir
et de revenir le lendemain avec tous les éléments devant permettre
le bon déroulement des travaux, et ce, pour traiter des points relatifs
aux objectifs, à la composition et aux membres ainsi qu’aux différents
organes du réseau et leur fonctionnement.
Ainsi, commencée à 9h00, la séance a été suspendue à 18h15.
TROISIEME JOURNEE : SAMEDI 20 NOVEMBRE
I. Du début des Activités
Comme à l’accoutumée, les travaux en séance plénière
ont débuté à 9h10’, après le petit déjeuner,
par le souhait de bienvenue aux participants.
II. De la lecture du compte rendu
Après avoir entendu les différentes dispositions à prendre
pour les activités du jour, la lecture du compte-rendu des activités
du vendre 19/11/2004 a été lu par le rapporteur du jour Mr MASARARA
Séraphin. Suivront quelques corrections et observations en rapport avec
le compte-rendu, auxquelles l’équipe du secrétariat a bien
pris note.
III. De la poursuite du débat
Le Modérateur du jour, Me Feller LUTAICHIRWA, après avoir rassuré
et prié l’assemblée de la nécessité de respecter
le programme de la journée en acceptant un petit sacrifice par la réduction
des heures de repos, a accordé cinq minutes à chacun de sous-groupes
afin de rappeler à l’Assemblée les avis et suggestions portant
sur le texte de base du réseau, entendu les Statuts. La discussion a
été centrée autour des points concernant :
- Le but et objectifs du réseau ;
- La composition des membres et la procédure d’adhésion
dans le réseau ;
- Les organes du réseau ;
- Le logo et la devise du réseau.
En vue d’harmoniser et concilier différents points de vue et arriver
à se doter d’un seul texte accepté par tous, il a été
adopté que les rapporteurs de tous les sous-groupes se retrouvent en
commission afin de produire un document définitif, en tenant compte du
fait que :
- Trois organes sont retenus :
1) L’Assemblée Générale constituée des membres
signataires ;
2) La coordination comprenant :
- Un Coordinateur
- Un coordinateur adjoint
- Un secrétaire administratif et financier
3) La commission de contrôle composée de trois membres (1 président
et 2 contrôleurs)
- L’adhésion au réseau se fait au niveau de la représentation
provinciale et non au niveau du RECAAL ;
- Dans la composition des membres, il faut bien lever l’équivoque
et différencier clairement les membres d’honneur et les membres
de soutien ;
- Le logo retenu par l’Assemblée est : « Une croix rouge
sur un fond d’un tas d’armes sur la carte de la RD Congo ».
- La devise retenu par l’Assemblée est : « Ensemble pour
un Congo en sécurité ».
- Il serait souhaitable que le RECAAL ait plutôt des antennes par province
au lieu d’une structure aussi semblable à la structure nationale
pour éviter un étouffement.
Une commission a été donc désignée séance
tenante composée des rapporteurs des sous-groupes assistés de
deux juristes Me Agathe et Me IDA pour finaliser le texte des Statuts qui sera
soumis à l’appréciation de l’Assemblée avant
adoption.
IV. De l’examen du Projet de programme d’action
Pour gagner du temps et faciliter le bon déroulement des travaux, le
modérateur, en accord avec l’assemblée, a procédé
à la constitution des sous-groupes auxquels il a été accordé
70 minutes pour l’examen du texte de programme d’action avant son
adoption en plénière.
V. De la lecture et de l’adoption des Statuts
Après les travaux en commission, aux environs de 15h45’, heure
de Kinshasa, Me IDA KITWA délégué du Katanga et rapporteur
de la commission a procédé à la lecture du texte des Statuts
à adopter. Après lecture les Statuts du RECAAL ont été
adoptés avec des applaudissements.
VI. Des discussions du projet du programme d’action
Les remarques et observations de deux sous-groupes ont porté sur :
1) Les faiblesses :
- Faible couverture dans les provinces ;
- Faible implication de la population congolaise ;
- Balkanisation du pays (à ajouter)
2) Le cadre logique : Les rapports devront être élaborés
tant au niveau provincial que national par rapport aux indicateurs définies.
3) Les activités :
- Renforcer la capacité des membres dans la culture de la paix ;
- Elaborer et distribuer les textes juridiques, le ROI et autres documents à
soumettre aux organisations membres ;
- Promouvoir un partenariat actif entre le RECAAL et le point focal national
;
- Identifier et orienter d’autres partenaires ;
- Faire des lobbying, le suivi et l’évaluation.
VII. De la désignation et Election des animateurs du RECAAL
Par consensus, l’Assemblée a proposé et adopté de
constituer six pools correspondant aux 6 postes des animateurs du réseau.
1. Kinshasa : Coordonnateur
2. Province orientale et Equateur : Coordonnateur adjoint
3. Nord et Sud-Kivu : Secrétaire Administratif et Financier
4. Bas-Congo et Bandundu : Président Commission de contrôle
5. Katanga et Maniema : Conseiller Commission de contrôle
6. Kasaï oriental et occidental : Conseiller Commission de contrôle.
L’Assemblée insiste sur l’efficacité et la compétence
des animateurs pour le bon fonctionnement du réseau. La latitude était
laissée à chaque pool de désigner son animateur. Après
concertation de chaque pool, les noms des personnes suivantes ont été
retenues :
1) Coordonnateur : Flory KAYEMBE SHAMBA
2) Coordonnateur adjoint : Simon BOKONGO
3) Secrétaire Administratif et financier : Charles NASIBU
4) Président Commission de contrôle : Elvis MBIYA
5) Conseiller Commission de contrôle : IDA KITWA
6) Conseiller Commission de contrôle : Béatrice THIABA
Dans un climat de joie, la séance a été momentanément
suspendue pour des dispositifs d’accueil du Ministre en vue des cérémonies
de clôture, après avoir adopté le texte de déclaration
de création du réseau dont le contenu en annexe.
VIII. De la cérémonie de clôture de l’atelier
Sous la modération de Mr Philippe MUANZA, les cérémonies
de clôture de l’Atelier de création du réseau congolais
d’action sur les ALPC ont été présidées par
le Président du point focal national, représentant le Ministre
des Affaires Etrangères et la Coopération Internationale, empêché..
Le programme prévoyait :
- la lecture de la Déclaration de création du réseau ;
- la présentation des animateurs des structures du réseau désignés
par consensus ;
- l’allocution du coordonnateur national du réseau ;
- la clôture de l’atelier par le Président du point focal
national après un petit mot d’adresse ;
- l’hymne national
- Cocktail.
Ainsi commencée à 9h10’, la séance a pris fin à
18h30’ dans un climat de joie et de fête pour le lancement d’un
nouveau réseau congolais sur les armes légère et de petit
calibre.
ANNEXES
I- PRESENTATION DES ACTIVITES PROVINCIALES CONCERNANT LES ALPC
PROVINCE DU KASAI OCCIDENTAL
La guerre (les conflits armés) qu’a connue notre pays le Congo
a eu ses conséquences sur toute l’étendue du pays. Le Kasaï
Occidental, notre province, a connu aussi certaines situations déplorables
causées par ces conflits. En effet, avant la crise, la province était
généralement dans le calme. Avec la crise, on a enregistré
des cas de trouble à travers la province notamment des tueries, vol à
mains armées même par les hommes en uniforme… Ce qui avait
amené la population à se procurer des armes pour la sécurité
des biens, et des familles (avant l’arrivée de l’AFDL à
Kananga). Avec l’AFDL, il y a eu récupération des armes
par l’autorité et l’organisation des patrouilles mixtes (militaires,
policiers et civils) pour sécuriser les hommes et les biens.
Nous ne manquerons pas de signaler la vigilance, la conscience de la population
pour soutenir l’autorité dans son entreprise. Bref, nous louons
et encourageons les autorités provinciales dans leurs engagements pour
la sécurité de tous les biens qu’il y a eu qui continuent
à se procurer des armes légères et nous continuons à
sensibiliser et rendre conscient sur les méfaits de ces armes.
Pour la Province, Béatrice TSHIABA de l’ONG CESF
PROVINCE DU BAS-CONGO
En un mot, les réalités que vivent nos amis de l’Est et
des autres provinces sont tout à fait différentes sur la prolifération
et la circulation illicite des armes légères et petits calibres
dans la province du Bas-Congo. Ainsi, c’est maintenant que l’AVOLAR
(Association des Volontaires pour l’ Auto promotion Rurale), basée
à Mbanza-Ngungu, tient à entreprendre les activités dans
ce domaine. Sinon, rien n’a encore commencé jusqu’à
ce jour comme je le disais plus haut dans ce domaine. Je vous remercie.
Pour la Province du Bas-Congo,
Elvis MBIYA TEKADIOMONA, Secrétaire Général de l’AVOLAR.
CAS DE BUKAVU
La question de prolifération des ALPC, à part l’axe Sud-Sud,
s’est fait sentir et continue à l’être sur les axes
suivants :
- Bukavu – Nyangezi – Kaziba – Mwenga
- Bukavu – Walungu – Shabunda
- Bukavu – Walungu – Kamituga – Kitutu
- Bukavu – Bunyakiri – Hombo
- Bukavu – Kalehe – Minova
- Ile d’Idjwi.
Elle est essentiellement due aux deux guerres successives (1996 et 1998) qu’a
connu la RD Congo surtout à l’Est et à l’entrée
des réfugiés rwandais en 1994. Plusieurs groupes armés
se sont alors créés et ont contribué à la circulation
désordonnée des ALPC sur les axes précités. Une
bonne quantité d’armes provenait des pays voisins, notamment le
Rwanda pour venir alimenter à la fois le RCD mais aussi d’autres
milices telles que le Mudundu 40 (M40).
Compte tenu des dégâts énormes causés par ces engins
de la mort (viols, pillages, destruction des maisons…), plusieurs initiatives
au niveau de la Société civile ont commencé à se
faire entendre mais le compréhension de la question ou du problème,
n’était pas aussi claire contrairement à l’engagement
dans d’autres secteurs, tels que le Droit de l’homme…
En vue de pallier à cette situation, en février 2004 (du 25 –
27/2/2004), en pleine découverte des caches d’armes dans les résidences
des personnalités de l’ex-mouvement rebelle RCD y compris le Gouverneur
de l’époque Xavier Chiribanya, la Norwegian Church Aid (NCA) et
Africa Peace Forum (APFO – Kenya) en collaboration avec Laissez l’Afrique
Vive (LAV) avaient organisé un séminaire – atelier sur la
problématique des ALPC et le Processus DDRR du Sud-Kivu à l’intention
des acteurs de la société civile. Ont pris part aussi les délégués
de la 10e région militaire, gouvernorat, services étatiques et
ONGs et Agences onusiennes.
Cet atelier a abouti à la mise sur pied du cadre de concertation provincial
sur les questions des ALPC appelé le FOPPAL (Forum provincial permanent
contre la prolifération illicite des ALPC) – Sud-Kivu. Un noyau
de travail a été constitué et a débuté la
mise en commun des idées sur la forme, le contenu du travail du forum.
L’expérience acquise progressivement à partir du premier
atelier a poussé NCA et APFO d’organiser deux autres ateliers à
Kinshasa avec GADERES et Kisangani avec AMCP et CONGO EN IMAGES. Ces 3 ateliers
ont abouti à l’élaboration d’une Déclaration
dénommée DECLARATION DE KISANGANI sur les principes d’organiser
un atelier national qui débouchera à la mise sur pieds d’un
Réseau National contre la prolifération des ALPC appelé
RENAAL dont LAV fait partie des initiateurs aux côtés de GADERES,
IPC, CONGO EN IMAGES, AMCP, OVAD…
Les efforts ne s’étaient pas arrêtés à ce niveau,
il fallait sensibiliser d’autres acteurs dont la vision allait dans le
même sens que la nôtre pour fusionner les idées et avoir
un seul cadre. Des contacts ont été pris avec Mr Charles Nasibu,
GRIP, pour nous retrouver aujourd’hui ensemble. Nous espérons que
l’atelier va effectivement atteindre ses objectifs en mettant sur pieds
le réseau national qui ne sera pas une ONG mais plutôt un cadre
d’échanges des associations impliquées effectivement dans
la lutte contre les ALPC illicites en RD Congo.
Pour la Province,
SAFADRI BAGULA J.B.
Coordinateur de LAV
Modérateur de FOPPAL
NORD-KIVU
LA PROBLEMATIQUE DE LA CIRCULATION DE LA PROLIFERATION ILLICITE DES ARMES LEGERES
ET PETIT CALIBRE DANS LA PROVINCE DU NORD-KIVU
I. INTRODUCTION
Depuis 1993, la province du Nord-Kivu a été plongée
dans une crise socio-économique et politique alarmante caractérisée
par des conflits armés interethniques suivis des conséquences
néfastes et fâcheuses occasionnées par ces derniers. Les
hostilités interethniques ont été observées dans
les différents territoires du Nord-Kivu particulièrement dans
les territoires de Masisi, de Rutshuru et de Walikale entre 1993 et 1996. Cette
situation conflictuelle avait fait que les groupes ethniques soient armés
dans l’objectif de défendre leurs communautés ethniques
respectives. A cela il faut ajouter même que certaines personnes civiles
s’étaient procurées des armes légères ou des
petits calibres pour leur sécurité personnelle et/ou de leurs
familles. Cette première étape a été aussi accentuée
ou renforcée par l’afflux massif des réfugiés rwandais
y compris les miliciens Interahamwe et les ex-FAR qui sont entrés dans
la province avec leurs armes et munitions. Aujourd’hui, certains de ces
milices errent encore dans les forêts et montagnes des territoires de
la province du Nord-Kivu où ils vivent avec leurs armes.
Après cette période ce fut la guerre de l’AFDL d’octobre
1996 à mai 1997 qui avait aussi renforcé la circulation et la
prolifération non seulement des armes lourdes de guerre mais aussi les
armes légères et les petits calibres. La guerre du RCD quant à
elle, d’août 1998 à nos jours était venue maximisée
cette opération surtout avec le phénomène « Local
Defense » ou « Unités d’Auto-Défense Populaire
». En effet avec l’avènement du RCD ; comme dans les autres
provinces occupées jadis par ce dernier, dans la province du Nord-Kivu,
on avait assisté à un recrutement des éléments dits
« Local Defense » sous prétexte que l’objectif serait
de protéger et de défendre les populations à la base. Ces
derniers subissent une courte formation militaire avant que les armes ne leur
soient remis par l’autorité provinciale.
La situation avait été plus complexe et grave lorsque le Gouverneur
de la province du Nord-Kivu, Monsieur Eugène SERUFULI NGAYABASEKA avait
initié les fameux « UAD » dont les unités d’autodéfense
populaire où plus de 20000 hommes majoritairement rwandophones hutus
avaient été formés et armés principalement dans
la ville de Goma et les territoires de Masisi, Nyiragongo et Rutshuru. Ces derniers
opéraient sous le commandement exclusif dudit Gouverneur et l’Etat-major
de l’ex-ANC n’avait aucun contrôle sur eux. Avec l’unification
de l’armée, certains d’entre eux avaient été
injectés dans l’armée par le biais de l’ex-ANC, d’autres
dans la police tandis que d’autres avaient décidé de réintégrer
la vie civile. Mais la question reste de savoir où seraient parties les
armes qu’ils utilisaient surtout qu’elles n’étaient
pas enregistrées par le commandement / Etat-major de l’ex-ANC.
Actuellement donc, dans la province du Nord-Kivu, non seulement des groupes
armés incontrôlés et ne faisant pas partie de l’armée
régulière dont les FARDC continuent à détenir illégalement
des armes mais aussi des armes légères et petits calibres restent
encore dans les mains des populations civiles sans aucune autorisation de port
d’armes.
Cela développe ainsi une culture de violence d’intolérance
et de haine interethnique, différentes communautés se pointent
des doigts et aucune n’a plus confiance à l’autre. certaines
pour vouloir revendiquer certains « droits » et peut-être
« se sécuriser » malheureusement au détriment de ceux
des autres, préfèrent porter des armes et être ainsi au-dessus
de la mêlée, au su et au vu des autorités politico-administratives,
militaires tant territoriales, urbaines que provinciales.
II. ETAT DES LIEUX ACTUEL SUR LES ALPC
Sans peur d’être contredit, il faut souligner que
la circulation et la prolifération illicite des armes légères
et des petits calibres dans la province du Nord-Kivu atteignent aujourd’hui
une vitesse de croisière. Les informations recueillies allègent
l’existence non seulement de plusieurs caches d’armes mais aussi
de plusieurs détenteurs illégaux d’armes lourdes, légères
et petit calibre dans le chef des populations civiles. Cette situation s’observe
bien sur toute l’étendue de la province du Nord-Kivu en partant
de la ville de Goma jusqu’aux territoires de Masisi, Nyiragongo, Rutshuru,
Walikale, Beni et Lubero. Il faut signaler que le territoire de Masisi se place
à la première position. Cela s’explique du fait de l’existence
de plusieurs groupes armés et résistances ethniques notamment
les Maï-Maï, les combattants Hutu dits « Mongols », les
UAD auxquels il faut ajouter les miliciens rwandais hutu Interahamwe et ex-FAR.
Particulièrement dans ce territoire, à part les caches d’armes
ainsi que les détenteurs illégaux d’armes identifiés
au début de cette année, alors que réellement aucun effort
n’a été fait pour démanteler ces caches d’armes
et ravir celles détenues illégalement par des populations civiles
; aujourd’hui une opération de distribution illicite d’armes
à feu aux populations civiles et fort malheureusement à une partie
de la population dont la communauté rwandophone hutu a débuté
au début du mois de septembre dernier.
Les territoires de Beni et Lubero semblent présenter un cas particulier.
En dehors des guerres de libération ou d’occupation qu’a
connu la RD Congo, ces territoires ont été l’objet de convoitise
de plus d’un agresseur. Ceci s’explique par ses atouts financiers,
matériels et économiques prometteurs. C’est également
la raison d’être de plusieurs groupes armés : les forces
négatives incontrôlées comme les Interahamwe, les May-May,
les NALU et autres milices d’autodéfense populaire ; les forces
avec commandement telles celles des ex-mouvements rebelles intégrées
ou non dans les FARDC dont l’APC du RCD-KML, l’ANC du RCD avec aussi
la Local Defense, les forces du RCD-National, du FLC… mais les troupes
étrangères du Rwanda et Uganda. Et ici, l’approvisionnement
et la circulation des ALPC sont possible par achat contre de l’argent
pour ces troupes toutes confondues, par affrontement entre groupes armés,
par complicité avec certains cadres politico-militaro-administratifs
pour des intérêts personnels ou alors des particuliers (commerçants
pour protéger leur patrimoine), par pillages des ressources naturelles
pour achat, par le retard de réintégration des groupes armés,
mais aussi par le fait que ce coin semble isolé et ignoré par
les autorités compétentes du pays.
Ainsi, devant cette situation très complexe, plusieurs observateurs se
posent la question de savoir « quel serait par exemple l’objectif
de cette distribution illicite d’armes à une communauté
ethnique dans le territoire de Masisi déchiré par des conflits
interethniques depuis 1992 ». Des rapports sur cette question existent
quand bien même ils exigent plus d’approfondissement. La question
donc de la circulation et de la prolifération des armes légères
et de petit calibre dans la province du Nord-Kivu déchirée par
des conflits armés dont des affrontements interethniques, des guerres
de libération, de correction et de rectification est une réalité
et devrait donc interpeller la communauté tant nationale et internationale.
III. CONSEQUENCES DE LA CIRCULATION ET DE LA PROLIFERATION DES ALPC AU NORD-KIVU
Les conséquences de la circulation et de la prolifération
illicite des ALPC dans la province du Nord-Kivu restent critiques, fâcheuses
et néfastes sur tous les plans. Nous allons essayer sans aller dans les
détails énumérer quelques conséquences en rapport
avec les questions administratives et politiques, économiques, sécuritaire
et des droits de l’homme et socio-culturelles et humanitaires.
III.1. Sur le plan administratif et politique
Suite à la circulation et la prolifération illicites des ALPC,
favorisant ainsi le port et la détention illégaux d’armes
par des populations civiles, on remarque surtout dans les milieux ruraux :
- La désobéissance civile des porteurs et détenteurs d’armes
en particulier et de certaines communautés en général face
à l’autorité administrative, coutumière et locale
légalement établie ;
- L’érection ou la création des pouvoirs parallèles,
certaines communautés n’obéissant ou n’ayant des comptes
à rendre qu’à leurs leaders ;
- Le positionnement politique de certaines communautés, se considérant
plus fortes que les autres car disposant des armes et qu’avec ces dernières
elles peuvent tout faire à leurs intérêts au détriment
de ceux des autres communautés ;
- La domination des communautés non armées par celles armées
;
- La prise en otage de certaines populations par les leaders de leurs communautés
respectives.
III.2. Sur le plan économique
Parmi les conséquences de la circulation et la prolifération des
ALPC sur le plan économique, on peut retenir :
- L’exploitation illégale des ressources et richesses nationales
par des groupes d’individus ;
- Le pillage systématique des biens des paisibles citoyens ;
- La destruction et l’abandon de certaines unités de production
tels que les marchés, les fermes / pâturages, les champs, plantations,
usines…
III.3. Sur le plan sécuritaire et des droits de l’homme
On peut citer ici :
- L’insécurité généralisée et grandissante
;
- Plusieurs cas des vols à mains armées ;
- Des assassinats, des meurtres et tueries sporadiques observés de tout
côté ;
- Le déplacement massif des populations quittent les milieux ruraux vers
les centres urbains en quête de sécurité provoquant ainsi
l’exode rural ;
- Des viols et violences sexuelles à l’endroit des femmes, jeunes
filles et des enfants ;
- Les affrontements entre différents groupes armés et même
entre individus armés ;
- L’inaccessibilité de certains villages ou coins mis en quarantaine
suite à l’insécurité.
III.4. Sur le plan socio-culturel et humanitaire
On observe à ce propos :
- La paupérisation de la population ;
- La non-scolarisation et la déscolarisation des enfants ;
- La destruction des infrastructures sociales et culturelles (écoles,
dispensaires, centre de santé, églises…) ;
- La dégradation des relations sociales et culturelles entre différentes
communautés ;
- La pérennisation des conflits entre les différentes communautés
;
- L’entrave à la cohabitation et la coexistence pacifiques ;
- La méfiance, le rejet et le non-respect mutuel entre communautés
;
- L’assistance humanitaire parfois suspendue dans certaines zones de suite
à l’inaccessibilité due à l’insécurité
;
- L’handicap à des actions de développement et d’auto-promotion
dans certaines zones déclarées « foyers de tension ».
IV. ACTIONS MENEES ET A MENER
IV.1. Actions menées
Des conséquences ci-haut citées dues à la circulation et
à la prolifération des ALPC dans la province du Nord-Kivu ; la
société civile n’a pas croisé les bras. C’est
ainsi que certaines organisations n’ont cessé de mener des actions
visant à lutter contre ce fléau.
Parmi ces actions, on retrouve :
- Des descentes sur terrains en vue de mener des enquêtes et investigations
pour vérifier les informations et allégations sur la circulation
et la prolifération des ALPC ;
- Dénonciation de cette pratique à travers la publication des
rapports sur les ALPC ;
- Lobbying et plaidoyer auprès des autorités politico-administratives
et militaires en vue de mettre fin à ce fléau ;
- Plusieurs actions de pacification et de réconciliation entre les différentes
communautés en conflits suite à la distribution illégale
des ALPC ;
- Identification des groupes armés et leurs arméments ;
- Détection des maisons avec cache d’armes ;
- Processus de démobilisation en collaboration avec la MONUC pour récolter
les ALPC et les détruire ;
- Recenser et démobiliser les anciens militaires et May-May pour leur
procurer des activités avec le concours de certains ONGs de la société
civile ;
- L’assistance et l’accompagnement à tous les niveaux des
victimes des ALPC
- Etc.
Ici, il faut saluer le courage et le dévouement des certaines organisations
de la société civile impliquées dans la réalisation
de l’une pu l’autre activité, notamment ASODP, AJERH, ASPD,
CPDH-PHRC, CREDDHO, ETN, GMLK, RODHECIP dans l’axe Goma – Masisi
– Nyiragongo – Rutshuru – Walikale et APADDHO et FJDF dans
l’axe Beni – Lubero – Butembo ; pour ne citer que celles-là.
IV.2. Actions à mener
Face à la description ci-dessus et en dehors des actions déjà
menées, il s’avère donc opportun que des actions de grande
envergure soient menées en synergie en vue de prévenir la pérennisation
de conséquences ci-haut citées en luttant contre la circulation
et la prolifération illicite d’armes légères et petit
calibre dans la province du Nord-Kivu en particulier en RD Congo et dans la
sous-région africaine des grands lacs en général. C’est
ainsi que parmi les activités à mener ou à entreprendre
on peut citer :
- Organiser des descentes sur les terrains en vue de mener des enquêtes
et investigations sur les différentes allégations concernant la
circulation, la prolifération et la détention illicites et illégales
des ALPC ;
- Sensibiliser une formation sur les conséquences et les méfaits
de la circulation et prolifération illicite des ALPC en vue d’empêcher
et de lutter contre le transfert illicite de ces derniers ;
- Mener des actions de lobbying et de plaidoyer contre la circulation et la
prolifération illicite des ALPC ;
- Mener des actions de recherche et d’échanges d’informations
sur la cohabitation pacifique, la réconciliation ainsi que la construction
et le maintien de la paix ;
- Mener des actions de lobbying sur le non-recrutement des enfants dans l’armée
et la non-utilisation de ces derniers dans les conflits armés et plaider
ainsi pour l’obtention de la démobilisation de ceux déjà
utilisés ou recrutés dans l’armée ;
- Mener des actions de plaidoyer afin que toute personne impliquée dans
la circulation et la prolifération illicites des ALPC soit punie conformément
à la loi ;
- Initier des actions d’auto-promotion et d’auto-prise en charge
en vue de contribuer à la lutte contre la pauvreté.
V. CONCLUSION
La circulation incontrôlée et la prolifération
des armes légères et de petit calibre dans la région africaine
des Grands Lacs en général et en République Démocratique
du Congo ; particulièrement dans la partie Est reste un frein non seulement
au développement socio-économique du pays mais aussi à
l’aboutissement heureux du processus démocratique et transitionnel
en cours.
Pendant que la population congolaise toute entière se prépare
aux échéances électorales l’année prochaine,
où cette dernière devra se choisir des dirigeants responsables,
honnêtes et compétents ; cela à l’issue des élections
libres démocratiques transparentes et pluralistes ; certaines personnes
continuent à penser que pour revendiquer un droit il faut nécessairement
faire recours à la forme et donc aux armes. Cela est ainsi à la
base de l’importation des armes à feu et à la distribution
de ces dernières aux pauvres paysans sous une manipulation politicienne
; favorisant ainsi la circulation incontrôlée et exagérée,
la prolifération des armes légères et de petit calibre
mais aussi des armes lourdes dans la région.
Les conséquences de cette pratique pesant lourd sur les pauvres populations
civiles innocentes ne connaissant ni les tenants ni les aboutissants de cette
pratique ; des actions musclées méritent donc d’être
menées en vue de décourager ce fléau. Pour y arriver, les
efforts des uns et des autres, c’est-à-dire de tous les acteurs
devraient être mis ensemble en vue d’éviter les actions dispersées
susceptibles à toute fragilité. Bref, le travail en synergie ou
en réseau est donc à encourager.
Les délégués du Nord-Kivu,
1. Nestor BAUMA BAHETE, CPDH-PHRC/GOMA
2. Magellan LUANDA MUNGABO, ASODP/GOMA
3. Me Feller LUTAITSHIRWA, ETN/GOMA
4. Me Cathy KATUNGU FURAHA, FJDJ/BUTEMBO
5. Florent KAMBASU KASULA, APADDHO/BUTEMBO
ACTIONS DE LUTTE CONTRE LES ALPC AU BAS-CONGO
Le Bas-Congo partage ses frontières avec les pays voisins
dont l’Angola et le Congo-Brazaville. Cette province vit des situations
purement différentes des autres car la guerre comme telle est apparemment
rare.
Le port d’armes légères est depuis longtemps
réglementé par la loi et suivi par les autorités locales
mais cela ne nous empêchera pas de dire qu’il y a manque de respect
de la part de la population vis-à-vis de la loi. Et cela fait que jusqu’à
présent certains cas de tuerie dus à l’insécurité
puissent y être signalés.
Les militaires, il faut le dire, ne se promènent plus avec les armes
comme par le passé. Mais comme signalé ci-haut, il existe une
insécurité généralisée. C’est ce qui
fait d’ailleurs que, dans la nouvelle politique du conseil provincial
de sécurité, le Gouverneur de province ait décrété
l’opération « Beta zola ndembama na Buala » qui veut
simplement dire : « Nous voulons la paix », qui consiste à
sécuriser la nationale n° 01 (route Matadi – Kinshasa) d’une
part et l’entièreté de la province de l’autre.
Ceci prouve à suffisance que les autorités ont encore grand-chose
à faire pour ainsi sécuriser la population.
Comme actions, le CEPECO est depuis très longtemps investi dans la lutte
pour l’instauration et le maintien de la paix. Mais comme actions de lutte
contre les armes, cela reste un combat majeur.
Pour ce qui est des autres structures dans le Bas-fleuve par exemple, il y a
également le conseil urbain de la jeunesse dans la ville de Boma qui
vient de mettre il y a bientôt 6 mois, un programme d’action pour
la lutte contre l’insécurité avec le concours de tous les
jeunes et de l’autorité urbaine qu’est le Maire.
Voilà tout pour l’essentiel.
Lievin M’BOYI M’BOYI
CEPECO/BOMA (Bas-Congo)
Président du conseil urbain de la jeunesse, Ville de Boma
ETAT DE LIEU DE LA CIRCULATION DES ARMES LEGERES ET DE PETIT CALIBRE
AU KASAI-OCCIDENTAL
Après la guerre de libération, nous avons connu une seconde guerre
d’agression nous imposée par les rebelles en connivence avec certains
pays limitrophes (Uganda, Rwanda et Burundi). Ces derniers ont conquis le Kivu,
une partie du Katanga et celle du Kasaï. Pour le Kasaï-Oriental, Lusambo,
Lodja, Tshofa, Lubefu, Lomela, etc. étaient sous contrôle des rebelles
qui ont tenté de conquérir Mbuji-Mayi mais ont échoué
de prendre Kabinda et Kabeya-Kamuanga. Toute cette période, nous n’avions
pas observé la prolifération des armes dans la province.
Actuellement, les ex-combattants des FAC, les policiers, communément
appelés suicidaires, à la recherche du diamant, s’introduisent
clandestinement au Polygone MIBA, terrorisent, tuent et volent les graviers
des creuseurs eux aussi clandestins sur la même concession. A Mbuji-Mayi
et dans certains districts on a connu les cas de vols et viols des femmes perpétrés
par les hommes en uniforme. Suite à l’opération KIMIA décrétée
par l’autorité militaire plus ou moins 100 armes cachées
en brousse au Polygone Minier ont été récupérées.
Il est à noter que le banditisme continue à s’opérer
dans certains quartiers avec les hommes en uniforme armés qui dérangent
les paisibles citoyens. Le crépitement d’armes est observé
ça et là sur la ville.
Eu égard à ce qui précède, il y a lieu de conclure
qu’il y a prolifération d’armes au Kasaï-Oriental.
Comme activités menées, nos organisations telles que le C.D.D.H.,
ANMDH et GADERES dénoncent ces méfaits, informent les Autorités
des cas qui surviennent sur la ville et sensibilisent les communautés
à dénoncer aussi le désordre et à se solidariser
en vue de les arrêter lorsqu’ils agressent un voisin ou envahissent
un quartier, ceci dans le cadre de la lutte contre la prolifération des
armes dans la Province.
La déléguée du Kasaï-Oriental,
Emérence NDAYA KABUYA
II - Liste des membres du bureau de la coordination nationale
Coordonnateur : Flory KAYEMBE SHAMBA (Kinshasa)
Coordonnateur adjoint : Simon BOKONGO (Kisangani)
Secrétaire Administratif et financier : Charles NASIBU (Sud-Kivu)
Président Commission de contrôle : Elvis MBIYA (Bas-Congo)
Conseiller Commission de contrôle : IDA KITWA (Lubumbashi)
Conseiller Commission de contrôle : Béatrice THIABA (Kananga)
KINSHASA, 20 NOVEMBRE 2004
Atelier tenu à KINSHASA, CENTRE NGANDA, du 18 au 20 NOVEMBRE 2004 grâce au soutien de 11.11.11. (Belgique), GRIP/RAFAL (Bruxelles), Pax Christi Flandre & Pays-Bas, Norwegian Church Aid et Oxfam (Belgique)
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