L'EVOLUTION DU MAINTIEN DE LA PAIX ET DE LA CONSOLIDATION DE LA PAIX
Plus que tous les autres continents, l’Afrique est devenue le laboratoire des opérations de paix. Après plusieurs années de recherche de terrain sur le maintien de la paix et la gestion des crises en Afrique, le GRIP a mis sur pied un réseau de chercheurs européens (représentant plus de 15 institutions dans 12 pays) avec pour objectif de « contribuer à l’élaboration d’une doctrine européenne des opérations de paix » qui viendrait compléter la doctrine stratégique européenne tout en gardant le multilatéralisme au cœur de la politique étrangère et de sécurité commune.
La réflexion et les recherches stimulées par ce réseau viseront à déterminer selon quels critères l’Union européenne devrait envisager de mener des missions de paix dans le monde, et plus particulièrement en Afrique.
Restons calmes, la situation est désespérée. Quelques idées reçues sur le conflit en RDC (X. Zeebroek)
Rien ne va plus en République démocratique du Congo. Depuis deux mois, les combats font rage au Nord-Kivu. Les rebelles sont aux portes de Goma. Le commandant en chef des Casques bleus a démissionné. Le Représentant spécial de l’ONU réclame des renforts et les Européens renâclent à intervenir militairement. Après la débâcle de l’armée congolaise et un nouvel exode massif, c’est l’heure des craintes les plus folles, des reproches les plus amers et des phrases définitives proférés par des Congolais déçus et en colère mais parfois aussi relayés par les experts et les medias les plus sérieux.
Darfour - Mission impossible pour la MINUAD ? (Michel Liégeois)
Près de deux ans après avoir pris le relais de la Mission de l’Union africaine au Soudan (MUAS), la Mission des Nations unies et de l’Union Africaine au Darfour (MINUAD) n’est parvenue à déployer que 68% des effectifs prévus et n’a pas de stratégie de sortie. L’heure n’est dès lors pas encore au bilan. En revanche, un rapport d’étape s’impose.
Quelles sont les racines de ce conflit complexe et interminable qui a coûté la vie à près de 300 000 personnes et a conduit 2.5 millions d’autres à fuir leurs villages pour s’entasser dans de gigantesques camps ? Pourquoi les Casques bleus se montrent-ils incapables de rétablir la sécurité au Darfour ? Que recouvre au juste le terme « hybride » utilisé pour qualifier l’opération décidée conjointement par l’Union africaine et l’ONU ? Quelles sont les conséquences de l’inculpation du président soudanais el-Béshir par la Cour pénale internationale ? Combien de temps les États contributeurs de troupes accepteront-ils de maintenir le déploiement de près de 20 000 soldats dans la fournaise du désert darfourien ? Les bailleurs de fonds pourvoiront-ils longtemps au milliard et demi de dollars que nécessite annuellement la MINUAD ? Enfin, quelles sont les perspectives de succès d’une mission de maintien de la paix là où il n’y a pas de paix à maintenir ?
Pour répondre à ces questions essentielles, l’auteur s’est rendu au Soudan, au siège de l’ONU (New York) ainsi qu’au siège de l’Union africaine (Addis-Abeba) pour y interroger les acteurs clés de cette opération exceptionnelle à bien des égards.