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Contrôle du transit et transbordement. Focus sur trois pays européens

Le 23 novembre dernier, les autorités portuaires de Hong Kong saisissaient neuf véhicules blindés Terrex appartenant à Singapour lors de l’escale d’un porte-conteneur dans le port chinois. Les véhicules n’avaient pas fait l’objet d’une licence de transit et leur saisie allait déclencher une crise diplomatique entre Singapour et la Chine. Cet incident nous permet de comprendre les enjeux des contrôles du transit et transbordement d’équipements de défense. Ces contrôles sont souvent le parent pauvre des publications sur les contrôles à l’exportation. Dans cette analyse, nous examinerons sous cet angle trois pays européens, la France, l’Allemagne et les Pays-Bas, afin de dégager quelques différences dans les législations et les pratiques de ces trois états voisins de la Belgique.

Crédit photo : Cochin International Contrainer Transhipment Terminal (Commons Wikimedia)

Donald Trump élu président: nouveau symptôme d’une régression des valeurs libérales en Occident?

La récente élection de Donald Trump et le Brexit ont pris en défaut les prédictions majoritaires, basées sur une vision très répandue selon laquelle les occasionnelles victoires électorales de mouvements xénophobes et d’extrême-droite dans certains pays occidentaux ne sont que de simples nids-de-poule sur le chemin menant à un monde libéral et cosmopolite. Toutefois, le verdict populaire dans deux des démocraties les plus avancées au monde, ainsi que les succès engrangés par des démagogues racistes dans plusieurs pays européens, suggèrent une inquiétante montée en puissance d’idéologies populistes reposant sur le racisme et l’anti-mondialisation, l’autoritarisme politique, et le conservatisme social. Et une dérive tout aussi inquiétante vers la « démocratie illibérale », c’est-à-dire un régime dans lequel des dirigeants démocratiquement élus font adopter des législations qui restreignent ou suppriment des libertés publiques, la liberté de la presse ou encore l’indépendance des cours.

Cartoon: (c) David Parkins

 

L’ONU et la lutte contre le commerce illicite des armes légères en 2016

En juin 2016, les États parties au Programme d’action sur les armes légères (PoA) se sont réunis une nouvelle fois afin d’évaluer les progrès accomplis en matière de prévention et d’élimination du commerce illicite des armes légères. Il s’agit de la 10e réunion depuis l’adoption du Programme en 2001, il y a quinze ans. Après l’entrée en vigueur du Traité sur le commerce des armes en décembre 2014 et l’adoption en septembre 2015 du Programme de développement durable à l’horizon 2030, 2016 aura été une année de transition et de petites avancées pour le processus des Nations unies sur les armes légères. Sans oublier, à l’horizon 2018, la troisième Conférence d’examen de ce même Programme d’action.

Burkina Faso: où en est la réforme de l’armée deux ans après l’insurrection populaire?

La présente réflexion analyse les enjeux de la réforme de l’armée au Burkina Faso, deux ans après la fin du régime de Blaise Compaoré. Cette réforme s’inscrit dans le processus de changement impulsé par l’insurrection d’octobre 2014. La stabilité du nouveau pouvoir dirigé par le président Roch Kaboré et la résilience du pays à la menace terroriste constituent les principaux enjeux. De par sa portée, et malgré les changements qu’elle a suscités, la réforme n’induit pas encore un changement de paradigme sur la politique de défense.

Crédit photo : Forces armées nationales (FAN) du Burkina Faso (source : aouaga.com/photographe A.O)

Monitoring de la stabilité régionale dans le bassin sahélien et en Afrique de l’Ouest – octobre à décembre 2016

Ce monitoring trimestriel, publié par le GRIP depuis 2011, est réalisé dans le cadre d’un projet intitulé "Contribution à l’amélioration de la sécurité humaine, à la prévention des conflits et au renforcement de l’état de droit en Afrique sub-saharienne", financé par le ministère des Affaires étrangères du Grand-Duché du Luxembourg. Il a pour but de suivre la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest avec un accent plus particulier sur le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger et le Sénégal. Il se penche sur les questions de sécurité interne au sens large, les tensions régionales, la criminalité et les trafics transfrontaliers. 

Crédit photo : Manko Wattu Senegal (Grande marche d'opposition) Seneweb.com

Corée du Sud: l’émergence d’un nouvel exportateur majeur d’armements

La Corée du Sud a connu un développement économique, industriel et technologique incomparable sur les 60 dernières années. De pays parmi les plus pauvres de la planète au lendemain de la guerre de Corée, il est passé au rang de 11e puissance mondiale en terme de PIB, devant l’Australie et la Russie. Ce pays a également développé une base industrielle et technologique de défense (BITD) impressionnante, passant d’une dépendance totale vis-à-vis des importations de défense américaines à des exportations d’armement qui ont atteint 3,49 milliards USD en 2015. Dans cette Note d’Analyse, nous examinerons les politiques industrielles et le contexte sécuritaire qui ont permis cette croissance. Nous analyserons ensuite le projet KF-X (avion de combat de 4e génération) actuellement en cours de développement conjoint par la Corée du Sud et l’Indonésie. Ce projet ambitieux représente un test majeur pour l’industrie de défense sud-coréenne en termes d’acquisition et de transfert de technologies et de capacités d’assemblage...

Crédit photo: Forces armées de la République de Corée. Digitalmode.net

Voir la vidéo "L'industrie de défense sud-coréenne: 3 questions à Denis Jacqmin"

La criminalité environnementale en Afrique de l’Ouest: pratiques et enjeux 

Si le thème de la «criminalité environnementale» est désormais au cœur de l’agenda politique international, qu’en est-il spécifiquement en Afrique de l’Ouest, zone-carrefour du trafic d’espèces sauvages? Quelle est la réalité régionale de ce phénomène? Précisément, l’objectif de cette note est d’esquisser une cartographie des pratiques et enjeux associés à la criminalité environnementale dans cette région du monde. Après un état des lieux des principaux trafics traversant l’espace ouest-africain, cette analyse aborde plus en détail les enjeux associés à la criminalité forestière et la pêche illicite, ainsi que, en filigrane, leurs impacts en termes de paix et de sécurité régionales. Enfin, ce papier présente un examen synthétique des divers mécanismes politico-juridiques élaborés aux fins de la lutte contre les crimes et les abus à environnementaux.

L’Assemblée générale de l’ONU ouvre la porte à un traité d’interdiction des armes nucléaires

Pour la première fois depuis deux décennies, la communauté internationale s’est retrouvée à la Première commission de l’ONU pour adopter ou rejeter une proposition concrète de résolution destinée à faire avancer les négociations multilatérales sur le désarmement nucléaire. Une large majorité d’État – issue du mouvement de l’initiative humanitaire – soutenue par la société civile a ainsi proposé qu’en 2017, un instrument juridique pour interdire les armes nucléaires soit négocié et ce, malgré une forte opposition des puissances nucléaires. C’est ainsi une véritable bataille argumentaire sur les objectifs et les conséquences de cette résolution instituant ce futur traité qui a été réalisée, par les différentes parties, durant cette 71e Assemblée générale de l’ONU.

(Crédit photo: icanfrance.org - vote OEWG)

 

Au cœur du système Lockheed Martin – Contribution au débat sur le remplacement des F-16 en Belgique

De quel système politique, économique et militaire émane le F-35 Joint Strike Fighter de Lockheed Martin ? Les forces armées belges ont lancé en juin 2014 une procédure destinée à remplacer les F-16. Le F-35 est l’un des cinq appareils qui fait l’objet d’une évaluation de la part de la composante aérienne à cette fin. Nombreux sont par ailleurs ceux qui pensent que l’avion a les faveurs des pilotes belges. Dans cette note, nous cherchons à contextualiser le débat belge qui entoure ce remplacement en explorant d’une manière critique les rouages sociaux sous-jacents à ce projet technique.

Crédit photo: www.mil.be

Corée du Nord : le scénario du pire?

La Corée du Nord interpelle. Depuis l’arrivée au pouvoir de Kim Jong-un, les espoirs de détente ont été douchés par l’accélération des provocations de Pyongyang – tirs de missiles et essais nucléaires – aux répercussions régionales majeures. La défense anti-missile (DAMB) constitue ainsi un nouveau point de crispation entre puissances, que la menace nord-coréenne a encouragé. De ces développements inquiétants se dégagent deux questions majeures : de quelles capacités dispose la Corée du Nord, et que veut-elle ? Cette seconde partie d’analyse* restitue l’histoire des différentes crises nucléaires coréennes pour fournir au final un bilan de la situation mais aussi une perspective critique à la fois des réalisations, des ambitions et des contraintes de Pyongyang et des options à disposition de la communauté internationale...

Crédit photo : les statues de Kim Il-sung et Kim Jong-il devant le "Palais du Soleil Kumsusan" - en fait, le mausolée érigé à la gloire de la dynastie Kim (source : collection privée)  

*Première partie : Corée du Nord - Questions nucléaires et balistiques

Militaires occidentaux au Niger: présence contestée, utilité à démontrer

En raison de sa situation géostratégique, au carrefour de plusieurs foyers déstabilisateurs, le Niger connaît, depuis quelques années, une multiplication de bases militaires occidentales, principalement françaises et états-uniennes. Le pays est devenu en effet la base arrière de l’opération Barkhane, ainsi qu’une plateforme d’observation des États-Unis dans une région minée par plusieurs insurrections, la plupart à caractère djihadiste. Cependant, ces déploiements passent mal auprès de la population et de l’armée nigériennes, habituées à ne pas déléguer leurs instruments de défense à l’extérieur et attachées à la souveraineté de leur pays.

Crédit photo : Opération Barkhane (source : ECPAD)

Corée du Nord : Questions nucléaires et balistiques

La Corée du Nord interpelle. Depuis l’arrivée au pouvoir de Kim Jong-un fin 2011, les espoirs d’une nouvelle détente ont été douchés par l’accélération des provocations de Pyongyang – tirs de missiles et essais nucléaires – aux répercussions régionales majeures. La défense anti-missile constitue ainsi un nouveau point de crispation entre puissances, que la menace nord-coréenne a encouragé. De ces développements inquiétants se dégagent deux questions majeures : de quelles capacités dispose la Corée du Nord, et que veut-elle ? Nous tenterons de répondre à ces questions dans cette analyse en deux parties. Cette première partie vise à restituer les fondamentaux de la dissuasion et de la défense anti-missile... (la deuxième partie "Corée du Nord: le scénario du pire?" sera publiée prochainement)

Crédit photo : Parade militaire à Pyongyang exhibant le nouveau missile intercontinental "KN14" dont les capacités restent inconnues (Source : Arms Control Wonk)

En savoir plus sur le sujet?

Découvrez l'interview de Bruno Hellendorff sur le dernier essai nucléaire nord-coréen...

Consultez la deuxième partie de cette analyse publiée le 14 novembre 2016...

Corée du Nord : le scénario du pire?

Égypte : embargo et armes de répression interne

Le 14 août 2013, les forces de sécurité égyptiennes commencent l’évacuation d’un sit-in des partisans du président Morsi, destitué par l’armée un mois plus tôt. L’évacuation est particulièrement violente : un millier de personnes y perdront la vie. En réaction, les pays de l’Union européenne vont adopter trois mesures : un "embargo" sur les "équipements pouvant servir à la répression interne" sans pour autant en donner une définition précise ; une réévaluation des licences d’exportation d’armes en cours et un réexamen de la coopération de sécurité avec l’Égypte. Dans cette Note d’Analyse, nous essayerons de déterminer la façon dont les États membres de l’UE ont mis ces mesures en œuvre. Nous nous attarderons sur la question de la définition des "équipements pouvant servir à la répression interne" ainsi que les évolutions juridiques en cours dans ce domaine. Ensuite, nous examinerons l’évolution des exportations d’armes européennes vers l’Égypte et la situation des droits de l’homme sur place...

Crédit photo : Manifestation au Caire (source : Flickr/Violet Paradise/Licence Creative Commons)

Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) : Radioscopie et trajectoire d’un parti présidentiel

Cette note sur le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) s’inscrit dans le volet d’analyses consacré à l’étude des systèmes politiques d’Afrique centrale1. Elle complète les travaux déjà réalisés sur d’autres partis « présidentiels » de la sous-région, en l’occurrence, le Parti congolais du travail (PCT) et le Parti démocratique gabonais (PDG), avec lesquels le RDPC partage quelques similarités de parcours. La création du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le 24 mars 1985, répond à une succession de tensions institutionnelles au sommet de l’État ; elle témoigne de la recomposition de l’espace politique camerounais, consécutive à la démission2 inattendue du premier président de la république, Ahmadou Ahidjo, le 4 novembre 1982...

Monitoring de la stabilité régionale dans le bassin sahélien et en Afrique de l’Ouest : juillet à septembre 2016

Ce monitoring trimestriel, publié par le GRIP depuis 2011, est réalisé dans le cadre d’un projet intitulé "Contribution à l’amélioration de la sécurité humaine, à la prévention des conflits et au renforcement de l’état de droit en Afrique sub-saharienne", financé par le ministère des Affaires étrangères du Grand-Duché du Luxembourg. Il a pour but de suivre la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest avec un accent plus particulier sur le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger et le Sénégal. Il se penche sur les questions de sécurité interne au sens large, les tensions régionales, la criminalité et les trafics transfrontaliers. 

Crédit photo : L’enquête sur la mort de Thomas Sankara et douze de ses compagnons étant presque achevée, le procès pourrait se tenir d’ici la fin de l'année selon la justice militaire burkinabè (source : Gardens of Freedom / Twitter)

Conflit au Haut-Karabakh : vers une reprise des hostilités?

Malgré l’établissement d’un cessez-le-feu précaire en 1994, l’Arménie et l’Azerbaïdjan restent sur le pied de guerre au Haut-Karabakh. L’Azerbaïdjan a bénéficié des revenus du secteur pétrolier pour investir massivement dans les dépenses militaires et acquérir des armements capables de renverser le rapport de forces. De son côté, l’Arménie tente de contrebalancer son manque de liquidités en accroissant sa coopération, sinon son ralliement, avec la Russie. Celle-ci voit elle-même cette coopération comme un moyen d’empêcher l’allié de l’Azerbaïdjan, la Turquie, de pénétrer trop loin dans le Caucase. Toutefois, la Russie semble avoir tacitement autorisé une reprise des hostilités du côté de Bakou en lui vendant des S-300 PMU2...

Crédit photo : Musée des soldats morts au combat de la République du Haut-Karabakh, Stepanakert
(Source : Adam Jones / LCC)

Golfe de Guinée : enjeux et défis d’une architecture africaine de sûreté et sécurité maritimes

L’insécurité maritime, en essor depuis le tournant des années 1990, demeure l’une des menaces majeures à la sécurité et à la stabilité économique des États riverains du golfe de Guinée ; tant pour ceux situés sur le littoral, que ceux enclavés dans l’arrière-pays, qui dépendent également du commerce maritime pour leurs importations et leurs exportations. Ce défi sécuritaire dans le golfe de Guinée, prend la forme d’attaques – en moyenne une par semaine –, contre les navires transportant les produits pétroliers ou contre les installations d’extraction d’hydrocarbures situés en off-shore. Ce sont aussi des prises d’otages, des vols à mains armée et des détournements de cargaisons de pétrole brut. Depuis dix ans, près de 600 attaques, en haute mer ou dans les eaux territoriales des États riverains, ont été enregistrées. Si le nombre d’incidents déclarés semble stagner, les attaques sont devenues plus violentes avec le recours par les assaillants aux armes de guerre et à une logistique conséquente pour acheminer les cargaisons d’hydrocarbures dérobées...

Enjeux électoraux au Gabon : quelques hypothèses sur l’élection présidentielle d’août 2016

L’élection présidentielle gabonaise du 27 août 2016, pourrait marquer un tournant dans l’histoire politique du pays ; c’est en effet la première échéance électorale présidentielle « normale » de l’ère post-Omar Bongo Ondimba, puisque celle de 2009 a été anticipée à la suite du décès du doyen gabonais. Par rapport au scrutin de 2009, cette élection revêt par ailleurs plusieurs caractéristiques singulières, dont il faut tenir compte dans l’appréciation de ce que pourrait être l’avenir politique du Gabon. Tout d’abord l’ampleur de la mobilisation des acteurs des deux camps, majorité présidentielle et opposition, contrairement à l’élection de 2009 dont l’effet de surprise avait réduit les capacités d’action de plusieurs acteurs politiques. À titre d’illustration, aucun candidat de l’opposition n’avait pu déployer des représentants dans l’ensemble des bureaux de vote. Tout comme plusieurs d’entre eux n’avaient pu parcourir la moitié des localités importantes du pays, en raison de l’insuffisance de ressources, tant matérielles qu’humaines. De même, les candidats n’avaient pas eu le temps de mettre en place une stratégie de contestation des résultats des urnes en cas d’irrégularité, stratégie qui aurait pu contraindre le vainqueur à partager le pouvoir...

Les défis de la société civile au Tchad

Entre l’automne 2014 et le printemps 2016, le Tchad a connu des manifestations populaires, avec une mobilisation d’une ampleur sans précédent. Motivée par les difficultés économiques, la contestation est progressivement devenue plus politique, notamment à travers l’action des plateformes d’associations citoyennes « Trop, c’est trop », « Iyina » et « Ça suffit ». Ces organisations de la société civile tchadienne, qui revendiquent le départ d’Idriss Déby ont connu une montée en puissance indéniable au cours de cette période. Cependant, dans un contexte de contraction des libertés publiques, particulièrement depuis les élections présidentielles d’avril 2016, ces organisations semblent encore fragiles, et la mobilisation populaire s’est quelque peu affaiblie. À la veille de l’investiture de Déby le 8 août 2016, l’hypothèse d’un véritable éveil de la société civile tchadienne reste encore à évaluer.

Crédit photo : site du blogueur Makaila

Les 100 jours de Faustin-Archange Touadéra : défis de la RCA post-conflit

L’élection, en février 2016, de l’ancien Premier ministre Faustin-Archange Touadéra à la présidence de la Centrafrique, a marqué formellement la fin de la transition et le début de la phase de reconstruction du pays, après trois années de crise. Bien que la cause immédiate de la crise centrafricaine reste le coup de force perpétré en mars 2013, par la coalition des rebelles de la Séléka, contre le président François Bozizé, les facteurs explicatifs des cycles de crises en Centrafrique sont à situer dans l’héritage historique des coups de force et dans la fragilité structurelle de l’État centrafricain...

Monitoring de la stabilité régionale dans le bassin sahélien et en Afrique de l’Ouest : avril à juin 2016

Ce monitoring trimestriel, publié par le GRIP depuis 2011, est réalisé dans le cadre d’un projet intitulé "Contribution à l’amélioration de la sécurité humaine, à la prévention des conflits et au renforcement de l’état de droit en Afrique sub-saharienne", financé par le ministère des Affaires étrangères du Grand-Duché du Luxembourg.

Il a pour but de suivre la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest avec un accent plus particulier sur le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger et le Sénégal. Il se penche sur les questions de sécurité interne au sens large, les tensions régionales, la criminalité et les trafics transfrontaliers. 

Crédit photo : l'ex-ministre sénégalais de l’Écologie a dénoncé l'ampleur du trafic illégal du bois de vène en Casamance 

 

Quand la France ne fait plus rêver : l’exemple du Niger

Ce document est la Note d’actualité n°38 (juin 2016), propriété de l’Institut Thomas More (avec le soutien de la DGRIS). Reproduction par le GRIP avec l’aimable autorisation de son auteur, Antonin Tisseron.

Le Niger, pays particulièrement exposé à la menace jihadiste qui pèse sur la bande sahélo-saharienne, est généralement considéré en France comme un partenaire fiable et conscient des enjeux sécuritaires. Pris en étau entre la mouvance AQMI à l’Ouest, les conflits libyens et l’État islamique au Nord ainsi que les attaques de Boko Haram au Sud, les autorités ont entrepris d’augmenter les effectifs des forces armées tandis que plusieurs tentatives d’attentats étaient déjouées dans le pays. Vue du Niger cependant, hors des alcôves du pouvoir, la relation franco-nigérienne est marquée depuis quelques années par une nette dégradation. Et si cette dernière n’est pas inexorable, elle ne saurait être négligée. D’autant que le Niger ne fait pas exception.

Crédit photo : Wikimedia Commons/Jean Rebiffé/Niamey from the sky

RD Congo, régionalisme et équilibres géopolitiques : les enjeux du nouveau découpage territorial

Le 9 janvier 2015, le Parlement congolais adoptait la loi relative au redécoupage du pays en 26 provinces, contre 11 initialement. Bien que cette réforme figure dans la Constitution de 2006, sa mise en œuvre aura attendu près de dix ans, et intervient dans un contexte de tensions politiques, à moins d’une année de la fin du deuxième et dernier mandat constitutionnel du président Joseph Kabila. Parallèlement à la mise en œuvre du processus de découpage territorial, le Parlement congolais avait également apporté un amendement à la loi électorale, visant à subordonner la tenue des prochaines élections présidentielles – théoriquement programmées pour novembre 2016 – à l’organisation d’un recensement préalable de la population. La mesure sera retirée suite aux violentes manifestations populaires survenues entre les 19 et 23 janvier 2015, contre ce qui est alors apparu à une partie de l’opinion et à l’opposition, comme une « tentative de modification » du calendrier électoral, en vue de maintenir le président sortant au pouvoir au-delà des délais constitutionnels...

Gérer l’après Compaoré: réflexion sur "la politique ivoirienne" du nouveau pouvoir burkinabè

La chute du régime Compaoré au Burkina Faso en octobre 2014 a entrainé un changement dans la politique étrangère de ce pays. Un des enjeux pour le Burkina post-Compaoré est de maintenir son influence diplomatique régionale. La tension avec la Côte d’Ivoire, consécutive au mandat d’arrêt contre Guillaume Soro, constitue à cet égard un test pour le nouveau président Roch Kaboré. Face à des craintes de déstabilisation de la part du pouvoir ivoirien, le président Kaboré doit concilier la quête de justice des Burkinabè avec les impératifs de la paix avec son voisin, décidé à reprendre sa position de puissance régionale. Malgré l’option officielle pour un règlement à l’amiable du contentieux, il est à craindre que les luttes de pouvoir internes dans les deux pays ébranlent à terme la stabilité de l’axe Abidjan-Ouagadougou.

(Crédit photo: commons.wikimedia.org - Président Roch Marc Christian Kaboré)

Démantèlement des armes et bâtiments nucléaires : terrifiant héritage pour les générations futures

Dans le cadre des accords de désarmement, ou en raison de leur obsolescence, un grand nombre d’armes nucléaires et bâtiments nucléaires – en particulier des sous-marins à propulsion nucléaire – doivent être démantelés. Tous les pays font face au même défi : les contraintes sécuritaires et environnementales de l’entreposage pour une très longue période de matières fissiles et de matériaux radioactifs en grandes quantités. La filière économique nouvelle que pourraient générer ces activités, à Brest par exemple, ne peut faire oublier la charge terrifiante que quelques décennies de "croyance" dans la dissuasion nucléaire font peser sur les générations futures...

Crédit photo : Le SNLE "Le Terrible" lors de sa sortie du hall de construction (DCNS)

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