Publications

La Chine en Afrique de l'Ouest : un modèle de partenariat durable ?

Les succès de la Chine en Afrique ont attiré une attention considérable envers le « modèle de partenariat » proposé par Pékin à ses partenaires. Pourtant, ces succès ont aussi entrainé dans leur sillage de nouvelles difficultés, parfois paradoxales. Trois défis majeurs, qui posent la question de la durabilité de la présence et de l’influence chinoise sur le continent, peuvent être aujourd’hui schématiquement isolés. D’abord, la fragmentation des partenariats. Ensuite, la hausse des attentes des partenaires africains. Enfin, la difficile implication de la Chine dans le maintien de la paix en Afrique. Ces enjeux et défis pointent vers une même problématique : en quoi le modèle de coopération sino-africain peut-il constituer un levier de l’émergence africaine ? La présente note s’attaque à cette question sur base des cas et enseignements fournis par l’expérience de l’Afrique de l’Ouest dans sa relation à la Chine.      

Mali, un dialogue de sourds ? Les suites de l’Accord préliminaire de Ouagadougou

Depuis la libération du Nord-Mali du joug des groupes djihadistes, le gouvernement malien s’est engagé dans un dialogue avec les groupes armés non terroristes présents dans le septentrion. L’accord préliminaire de Ouagadougou du 18 juin 2013, qui a permis la tenue de l’élection présidentielle, n’était qu’une première étape dans le processus de sortie de crise, laquelle devant permettre la mise en place d’un dialogue inclusif post-électoral. Mais un peu plus de deux mois après l’arrivée au pouvoir du nouveau président Ibrahim Boubacar Keita, des doutes subsistent quant à la suite des négociations. Avec la détermination du statut administratif des régions du nord comme principal point de désaccord, les relations entre les parties signataires oscillent entre tensions et gestes d’apaisement, chacune campant sur ses positions sans pour autant oser rompre le dialogue.

(Crédit photo : Marco Dormino/MINUSMA)

L’initiative "matières premières" de l’Union européenne : quel impact sur les relations avec l’Afrique ?

La montée en puissance des pays dits « émergents », de plus en plus gourmands en ressources naturelles, apparaît comme un facteur de questionnement et de transformation pour les relations qu’entretiennent l’Union européenne et ses membres, avec l’Afrique. Dans ce cadre, l’Union a développé dès 2008 une stratégie de sécurisation de ses approvisionnements en ressources naturelles : l’initiative « matières premières ». Produit d’un contexte marqué par une compétition en hausse autour des ressources africaines, cette initiative en est aussi victime. Face à des partenaires africains dont les options en termes commerciaux, politiques ou de coopération au développement se multiplient, l’Union y fait le choix d’une plus grande fermeté et cohérence dans la défense de ses intérêts, mais aussi celui – imposé par la conjoncture – de plus d’ouverture vis-à-vis des choix africains. Un message ambivalent qui pourrait représenter une réelle opportunité pour ses compétiteurs « émergents », en fonction de la réponse que lui apportera l’Afrique… 

Crédit photo: travailleur à 330 mètres de profondeur dans la mine d'or d'Obuasi au Ghana (source : Jonathan Ernst/Banque mondiale)

 

Monitoring de la stabilité régionale dans le bassin sahélien et en Afrique de l’Ouest - juillet à septembre 2013

Ce monitoring trimestriel est réalisé dans le cadre d’un projet d’une durée de trois ans (2011-2013) intitulé « Amélioration de la sécurité humaine, prévention des conflits et renforcement de l’état de droit dans huit pays d’Afrique occidentale et centrale » financé par le Ministère des Affaires étrangères du Grand-Duché du Luxembourg. Il a pour but de suivre la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest avec un accent plus particulier sur le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger et le Sénégal. Il se penche plus précisément sur les questions liées aux tensions régionales, au terrorisme et aux trafics transfrontaliers, à la production et aux transferts d’armements et aux mécanismes de coopération en matière de lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée. 

Crédit photo: Mission d'observation électorale de l'Union Européenne - Guinée 2013

L’appétit mesuré d’Embraer pour la défense

Embraer figure au nombre des industriels brésiliens jouant un véritable rôle de locomotive pour l’économie du géant sud-américain. Sa performance est d’autant plus appréciable qu’elle a lieu dans des segments allant de l’aéronautique civile et militaire aux systèmes de sécurité et de surveillance du territoire impliquant des satellites, c’est-à-dire des domaines où les acteurs de l’hémisphère Nord (États-Unis, Canada, France, Royaume-Uni, Allemagne, Russie, Japon ou encore Chine et Israël) laissent en général peu de place à leurs homologues de la partie du sud du globe. Le leader mondial du marché des jets régionaux, devant le Canadien Bombardier, revient pourtant de loin puisqu’il a failli être englouti par la cure d’austérité imposée au tournant des années 1980 et 1990 aux industriels brésiliens actifs dans la défense. Le groupe a survécu à cette période au prix de lourds efforts de restructuration et d’un recentrage sur ses activités civiles s’accompagnant d’une marginalisation drastique de la part du militaire dans sa stratégie de développement. C’est donc une forme de retour vers la défense qu’a amorcé la firme de São José dos Campos au cours des années 2000 lorsqu’elle a été incitée à soutenir le renouveau des ambitions militaires de Brasilia...

Crédit photo: avion de transport militaire KC-390 (Source: site internet d'Embraer)

 

Efficacité des mesures de contrôle des armes légères et rapports nationaux : leçons du continent africain

Un contrôle efficace des armes légères dépend largement des capacités et de la volonté des États de concevoir et de mettre en oeuvre une législation, des procédures réglementaires et des politiques appropriées. Divers cadres internationaux et régionaux – dont certains sont juridiquement contraignants – établissent des plans d’action, demandent ou exigent des actions concrètes, et encouragent à des meilleures pratiques dans le domaine. Dans ce contexte, les États se sont souvent engagés à publier des rapports sur les progrès réalisés dans la mise en oeuvre de leurs engagements. Ces rapports permettent, entre autres, de déterminer l’adéquation entre les besoins et les ressources...   

Cette Note de recherche présente certaines des principales conclusions de l'étude d'état des lieux de la lutte contre la prolifération des ALPC en Afrique que le GRIP et le Small Arms Survey ont menée à la demande du Regional Centre on Small Arms (RECSA).

Le Burkina Faso : vulnérabilités et risques de turbulences

Le Burkina Faso constitue un modèle singulier de relative stabilité, de dépendance et d’influence dans sa sous-région. Son enclavement géographique et son interdépendance avec ses voisins éclairent l’ambition du Burkina Faso à jouer un rôle influent dans la diplomatie sous-régionale ainsi que l’implication croissante du pays dans la médiation des crises politiques survenues notamment en Côte d’Ivoire, en Guinée, au Togo, et au Mali. Le pays est particulièrement tributaire des échanges interrégionaux pour ses débouchés économiques. Épargné jusqu’ici par les épisodes d’instabilité qui ont accompagné le retour au multipartisme en Afrique subsaharienne, dans la décennie des années 1990, le Burkina Faso pourrait connaître une alternance chahutée à l’échéance de 2015, date de la fin du mandat légal du président Compaoré, au pouvoir depuis 1987.

Crédit photo: le Président du Burkina Faso, Blaise Compaoré et son homologue ivoirien, Alassane Ouattara, lors du sommet de l'UA en juin 2011 (Source : site officiel de la présidence du Burkina Faso)

 

La contribution africaine au maintien de la paix onusien : enjeux et dessous d’un engagement croissant

La participation des pays africains aux opérations de maintien de la paix (OMP) des Nations unies a démarré en 1960 avec le déploiement de l’ONUC au Congo. Depuis lors, plus d’une quarantaine de pays ont envoyé au moins une fois des soldats dans une OMP, faisant du continent africain le deuxième pourvoyeur humain de l’ONU.  Si cette  importante contribution aux  efforts de paix est à encourager, il faut noter qu’elle est de plus en plus intéressée et présente quelques disparités qu’il est essentiel de relever. A l’image des inégalités régionales et linguistiques observées au niveau de l’origine des contributions africaines. Ces Casques bleus africains sont prioritairement orientés vers des opérations en cours sur le continent, tandis que la contribution des contingents féminins est encore limitée quoiqu’encourageante...

Crédit photo : Casques bleus sénégalais – Mission des Nations unies en Côte d’Ivoire (source : ONU/Eskinder Debebe) 

Les enfants victimes des conflits armés dans le monde : permanence et mutation d’une préoccupation mondiale

Le sort des enfants victimes des conflits armés dans le monde reste une préoccupation permanente pour l’ensemble de la communauté internationale, selon le rapport 2012 du Secrétaire général de l’ONU sur la question. Globalement, la situation n’a pas beaucoup évolué en 2013 et des milliers d’enfants continuent de souffrir des atrocités liées aux conflits armés. Si des améliorations ont été observées dans les pays comme le Sri Lanka et le Népal, la situation reste préoccupante en Syrie et en Afghanistan. Aussi, les infrastructures sociales telles que les hôpitaux et surtout les écoles sont devenues les principales cibles des groupes armés en conflit, compromettant ainsi l’éducation et l’avenir des enfants. Les progrès enregistrés sur le plan juridique constituent cependant de réels motifs d’espoir.

Crédit photo : Pierre Holtz/UNICEF

Le Nigéria dans la géopolitique ouest-africaine : atouts et défis d’une puissance émergente

Longtemps épinglé pour son instabilité politique, ses tensions communautaires et une corruption endémique dans son secteur pétrolier, le Nigéria dispose pourtant d’atouts multiples pour s’imposer comme l’une des puissances africaines incontournables du XXIème siècle. Pays le plus peuplé d’Afrique, pôle culturel, deuxième puissance économique et troisième puissance militaire du continent, le Nigéria est à la fois un facteur de stabilité dans la sous-région ouest-africaine et un interlocuteur majeur pour les partenaires extérieurs, tant sur le plan sécuritaire que celui du développement.

Crédit photo: Lagos, Nigéria (Wikimedia Commons)

Niger : du coup d’État à l’engagement international

Le 23 mai 2013, deux attaques terroristes coordonnées ont touché la mine d’uranium d’Areva à Arlit et une caserne militaire à Agadez, au Niger. Il s’agit d’une première pour ce pays discret de la zone sahélo-saharienne, encore fragile après une rébellion touarègue en 2007-2009 et un coup d’État militaire en 2010. Le retour sur les événements qui ont marqué le Niger ces trois dernières années permet d’appréhender la situation humanitaire et sécuritaire de ce pays. Malgré un engagement résolu en faveur du développement et de la sécurité, cet État demeure vulnérable sur les plans internes et externes et requiert le soutien et la coopération de ses partenaires régionaux et internationaux.

Crédit photo : Le président nigérien Mahamadou Issoufou et le Secrétaire général des Nations unies Ban Ki-Moon (24 septembre 2011, au siège des Nations unies à New York.

Monitoring de la stabilité régionale dans le bassin sahélien et en Afrique de l’Ouest - avril à juin 2013

Ce monitoring trimestriel est réalisé dans le cadre d’un projet d’une durée de trois ans (2011-2013) intitulé « Amélioration de la sécurité humaine, prévention des conflits et renforcement de l’état de droit dans huit pays d’Afrique occidentale et centrale » financé par le ministère des Affaires étrangères du Grand-Duché du Luxembourg.

Il a pour but de suivre la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest, avec un éclairage particulier ce trimestre sur le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger et le Sénégal.  Ce monitoring se penche principalement sur les questions liées aux tensions régionales, au terrorisme et aux trafics transfrontaliers, à la production et aux transferts d’armements et aux mécanismes de coopération en matière de lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée. 

Crédit photo: Soldat malien portant le béret bleu onusien, lors de la cérémonie de transfert de l’autorité à la MINUSMA (Source : Bamako, 1 juillet 2013, Nations unies).

Détournements et trafics d’armes en Amérique latine

La violence armée reste encore aujourd’hui un véritable fléau sociétal en Amérique latine, au cœur duquel les armes à feu jouent un rôle essentiel, mortel. De nombreux États de la région souffrent d’un taux élevé de violence armée aussi haut, voire même plus, que des pays pourtant affectés par une guerre. Bien que leur abondance soit relative par rapport au nombre d’armes à feu dans le monde, ces armes circulent et se jouent des frontières au détour de multiples détournements, dont les formes les plus courantes sont le détournement à partir du marché civil des armes, des stocks militaires et policiers.

Crédit photo: Saisie record par la police fédérale mexicaine et l’agence américaine anti-drogue d’armes diverses et de 205 millions USD en liquide, appartenant à un narcotrafiquant mexicain. (Source : DEA, Mexico city, 2007)                             

Les transferts intra-communautaires des produits liés à la défense : un an de mise en œuvre de la Directive

Un an après l’entrée en vigueur des dispositions nationales transposant la Directive sur les transferts intra-communautaires, plusieurs zones d’ombres persistent quant à son potentiel à réduire la fragmentation du marché européen de l’armement. En effet, les premiers constats relatifs à sa transposition par les États membres dans leur droit interne et à sa mise en œuvre amènent à la prudence : la lenteur du processus de certification et la diversité des pratiques concernant les licences générales représentent autant de défis qui peuvent avoir un impact sur la concrétisation des objectifs de la Directive.

Dépenses et transferts militaires en Asie du Sud-Est : une modernisation qui pose question

Depuis 2000, les dépenses militaires, ainsi que les importations de matériels de haute technologie tels que des sous-marins ou des avions de combat, ont explosé en Asie du Sud-Est. La région est-elle dès lors le théâtre d’une course aux armements, alimentée par la montée en puissance chinoise et le « pivot » américain?

A la lumière des transformations intra-régionales et des contextes nationaux, ces évolutions militaires et stratégiques s’avèrent à la fois complexes et très différentes les unes des autres, dans leurs portées et leurs moteurs. Plus que la géopolitique, c’est peut-être l’histoire qui éclaire le mieux les logiques à l’œuvre dans cette dynamique, représentative de la manière par laquelle les dirigeants d’Asie du Sud-Est appréhendent et défendent leurs intérêts, autant sur la scène interne que dans l’arène des relations internationales.  

Deux ans avant la Conférence de révision du TNP 2015 : Quelles avancées ?

Entrée du Palais des Nations à Genève (Source : ICAN)

À mi-parcours entre la dernière Conférence de révision du TNP de 2010 et celle qui doit avoir lieu en 2015, le deuxième Comité préparatoire (PrepCom) à la 9ème Conférence d’examen du TNP de 2015 s’est déroulé à Genève du 22 avril au 3 mai 2013. Dans un contexte international marqué par les menaces d’attaques nucléaires de la Corée du Nord, d’impasse des négociations sur le programme nucléaire iranien et de dégradation de la situation sécuritaire au Moyen-Orient, peu de résultats étaient attendus de cette réunion. Pourtant, des événements de prime abord bénins, sont avec le recul porteurs de messages qui peuvent soit relancer la dynamique du TNP soit conduire à son obsolescence.

La réforme de la stratégie européenne de sécurité : État des lieux d’un débat sur la diplomatie et la défense européennes

Source : Silje Bergum Kinsten/Norden.org (wikimedia commons)

Le projet d’une « European Global Strategy », lancé en juillet 2012 et prenant fin en mai 2013, entre aujourd’hui dans sa dernière ligne droite. Il constitue un espace riche de débat sur la question cruciale de la mise à jour de la stratégie européenne de sécurité, qui fête ses dix ans en 2013.

Il s’agit en effet de faire face d’une part à plusieurs changements d’envergure, comme les révoltes arabes ou le redéploiement stratégique américain vers l’Asie, et d’autre part aux nombreuses critiques que l’Union européenne essuie quant à son incapacité à devenir une puissance stratégique dans le monde actuel. En ce sens, l’expression de la puissance européenne est bien à retrouver dans une imbrication complexe entre stratégies nationales et attractivité des outils diplomatiques européens.

Une version résumée de cette Note a été publiée en anglais sur le site European Global Strategy le 29 octobre 2013.

 

Traçage des armes et opérations de soutien à la paix : théorie ou pratique ?

Mission de désarmement menée par l'ONUCI à Abidjan (Source: UN Photo/Hien Mcline)

Le traçage des armes est un ensemble de méthodes utilisées pour identifier des armes et des munitions et remonter à leur origine. Le traçage joue un rôle bien établi dans les enquêtes criminelles, où il sert non seulement à établir la preuve d’un crime commis avec une arme, mais aussi à dévoiler la source de fournitures illicites à des criminels.

En revanche, le traçage d’armes en situations de conflit ou post-conflit – par exemple, par des opérations de soutien à la paix (OSP) – demeure une affaire de théorie et non de pratique. À l’heure actuelle, les seuls organismes capables de tracer des armes présentes en zones de conflit ou post-conflit, en quelque quantité que ce soit, sont les Groupes d’experts des Nations unies, en particulier dans le but de détecter et confirmer des violations d’embargos sur les armes.

------------------------------------------------------------------------------------------

Cet Issue Brief a été publié initialement en mars 2012, en version anglaise, sur le site du programme Small Arms Survey. Il a ensuite été adapté en langue française par Danièle Fayer-Stern pour le GRIP, dans le cadre de la cellule de veille 2012 GRIP-Région wallonne.

 

La FINUL et le maintien de la paix au Liban : mission délicate

Convoi de troupes de la FINUL, Sud-Liban (Source: UN Photo/Jorge Aramburu)

La Force intérimaire des Nations unies (FINUL) qui est déployée au Liban depuis 1978, fait l’objet de nombreuses critiques. Cette Note d’Analyse se propose de dresser un bref état des lieux des actions de la FINUL à l’égard de l’arsenal d’armes illicites au Liban, ainsi que d’identifier les principaux obstacles qui empêchent le plein succès de sa mission.

Sans prétendre réaliser une évaluation exhaustive des actions de la force onusienne, elle s’attache à souligner quelques points faibles de la mission, en cherchant à en déterminer les causes et propose finalement quelques pistes pour y remédier.

L’impact humanitaire des armes nucléaires: un nouveau «Forum du désarmement»?

Discours inaugural du ministre des Affaires Étrangères norvégien, lors de la conférence d’Oslo (Source: Mari Nordmo/MFA)

Les 4 et 5 mars 2013, la Norvège a accueilli les délégations de 127 États, dans le cadre d’une conférence intergouvernementale sur le thème de l’impact humanitaire des armes nucléaires. C’est la première fois que ce sujet est abordé par des États aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur d’une instance onusienne.

Malgré le boycott du P5, au motif que cette initiative ferait courir un danger au processus même du désarmement nucléaire, la réussite de cette conférence est incontestable et laisse à penser qu’un nouveau forum de discussion intergouvernemental, où la société civile est pleinement intégrée, est né.

Monitoring de la stabilité régionale dans le bassin sahélien et en Afrique de l’Ouest - janvier à mars 2013

Ce monitoring trimestriel est réalisé dans le cadre d’un projet d’une durée de trois ans (2011-2013) intitulé « Amélioration de la sécurité humaine, prévention des conflits et renforcement de l’état de droit dans huit pays d’Afrique occidentale et centrale » et financé par le Ministère des Affaires étrangères du Grand-Duché du Luxembourg. 

Il a pour but de suivre la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest, avec un éclairage particulier ce trimestre sur le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger et le Sénégal. Ce monitoring se penche principalement sur les questions liées aux tensions régionales, au terrorisme et aux trafics transfrontaliers, à la production et aux transferts d’armements et aux mécanismes de coopération en matière de lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée. 
 

EUTM Mali: une mission déployée dans l’urgence dans un contexte de conflit ouvert

Le Mali et sa région (Source: Bérangère Rouppert- Bamako, mars  2013)

La nouvelle déroute de l’armée malienne face à l’offensive des groupes islamistes en janvier 2013, à laquelle l’Opération française Serval a répondu, a fortement bousculé la mise en place de la mission européenne de formation des forces armées maliennes. Grâce au travail politique et diplomatique accompli à marche forcée au sein des institutions européennes à Bruxelles, la mission a pu être déployée dès février sur le sol malien.

Les capacités d’adaptation des formateurs d’EUTM Mali ont permis de résoudre certains obstacles logistiques, financiers et socio-culturels, cependant des défis de taille restent à venir. Cette Note d’Analyse est le résultat de deux missions complémentaires, réalisées à Bruxelles et à Bamako.

Le rôle de l'Union européenne dans l'Arctique : quelle influence face aux tensions naissantes ?

Le réchauffement climatique a certes des conséquences environnementales mais également des répercussions politiques. L’Arctique, autrefois frontière nordique de l'humanité, s’ouvre désormais  géopolitiquement. Cette ouverture provoque de la part des États intéressés un regain d'intérêt pour les opportunités économiques de la région, qui se manifeste par un accroissement des tensions politiques et juridiques.

Dans ce contexte, l'Union européenne possède plusieurs intérêts économiques importants dans cette partie du globe. Mais pour les défendre au mieux, elle se doit de chercher à résoudre les litiges légaux qui en freinent la poursuite. La présente contribution cherche donc à analyser la capacité de l'UE à peser sur la résolution des différends juridiques dans l'Arctique.

La réforme de la Défense en Bosnie-Herzégovine: entre démocratisation et blocage politique

Soldats de l'armée bosnienne. Source : Wikimedia Commons

La Bosnie-Herzégovine peine à sortir du marasme institutionnel légué par l’accord de Dayton en 1995, ses responsables politiques se montrant incapables d’engager les réformes nécessaires au pays. Pourtant, par le passé, la réforme de la Défense avait été menée avec succès par les dirigeants bosniens. Prouesse remarquable, elle avait permis d’unifier trois armées précédemment en conflit, de réduire drastiquement leurs effectifs et de rendre l’ensemble du secteur plus transparent.

Un retour sur le contexte de cette réforme permet d’explorer les conditions qui lui ont permis d’aboutir et qui seront nécessaires à la résolution des problèmes actuels. En effet, le secteur de la Défense fait face à des défis importants et reste un sujet de contentieux politique majeur. C’est le cas de la question de l’intégration à l’OTAN, de la destruction des stocks excédentaires d’armement et de la répartition des biens militaires hérités de la fédération yougoslave.

Mali : l’annonce de la mort de chefs djihadistes ne devrait pas occulter les difficultés sur le front

Soldats français de l’opération Serval, après la reprise de Tombouctou. Source : Ministère de la Défense, Médiathèque, http://www.defense.gouv.fr

La deuxième étape de l’intervention militaire de la France au Mali, après la reconquête du Nord-Mali en quatre semaines, consiste à sécuriser les territoires libérés et à traquer les groupes djihadistes. L’annonce de la mort présumée de deux chefs djihadistes importants, Abou Zeid et Mokhtar Belmokhtar, est une bonne nouvelle pour le moral des responsables politiques français au moment où la crainte est forte d’un enlisement du conflit. Mais au cours du mois de février les escarmouches meurtrières des groupes djihadistes à Gao et dans le nord-est du Mali ont montré qu’ils avaient encore une dangereuse capacité de nuisance. La France est sans doute condamnée à rester encore longtemps au Mali.

Pages