Publications

Le Congo-Brazzaville et le Rwanda dans la nouvelle géopolitique angolaise : entre hégémonie coopérative et équilibre des puissances

La politique extérieure de l’Angola à l’égard du Congo-Brazzaville et du Rwanda est symptomatique des mutations et de la recomposition des dynamiques politiques en cours dans la sous-région de l’Afrique centrale.

La gestion par l’Angola de sa situation de guerre civile, puis des crises survenues dans la région au cours des dix dernières années, a donné à l'Angola sa propre approche de résolution des conflits et forgé une tendance à cibler des partenariats qui priorisent ses propres intérêts nationaux.

Toutefois, les évolutions politiques récentes dans la sous-région – notamment la montée d’autres puissances prétendantes –, ainsi que la prise en compte du coût des cycles de conflits en Afrique centrale au cours de cette dernière décennie, semblent en partie questionner la viabilité des logiques de projection militaire, au profit d’un retour à la logique diplomatique et au multilatéralisme comme mode de renforcement de l'environnement sécuritaire régional.

Le Tchad : un hégémon aux pieds d’argile

Déjà reconnu pour sa contribution déterminante dans la lutte contre les djihadistes et groupes armés au nord du Mali, le Tchad a confirmé ses aspirations au leadership dans l’espace sahélien en s’appropriant la direction de la lutte contre les islamistes nigérians de Boko Haram, et en reléguant au second plan les géants nigérians et camerounais, pourtant nantis d’économies plus puissantes et plus diversifiées.

À l’instar d’autres puissances montantes de la sous-région, comme l’Angola ou le Rwanda, le Tchad adosse sa politique d’influence naissante sur deux leviers, la capacité de projection de son armée et le déploiement d’une diplomatie volontariste pour se positionner comme interlocuteur incontournable dans l’espace sahélien et en Afrique centrale.

Sa position stratégique, à la charnière des espaces géopolitiques et des systèmes de conflits (de la zone sahélo-saharienne à l’espace nilo-soudanais), sa stabilité relative – en dépit du caractère autoritaire de son régime politique –, ainsi que la qualité de ses forces armées, ont contribué à faire du Tchad, le pivot franco-américain d’une stratégie du contre-terrorisme dans la sous-région.

Les enfants victimes des conflits armés : pratiques et lutte en Afrique

La situation des enfants victimes des conflits armés est au centre des préoccupations de la communauté mondiale depuis plus de trois décennies. Seulement, le constat qui s’y dégage est que malgré les moyens déployés, le problème reste préoccupant à divers endroits du globe. En Afrique particulièrement, la montée en puissance des groupes armés terroristes crée une atmosphère d’insécurité généralisée pour les enfants qui sont enrôlés comme enfants soldats ou victimes de nombreux autres sévices. Face à ce fléau, les moyens de lutte déployés par l’Union africaine et les institutions sous régionales d’Afrique centrale et d’Afrique occidentale – les plus touchées sur le continent – suscitent la réflexion.

Crédit photo: centre de réhabilitation d’enfants soldats en Centrafrique (source: DG ECHO / Gregoire Pourtier)

L’accord iranien sur le nucléaire, une révolution géopolitique pour la région et pour le monde

Face à la montée des périls au Moyen-Orient, face au risque nucléaire régional, la communauté internationale a compris qu’il valait mieux faire de l’Iran un allié plutôt qu’un ennemi. Les alliés traditionnels des États-Unis – Israël, Arabie saoudite et pays du Golfe en tête – s’inquiètent d’un potentiel retour en grâce de leur ennemi perse. Avec la signature le 14 juillet 2015 de l’accord sur le nucléaire iranien, se tourne probablement pour un long moment une page douloureuse de l’histoire des relations entre le monde occidental et cette région. La transformation complète des relations qui pourrait s’opérer entre l’Iran et le reste du monde pourrait avoir autant d’importance que la main tendue par le président Nixon à Pékin en 1972. Et l’on sait aujourd’hui où cela a mené la Chine.

Crédit photo: Nojan Mansoory (Téhéran) / Licence creative commons 

Burundi: quel avenir pour les acquis d’Arusha?

Alors que le processus électoral de 2015 promettait d’être un test pour la consolidation de la démocratie burundaise, la situation de crise actuelle fait craindre une déshérence des principes issus de l’accord d’Arusha. Ce dernier avait posé les jalons d’une sortie de la guerre civile, par la mise en place d’un modèle consociatif de partage du pouvoir. Censé garantir la paix par le dépassement des antagonismes, ce modèle est aujourd’hui menacé par les dégradations intervenues ces dernières années et l’impasse politique actuelle née de la nouvelle candidature de Pierre Nkurunziza à la présidence du pays.

Crédit photo: Mission d'observation électorale des Nations unies au Burundi 

Sécurité maritime dans l'océan Indien: Quelles perspectives pour l’Union européenne?

Depuis 2008, l’Union européenne est à l’avant-garde de la lutte contre la piraterie dans la Corne de l’Afrique. Malgré les contraintes politiques et les défis opérationnels, l’Union et ses États membres ont pris la mesure des enjeux actuels en matière de sécurité et de sûreté maritime. L’océan Indien constitue une nouvelle étape dans l’engagement maritime européen, ainsi qu’un terrain intéressant pour démontrer la capacité de l’UE à être à la hauteur de son statut. À travers le développement de sa "puissance maritime", c’est l’ensemble de l’Union qui cherche à ne plus naviguer à vue.

Crédit photo: entraînements interalliés au large des côtes seychelloises, dans l'océan Indien (source: Marine nationale française)

Monitoring de la stabilité régionale dans le bassin sahélien et en Afrique de l’Ouest – avril à juin 2015

Ce monitoring trimestriel, publié par le GRIP depuis 2011, est réalisé dans le cadre d’un projet intitulé "Contribution à l’amélioration de la sécurité humaine, à la prévention des conflits et au renforcement de l’état de droit en Afrique sub-saharienne", financé par le ministère des Affaires étrangères du Grand-Duché du Luxembourg.

Il a pour but de suivre la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest avec un accent plus particulier sur le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger et le Sénégal. Il se penche sur les questions de sécurité interne au sens large, les tensions régionales, la criminalité et les trafics transfrontaliers. 

Crédit photo : Jacob Zocherman - CICR

La Commission Dialogue Vérité et Réconciliation en Côte d’Ivoire : la réconciliation n’a pas eu lieu

À l’issue de la crise qui a suivi les élections présidentielles de 2010, le président Alassane Ouattara a mis en place une Commission dialogue vérité et réconciliation en Côte d’Ivoire. Au bout de trois années, cet instrument de justice transitionnelle a conclu ses activités par la remise d’un rapport aux autorités ivoiriennes le 15 décembre 2014. Des attributions trop ambitieuses et incomprises des populations et une incapacité à traduire par des politiques concrètes les discours prônant le besoin de rassemblement semblent ne pas avoir permis à cette institution de mener à bien la mission qui était la sienne, à savoir œuvrer à la réconciliation et renforcer la cohésion sociale.

(Crédit photo: Daniel Lopes - Côte d'Ivoire, septembre 2010)

La posture régionale de l’Angola : entre politique d’influence et affirmation de puissance

La recomposition des dynamiques régionales africaines, au tournant des années 90 et au cours des années 2000, a consacré l’émergence de nouveaux pôles de puissance, et relancé la course au leadership, pour laquelle l’Angola, par la diversification de ses partenariats et alliances, semble en mesure de confirmer un nouveau rôle sur la scène africaine et internationale. Longtemps forcé de se concentrer sur les questions internes, par la guerre contre l’UNITA, l’Angola est sorti de son isolationnisme à la faveur des crises dans les deux Congo, dont la gestion a propulsé l’Angola au rang de puissance régulatrice régionale.

S’appuyant sur son statut stratégique, lié notamment à ses abondantes ressources pétrolières, ainsi que sur une politique extérieure dynamique et innovante, l'Angola entend s’affirmer comme un partenaire économique privilégié pour les partenaires extérieurs – puissances traditionnelles et pays émergents – en vue de son intégration dans l'économie mondiale. Cette politique d’émergence s’appuie également sur l’exploitation des opportunités que peut procurer à l’Angola, sa triple appartenance à la SADC, la CEEAC et la CPLP, à travers une participation active à la gestion des questions touchant à l'intégration régionale et à la paix et la sécurité, tant en Afrique australe, en Afrique centrale, dans le golfe de Guinée et dans l’espace lusophone.

La Coopération structurée permanente: la Belle au bois dormant de la défense européenne

Évoquer la "Coopération structurée permanente" (CSP) dans les cercles de pouvoir suffit généralement à provoquer des haussements d’épaule ou des soupirs de désillusion. Pourtant, c’est un acronyme que l’on entend beaucoup ces derniers temps à Bruxelles. Mais alors : qu’est-ce que vraiment la CSP ? Innovation majeure du Traité établissant une Constitution pour l’Europe, la CSP a été défigurée au moment de son incorporation dans le Traité de Lisbonne, au point d’être devenue illisible. Pour la comprendre il faut alors retrouver son esprit dans les travaux préparatoires qui menèrent à sa rédaction.

La CSP est, avec l’Agence européenne de défense et la clause de défense collective, l’un des trois éléments indissociables qui devaient donner naissance à une « Union européenne de sécurité et de défense », copie carbone de l’Union économique et monétaire européenne. Elle était censée s’appliquer de droit, avant l’élargissement. Elle ne l’a pas été. Pourtant le mécanisme est intact. Il n’a pas rouillé. Et pour le mettre en œuvre une seule condition suffit : le vouloir.

Crédit photo: GRIP/Ludovic Sultor-Sorel

L’UE, la CEDEAO et l’observation électorale en Afrique de l’Ouest

Quelque chose pourrait changer en Afrique de l’Ouest au cours des deux prochaines années. Le 28 mars 2015, l’un des pays les plus influents du continent a réussi son pari électoral, en se projetant vers une alternance démocratique pacifique et ordonnée. Il s’agit d’une première historique pour le Nigeria, État prépondérant au sein de la CEDEAO. Cette dernière, par ricochet, pourrait bénéficier des retombées positives de ce succès. Très active dans le domaine de l’observation électorale, l’autorité des missions que la CEDEAO déploie dans ce contexte auprès de ses membres sera désormais difficilement contournable. À l’heure où l’Afrique occidentale s’apprête à vivre huit autres consultations présidentielles en l’espace de deux ans, cet atout pourrait s’avérer particulièrement précieux. Un atout sur lequel l’UE, traditionnelle partenaire des transitions démocratiques africaines, devrait miser.

(Crédit photo: L'observateur principal Santiago Fisas suit les élections du 28 mars, à Abuja. EUEOM)

Fin de la mission EUPOL RD Congo: quelles perspectives sécuritaires à l’approche des élections?

La mission EUPOL RD Congo est arrivée à son terme en décembre 2014. Un mois plus tard, des manifestations à Kinshasa ont été violemment réprimées par les forces de l’ordre et ont mis en exergue les lacunes et les dysfonctionnements persistants de celles-ci. La présente note a donc pour double objectif de dresser un bilan de la mission EUPOL, en discutant notamment son caractère stratégique à la fois pour l’Union européenne et pour la RDC, et de dégager les perspectives sécuritaires dans un contexte pré-électoral tendu.

Crédit photo:  Jessica Hatcher/IRIN News

Remplacement des F-16: la construction d’un besoin en matière d’armement

Cette Note d’Analyse revient sur la question de l’opportunité du renouvellement des chasseurs-bombardiers de la composante air de la Défense belge, présentée comme une évidence dans l’accord de gouvernement 2014. La note met en exergue l’enracinement, dans le paysage politique belge, de représentations véhiculées par certaines structures industrielles et militaires ainsi que des discours stratégiques qui, tous, contribuent à la construction d’une perception de besoin en matière d’armement.

Crédit photo : cimetière d'avions de combat obsolètes dans une base de l’US Air Force en Arizona (source: Davis-Monthan Air Force Base)

Monitoring de la stabilité régionale dans le bassin sahélien et en Afrique de l’Ouest – janvier à mars 2015

Ce monitoring trimestriel, publié par le GRIP depuis 2011, est réalisé dans le cadre d’un projet intitulé « Contribution à l’amélioration de la sécurité humaine, à la prévention des conflits et au renforcement de l’état de droit en Afrique sub-saharienne » financé par le ministère des Affaires étrangères du Grand-Duché du Luxembourg.

Il a pour but de suivre la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest avec un accent plus particulier sur le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger et le Sénégal. Il se penche sur les questions de sécurité interne au sens large, les tensions régionales, la criminalité et les trafics transfrontaliers.  

Crédit photo: soldat nigérien de la MINUSMA en poste à Ménaka (Mali)
(source: MINUSMA/Marco Dormino)

Niger: cap sur 2016! Situation politique et sécuritaire à la veille des élections

Pour le Niger, 2016 sera une année électorale. La première transition démocratique depuis le coup d’État du 18 février 2010 sera l’occasion pour le président Issoufou de présenter son bilan. Les résultats sont en demi-teinte pour ce pays qui a été forcé de réaliser de grands investissements dans la défense pour faire face aux crises libyenne, malienne et nigériane. En plus des menaces externes qui engendrent une insécurité intérieure, le Niger est confronté au risque posé par le développement de l’économie criminelle, en particulier dans ses confins sahariens. Enfin, l’opposition politique, affaiblie et fragmentée, pourrait fragiliser la tenue pacifique des élections dans une situation où les autorités ont misé davantage sur la politique étrangère au détriment de la situation intérieure.

Crédit photo: inspection d'un Soukhoï SU-25 par le Président Issoufou (source: site de la présidence du Niger)

Terrorisme et contre-terrorisme en Afrique centrale : quelle vision stratégique pour le Tchad et le Cameroun?

La poussée meurtrière de Boko Haram, dans les zones transfrontalières des pays riverains du Nigeria, s’inscrit dans des dynamiques antérieures de dégradation de la situation sécuritaire. Dans ces zones excentrées et en déshérence, la marginalisation économique et le désinvestissement des États, ont conduit progressivement à l’enracinement et au développement de certaines activités illicites,  ainsi qu’à des formes de violence dont le terrorisme n’est qu’une des variantes récentes. Aux effets du sous-développement et de la pauvreté, à l’insuffisance de l’analyse et aux contraintes politiques et économiques internes, ont succédé des réponses prioritairement sécuritaires, au Nigeria d’abord, et ensuite dans l’Extrême-Nord du Cameroun. L’impact de ces mesures reste aléatoire, sans que l’on observe pour autant, à court terme,un infléchissement des activités des groupes criminels dont la trajectoire transcende les limites frontalières des États. Les actions de Boko Haram bousculent les dispositifs de défense et de sécurité des pays de la région, et les appellent au renouvellement de leurs doctrines en matière de prévention, de gestion des risques et menaces, dont les menaces terroristes... 

3e conférence sur l’impact humanitaire des armes nucléaires, un nouveau cycle d’actions

Le processus des conférences sur l’impact humanitaire des armes nucléaires a connu une accélération entre mars 2013 (Oslo) et décembre 2014 (Vienne), ce qui marque une volonté des États non dotés d’armes nucléaires, appuyés par la société civile, de sortir de la léthargie qui régnait dans les forums onusiens du désarmement. La conférence de Vienne a consacré cet objectif : compléter le savoir déjà acquis dans les conférences précédentes et ouvrir de nouvelles perspectives pour combler le vide juridique existant.

Monitoring de la stabilité régionale dans le bassin sahélien et en Afrique de l’ouest – octobre à décembre 2014

Ce monitoring trimestriel, publié par le GRIP depuis 2011, est réalisé dans le cadre d’un projet intitulé "Contribution à l’amélioration de la sécurité humaine, à la prévention des conflits et au renforcement de l’état de droit en Afrique sub-saharienne" financé par le ministère des Affaires étrangères du Grand-Duché du Luxembourg.

Ce monitoring a pour but de suivre la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest avec un accent plus particulier sur le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger et le Sénégal. Il se penche sur les questions de sécurité interne au sens large, les tensions régionales, la criminalité et les trafics transfrontaliers.  

Crédit photo : Centre de traitement du virus Ebola de Nzérékoré, en Guinée (source: UN Photo/Martine Perret - 9 janvier 2015)

L’industrie de défense indonésienne : la clef de la puissance ?

Depuis 2010, le gouvernement indonésien s’est engagé dans une ambitieuse stratégie de "revitalisation" et de développement de son industrie de défense. Entre optimisme économique, opportunités et contraintes politiques, enjeux stratégiques et défis opérationnels, la montée en gamme de l’industrie de défense indonésienne pose de nombreuses questions. Au travers du développement de l’industrie de l’armement, c’est toute la complexité de l’ "émergence" d’un pays et des stratégies d’influence de ses leaders qui s’impose. Cette Note fournit une introduction à une problématique multiple, dont les moteurs et lignes de fuite s’avèreront déterminants pour non seulement le comportement de l’Indonésie dans le commerce mondial des armements, mais aussi la stabilité en Asie-Pacifique.  

Crédit photo : Blindé "Badak" (rhino), développé par l’entreprise indonésienne PT Pindad, en collaboration avec le fabricant belge CMI (tourelle). 

Défi électoral au Burkina. L’UE face aux énigmes d’une transition

Cet article pourrait être résumé par un grand point d’interrogation, qui ne trouvera de réponse qu’en novembre 2015, lorsque la phase de transition que vit actuellement le Burkina Faso se sera conclue par des élections présidentielles, législatives et locales. Une transition courageuse, mais encore énigmatique, qui suscite autant d’espoirs que d’inquiétudes. Dans ce contexte incertain, l’Union européenne, traditionnel partenaire des processus de démocratisation africains, est appelée à procéder avec prudence et circonspection. Elle est comme un éléphant dans un magasin de porcelaine.

Crédit photo: compte Facebook du mouvement d'opposition burkinabé "le balai citoyen"

La gestion des espaces transfrontaliers au Sahel : entre espaces de vie et zones grises

Face à la dégradation de la situation sécuritaire dans l’espace Sahara-Sahel, consécutive à la crise libyenne, les espaces transfrontaliers ont fait l’objet d’une approche sécuritaire de la part d’acteurs régionaux et extra-régionaux. Deux visions s’affrontent : l’une envisageant la frontière comme une ligne figée censée être strictement contrôlée, véhiculée par les États et leurs partenaires extra-régionaux ; l’autre conférant aux espaces saharo-sahéliens et, plus précisément aux espaces transfrontaliers, des propriétés d’espaces dynamiques et ouverts, partagée par les populations locales, nomades, migrants, groupes armés irréguliers voire certains acteurs étatiques. 

Crédit photo : poste-frontière de Maghnia en Algérie (Magharebia / Licence creative commons)

La CBLT et les défis sécuritaires du bassin du lac Tchad

La CBLT constitue le principal cadre institutionnel pour une action concertée des pays riverains du lac Tchad, face à la montée de nouvelles menaces sécuritaires transfrontalières. L’activisme du groupe islamiste nigérian Boko Haram, dans l’État du Borno et dans les zones contiguës des États voisins du Nigeria, apparait comme l’une de ces menaces sécuritaires montantes, si elle venait à s’articuler aux autres formes d’insécurité déjà présentes dans la sous-région.  À savoir, les trafics d’armes, les vols à main armée, la contrebande de pétrole, le vol de bétail, etc. La situation qui prévaut dans l’État nigérian de Borno est en grande partie le fruit des inégalités sociales criantes, et la conséquence d’un désinvestissement de l’État, dans cette région excentrée du pays, pourvue pourtant d’importantes ressources arables et hydriques. Cette caractéristique structurelle, commune aux pays de la région et opposant un centre à une périphérie en déshérence, est facteur déterminant de vulnérabilité. 

Armée libanaise et Hezbollah: complémentarité, collusion ou subordination?

La scène politique et sécuritaire libanaise rassemble des acteurs aux objectifs variés, dont les jeux d’influence alimentent l’instabilité chronique dont souffre le pays du Cèdre. Dans ce contexte, le Hezbollah et l’armée libanaise entretiennent des relations complexes, oscillant entre complémentarité, collusion et subordination, selon les conjonctures. En s’articulant autour de quelques questions-clés, cette Note d’Analyse entend mettre en lumière leurs rapports de force afin d’évaluer les risques de détournements d’armes au Liban.

Enjeux d’une présidence Jokowi : réformes et relations civilo-militaires en Indonésie

Jusqu’en 1998, l’armée indonésienne avait une « double fonction » institutionnalisée dans l’appareil d’État (dwifungsi), lui conférant un rôle dans la sécurité du pays mais aussi dans son système politique et dans son économie. Depuis la chute de Suharto, le processus de démocratisation et de décentralisation de la vie politique a permis aux autorités civiles de reprendre la main. Cependant, l’armée conserve un pouvoir d’influence posant la question de la qualité de la démocratie indonésienne. L’élection de Jokowi en juillet 2014 a ouvert la voie à de nouvelles réformes que son prédécesseur n’avait pu mettre en place. La relation de Jokowi avec les autorités militaires sera dès lors un enjeu majeur de son mandat, dont l’évolution sera déterminante sur la capacité d’une Indonésie émergente à se donner les moyens de ses ambitions. 

Crédit photo : entraînement d’un commando de Kopassus, les forces spéciales de l'armée de terre indonésienne (source : Flickr/ Licence Creative commons)

Les Émirats arabes unis : plaque tournante du trafic illicite vers l’Iran

De nombreux cas de violations des sanctions émises à l’égard de l’Iran ont été recensés ces dernières années, ce qui appuie la thèse qu’en règle générale, les embargos sur les armes ne sont pas des instruments infaillibles de lutte contre la prolifération des armes. Il a en effet été démontré que les Émirats arabes unis (EAU) constituent une plaque tournante du trafic illicite d’armes et autre matériel militaire vers l’Iran. Les réseaux de prolifération utilisent des techniques de contournement variées qui rendent de plus en plus difficile la détection des transferts illicites. Ce commerce représente un danger aussi bien à l’échelle du Golfe qu’à l’échelle mondiale. Cette Note a pour objet de donner un aperçu des mécanismes de contournement des sanctions contre l’Iran dans les EAU et des initiatives du pays pour contrer ce phénomène.  

Crédit photo : Port de Jebel Ali (Source : idmifarra - Licence Creative Commons flickr)

Pages