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Commémoration et sensibilisation à la problématique des armes nucléaires

Conférence organisée par la ville de Bruxelles, le 26 mai 2015.

La Conférence d’examen du TNP de 2015 et l’approche humanitaire du désarmement nucléaire.

"C’est un grand honneur pour moi d’être ici comme chercheur associé au sein du Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité. J’ai eu le privilège de naviguer à bord du Peace Boat, lors d’une semaine de conférences. J’ai rencontré de nombreux étudiants japonais et des Hibakushas, tel Monsieur Mitsuo Kodama, survivant de cette terrible journée du 6 août  1945. Son histoire est celle d’un jeune enfant, qui un matin a entendu un avion, vu ce flash de lumière et senti le souffle et la chaleur sur son corps. Il découvrit par la suite la destruction de son école et le décès de ses nombreux camarades. Malgré ses multiples blessures, il a survécu ; et n’a cessé depuis de transmettre son témoignage pour que le monde comprenne mieux pourquoi les armes nucléaires font partie des armes de destruction massive..."

(Crédit photo: Peace Boat)

La Coopération structurée permanente: la Belle au bois dormant de la défense européenne

Évoquer la "Coopération structurée permanente" (CSP) dans les cercles de pouvoir suffit généralement à provoquer des haussements d’épaule ou des soupirs de désillusion. Pourtant, c’est un acronyme que l’on entend beaucoup ces derniers temps à Bruxelles. Mais alors : qu’est-ce que vraiment la CSP ? Innovation majeure du Traité établissant une Constitution pour l’Europe, la CSP a été défigurée au moment de son incorporation dans le Traité de Lisbonne, au point d’être devenue illisible. Pour la comprendre il faut alors retrouver son esprit dans les travaux préparatoires qui menèrent à sa rédaction.

La CSP est, avec l’Agence européenne de défense et la clause de défense collective, l’un des trois éléments indissociables qui devaient donner naissance à une « Union européenne de sécurité et de défense », copie carbone de l’Union économique et monétaire européenne. Elle était censée s’appliquer de droit, avant l’élargissement. Elle ne l’a pas été. Pourtant le mécanisme est intact. Il n’a pas rouillé. Et pour le mettre en œuvre une seule condition suffit : le vouloir.

Crédit photo: GRIP/Ludovic Sultor-Sorel

Burundi : les conséquences d’un coup d’État manqué

Le putsch avorté du 13 mai dernier est intervenu après plus de deux semaines de manifestations dans les rues de Bujumbura et de violences policières qui ont fait plusieurs dizaines de victimes depuis l’annonce de la candidature de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat. L’absence du président, qui se trouvait en Tanzanie pour assister à un sommet régional des chefs d’État sur la situation de son pays, était propice à un coup de force.

(Crédit Photo: IWACU Burundi. Manifestation à Bruxelles de la diaspora burundaise)

L’UE, la CEDEAO et l’observation électorale en Afrique de l’Ouest

Quelque chose pourrait changer en Afrique de l’Ouest au cours des deux prochaines années. Le 28 mars 2015, l’un des pays les plus influents du continent a réussi son pari électoral, en se projetant vers une alternance démocratique pacifique et ordonnée. Il s’agit d’une première historique pour le Nigeria, État prépondérant au sein de la CEDEAO. Cette dernière, par ricochet, pourrait bénéficier des retombées positives de ce succès. Très active dans le domaine de l’observation électorale, l’autorité des missions que la CEDEAO déploie dans ce contexte auprès de ses membres sera désormais difficilement contournable. À l’heure où l’Afrique occidentale s’apprête à vivre huit autres consultations présidentielles en l’espace de deux ans, cet atout pourrait s’avérer particulièrement précieux. Un atout sur lequel l’UE, traditionnelle partenaire des transitions démocratiques africaines, devrait miser.

(Crédit photo: L'observateur principal Santiago Fisas suit les élections du 28 mars, à Abuja. EUEOM)

Fin de la mission EUPOL RD Congo: quelles perspectives sécuritaires à l’approche des élections?

La mission EUPOL RD Congo est arrivée à son terme en décembre 2014. Un mois plus tard, des manifestations à Kinshasa ont été violemment réprimées par les forces de l’ordre et ont mis en exergue les lacunes et les dysfonctionnements persistants de celles-ci. La présente note a donc pour double objectif de dresser un bilan de la mission EUPOL, en discutant notamment son caractère stratégique à la fois pour l’Union européenne et pour la RDC, et de dégager les perspectives sécuritaires dans un contexte pré-électoral tendu.

Crédit photo:  Jessica Hatcher/IRIN News

Remplacement des F-16: la construction d’un besoin en matière d’armement

Cette Note d’Analyse revient sur la question de l’opportunité du renouvellement des chasseurs-bombardiers de la composante air de la Défense belge, présentée comme une évidence dans l’accord de gouvernement 2014. La note met en exergue l’enracinement, dans le paysage politique belge, de représentations véhiculées par certaines structures industrielles et militaires ainsi que des discours stratégiques qui, tous, contribuent à la construction d’une perception de besoin en matière d’armement.

Crédit photo : cimetière d'avions de combat obsolètes dans une base de l’US Air Force en Arizona (source: Davis-Monthan Air Force Base)

Monitoring de la stabilité régionale dans le bassin sahélien et en Afrique de l’Ouest – janvier à mars 2015

Ce monitoring trimestriel, publié par le GRIP depuis 2011, est réalisé dans le cadre d’un projet intitulé « Contribution à l’amélioration de la sécurité humaine, à la prévention des conflits et au renforcement de l’état de droit en Afrique sub-saharienne » financé par le ministère des Affaires étrangères du Grand-Duché du Luxembourg.

Il a pour but de suivre la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest avec un accent plus particulier sur le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger et le Sénégal. Il se penche sur les questions de sécurité interne au sens large, les tensions régionales, la criminalité et les trafics transfrontaliers.  

Crédit photo: soldat nigérien de la MINUSMA en poste à Ménaka (Mali)
(source: MINUSMA/Marco Dormino)

Niger: cap sur 2016! Situation politique et sécuritaire à la veille des élections

Pour le Niger, 2016 sera une année électorale. La première transition démocratique depuis le coup d’État du 18 février 2010 sera l’occasion pour le président Issoufou de présenter son bilan. Les résultats sont en demi-teinte pour ce pays qui a été forcé de réaliser de grands investissements dans la défense pour faire face aux crises libyenne, malienne et nigériane. En plus des menaces externes qui engendrent une insécurité intérieure, le Niger est confronté au risque posé par le développement de l’économie criminelle, en particulier dans ses confins sahariens. Enfin, l’opposition politique, affaiblie et fragmentée, pourrait fragiliser la tenue pacifique des élections dans une situation où les autorités ont misé davantage sur la politique étrangère au détriment de la situation intérieure.

Crédit photo: inspection d'un Soukhoï SU-25 par le Président Issoufou (source: site de la présidence du Niger)

G5 Sahel: une simple organisation de plus?

Le 16 février 2014, les présidents de la Mauritanie, du Burkina Faso, du Mali, du Tchad et du Niger, réunis à Nouakchott, créaient le G5 du Sahel. Destiné, selon le communiqué final de la réunion, à coordonner les "politiques de développement et de sécurité des cinq États", il prend place dans une région où les organisations régionales sont déjà nombreuses, non sans donner parfois l’impression d’une cacophonie peu productive. Et pourtant, le chef d’état-major des armées françaises le qualifiait, le 7 octobre 2014, de "meilleure instance pour faire progresser la sécurité dans la région". Quant au Conseil de l’Union européenne (UE), il se félicitait de la mise en place de ce cadre de concertation. Les atouts de la nouvelle organisation sont en effet réels. De format réduit, dans un espace faisant géographiquement sens, épargnée par les luttes d’influence, portée par des acteurs locaux mobilisés autour de projets concrets et soutenus par leurs partenaires internationaux, elle cristallise les attentes et les espoirs en matière d’appropriation même si, derrière l’effet de mode, il lui faudra passer l’épreuve du temps.

La France et sa Bombe

Le 19 février 2015, le président Hollande  a prononcé un discours sur la dissuasion nucléaire. Cette prise de parole est une coutume, chaque président contribuant à promouvoir et à assurer la continuité de cette politique de dissuasion pour « faire en sorte que notre pays, bien après même que le Président ne sera plus en exercice, celui-là, ou un autre y sera, pour qu'il y ait cette continuité ». L’objectif était d’expliquer et d’affirmer cette politique de défense à nos alliés, nos possibles adversaires et la population française. Seul problème – et de taille –, il est à craindre que les États non dotés ne comprennent absolument pas un tel discours, à deux mois de la 9e Conférence d’examen du Traité de non-prolifération nucléaire…

Crédit Photo: A. Courtillat/Armée de l'air

Une version en néerlandais de cet éclairage a été publiée sur le site de Vrede: "Frankrijk en zijn bom

 

Armes nucléaires: et si elles ne servaient à rien? 5 mythes à déconstruire

«Ce sont les bombes sur Hiroshima et Nagasaki qui ont forcé le Japon à capituler»; «Les armes nucléaires nous protègent. Elles ont empêché la Guerre froide de dégénérer en guerre ouverte»; «la dissuasion nucléaire est efficace, il suffit de penser au blocus de Berlin ou à la crise des missiles de Cuba»; «De toute façon, il n’y a pas d’alternative, on ne peut pas désinventer la Bombe…»

Dissuasion nucléaire : l'obstination française

Depuis sa prise de fonction en mai 2012, le Président Hollande n’a jamais réalisé de discours sur la force de dissuasion nucléaire, alors que s’est établi un début de réflexion au Parlement, lors du vote de la Loi de programmation militaire 2014/2019. Pour la première fois à Istres ce jeudi 19 février 2015, le Président va donc présenter sa vision de la dissuasion nucléaire – néanmoins en partie définie dans une tribune à une époque où il n’était encore que simple prétendant à ce poste. Notons que cette intervention a lieu deux mois avant la 9e Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) qui se tiendra à l’ONU. Une conférence cruciale pour l’avenir du régime du TNP, où l’action et l’image de la France sont loin d’être vues comme très positives…

Crédit photo : sous-marin nucléaire lanceur d’engins de nouvelle génération - SNLE NG Le Vigilant (Jean-Marie Collin)  

Armes artisanales en RDC: Enquête au Bandundu et au Maniema

La République démocratique du Congo est connue pour sa grande prolifération d’armes de petit calibre. Cependant, dans cet immense pays, la situation varie considérablement d’une région à l’autre. Si les zones frontalières de l’Est – en particulier les deux Kivu et l’Ituri – connaissent des taux très importants de détention d’armes de guerre, importées d’autres pays et de fabrication industrielle, les autres régions du pays sont bien moins affectées par ce phénomène.

Quelle place occupe la Turquie sur les marchés de défense?

Parmi les membres de l’OTAN, la Turquie est probablement l’État confronté à l’environnement régional le plus volatile. Bordée par la mer Noire, la Méditerranée, le Caucase et l’Iran, frontalière d’États confrontés à des groupes terroristes ou en guerre – comme l’Irak, la Syrie et même le Liban – la Turquie est également aux prises avec un mouvement indépendantiste kurde comportant un volet armé.

Terrorisme et contre-terrorisme en Afrique centrale : quelle vision stratégique pour le Tchad et le Cameroun?

La poussée meurtrière de Boko Haram, dans les zones transfrontalières des pays riverains du Nigeria, s’inscrit dans des dynamiques antérieures de dégradation de la situation sécuritaire. Dans ces zones excentrées et en déshérence, la marginalisation économique et le désinvestissement des États, ont conduit progressivement à l’enracinement et au développement de certaines activités illicites,  ainsi qu’à des formes de violence dont le terrorisme n’est qu’une des variantes récentes. Aux effets du sous-développement et de la pauvreté, à l’insuffisance de l’analyse et aux contraintes politiques et économiques internes, ont succédé des réponses prioritairement sécuritaires, au Nigeria d’abord, et ensuite dans l’Extrême-Nord du Cameroun. L’impact de ces mesures reste aléatoire, sans que l’on observe pour autant, à court terme,un infléchissement des activités des groupes criminels dont la trajectoire transcende les limites frontalières des États. Les actions de Boko Haram bousculent les dispositifs de défense et de sécurité des pays de la région, et les appellent au renouvellement de leurs doctrines en matière de prévention, de gestion des risques et menaces, dont les menaces terroristes... 

3e conférence sur l’impact humanitaire des armes nucléaires, un nouveau cycle d’actions

Le processus des conférences sur l’impact humanitaire des armes nucléaires a connu une accélération entre mars 2013 (Oslo) et décembre 2014 (Vienne), ce qui marque une volonté des États non dotés d’armes nucléaires, appuyés par la société civile, de sortir de la léthargie qui régnait dans les forums onusiens du désarmement. La conférence de Vienne a consacré cet objectif : compléter le savoir déjà acquis dans les conférences précédentes et ouvrir de nouvelles perspectives pour combler le vide juridique existant.

La République démocratique du Congo vit-elle un scénario à la burkinabé?

La situation s'est brutalement tendue en République démocratique du Congo, où les manoeuvres du gouvernement en vue des prochaines élections présidentielles faisaient débat depuis plusieurs mois. Joseph Kabila, au pouvoir en RDC depuis l'assassinat de son père en 2001, a été élu en 2006 et 2011. Tandis que les élections de 2006 avaient mobilisé une très forte attention internationale et avaient notamment reçu un soutien très actif, financier et humain, de la part de l'Union européenne, les élections de 2011 avaient été entachées de davantage d'irrégularités.

Le second mandat du président Kabila arrivant au terme que lui fixe la Constitution l'année prochaine, des élections présidentielles devraient avoir lieu, auxquelles il ne devrait pas pouvoir se présenter. La Constitution établit en effet une limite de deux mandats présidentiels consécutifs. Les spéculations vont donc bon train depuis plusieurs mois autour d'une potentielle réforme de la Constitution par la majorité du président Kabila afin de permettre le maintien au pouvoir de ce dernier.

Dans la nuit du 17 au 18 janvier dernier, le gouvernement a fait adopter une loi par la chambre basse du Parlement qui prévoyait que le recensement de la population, en vue d'inscrire l'ensemble des votants potentiels sur les listes électorales, serait un préalable à l'élection présidentielle. Poser ainsi un pré-requis à l'organisation de cette élection représente pour l'opposition politique un moyen utilisé par le pouvoir en place pour gagner du temps et repousser l'échéance électorale. Les opposants du gouvernement en place soulignent ainsi qu'un recensement électoral crédible prendra des années en RDC, un pays à la fois immense et où l'autorité de l'État est inégalement exercée.

Remplacement des F-16: la vision de la Défense nationale

En juin 2014, la Défense nationale a rédigé une demande d'information concernant le remplacement des F-16. Intitulé Air Combat Capability Successor Program Preparation Survey, ce document a été envoyé à cinq agences nationales, chacune responsable d'un programme aérien, afin de s'enquérir au sujet d’un successeur aux F-16. Bien qu'initialement confidentiel, le document avait été obtenu par la VRT qui, dans la foulée, avait soulevé le problème de la préférence de la Défense pour le F-35. À la suite de demandes de quelques parlementaires lors de la Commission de la Défense de la Chambre de ce 7 janvier 2015, le document a finalement été rendu public. À la lecture, on se rend compte que le problème dépasse le seul F-35. Ce document véhicule des représentations industrielles et sécuritaires qui méritent une analyse critique.

Crédit photo: Benjamin Vokar/GRIP

Monitoring de la stabilité régionale dans le bassin sahélien et en Afrique de l’ouest – octobre à décembre 2014

Ce monitoring trimestriel, publié par le GRIP depuis 2011, est réalisé dans le cadre d’un projet intitulé "Contribution à l’amélioration de la sécurité humaine, à la prévention des conflits et au renforcement de l’état de droit en Afrique sub-saharienne" financé par le ministère des Affaires étrangères du Grand-Duché du Luxembourg.

Ce monitoring a pour but de suivre la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest avec un accent plus particulier sur le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger et le Sénégal. Il se penche sur les questions de sécurité interne au sens large, les tensions régionales, la criminalité et les trafics transfrontaliers.  

Crédit photo : Centre de traitement du virus Ebola de Nzérékoré, en Guinée (source: UN Photo/Martine Perret - 9 janvier 2015)

L’industrie de défense indonésienne : la clef de la puissance ?

Depuis 2010, le gouvernement indonésien s’est engagé dans une ambitieuse stratégie de "revitalisation" et de développement de son industrie de défense. Entre optimisme économique, opportunités et contraintes politiques, enjeux stratégiques et défis opérationnels, la montée en gamme de l’industrie de défense indonésienne pose de nombreuses questions. Au travers du développement de l’industrie de l’armement, c’est toute la complexité de l’ "émergence" d’un pays et des stratégies d’influence de ses leaders qui s’impose. Cette Note fournit une introduction à une problématique multiple, dont les moteurs et lignes de fuite s’avèreront déterminants pour non seulement le comportement de l’Indonésie dans le commerce mondial des armements, mais aussi la stabilité en Asie-Pacifique.  

Crédit photo : Blindé "Badak" (rhino), développé par l’entreprise indonésienne PT Pindad, en collaboration avec le fabricant belge CMI (tourelle). 

Défi électoral au Burkina. L’UE face aux énigmes d’une transition

Cet article pourrait être résumé par un grand point d’interrogation, qui ne trouvera de réponse qu’en novembre 2015, lorsque la phase de transition que vit actuellement le Burkina Faso se sera conclue par des élections présidentielles, législatives et locales. Une transition courageuse, mais encore énigmatique, qui suscite autant d’espoirs que d’inquiétudes. Dans ce contexte incertain, l’Union européenne, traditionnel partenaire des processus de démocratisation africains, est appelée à procéder avec prudence et circonspection. Elle est comme un éléphant dans un magasin de porcelaine.

Crédit photo: compte Facebook du mouvement d'opposition burkinabé "le balai citoyen"

La gestion des espaces transfrontaliers au Sahel : entre espaces de vie et zones grises

Face à la dégradation de la situation sécuritaire dans l’espace Sahara-Sahel, consécutive à la crise libyenne, les espaces transfrontaliers ont fait l’objet d’une approche sécuritaire de la part d’acteurs régionaux et extra-régionaux. Deux visions s’affrontent : l’une envisageant la frontière comme une ligne figée censée être strictement contrôlée, véhiculée par les États et leurs partenaires extra-régionaux ; l’autre conférant aux espaces saharo-sahéliens et, plus précisément aux espaces transfrontaliers, des propriétés d’espaces dynamiques et ouverts, partagée par les populations locales, nomades, migrants, groupes armés irréguliers voire certains acteurs étatiques. 

Crédit photo : poste-frontière de Maghnia en Algérie (Magharebia / Licence creative commons)

La CBLT et les défis sécuritaires du bassin du lac Tchad

La CBLT constitue le principal cadre institutionnel pour une action concertée des pays riverains du lac Tchad, face à la montée de nouvelles menaces sécuritaires transfrontalières. L’activisme du groupe islamiste nigérian Boko Haram, dans l’État du Borno et dans les zones contiguës des États voisins du Nigeria, apparait comme l’une de ces menaces sécuritaires montantes, si elle venait à s’articuler aux autres formes d’insécurité déjà présentes dans la sous-région.  À savoir, les trafics d’armes, les vols à main armée, la contrebande de pétrole, le vol de bétail, etc. La situation qui prévaut dans l’État nigérian de Borno est en grande partie le fruit des inégalités sociales criantes, et la conséquence d’un désinvestissement de l’État, dans cette région excentrée du pays, pourvue pourtant d’importantes ressources arables et hydriques. Cette caractéristique structurelle, commune aux pays de la région et opposant un centre à une périphérie en déshérence, est facteur déterminant de vulnérabilité. 

Burkina Faso, une révolution portée par la jeunesse

Le 30 octobre 2014, à l’issue de quatre jours de mobilisation nationale, le président Blaise Compaoré a été contraint de démissionner. Deux semaines de négociations ont ensuite permis à l’armée, à l’opposition politique et à la société civile de s’entendre sur l’établissement d’une charte de transition ainsi que sur la nomination de l’ancien diplomate Michel Kafando à la tête du gouvernement intérimaire, jusqu’au scrutin présidentiel prévu pour le mois de novembre 2015. Plus qu’une crise politique conjoncturelle, cette période de mobilisation sociale renvoie à des dynamiques de contestation déjà anciennes et relevant de revendications socio-économiques profondément ancrées dans la société burkinabée. Porteuse de la mobilisation, la jeunesse dénonce notamment l’existence d’une fracture générationnelle, entrainée par la mainmise sur le pays des élites issues du coup d’État de 1987, ainsi que la récupération de la « révolution burkinabée » par les anciens cadres du régime.

(Photo: http://le-blog-sam-la-touch.over-blog.com/)

Les Mistral russes: un imbroglio évitable

En 2011, soit trois ans à peine après la crise russo-géorgienne qui faisait déjà craindre l’annexion d’un ancien territoire soviétique par la Russie, Moscou et Paris ont conclu une entente pour la livraison de deux bâtiments de projection et de commandement de classe Mistral (plus deux autres en option, qui ne seront vraisemblablement pas commandés). Le contrat d’une valeur de 1,2 milliard d’euros n’a pas manqué à l’époque de susciter les inquiétudes de plusieurs membres de l’OTAN, des Pays baltes aux États-Unis en passant par la Pologne et le Royaume-Uni.

Il s’agit en effet du plus important contrat d’armement jamais conclu entre un membre de l’Alliance et la Russie. La guerre en Ukraine et l’impossibilité de parvenir à un règlement diplomatique entre Kiev et Moscou ont accentué la pression sur Paris à un moment où la livraison du premier navire d’assaut amphibie, le Vladivostok, devait avoir lieu. C’est ce qui a poussé le président François Hollande à sursoir la livraison du matériel militaire. La saga des Mistral russes est donc loin de son épilogue...

Photo: www.defense.gouv.fr

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