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La France et sa Bombe

Le 19 février 2015, le président Hollande  a prononcé un discours sur la dissuasion nucléaire. Cette prise de parole est une coutume, chaque président contribuant à promouvoir et à assurer la continuité de cette politique de dissuasion pour « faire en sorte que notre pays, bien après même que le Président ne sera plus en exercice, celui-là, ou un autre y sera, pour qu'il y ait cette continuité ». L’objectif était d’expliquer et d’affirmer cette politique de défense à nos alliés, nos possibles adversaires et la population française. Seul problème – et de taille –, il est à craindre que les États non dotés ne comprennent absolument pas un tel discours, à deux mois de la 9e Conférence d’examen du Traité de non-prolifération nucléaire…

Crédit Photo: A. Courtillat/Armée de l'air

Une version en néerlandais de cet éclairage a été publiée sur le site de Vrede: "Frankrijk en zijn bom

 

Armes nucléaires: et si elles ne servaient à rien? 5 mythes à déconstruire

«Ce sont les bombes sur Hiroshima et Nagasaki qui ont forcé le Japon à capituler»; «Les armes nucléaires nous protègent. Elles ont empêché la Guerre froide de dégénérer en guerre ouverte»; «la dissuasion nucléaire est efficace, il suffit de penser au blocus de Berlin ou à la crise des missiles de Cuba»; «De toute façon, il n’y a pas d’alternative, on ne peut pas désinventer la Bombe…»

Dissuasion nucléaire : l'obstination française

Depuis sa prise de fonction en mai 2012, le Président Hollande n’a jamais réalisé de discours sur la force de dissuasion nucléaire, alors que s’est établi un début de réflexion au Parlement, lors du vote de la Loi de programmation militaire 2014/2019. Pour la première fois à Istres ce jeudi 19 février 2015, le Président va donc présenter sa vision de la dissuasion nucléaire – néanmoins en partie définie dans une tribune à une époque où il n’était encore que simple prétendant à ce poste. Notons que cette intervention a lieu deux mois avant la 9e Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) qui se tiendra à l’ONU. Une conférence cruciale pour l’avenir du régime du TNP, où l’action et l’image de la France sont loin d’être vues comme très positives…

Crédit photo : sous-marin nucléaire lanceur d’engins de nouvelle génération - SNLE NG Le Vigilant (Jean-Marie Collin)  

Armes artisanales en RDC: Enquête au Bandundu et au Maniema

La République démocratique du Congo est connue pour sa grande prolifération d’armes de petit calibre. Cependant, dans cet immense pays, la situation varie considérablement d’une région à l’autre. Si les zones frontalières de l’Est – en particulier les deux Kivu et l’Ituri – connaissent des taux très importants de détention d’armes de guerre, importées d’autres pays et de fabrication industrielle, les autres régions du pays sont bien moins affectées par ce phénomène.

Quelle place occupe la Turquie sur les marchés de défense?

Parmi les membres de l’OTAN, la Turquie est probablement l’État confronté à l’environnement régional le plus volatile. Bordée par la mer Noire, la Méditerranée, le Caucase et l’Iran, frontalière d’États confrontés à des groupes terroristes ou en guerre – comme l’Irak, la Syrie et même le Liban – la Turquie est également aux prises avec un mouvement indépendantiste kurde comportant un volet armé.

Terrorisme et contre-terrorisme en Afrique centrale : quelle vision stratégique pour le Tchad et le Cameroun?

La poussée meurtrière de Boko Haram, dans les zones transfrontalières des pays riverains du Nigeria, s’inscrit dans des dynamiques antérieures de dégradation de la situation sécuritaire. Dans ces zones excentrées et en déshérence, la marginalisation économique et le désinvestissement des États, ont conduit progressivement à l’enracinement et au développement de certaines activités illicites,  ainsi qu’à des formes de violence dont le terrorisme n’est qu’une des variantes récentes. Aux effets du sous-développement et de la pauvreté, à l’insuffisance de l’analyse et aux contraintes politiques et économiques internes, ont succédé des réponses prioritairement sécuritaires, au Nigeria d’abord, et ensuite dans l’Extrême-Nord du Cameroun. L’impact de ces mesures reste aléatoire, sans que l’on observe pour autant, à court terme,un infléchissement des activités des groupes criminels dont la trajectoire transcende les limites frontalières des États. Les actions de Boko Haram bousculent les dispositifs de défense et de sécurité des pays de la région, et les appellent au renouvellement de leurs doctrines en matière de prévention, de gestion des risques et menaces, dont les menaces terroristes... 

3e conférence sur l’impact humanitaire des armes nucléaires, un nouveau cycle d’actions

Le processus des conférences sur l’impact humanitaire des armes nucléaires a connu une accélération entre mars 2013 (Oslo) et décembre 2014 (Vienne), ce qui marque une volonté des États non dotés d’armes nucléaires, appuyés par la société civile, de sortir de la léthargie qui régnait dans les forums onusiens du désarmement. La conférence de Vienne a consacré cet objectif : compléter le savoir déjà acquis dans les conférences précédentes et ouvrir de nouvelles perspectives pour combler le vide juridique existant.

La République démocratique du Congo vit-elle un scénario à la burkinabé?

La situation s'est brutalement tendue en République démocratique du Congo, où les manoeuvres du gouvernement en vue des prochaines élections présidentielles faisaient débat depuis plusieurs mois. Joseph Kabila, au pouvoir en RDC depuis l'assassinat de son père en 2001, a été élu en 2006 et 2011. Tandis que les élections de 2006 avaient mobilisé une très forte attention internationale et avaient notamment reçu un soutien très actif, financier et humain, de la part de l'Union européenne, les élections de 2011 avaient été entachées de davantage d'irrégularités.

Le second mandat du président Kabila arrivant au terme que lui fixe la Constitution l'année prochaine, des élections présidentielles devraient avoir lieu, auxquelles il ne devrait pas pouvoir se présenter. La Constitution établit en effet une limite de deux mandats présidentiels consécutifs. Les spéculations vont donc bon train depuis plusieurs mois autour d'une potentielle réforme de la Constitution par la majorité du président Kabila afin de permettre le maintien au pouvoir de ce dernier.

Dans la nuit du 17 au 18 janvier dernier, le gouvernement a fait adopter une loi par la chambre basse du Parlement qui prévoyait que le recensement de la population, en vue d'inscrire l'ensemble des votants potentiels sur les listes électorales, serait un préalable à l'élection présidentielle. Poser ainsi un pré-requis à l'organisation de cette élection représente pour l'opposition politique un moyen utilisé par le pouvoir en place pour gagner du temps et repousser l'échéance électorale. Les opposants du gouvernement en place soulignent ainsi qu'un recensement électoral crédible prendra des années en RDC, un pays à la fois immense et où l'autorité de l'État est inégalement exercée.

Remplacement des F-16: la vision de la Défense nationale

En juin 2014, la Défense nationale a rédigé une demande d'information concernant le remplacement des F-16. Intitulé Air Combat Capability Successor Program Preparation Survey, ce document a été envoyé à cinq agences nationales, chacune responsable d'un programme aérien, afin de s'enquérir au sujet d’un successeur aux F-16. Bien qu'initialement confidentiel, le document avait été obtenu par la VRT qui, dans la foulée, avait soulevé le problème de la préférence de la Défense pour le F-35. À la suite de demandes de quelques parlementaires lors de la Commission de la Défense de la Chambre de ce 7 janvier 2015, le document a finalement été rendu public. À la lecture, on se rend compte que le problème dépasse le seul F-35. Ce document véhicule des représentations industrielles et sécuritaires qui méritent une analyse critique.

Crédit photo: Benjamin Vokar/GRIP

Monitoring de la stabilité régionale dans le bassin sahélien et en Afrique de l’ouest – octobre à décembre 2014

Ce monitoring trimestriel, publié par le GRIP depuis 2011, est réalisé dans le cadre d’un projet intitulé "Contribution à l’amélioration de la sécurité humaine, à la prévention des conflits et au renforcement de l’état de droit en Afrique sub-saharienne" financé par le ministère des Affaires étrangères du Grand-Duché du Luxembourg.

Ce monitoring a pour but de suivre la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest avec un accent plus particulier sur le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger et le Sénégal. Il se penche sur les questions de sécurité interne au sens large, les tensions régionales, la criminalité et les trafics transfrontaliers.  

Crédit photo : Centre de traitement du virus Ebola de Nzérékoré, en Guinée (source: UN Photo/Martine Perret - 9 janvier 2015)

L’industrie de défense indonésienne : la clef de la puissance ?

Depuis 2010, le gouvernement indonésien s’est engagé dans une ambitieuse stratégie de "revitalisation" et de développement de son industrie de défense. Entre optimisme économique, opportunités et contraintes politiques, enjeux stratégiques et défis opérationnels, la montée en gamme de l’industrie de défense indonésienne pose de nombreuses questions. Au travers du développement de l’industrie de l’armement, c’est toute la complexité de l’ "émergence" d’un pays et des stratégies d’influence de ses leaders qui s’impose. Cette Note fournit une introduction à une problématique multiple, dont les moteurs et lignes de fuite s’avèreront déterminants pour non seulement le comportement de l’Indonésie dans le commerce mondial des armements, mais aussi la stabilité en Asie-Pacifique.  

Crédit photo : Blindé "Badak" (rhino), développé par l’entreprise indonésienne PT Pindad, en collaboration avec le fabricant belge CMI (tourelle). 

Défi électoral au Burkina. L’UE face aux énigmes d’une transition

Cet article pourrait être résumé par un grand point d’interrogation, qui ne trouvera de réponse qu’en novembre 2015, lorsque la phase de transition que vit actuellement le Burkina Faso se sera conclue par des élections présidentielles, législatives et locales. Une transition courageuse, mais encore énigmatique, qui suscite autant d’espoirs que d’inquiétudes. Dans ce contexte incertain, l’Union européenne, traditionnel partenaire des processus de démocratisation africains, est appelée à procéder avec prudence et circonspection. Elle est comme un éléphant dans un magasin de porcelaine.

Crédit photo: compte Facebook du mouvement d'opposition burkinabé "le balai citoyen"

La gestion des espaces transfrontaliers au Sahel : entre espaces de vie et zones grises

Face à la dégradation de la situation sécuritaire dans l’espace Sahara-Sahel, consécutive à la crise libyenne, les espaces transfrontaliers ont fait l’objet d’une approche sécuritaire de la part d’acteurs régionaux et extra-régionaux. Deux visions s’affrontent : l’une envisageant la frontière comme une ligne figée censée être strictement contrôlée, véhiculée par les États et leurs partenaires extra-régionaux ; l’autre conférant aux espaces saharo-sahéliens et, plus précisément aux espaces transfrontaliers, des propriétés d’espaces dynamiques et ouverts, partagée par les populations locales, nomades, migrants, groupes armés irréguliers voire certains acteurs étatiques. 

Crédit photo : poste-frontière de Maghnia en Algérie (Magharebia / Licence creative commons)

La CBLT et les défis sécuritaires du bassin du lac Tchad

La CBLT constitue le principal cadre institutionnel pour une action concertée des pays riverains du lac Tchad, face à la montée de nouvelles menaces sécuritaires transfrontalières. L’activisme du groupe islamiste nigérian Boko Haram, dans l’État du Borno et dans les zones contiguës des États voisins du Nigeria, apparait comme l’une de ces menaces sécuritaires montantes, si elle venait à s’articuler aux autres formes d’insécurité déjà présentes dans la sous-région.  À savoir, les trafics d’armes, les vols à main armée, la contrebande de pétrole, le vol de bétail, etc. La situation qui prévaut dans l’État nigérian de Borno est en grande partie le fruit des inégalités sociales criantes, et la conséquence d’un désinvestissement de l’État, dans cette région excentrée du pays, pourvue pourtant d’importantes ressources arables et hydriques. Cette caractéristique structurelle, commune aux pays de la région et opposant un centre à une périphérie en déshérence, est facteur déterminant de vulnérabilité. 

Burkina Faso, une révolution portée par la jeunesse

Le 30 octobre 2014, à l’issue de quatre jours de mobilisation nationale, le président Blaise Compaoré a été contraint de démissionner. Deux semaines de négociations ont ensuite permis à l’armée, à l’opposition politique et à la société civile de s’entendre sur l’établissement d’une charte de transition ainsi que sur la nomination de l’ancien diplomate Michel Kafando à la tête du gouvernement intérimaire, jusqu’au scrutin présidentiel prévu pour le mois de novembre 2015. Plus qu’une crise politique conjoncturelle, cette période de mobilisation sociale renvoie à des dynamiques de contestation déjà anciennes et relevant de revendications socio-économiques profondément ancrées dans la société burkinabée. Porteuse de la mobilisation, la jeunesse dénonce notamment l’existence d’une fracture générationnelle, entrainée par la mainmise sur le pays des élites issues du coup d’État de 1987, ainsi que la récupération de la « révolution burkinabée » par les anciens cadres du régime.

(Photo: http://le-blog-sam-la-touch.over-blog.com/)

Les Mistral russes: un imbroglio évitable

En 2011, soit trois ans à peine après la crise russo-géorgienne qui faisait déjà craindre l’annexion d’un ancien territoire soviétique par la Russie, Moscou et Paris ont conclu une entente pour la livraison de deux bâtiments de projection et de commandement de classe Mistral (plus deux autres en option, qui ne seront vraisemblablement pas commandés). Le contrat d’une valeur de 1,2 milliard d’euros n’a pas manqué à l’époque de susciter les inquiétudes de plusieurs membres de l’OTAN, des Pays baltes aux États-Unis en passant par la Pologne et le Royaume-Uni.

Il s’agit en effet du plus important contrat d’armement jamais conclu entre un membre de l’Alliance et la Russie. La guerre en Ukraine et l’impossibilité de parvenir à un règlement diplomatique entre Kiev et Moscou ont accentué la pression sur Paris à un moment où la livraison du premier navire d’assaut amphibie, le Vladivostok, devait avoir lieu. C’est ce qui a poussé le président François Hollande à sursoir la livraison du matériel militaire. La saga des Mistral russes est donc loin de son épilogue...

Photo: www.defense.gouv.fr

SIPRI YEARBOOK 2014 - Armements, désarmement et sécurité internationale

Le SIPRI Yearbook est un recueil de données et d’analyses portant sur :

  • la sécurité et les conflits 
  • les dépenses militaires et l’armement
  • la non-prolifération, le contrôle des armements et le désarmement

Ce fascicule est le résumé de la 45e édition du SIPRI Yearbook, qui traite des évolutions en 2013 dans les domaines suivants :

Au vent mauvais : Comment la vente des Mistral à la Russie sape les efforts de l’Union européenne

En 2011, la France a conclu un contrat avec la Russie pour la livraison de deux navires d’assaut amphibie de classe Mistral avec une option pour l’achat de deux autres unités. Il s’agissait de la première grande vente d’armes à la Russie par un pays de l’OTAN. Bien que controversée dès son origine, la récente détérioration des relations avec la Russie en raison de la crise ukrainienne a remis sur le devant de scène médiatique la vente des Mistral, ce qui a été l’occasion pour la plupart des membres de l’Union européenne de rappeler leur opposition à cette livraison.

Des «balles vertes» toxiques? La question des munitions au tungstène

Dans le sillage de la guerre du Golfe de 1991, on apprenait que les forces armées américaines recouraient à des munitions fabriquées à partir d'uranium appauvri, un matériau à la fois bon marché et réputé pour sa dureté. Progressivement, témoignages et analyses mirent en doute l’innocuité de ce matériau après son usage. D'après ceux-ci, l'uranium appauvri s'avérait en fait extrêmement toxique et était responsable de maladies, y compris parmi les populations civiles. On se demanda alors s'il n'existait pas des liens entre la naissance de bébés difformes en Irak et le « syndrome de la guerre du Golfe » qui affecta des milliers de soldats et l'utilisation de projectiles contenant cette substance...

Crédit photo : Jean Skillman/US Army Environmental Command

Armée libanaise et Hezbollah: complémentarité, collusion ou subordination?

La scène politique et sécuritaire libanaise rassemble des acteurs aux objectifs variés, dont les jeux d’influence alimentent l’instabilité chronique dont souffre le pays du Cèdre. Dans ce contexte, le Hezbollah et l’armée libanaise entretiennent des relations complexes, oscillant entre complémentarité, collusion et subordination, selon les conjonctures. En s’articulant autour de quelques questions-clés, cette Note d’Analyse entend mettre en lumière leurs rapports de force afin d’évaluer les risques de détournements d’armes au Liban.

Enjeux d’une présidence Jokowi : réformes et relations civilo-militaires en Indonésie

Jusqu’en 1998, l’armée indonésienne avait une « double fonction » institutionnalisée dans l’appareil d’État (dwifungsi), lui conférant un rôle dans la sécurité du pays mais aussi dans son système politique et dans son économie. Depuis la chute de Suharto, le processus de démocratisation et de décentralisation de la vie politique a permis aux autorités civiles de reprendre la main. Cependant, l’armée conserve un pouvoir d’influence posant la question de la qualité de la démocratie indonésienne. L’élection de Jokowi en juillet 2014 a ouvert la voie à de nouvelles réformes que son prédécesseur n’avait pu mettre en place. La relation de Jokowi avec les autorités militaires sera dès lors un enjeu majeur de son mandat, dont l’évolution sera déterminante sur la capacité d’une Indonésie émergente à se donner les moyens de ses ambitions. 

Crédit photo : entraînement d’un commando de Kopassus, les forces spéciales de l'armée de terre indonésienne (source : Flickr/ Licence Creative commons)

Les Émirats arabes unis : plaque tournante du trafic illicite vers l’Iran

De nombreux cas de violations des sanctions émises à l’égard de l’Iran ont été recensés ces dernières années, ce qui appuie la thèse qu’en règle générale, les embargos sur les armes ne sont pas des instruments infaillibles de lutte contre la prolifération des armes. Il a en effet été démontré que les Émirats arabes unis (EAU) constituent une plaque tournante du trafic illicite d’armes et autre matériel militaire vers l’Iran. Les réseaux de prolifération utilisent des techniques de contournement variées qui rendent de plus en plus difficile la détection des transferts illicites. Ce commerce représente un danger aussi bien à l’échelle du Golfe qu’à l’échelle mondiale. Cette Note a pour objet de donner un aperçu des mécanismes de contournement des sanctions contre l’Iran dans les EAU et des initiatives du pays pour contrer ce phénomène.  

Crédit photo : Port de Jebel Ali (Source : idmifarra - Licence Creative Commons flickr)

Le traçage des armes sur les lieux de conflits: leçons et perspectives

Ces vingt dernières années, le traçage des armes illicites dans les zones de conflit a suscité un regain d’attention. Utilisée initialement dans le cadre d’embargos internationaux sur les armes, l’expertise dans ce domaine n’a cessé de croître en impliquant, outre les comités de sanctions mandatés par le Conseil de sécurité des Nations unies, des organisations non gouvernementales, des chercheurs indépendants et des journalistes d’investigation. Cette discipline s’étend aujourd’hui bien au-delà des pays visés par des embargos sur les armes.

Israël entre quatre murs: la politique sécuritaire dans l'impasse

«L’armée et la sécurité sont la véritable religion de ce pays», s’inquiète Gideon Levy, journaliste du Haaretz. Pour l’État d’Israël, la question du «vivre en sécurité» tourne, en effet, à l’obsession. Telle une «villa dans la jungle» ─ expression d’Ehoud Barak ─, il a développé une vraie culture de la forteresse assiégée. Pour se protéger, Israël se replie, s’enferme, mise sur sa force militaire, se lance dans des guerres préventives au nom de la «légitime défense», colonise les terres «incertaines» à ses frontières...

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