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Burundi: quel avenir pour les acquis d’Arusha?

Alors que le processus électoral de 2015 promettait d’être un test pour la consolidation de la démocratie burundaise, la situation de crise actuelle fait craindre une déshérence des principes issus de l’accord d’Arusha. Ce dernier avait posé les jalons d’une sortie de la guerre civile, par la mise en place d’un modèle consociatif de partage du pouvoir. Censé garantir la paix par le dépassement des antagonismes, ce modèle est aujourd’hui menacé par les dégradations intervenues ces dernières années et l’impasse politique actuelle née de la nouvelle candidature de Pierre Nkurunziza à la présidence du pays.

Crédit photo: Mission d'observation électorale des Nations unies au Burundi 

Sécurité maritime dans l'océan Indien: Quelles perspectives pour l’Union européenne?

Depuis 2008, l’Union européenne est à l’avant-garde de la lutte contre la piraterie dans la Corne de l’Afrique. Malgré les contraintes politiques et les défis opérationnels, l’Union et ses États membres ont pris la mesure des enjeux actuels en matière de sécurité et de sûreté maritime. L’océan Indien constitue une nouvelle étape dans l’engagement maritime européen, ainsi qu’un terrain intéressant pour démontrer la capacité de l’UE à être à la hauteur de son statut. À travers le développement de sa "puissance maritime", c’est l’ensemble de l’Union qui cherche à ne plus naviguer à vue.

Crédit photo: entraînements interalliés au large des côtes seychelloises, dans l'océan Indien (source: Marine nationale française)

Monitoring de la stabilité régionale dans le bassin sahélien et en Afrique de l’Ouest – avril à juin 2015

Ce monitoring trimestriel, publié par le GRIP depuis 2011, est réalisé dans le cadre d’un projet intitulé "Contribution à l’amélioration de la sécurité humaine, à la prévention des conflits et au renforcement de l’état de droit en Afrique sub-saharienne", financé par le ministère des Affaires étrangères du Grand-Duché du Luxembourg.

Il a pour but de suivre la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest avec un accent plus particulier sur le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger et le Sénégal. Il se penche sur les questions de sécurité interne au sens large, les tensions régionales, la criminalité et les trafics transfrontaliers. 

Crédit photo : Jacob Zocherman - CICR

Remember your humanity, and forget the rest

Ce 9 juillet 2015 marque le 60e anniversaire du Manifeste Einstein-Russell. Un avertissement sévère des plus éminents scientifiques en 1955, à l’initiative du mathématicien et philosophe Bertrand Russell et du physicien Albert Einstein, terrifiés par les dangers que représentaient pour la survie de l'humanité le développement des armes nucléaires.

C’est pourtant Albert Einstein lui-même, dont le pacifisme n’est pas à mettre en doute, qui alerta le président Franklin Delano Roosevelt, dès le 2 août 1939, de sa conviction que la fission nucléaire permettrait à l’Allemagne nazie de développer des bombes redoutables. Il relayait ainsi les inquiétudes de plusieurs autres physiciens, principalement des exilés hongrois dont Leó Szilárd et Edward Teller. Et sa mise en garde sera écoutée : Roosevelt lui répond le 19 octobre 1939 en le remerciant, et en l’informant de sa décision de réunir un comité au plus haut niveau de l’État.

C’est le point de départ du Projet Manhattan. ...

La Commission Dialogue Vérité et Réconciliation en Côte d’Ivoire : la réconciliation n’a pas eu lieu

À l’issue de la crise qui a suivi les élections présidentielles de 2010, le président Alassane Ouattara a mis en place une Commission dialogue vérité et réconciliation en Côte d’Ivoire. Au bout de trois années, cet instrument de justice transitionnelle a conclu ses activités par la remise d’un rapport aux autorités ivoiriennes le 15 décembre 2014. Des attributions trop ambitieuses et incomprises des populations et une incapacité à traduire par des politiques concrètes les discours prônant le besoin de rassemblement semblent ne pas avoir permis à cette institution de mener à bien la mission qui était la sienne, à savoir œuvrer à la réconciliation et renforcer la cohésion sociale.

(Crédit photo: Daniel Lopes - Côte d'Ivoire, septembre 2010)

Consultations nationales en République du Congo: une alternance incertaine

À un an des élections présidentielles de juin 2016, le président de la République du Congo Denis Sassou-Nguesso a annoncé, le 18 mai dernier, le lancement de consultations politiques nationales auxquelles a été convié l’ensemble des organisations politiques, civiles et religieuses du pays. Durant une dizaine de jours, des responsables et figures anciennes et actuelles de la politique congolaise se sont succédé dans les bureaux du chef de l’État, officiellement pour «évoquer la vie de la nation et de l’État», bien que la question du changement de Constitution imprègne les débats et les esprits. Seuls manquaient à l’appel les partis d’opposition qui ont qualifié la démarche de «mascarade» et redoutent que l’initiative ne serve à éluder le dialogue national, à légitimer un référendum sur le changement de constitution ou à assurer un apaisement temporaire avant les jeux africains de Brazzaville en juillet. Ces consultations annoncées à la hâte ont pris de court la classe politique congolaise et ont renforcé les interrogations quant au dessein du chef de l’État à moyen terme.

(Photo: https://lebrazzavillois.files.wordpress.com/2015/01/nguesso.jpg)

La posture régionale de l’Angola : entre politique d’influence et affirmation de puissance

La recomposition des dynamiques régionales africaines, au tournant des années 90 et au cours des années 2000, a consacré l’émergence de nouveaux pôles de puissance, et relancé la course au leadership, pour laquelle l’Angola, par la diversification de ses partenariats et alliances, semble en mesure de confirmer un nouveau rôle sur la scène africaine et internationale. Longtemps forcé de se concentrer sur les questions internes, par la guerre contre l’UNITA, l’Angola est sorti de son isolationnisme à la faveur des crises dans les deux Congo, dont la gestion a propulsé l’Angola au rang de puissance régulatrice régionale.

S’appuyant sur son statut stratégique, lié notamment à ses abondantes ressources pétrolières, ainsi que sur une politique extérieure dynamique et innovante, l'Angola entend s’affirmer comme un partenaire économique privilégié pour les partenaires extérieurs – puissances traditionnelles et pays émergents – en vue de son intégration dans l'économie mondiale. Cette politique d’émergence s’appuie également sur l’exploitation des opportunités que peut procurer à l’Angola, sa triple appartenance à la SADC, la CEEAC et la CPLP, à travers une participation active à la gestion des questions touchant à l'intégration régionale et à la paix et la sécurité, tant en Afrique australe, en Afrique centrale, dans le golfe de Guinée et dans l’espace lusophone.

Commémoration et sensibilisation à la problématique des armes nucléaires

Conférence organisée par la ville de Bruxelles, le 26 mai 2015.

La Conférence d’examen du TNP de 2015 et l’approche humanitaire du désarmement nucléaire.

"C’est un grand honneur pour moi d’être ici comme chercheur associé au sein du Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité. J’ai eu le privilège de naviguer à bord du Peace Boat, lors d’une semaine de conférences. J’ai rencontré de nombreux étudiants japonais et des Hibakushas, tel Monsieur Mitsuo Kodama, survivant de cette terrible journée du 6 août  1945. Son histoire est celle d’un jeune enfant, qui un matin a entendu un avion, vu ce flash de lumière et senti le souffle et la chaleur sur son corps. Il découvrit par la suite la destruction de son école et le décès de ses nombreux camarades. Malgré ses multiples blessures, il a survécu ; et n’a cessé depuis de transmettre son témoignage pour que le monde comprenne mieux pourquoi les armes nucléaires font partie des armes de destruction massive..."

(Crédit photo: Peace Boat)

La Coopération structurée permanente: la Belle au bois dormant de la défense européenne

Évoquer la "Coopération structurée permanente" (CSP) dans les cercles de pouvoir suffit généralement à provoquer des haussements d’épaule ou des soupirs de désillusion. Pourtant, c’est un acronyme que l’on entend beaucoup ces derniers temps à Bruxelles. Mais alors : qu’est-ce que vraiment la CSP ? Innovation majeure du Traité établissant une Constitution pour l’Europe, la CSP a été défigurée au moment de son incorporation dans le Traité de Lisbonne, au point d’être devenue illisible. Pour la comprendre il faut alors retrouver son esprit dans les travaux préparatoires qui menèrent à sa rédaction.

La CSP est, avec l’Agence européenne de défense et la clause de défense collective, l’un des trois éléments indissociables qui devaient donner naissance à une « Union européenne de sécurité et de défense », copie carbone de l’Union économique et monétaire européenne. Elle était censée s’appliquer de droit, avant l’élargissement. Elle ne l’a pas été. Pourtant le mécanisme est intact. Il n’a pas rouillé. Et pour le mettre en œuvre une seule condition suffit : le vouloir.

Crédit photo: GRIP/Ludovic Sultor-Sorel

Burundi : les conséquences d’un coup d’État manqué

Le putsch avorté du 13 mai dernier est intervenu après plus de deux semaines de manifestations dans les rues de Bujumbura et de violences policières qui ont fait plusieurs dizaines de victimes depuis l’annonce de la candidature de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat. L’absence du président, qui se trouvait en Tanzanie pour assister à un sommet régional des chefs d’État sur la situation de son pays, était propice à un coup de force.

(Crédit Photo: IWACU Burundi. Manifestation à Bruxelles de la diaspora burundaise)

L’UE, la CEDEAO et l’observation électorale en Afrique de l’Ouest

Quelque chose pourrait changer en Afrique de l’Ouest au cours des deux prochaines années. Le 28 mars 2015, l’un des pays les plus influents du continent a réussi son pari électoral, en se projetant vers une alternance démocratique pacifique et ordonnée. Il s’agit d’une première historique pour le Nigeria, État prépondérant au sein de la CEDEAO. Cette dernière, par ricochet, pourrait bénéficier des retombées positives de ce succès. Très active dans le domaine de l’observation électorale, l’autorité des missions que la CEDEAO déploie dans ce contexte auprès de ses membres sera désormais difficilement contournable. À l’heure où l’Afrique occidentale s’apprête à vivre huit autres consultations présidentielles en l’espace de deux ans, cet atout pourrait s’avérer particulièrement précieux. Un atout sur lequel l’UE, traditionnelle partenaire des transitions démocratiques africaines, devrait miser.

(Crédit photo: L'observateur principal Santiago Fisas suit les élections du 28 mars, à Abuja. EUEOM)

Fin de la mission EUPOL RD Congo: quelles perspectives sécuritaires à l’approche des élections?

La mission EUPOL RD Congo est arrivée à son terme en décembre 2014. Un mois plus tard, des manifestations à Kinshasa ont été violemment réprimées par les forces de l’ordre et ont mis en exergue les lacunes et les dysfonctionnements persistants de celles-ci. La présente note a donc pour double objectif de dresser un bilan de la mission EUPOL, en discutant notamment son caractère stratégique à la fois pour l’Union européenne et pour la RDC, et de dégager les perspectives sécuritaires dans un contexte pré-électoral tendu.

Crédit photo:  Jessica Hatcher/IRIN News

Remplacement des F-16: la construction d’un besoin en matière d’armement

Cette Note d’Analyse revient sur la question de l’opportunité du renouvellement des chasseurs-bombardiers de la composante air de la Défense belge, présentée comme une évidence dans l’accord de gouvernement 2014. La note met en exergue l’enracinement, dans le paysage politique belge, de représentations véhiculées par certaines structures industrielles et militaires ainsi que des discours stratégiques qui, tous, contribuent à la construction d’une perception de besoin en matière d’armement.

Crédit photo : cimetière d'avions de combat obsolètes dans une base de l’US Air Force en Arizona (source: Davis-Monthan Air Force Base)

Monitoring de la stabilité régionale dans le bassin sahélien et en Afrique de l’Ouest – janvier à mars 2015

Ce monitoring trimestriel, publié par le GRIP depuis 2011, est réalisé dans le cadre d’un projet intitulé « Contribution à l’amélioration de la sécurité humaine, à la prévention des conflits et au renforcement de l’état de droit en Afrique sub-saharienne » financé par le ministère des Affaires étrangères du Grand-Duché du Luxembourg.

Il a pour but de suivre la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest avec un accent plus particulier sur le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger et le Sénégal. Il se penche sur les questions de sécurité interne au sens large, les tensions régionales, la criminalité et les trafics transfrontaliers.  

Crédit photo: soldat nigérien de la MINUSMA en poste à Ménaka (Mali)
(source: MINUSMA/Marco Dormino)

Niger: cap sur 2016! Situation politique et sécuritaire à la veille des élections

Pour le Niger, 2016 sera une année électorale. La première transition démocratique depuis le coup d’État du 18 février 2010 sera l’occasion pour le président Issoufou de présenter son bilan. Les résultats sont en demi-teinte pour ce pays qui a été forcé de réaliser de grands investissements dans la défense pour faire face aux crises libyenne, malienne et nigériane. En plus des menaces externes qui engendrent une insécurité intérieure, le Niger est confronté au risque posé par le développement de l’économie criminelle, en particulier dans ses confins sahariens. Enfin, l’opposition politique, affaiblie et fragmentée, pourrait fragiliser la tenue pacifique des élections dans une situation où les autorités ont misé davantage sur la politique étrangère au détriment de la situation intérieure.

Crédit photo: inspection d'un Soukhoï SU-25 par le Président Issoufou (source: site de la présidence du Niger)

G5 Sahel: une simple organisation de plus?

Le 16 février 2014, les présidents de la Mauritanie, du Burkina Faso, du Mali, du Tchad et du Niger, réunis à Nouakchott, créaient le G5 du Sahel. Destiné, selon le communiqué final de la réunion, à coordonner les "politiques de développement et de sécurité des cinq États", il prend place dans une région où les organisations régionales sont déjà nombreuses, non sans donner parfois l’impression d’une cacophonie peu productive. Et pourtant, le chef d’état-major des armées françaises le qualifiait, le 7 octobre 2014, de "meilleure instance pour faire progresser la sécurité dans la région". Quant au Conseil de l’Union européenne (UE), il se félicitait de la mise en place de ce cadre de concertation. Les atouts de la nouvelle organisation sont en effet réels. De format réduit, dans un espace faisant géographiquement sens, épargnée par les luttes d’influence, portée par des acteurs locaux mobilisés autour de projets concrets et soutenus par leurs partenaires internationaux, elle cristallise les attentes et les espoirs en matière d’appropriation même si, derrière l’effet de mode, il lui faudra passer l’épreuve du temps.

La France et sa Bombe

Le 19 février 2015, le président Hollande  a prononcé un discours sur la dissuasion nucléaire. Cette prise de parole est une coutume, chaque président contribuant à promouvoir et à assurer la continuité de cette politique de dissuasion pour « faire en sorte que notre pays, bien après même que le Président ne sera plus en exercice, celui-là, ou un autre y sera, pour qu'il y ait cette continuité ». L’objectif était d’expliquer et d’affirmer cette politique de défense à nos alliés, nos possibles adversaires et la population française. Seul problème – et de taille –, il est à craindre que les États non dotés ne comprennent absolument pas un tel discours, à deux mois de la 9e Conférence d’examen du Traité de non-prolifération nucléaire…

Crédit Photo: A. Courtillat/Armée de l'air

Une version en néerlandais de cet éclairage a été publiée sur le site de Vrede: "Frankrijk en zijn bom

 

Armes nucléaires: et si elles ne servaient à rien? 5 mythes à déconstruire

«Ce sont les bombes sur Hiroshima et Nagasaki qui ont forcé le Japon à capituler»; «Les armes nucléaires nous protègent. Elles ont empêché la Guerre froide de dégénérer en guerre ouverte»; «la dissuasion nucléaire est efficace, il suffit de penser au blocus de Berlin ou à la crise des missiles de Cuba»; «De toute façon, il n’y a pas d’alternative, on ne peut pas désinventer la Bombe…»

Dissuasion nucléaire : l'obstination française

Depuis sa prise de fonction en mai 2012, le Président Hollande n’a jamais réalisé de discours sur la force de dissuasion nucléaire, alors que s’est établi un début de réflexion au Parlement, lors du vote de la Loi de programmation militaire 2014/2019. Pour la première fois à Istres ce jeudi 19 février 2015, le Président va donc présenter sa vision de la dissuasion nucléaire – néanmoins en partie définie dans une tribune à une époque où il n’était encore que simple prétendant à ce poste. Notons que cette intervention a lieu deux mois avant la 9e Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) qui se tiendra à l’ONU. Une conférence cruciale pour l’avenir du régime du TNP, où l’action et l’image de la France sont loin d’être vues comme très positives…

Crédit photo : sous-marin nucléaire lanceur d’engins de nouvelle génération - SNLE NG Le Vigilant (Jean-Marie Collin)  

Armes artisanales en RDC: Enquête au Bandundu et au Maniema

La République démocratique du Congo est connue pour sa grande prolifération d’armes de petit calibre. Cependant, dans cet immense pays, la situation varie considérablement d’une région à l’autre. Si les zones frontalières de l’Est – en particulier les deux Kivu et l’Ituri – connaissent des taux très importants de détention d’armes de guerre, importées d’autres pays et de fabrication industrielle, les autres régions du pays sont bien moins affectées par ce phénomène.

Quelle place occupe la Turquie sur les marchés de défense?

Parmi les membres de l’OTAN, la Turquie est probablement l’État confronté à l’environnement régional le plus volatile. Bordée par la mer Noire, la Méditerranée, le Caucase et l’Iran, frontalière d’États confrontés à des groupes terroristes ou en guerre – comme l’Irak, la Syrie et même le Liban – la Turquie est également aux prises avec un mouvement indépendantiste kurde comportant un volet armé.

Terrorisme et contre-terrorisme en Afrique centrale : quelle vision stratégique pour le Tchad et le Cameroun?

La poussée meurtrière de Boko Haram, dans les zones transfrontalières des pays riverains du Nigeria, s’inscrit dans des dynamiques antérieures de dégradation de la situation sécuritaire. Dans ces zones excentrées et en déshérence, la marginalisation économique et le désinvestissement des États, ont conduit progressivement à l’enracinement et au développement de certaines activités illicites,  ainsi qu’à des formes de violence dont le terrorisme n’est qu’une des variantes récentes. Aux effets du sous-développement et de la pauvreté, à l’insuffisance de l’analyse et aux contraintes politiques et économiques internes, ont succédé des réponses prioritairement sécuritaires, au Nigeria d’abord, et ensuite dans l’Extrême-Nord du Cameroun. L’impact de ces mesures reste aléatoire, sans que l’on observe pour autant, à court terme,un infléchissement des activités des groupes criminels dont la trajectoire transcende les limites frontalières des États. Les actions de Boko Haram bousculent les dispositifs de défense et de sécurité des pays de la région, et les appellent au renouvellement de leurs doctrines en matière de prévention, de gestion des risques et menaces, dont les menaces terroristes... 

3e conférence sur l’impact humanitaire des armes nucléaires, un nouveau cycle d’actions

Le processus des conférences sur l’impact humanitaire des armes nucléaires a connu une accélération entre mars 2013 (Oslo) et décembre 2014 (Vienne), ce qui marque une volonté des États non dotés d’armes nucléaires, appuyés par la société civile, de sortir de la léthargie qui régnait dans les forums onusiens du désarmement. La conférence de Vienne a consacré cet objectif : compléter le savoir déjà acquis dans les conférences précédentes et ouvrir de nouvelles perspectives pour combler le vide juridique existant.

La République démocratique du Congo vit-elle un scénario à la burkinabé?

La situation s'est brutalement tendue en République démocratique du Congo, où les manoeuvres du gouvernement en vue des prochaines élections présidentielles faisaient débat depuis plusieurs mois. Joseph Kabila, au pouvoir en RDC depuis l'assassinat de son père en 2001, a été élu en 2006 et 2011. Tandis que les élections de 2006 avaient mobilisé une très forte attention internationale et avaient notamment reçu un soutien très actif, financier et humain, de la part de l'Union européenne, les élections de 2011 avaient été entachées de davantage d'irrégularités.

Le second mandat du président Kabila arrivant au terme que lui fixe la Constitution l'année prochaine, des élections présidentielles devraient avoir lieu, auxquelles il ne devrait pas pouvoir se présenter. La Constitution établit en effet une limite de deux mandats présidentiels consécutifs. Les spéculations vont donc bon train depuis plusieurs mois autour d'une potentielle réforme de la Constitution par la majorité du président Kabila afin de permettre le maintien au pouvoir de ce dernier.

Dans la nuit du 17 au 18 janvier dernier, le gouvernement a fait adopter une loi par la chambre basse du Parlement qui prévoyait que le recensement de la population, en vue d'inscrire l'ensemble des votants potentiels sur les listes électorales, serait un préalable à l'élection présidentielle. Poser ainsi un pré-requis à l'organisation de cette élection représente pour l'opposition politique un moyen utilisé par le pouvoir en place pour gagner du temps et repousser l'échéance électorale. Les opposants du gouvernement en place soulignent ainsi qu'un recensement électoral crédible prendra des années en RDC, un pays à la fois immense et où l'autorité de l'État est inégalement exercée.

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