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Traité de non-prolifération nucléaire : l'échec de 2015 mènera-t-il au succès de la Première Commission ?

Les quatre semaines de la 9e conférence d’examen du Traité de non-prolifération nucléaire (dite "RevCon 2015"), du 27 avril au 22 mai 2015, se sont achevées dans la division. Personne ne remet en question que le TNP est la pierre angulaire du régime de non-prolifération. Mais le problème est qu’il n’est plus que cela : le pilier "désarmement nucléaire" est dans un état de mort clinique. 

Impact de la baisse du prix du pétrole sur les pays producteurs d’Afrique équatoriale

Sauf événement géopolitique majeur ou revirement soudain de la stratégie suivie par l’Arabie saoudite, le prix du pétrole ne devrait pas remonter durablement dans les prochains mois. Comme tous les pays exportateurs à travers le monde, les États producteurs d’Afrique équatoriale sont durement affectés par la chute du prix du pétrole et la réduction des recettes pétrolières depuis l’été 2014, même si le Cameroun, du fait de son économie plus diversifiée et de l’importance de son marché intérieur, est mieux armé pour y faire face.

Les gouvernements ont, pendant plusieurs mois, cherché à minimiser l’ampleur des ajustements budgétaires nécessaires, arguant que la baisse du cours du pétrole ne serait que temporaire. Au cours du premier semestre 2015, tous ont néanmoins dû admettre la nécessité de procéder à des révisions budgétaires se traduisant à la fois par une réduction importante des investissements publics (en particulier dans les projets d’infrastructures qui représentaient pourtant le fer de lance de leurs politiques de développement et de diversification de l’économie) et par une envolée du déficit budgétaire, qui devrait à terme entraîner une hausse (parfois très importante) de l’endettement de ces États. 

Élections ivoiriennes de 2015 : l’UE aurait-elle dû observer le scrutin ?

Si l’Afrique de l’Ouest reste la destination privilégiée des missions d’observation électorale de l’UE, les observateurs européens n’iront pas en Côte d’Ivoire pour les présidentielles prévues le 25 octobre 2015. Ils étaient pourtant sur place lors du scrutin précédent, en 2010. Aussi, cette décision en aura surpris plus d’un.

Pour appréhender les motivations d’un tel choix, cette note analyse trois aspects du processus électoral ivoirien : le fonctionnement de la Commission électorale indépendante, la rédaction de la liste électorale et la traçabilité des résultats. Ces trois prismes seront ensuite mis en adéquation avec les critères habituellement pris en compte par l’UE lorsqu’elle doit décider du déploiement d’une mission. L’objectif étant de déterminer si le choix de ne pas être présent en Côte d’Ivoire en 2015 est vraiment pertinent. 

Crédit photo : Lancement de l'opération de révision de la liste électorale à Yamoussoukro (source : CEI)

Monitoring de la stabilité régionale dans le bassin sahélien et en Afrique de l’Ouest – juillet à septembre 2015

Ce monitoring trimestriel, publié par le GRIP depuis 2011, est réalisé dans le cadre d’un projet intitulé "Contribution à l’amélioration de la sécurité humaine, à la prévention des conflits et au renforcement de l’état de droit en Afrique sub-saharienne", financé par le ministère des Affaires étrangères du Grand-Duché du Luxembourg.

Il a pour but de suivre la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest avec un accent plus particulier sur le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger et le Sénégal. Il se penche sur les questions de sécurité interne au sens large, les tensions régionales, la criminalité et les trafics transfrontaliers. 

(crédit photo : élections en Guinée, 10 septembre 2015, © guinee7.com)

 

SIPRI Yearbook 2015 (Résumé) - Armements, désarmement et sécurité internationale

Voici le résumé en français du SIPRI Yearbook 2015, un annuaire apprécié dans le monde entier par des politiciens, des diplomates, des journalistes, des académiques, des étudiants et des citoyens, comme une source fiable et indépendante de données et analyses sur l’armement, le désarmement et la sécurité internationale.

Le Burkina Faso et son armée mis au pas par le Régiment de sécurité présidentielle?

Depuis la chute de Blaise Compaoré le 31 octobre 2014 à la suite d’une révolte populaire, le Burkina Faso traverse une période politique turbulente, secouée par quatre tentatives du RSP de mettre fin à la transition. Cette fois en effet, le RSP est parvenu à perpétrer un coup d’État, mais il n’est pas sûr qu’il réussisse à mettre fin à ce régime. Si elle semble atypique, cette situation ne l’est pas vraiment si on se replace dans le contexte de l'évolution politique de ce pays depuis son indépendance.

Crédit photo : le chef de la junte, le général Gilbert Diendéré (source : capture d'écran d'une vidéo de France24)

Dimension humanitaire du désarmement nucléaire et danger nucléaire militaire en France

L’approche humanitaire est devenue centrale dans les discussions sur le désarmement nucléaire. Elle repose sur les risques de détonation d’une arme par un acte volontaire, accidentel ou malveillant. Des risques connus, puisque de nombreux cas ont été répertoriés aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Russie. La rareté de l’information en France semble être liée au culte du "secret défense", qui règne d’une manière générale sur le nucléaire militaire. Mais l’absence d'information officielle ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu d’accidents nucléaires militaires. Du reste, si les effets d’une détonation nucléaire sont largement partagés, cette approche est vivement critiquée par les diplomates et les think tanks français. Une critique qui porte à la fois sur les arguments et sur la finalité, qui est d'éliminer les armes nucléaires...

Crédit photo: Marine nationale / Alain Monot

Armes légères et nouvelles technologies : quels défis pour le contrôle des ALPC?

Les récentes évolutions technologiques offrent de nouvelles opportunités pour renforcer et étoffer les pratiques existantes en matière de marquage, d’enregistrement, de sécurisation et de traçage des armes légères et de petit calibre. Cependant, la technologie pose également d’importants défis pour les différents instruments et mécanismes de contrôle existants avec de possibles conséquences négatives pour l’action menée à l’échelle internationale en vue de prévenir et combattre le commerce illicite des armes légères. Cette Note d’Analyse vise à apporter un éclairage sur les récentes évolutions dans les domaines de la technologie, de la conception et de la fabrication des armes légères. Elle analyse également les implications sur le marquage, la conservation des données et le traçage efficace des armes, et considère l’utilisation effective des technologies et outils pertinents pour en renforcer l’efficacité. 

Crédit photo : pièces du pistolet en polymère "Liberator" produites par une imprimante 3D (source: Justin Pickard/Licence creative commons)

Contrôle des transferts d’armes en Afrique subsaharienne : leçons pour la mise en œuvre du TCA

Cette Note d’Analyse présente les principales conclusions et recommandations d’une étude menée dans dix pays d’Afrique francophone en vue d’identifier les défis posés par la mise en œuvre du Traité sur le commerce des armes. Elle fait le point sur les forces et les faiblesses des systèmes de contrôle des transferts d'armes de ces pays et souligne les éléments de contexte essentiels. Enfin, elle recommande des stratégies pour renforcer ces systèmes grâce à des mécanismes de coopération et d'assistance internationales...

Crédit photo: traçage d'ALPC en Côte d'Ivoire (source : GRIP/Mélanie De Groof)

Iran : quel avenir pour l’embargo sur les armes?

Le 14 juillet 2015, la République islamique d'Iran a conclu un accord sur la question du nucléaire avec le groupe E3/UE+3 (la Chine, les États-Unis et la Russie ; l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni, avec la Haute Représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité), mettant fin à plus de dix ans de négociations. Cet accord historique ouvre la voie à une levée de l’embargo des Nations unies sur les armes qui touche l’Iran. Dans le cadre de ce plan d'action global conjoint, l’Iran accepte de limiter sur le long terme son programme nucléaire en échange d’une levée des sanctions internationales qui frappent le pays...

Crédit photo: Licence Creative Commons / Iran Military Forum 

RDC : Filimbi, la nouvelle génération de citoyens qui ébranle le pouvoir

Décidée à faire entendre sa voix, la jeunesse africaine est en ébullition. Aux quatre coins du continent, des mouvements citoyens parviennent à embraser la société civile, jusqu’à faire tomber des pouvoirs en place. Symboles d’une nouvelle génération, leur leitmotiv est celui du respect de l’alternance démocratique, comme pilier de la démocratie. En 2012, "Y’en a marre" au Sénégal avait craqué l'allumette en s’engageant contre une troisième candidature du président Abdoulaye Wade. Deux ans plus tard, c’était au tour du "Balai citoyen" burkinabè de prendre part au soulèvement populaire qui a chassé le président Blaise Compaoré, après 27 ans au pouvoir...

Crédit photo: logo du collectif congolais Filimbi (sifflet en swahili)

Réfugiés burundais : des risques sécuritaires et fonciers pour la région

Depuis l’investiture de Pierre Nkurunziza comme candidat à l’élection présidentielle du parti CNDD-FDD le 25 avril dernier, le Burundi connait une spirale de violences caractérisées notamment par la tentative de renversement du pouvoir, la fermeture voire la destruction des médias privés, les manifestations souvent violemment réprimées, les enlèvements, les arrestations et les assassinats des manifestants de tous bords. Ce lot de violences a obligé près de 180 000 Burundais (selon les chiffres du 30 juillet de l’UNHCR) à s’exiler principalement dans trois pays voisins : à savoir la RDC, le Rwanda et la Tanzanie...

Crédit photo: engorgement de réfugiés à Kagunga, localité tanzanienne située près de la frontière burundaise,  sur les rives du lac Tanganyika (source: CICR/L. Kamau)

Le Congo-Brazzaville et le Rwanda dans la nouvelle géopolitique angolaise : entre hégémonie coopérative et équilibre des puissances

La politique extérieure de l’Angola à l’égard du Congo-Brazzaville et du Rwanda est symptomatique des mutations et de la recomposition des dynamiques politiques en cours dans la sous-région de l’Afrique centrale.

La gestion par l’Angola de sa situation de guerre civile, puis des crises survenues dans la région au cours des dix dernières années, a donné à l'Angola sa propre approche de résolution des conflits et forgé une tendance à cibler des partenariats qui priorisent ses propres intérêts nationaux.

Toutefois, les évolutions politiques récentes dans la sous-région – notamment la montée d’autres puissances prétendantes –, ainsi que la prise en compte du coût des cycles de conflits en Afrique centrale au cours de cette dernière décennie, semblent en partie questionner la viabilité des logiques de projection militaire, au profit d’un retour à la logique diplomatique et au multilatéralisme comme mode de renforcement de l'environnement sécuritaire régional.

Le Tchad : un hégémon aux pieds d’argile

Déjà reconnu pour sa contribution déterminante dans la lutte contre les djihadistes et groupes armés au nord du Mali, le Tchad a confirmé ses aspirations au leadership dans l’espace sahélien en s’appropriant la direction de la lutte contre les islamistes nigérians de Boko Haram, et en reléguant au second plan les géants nigérians et camerounais, pourtant nantis d’économies plus puissantes et plus diversifiées.

À l’instar d’autres puissances montantes de la sous-région, comme l’Angola ou le Rwanda, le Tchad adosse sa politique d’influence naissante sur deux leviers, la capacité de projection de son armée et le déploiement d’une diplomatie volontariste pour se positionner comme interlocuteur incontournable dans l’espace sahélien et en Afrique centrale.

Sa position stratégique, à la charnière des espaces géopolitiques et des systèmes de conflits (de la zone sahélo-saharienne à l’espace nilo-soudanais), sa stabilité relative – en dépit du caractère autoritaire de son régime politique –, ainsi que la qualité de ses forces armées, ont contribué à faire du Tchad, le pivot franco-américain d’une stratégie du contre-terrorisme dans la sous-région.

Les enfants victimes des conflits armés : pratiques et lutte en Afrique

La situation des enfants victimes des conflits armés est au centre des préoccupations de la communauté mondiale depuis plus de trois décennies. Seulement, le constat qui s’y dégage est que malgré les moyens déployés, le problème reste préoccupant à divers endroits du globe. En Afrique particulièrement, la montée en puissance des groupes armés terroristes crée une atmosphère d’insécurité généralisée pour les enfants qui sont enrôlés comme enfants soldats ou victimes de nombreux autres sévices. Face à ce fléau, les moyens de lutte déployés par l’Union africaine et les institutions sous régionales d’Afrique centrale et d’Afrique occidentale – les plus touchées sur le continent – suscitent la réflexion.

Crédit photo: centre de réhabilitation d’enfants soldats en Centrafrique (source: DG ECHO / Gregoire Pourtier)

L’accord iranien sur le nucléaire, une révolution géopolitique pour la région et pour le monde

Face à la montée des périls au Moyen-Orient, face au risque nucléaire régional, la communauté internationale a compris qu’il valait mieux faire de l’Iran un allié plutôt qu’un ennemi. Les alliés traditionnels des États-Unis – Israël, Arabie saoudite et pays du Golfe en tête – s’inquiètent d’un potentiel retour en grâce de leur ennemi perse. Avec la signature le 14 juillet 2015 de l’accord sur le nucléaire iranien, se tourne probablement pour un long moment une page douloureuse de l’histoire des relations entre le monde occidental et cette région. La transformation complète des relations qui pourrait s’opérer entre l’Iran et le reste du monde pourrait avoir autant d’importance que la main tendue par le président Nixon à Pékin en 1972. Et l’on sait aujourd’hui où cela a mené la Chine.

Crédit photo: Nojan Mansoory (Téhéran) / Licence creative commons 

Burundi: quel avenir pour les acquis d’Arusha?

Alors que le processus électoral de 2015 promettait d’être un test pour la consolidation de la démocratie burundaise, la situation de crise actuelle fait craindre une déshérence des principes issus de l’accord d’Arusha. Ce dernier avait posé les jalons d’une sortie de la guerre civile, par la mise en place d’un modèle consociatif de partage du pouvoir. Censé garantir la paix par le dépassement des antagonismes, ce modèle est aujourd’hui menacé par les dégradations intervenues ces dernières années et l’impasse politique actuelle née de la nouvelle candidature de Pierre Nkurunziza à la présidence du pays.

Crédit photo: Mission d'observation électorale des Nations unies au Burundi 

Sécurité maritime dans l'océan Indien: Quelles perspectives pour l’Union européenne?

Depuis 2008, l’Union européenne est à l’avant-garde de la lutte contre la piraterie dans la Corne de l’Afrique. Malgré les contraintes politiques et les défis opérationnels, l’Union et ses États membres ont pris la mesure des enjeux actuels en matière de sécurité et de sûreté maritime. L’océan Indien constitue une nouvelle étape dans l’engagement maritime européen, ainsi qu’un terrain intéressant pour démontrer la capacité de l’UE à être à la hauteur de son statut. À travers le développement de sa "puissance maritime", c’est l’ensemble de l’Union qui cherche à ne plus naviguer à vue.

Crédit photo: entraînements interalliés au large des côtes seychelloises, dans l'océan Indien (source: Marine nationale française)

Monitoring de la stabilité régionale dans le bassin sahélien et en Afrique de l’Ouest – avril à juin 2015

Ce monitoring trimestriel, publié par le GRIP depuis 2011, est réalisé dans le cadre d’un projet intitulé "Contribution à l’amélioration de la sécurité humaine, à la prévention des conflits et au renforcement de l’état de droit en Afrique sub-saharienne", financé par le ministère des Affaires étrangères du Grand-Duché du Luxembourg.

Il a pour but de suivre la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest avec un accent plus particulier sur le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger et le Sénégal. Il se penche sur les questions de sécurité interne au sens large, les tensions régionales, la criminalité et les trafics transfrontaliers. 

Crédit photo : Jacob Zocherman - CICR

Remember your humanity, and forget the rest

Ce 9 juillet 2015 marque le 60e anniversaire du Manifeste Einstein-Russell. Un avertissement sévère des plus éminents scientifiques en 1955, à l’initiative du mathématicien et philosophe Bertrand Russell et du physicien Albert Einstein, terrifiés par les dangers que représentaient pour la survie de l'humanité le développement des armes nucléaires.

C’est pourtant Albert Einstein lui-même, dont le pacifisme n’est pas à mettre en doute, qui alerta le président Franklin Delano Roosevelt, dès le 2 août 1939, de sa conviction que la fission nucléaire permettrait à l’Allemagne nazie de développer des bombes redoutables. Il relayait ainsi les inquiétudes de plusieurs autres physiciens, principalement des exilés hongrois dont Leó Szilárd et Edward Teller. Et sa mise en garde sera écoutée : Roosevelt lui répond le 19 octobre 1939 en le remerciant, et en l’informant de sa décision de réunir un comité au plus haut niveau de l’État.

C’est le point de départ du Projet Manhattan. ...

La Commission Dialogue Vérité et Réconciliation en Côte d’Ivoire : la réconciliation n’a pas eu lieu

À l’issue de la crise qui a suivi les élections présidentielles de 2010, le président Alassane Ouattara a mis en place une Commission dialogue vérité et réconciliation en Côte d’Ivoire. Au bout de trois années, cet instrument de justice transitionnelle a conclu ses activités par la remise d’un rapport aux autorités ivoiriennes le 15 décembre 2014. Des attributions trop ambitieuses et incomprises des populations et une incapacité à traduire par des politiques concrètes les discours prônant le besoin de rassemblement semblent ne pas avoir permis à cette institution de mener à bien la mission qui était la sienne, à savoir œuvrer à la réconciliation et renforcer la cohésion sociale.

(Crédit photo: Daniel Lopes - Côte d'Ivoire, septembre 2010)

Consultations nationales en République du Congo: une alternance incertaine

À un an des élections présidentielles de juin 2016, le président de la République du Congo Denis Sassou-Nguesso a annoncé, le 18 mai dernier, le lancement de consultations politiques nationales auxquelles a été convié l’ensemble des organisations politiques, civiles et religieuses du pays. Durant une dizaine de jours, des responsables et figures anciennes et actuelles de la politique congolaise se sont succédé dans les bureaux du chef de l’État, officiellement pour «évoquer la vie de la nation et de l’État», bien que la question du changement de Constitution imprègne les débats et les esprits. Seuls manquaient à l’appel les partis d’opposition qui ont qualifié la démarche de «mascarade» et redoutent que l’initiative ne serve à éluder le dialogue national, à légitimer un référendum sur le changement de constitution ou à assurer un apaisement temporaire avant les jeux africains de Brazzaville en juillet. Ces consultations annoncées à la hâte ont pris de court la classe politique congolaise et ont renforcé les interrogations quant au dessein du chef de l’État à moyen terme.

(Photo: https://lebrazzavillois.files.wordpress.com/2015/01/nguesso.jpg)

La posture régionale de l’Angola : entre politique d’influence et affirmation de puissance

La recomposition des dynamiques régionales africaines, au tournant des années 90 et au cours des années 2000, a consacré l’émergence de nouveaux pôles de puissance, et relancé la course au leadership, pour laquelle l’Angola, par la diversification de ses partenariats et alliances, semble en mesure de confirmer un nouveau rôle sur la scène africaine et internationale. Longtemps forcé de se concentrer sur les questions internes, par la guerre contre l’UNITA, l’Angola est sorti de son isolationnisme à la faveur des crises dans les deux Congo, dont la gestion a propulsé l’Angola au rang de puissance régulatrice régionale.

S’appuyant sur son statut stratégique, lié notamment à ses abondantes ressources pétrolières, ainsi que sur une politique extérieure dynamique et innovante, l'Angola entend s’affirmer comme un partenaire économique privilégié pour les partenaires extérieurs – puissances traditionnelles et pays émergents – en vue de son intégration dans l'économie mondiale. Cette politique d’émergence s’appuie également sur l’exploitation des opportunités que peut procurer à l’Angola, sa triple appartenance à la SADC, la CEEAC et la CPLP, à travers une participation active à la gestion des questions touchant à l'intégration régionale et à la paix et la sécurité, tant en Afrique australe, en Afrique centrale, dans le golfe de Guinée et dans l’espace lusophone.

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