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Contrôle des transferts d’armes en Afrique subsaharienne : leçons pour la mise en œuvre du TCA

Cette Note d’Analyse présente les principales conclusions et recommandations d’une étude menée dans dix pays d’Afrique francophone en vue d’identifier les défis posés par la mise en œuvre du Traité sur le commerce des armes. Elle fait le point sur les forces et les faiblesses des systèmes de contrôle des transferts d'armes de ces pays et souligne les éléments de contexte essentiels. Enfin, elle recommande des stratégies pour renforcer ces systèmes grâce à des mécanismes de coopération et d'assistance internationales...

Crédit photo: traçage d'ALPC en Côte d'Ivoire (source : GRIP/Mélanie De Groof)

Iran : quel avenir pour l’embargo sur les armes?

Le 14 juillet 2015, la République islamique d'Iran a conclu un accord sur la question du nucléaire avec le groupe E3/UE+3 (la Chine, les États-Unis et la Russie ; l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni, avec la Haute Représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité), mettant fin à plus de dix ans de négociations. Cet accord historique ouvre la voie à une levée de l’embargo des Nations unies sur les armes qui touche l’Iran. Dans le cadre de ce plan d'action global conjoint, l’Iran accepte de limiter sur le long terme son programme nucléaire en échange d’une levée des sanctions internationales qui frappent le pays...

Crédit photo: Licence Creative Commons / Iran Military Forum 

RDC : Filimbi, la nouvelle génération de citoyens qui ébranle le pouvoir

Décidée à faire entendre sa voix, la jeunesse africaine est en ébullition. Aux quatre coins du continent, des mouvements citoyens parviennent à embraser la société civile, jusqu’à faire tomber des pouvoirs en place. Symboles d’une nouvelle génération, leur leitmotiv est celui du respect de l’alternance démocratique, comme pilier de la démocratie. En 2012, "Y’en a marre" au Sénégal avait craqué l'allumette en s’engageant contre une troisième candidature du président Abdoulaye Wade. Deux ans plus tard, c’était au tour du "Balai citoyen" burkinabè de prendre part au soulèvement populaire qui a chassé le président Blaise Compaoré, après 27 ans au pouvoir...

Crédit photo: logo du collectif congolais Filimbi (sifflet en swahili)

Réfugiés burundais : des risques sécuritaires et fonciers pour la région

Depuis l’investiture de Pierre Nkurunziza comme candidat à l’élection présidentielle du parti CNDD-FDD le 25 avril dernier, le Burundi connait une spirale de violences caractérisées notamment par la tentative de renversement du pouvoir, la fermeture voire la destruction des médias privés, les manifestations souvent violemment réprimées, les enlèvements, les arrestations et les assassinats des manifestants de tous bords. Ce lot de violences a obligé près de 180 000 Burundais (selon les chiffres du 30 juillet de l’UNHCR) à s’exiler principalement dans trois pays voisins : à savoir la RDC, le Rwanda et la Tanzanie...

Crédit photo: engorgement de réfugiés à Kagunga, localité tanzanienne située près de la frontière burundaise,  sur les rives du lac Tanganyika (source: CICR/L. Kamau)

Le Congo-Brazzaville et le Rwanda dans la nouvelle géopolitique angolaise : entre hégémonie coopérative et équilibre des puissances

La politique extérieure de l’Angola à l’égard du Congo-Brazzaville et du Rwanda est symptomatique des mutations et de la recomposition des dynamiques politiques en cours dans la sous-région de l’Afrique centrale.

La gestion par l’Angola de sa situation de guerre civile, puis des crises survenues dans la région au cours des dix dernières années, a donné à l'Angola sa propre approche de résolution des conflits et forgé une tendance à cibler des partenariats qui priorisent ses propres intérêts nationaux.

Toutefois, les évolutions politiques récentes dans la sous-région – notamment la montée d’autres puissances prétendantes –, ainsi que la prise en compte du coût des cycles de conflits en Afrique centrale au cours de cette dernière décennie, semblent en partie questionner la viabilité des logiques de projection militaire, au profit d’un retour à la logique diplomatique et au multilatéralisme comme mode de renforcement de l'environnement sécuritaire régional.

Le Tchad : un hégémon aux pieds d’argile

Déjà reconnu pour sa contribution déterminante dans la lutte contre les djihadistes et groupes armés au nord du Mali, le Tchad a confirmé ses aspirations au leadership dans l’espace sahélien en s’appropriant la direction de la lutte contre les islamistes nigérians de Boko Haram, et en reléguant au second plan les géants nigérians et camerounais, pourtant nantis d’économies plus puissantes et plus diversifiées.

À l’instar d’autres puissances montantes de la sous-région, comme l’Angola ou le Rwanda, le Tchad adosse sa politique d’influence naissante sur deux leviers, la capacité de projection de son armée et le déploiement d’une diplomatie volontariste pour se positionner comme interlocuteur incontournable dans l’espace sahélien et en Afrique centrale.

Sa position stratégique, à la charnière des espaces géopolitiques et des systèmes de conflits (de la zone sahélo-saharienne à l’espace nilo-soudanais), sa stabilité relative – en dépit du caractère autoritaire de son régime politique –, ainsi que la qualité de ses forces armées, ont contribué à faire du Tchad, le pivot franco-américain d’une stratégie du contre-terrorisme dans la sous-région.

Les enfants victimes des conflits armés : pratiques et lutte en Afrique

La situation des enfants victimes des conflits armés est au centre des préoccupations de la communauté mondiale depuis plus de trois décennies. Seulement, le constat qui s’y dégage est que malgré les moyens déployés, le problème reste préoccupant à divers endroits du globe. En Afrique particulièrement, la montée en puissance des groupes armés terroristes crée une atmosphère d’insécurité généralisée pour les enfants qui sont enrôlés comme enfants soldats ou victimes de nombreux autres sévices. Face à ce fléau, les moyens de lutte déployés par l’Union africaine et les institutions sous régionales d’Afrique centrale et d’Afrique occidentale – les plus touchées sur le continent – suscitent la réflexion.

Crédit photo: centre de réhabilitation d’enfants soldats en Centrafrique (source: DG ECHO / Gregoire Pourtier)

L’accord iranien sur le nucléaire, une révolution géopolitique pour la région et pour le monde

Face à la montée des périls au Moyen-Orient, face au risque nucléaire régional, la communauté internationale a compris qu’il valait mieux faire de l’Iran un allié plutôt qu’un ennemi. Les alliés traditionnels des États-Unis – Israël, Arabie saoudite et pays du Golfe en tête – s’inquiètent d’un potentiel retour en grâce de leur ennemi perse. Avec la signature le 14 juillet 2015 de l’accord sur le nucléaire iranien, se tourne probablement pour un long moment une page douloureuse de l’histoire des relations entre le monde occidental et cette région. La transformation complète des relations qui pourrait s’opérer entre l’Iran et le reste du monde pourrait avoir autant d’importance que la main tendue par le président Nixon à Pékin en 1972. Et l’on sait aujourd’hui où cela a mené la Chine.

Crédit photo: Nojan Mansoory (Téhéran) / Licence creative commons 

Burundi: quel avenir pour les acquis d’Arusha?

Alors que le processus électoral de 2015 promettait d’être un test pour la consolidation de la démocratie burundaise, la situation de crise actuelle fait craindre une déshérence des principes issus de l’accord d’Arusha. Ce dernier avait posé les jalons d’une sortie de la guerre civile, par la mise en place d’un modèle consociatif de partage du pouvoir. Censé garantir la paix par le dépassement des antagonismes, ce modèle est aujourd’hui menacé par les dégradations intervenues ces dernières années et l’impasse politique actuelle née de la nouvelle candidature de Pierre Nkurunziza à la présidence du pays.

Crédit photo: Mission d'observation électorale des Nations unies au Burundi 

Sécurité maritime dans l'océan Indien: Quelles perspectives pour l’Union européenne?

Depuis 2008, l’Union européenne est à l’avant-garde de la lutte contre la piraterie dans la Corne de l’Afrique. Malgré les contraintes politiques et les défis opérationnels, l’Union et ses États membres ont pris la mesure des enjeux actuels en matière de sécurité et de sûreté maritime. L’océan Indien constitue une nouvelle étape dans l’engagement maritime européen, ainsi qu’un terrain intéressant pour démontrer la capacité de l’UE à être à la hauteur de son statut. À travers le développement de sa "puissance maritime", c’est l’ensemble de l’Union qui cherche à ne plus naviguer à vue.

Crédit photo: entraînements interalliés au large des côtes seychelloises, dans l'océan Indien (source: Marine nationale française)

Monitoring de la stabilité régionale dans le bassin sahélien et en Afrique de l’Ouest – avril à juin 2015

Ce monitoring trimestriel, publié par le GRIP depuis 2011, est réalisé dans le cadre d’un projet intitulé "Contribution à l’amélioration de la sécurité humaine, à la prévention des conflits et au renforcement de l’état de droit en Afrique sub-saharienne", financé par le ministère des Affaires étrangères du Grand-Duché du Luxembourg.

Il a pour but de suivre la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest avec un accent plus particulier sur le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger et le Sénégal. Il se penche sur les questions de sécurité interne au sens large, les tensions régionales, la criminalité et les trafics transfrontaliers. 

Crédit photo : Jacob Zocherman - CICR

Remember your humanity, and forget the rest

Ce 9 juillet 2015 marque le 60e anniversaire du Manifeste Einstein-Russell. Un avertissement sévère des plus éminents scientifiques en 1955, à l’initiative du mathématicien et philosophe Bertrand Russell et du physicien Albert Einstein, terrifiés par les dangers que représentaient pour la survie de l'humanité le développement des armes nucléaires.

C’est pourtant Albert Einstein lui-même, dont le pacifisme n’est pas à mettre en doute, qui alerta le président Franklin Delano Roosevelt, dès le 2 août 1939, de sa conviction que la fission nucléaire permettrait à l’Allemagne nazie de développer des bombes redoutables. Il relayait ainsi les inquiétudes de plusieurs autres physiciens, principalement des exilés hongrois dont Leó Szilárd et Edward Teller. Et sa mise en garde sera écoutée : Roosevelt lui répond le 19 octobre 1939 en le remerciant, et en l’informant de sa décision de réunir un comité au plus haut niveau de l’État.

C’est le point de départ du Projet Manhattan. ...

La Commission Dialogue Vérité et Réconciliation en Côte d’Ivoire : la réconciliation n’a pas eu lieu

À l’issue de la crise qui a suivi les élections présidentielles de 2010, le président Alassane Ouattara a mis en place une Commission dialogue vérité et réconciliation en Côte d’Ivoire. Au bout de trois années, cet instrument de justice transitionnelle a conclu ses activités par la remise d’un rapport aux autorités ivoiriennes le 15 décembre 2014. Des attributions trop ambitieuses et incomprises des populations et une incapacité à traduire par des politiques concrètes les discours prônant le besoin de rassemblement semblent ne pas avoir permis à cette institution de mener à bien la mission qui était la sienne, à savoir œuvrer à la réconciliation et renforcer la cohésion sociale.

(Crédit photo: Daniel Lopes - Côte d'Ivoire, septembre 2010)

Consultations nationales en République du Congo: une alternance incertaine

À un an des élections présidentielles de juin 2016, le président de la République du Congo Denis Sassou-Nguesso a annoncé, le 18 mai dernier, le lancement de consultations politiques nationales auxquelles a été convié l’ensemble des organisations politiques, civiles et religieuses du pays. Durant une dizaine de jours, des responsables et figures anciennes et actuelles de la politique congolaise se sont succédé dans les bureaux du chef de l’État, officiellement pour «évoquer la vie de la nation et de l’État», bien que la question du changement de Constitution imprègne les débats et les esprits. Seuls manquaient à l’appel les partis d’opposition qui ont qualifié la démarche de «mascarade» et redoutent que l’initiative ne serve à éluder le dialogue national, à légitimer un référendum sur le changement de constitution ou à assurer un apaisement temporaire avant les jeux africains de Brazzaville en juillet. Ces consultations annoncées à la hâte ont pris de court la classe politique congolaise et ont renforcé les interrogations quant au dessein du chef de l’État à moyen terme.

(Photo: https://lebrazzavillois.files.wordpress.com/2015/01/nguesso.jpg)

La posture régionale de l’Angola : entre politique d’influence et affirmation de puissance

La recomposition des dynamiques régionales africaines, au tournant des années 90 et au cours des années 2000, a consacré l’émergence de nouveaux pôles de puissance, et relancé la course au leadership, pour laquelle l’Angola, par la diversification de ses partenariats et alliances, semble en mesure de confirmer un nouveau rôle sur la scène africaine et internationale. Longtemps forcé de se concentrer sur les questions internes, par la guerre contre l’UNITA, l’Angola est sorti de son isolationnisme à la faveur des crises dans les deux Congo, dont la gestion a propulsé l’Angola au rang de puissance régulatrice régionale.

S’appuyant sur son statut stratégique, lié notamment à ses abondantes ressources pétrolières, ainsi que sur une politique extérieure dynamique et innovante, l'Angola entend s’affirmer comme un partenaire économique privilégié pour les partenaires extérieurs – puissances traditionnelles et pays émergents – en vue de son intégration dans l'économie mondiale. Cette politique d’émergence s’appuie également sur l’exploitation des opportunités que peut procurer à l’Angola, sa triple appartenance à la SADC, la CEEAC et la CPLP, à travers une participation active à la gestion des questions touchant à l'intégration régionale et à la paix et la sécurité, tant en Afrique australe, en Afrique centrale, dans le golfe de Guinée et dans l’espace lusophone.

Commémoration et sensibilisation à la problématique des armes nucléaires

Conférence organisée par la ville de Bruxelles, le 26 mai 2015.

La Conférence d’examen du TNP de 2015 et l’approche humanitaire du désarmement nucléaire.

"C’est un grand honneur pour moi d’être ici comme chercheur associé au sein du Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité. J’ai eu le privilège de naviguer à bord du Peace Boat, lors d’une semaine de conférences. J’ai rencontré de nombreux étudiants japonais et des Hibakushas, tel Monsieur Mitsuo Kodama, survivant de cette terrible journée du 6 août  1945. Son histoire est celle d’un jeune enfant, qui un matin a entendu un avion, vu ce flash de lumière et senti le souffle et la chaleur sur son corps. Il découvrit par la suite la destruction de son école et le décès de ses nombreux camarades. Malgré ses multiples blessures, il a survécu ; et n’a cessé depuis de transmettre son témoignage pour que le monde comprenne mieux pourquoi les armes nucléaires font partie des armes de destruction massive..."

(Crédit photo: Peace Boat)

La Coopération structurée permanente: la Belle au bois dormant de la défense européenne

Évoquer la "Coopération structurée permanente" (CSP) dans les cercles de pouvoir suffit généralement à provoquer des haussements d’épaule ou des soupirs de désillusion. Pourtant, c’est un acronyme que l’on entend beaucoup ces derniers temps à Bruxelles. Mais alors : qu’est-ce que vraiment la CSP ? Innovation majeure du Traité établissant une Constitution pour l’Europe, la CSP a été défigurée au moment de son incorporation dans le Traité de Lisbonne, au point d’être devenue illisible. Pour la comprendre il faut alors retrouver son esprit dans les travaux préparatoires qui menèrent à sa rédaction.

La CSP est, avec l’Agence européenne de défense et la clause de défense collective, l’un des trois éléments indissociables qui devaient donner naissance à une « Union européenne de sécurité et de défense », copie carbone de l’Union économique et monétaire européenne. Elle était censée s’appliquer de droit, avant l’élargissement. Elle ne l’a pas été. Pourtant le mécanisme est intact. Il n’a pas rouillé. Et pour le mettre en œuvre une seule condition suffit : le vouloir.

Crédit photo: GRIP/Ludovic Sultor-Sorel

Burundi : les conséquences d’un coup d’État manqué

Le putsch avorté du 13 mai dernier est intervenu après plus de deux semaines de manifestations dans les rues de Bujumbura et de violences policières qui ont fait plusieurs dizaines de victimes depuis l’annonce de la candidature de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat. L’absence du président, qui se trouvait en Tanzanie pour assister à un sommet régional des chefs d’État sur la situation de son pays, était propice à un coup de force.

(Crédit Photo: IWACU Burundi. Manifestation à Bruxelles de la diaspora burundaise)

L’UE, la CEDEAO et l’observation électorale en Afrique de l’Ouest

Quelque chose pourrait changer en Afrique de l’Ouest au cours des deux prochaines années. Le 28 mars 2015, l’un des pays les plus influents du continent a réussi son pari électoral, en se projetant vers une alternance démocratique pacifique et ordonnée. Il s’agit d’une première historique pour le Nigeria, État prépondérant au sein de la CEDEAO. Cette dernière, par ricochet, pourrait bénéficier des retombées positives de ce succès. Très active dans le domaine de l’observation électorale, l’autorité des missions que la CEDEAO déploie dans ce contexte auprès de ses membres sera désormais difficilement contournable. À l’heure où l’Afrique occidentale s’apprête à vivre huit autres consultations présidentielles en l’espace de deux ans, cet atout pourrait s’avérer particulièrement précieux. Un atout sur lequel l’UE, traditionnelle partenaire des transitions démocratiques africaines, devrait miser.

(Crédit photo: L'observateur principal Santiago Fisas suit les élections du 28 mars, à Abuja. EUEOM)

Fin de la mission EUPOL RD Congo: quelles perspectives sécuritaires à l’approche des élections?

La mission EUPOL RD Congo est arrivée à son terme en décembre 2014. Un mois plus tard, des manifestations à Kinshasa ont été violemment réprimées par les forces de l’ordre et ont mis en exergue les lacunes et les dysfonctionnements persistants de celles-ci. La présente note a donc pour double objectif de dresser un bilan de la mission EUPOL, en discutant notamment son caractère stratégique à la fois pour l’Union européenne et pour la RDC, et de dégager les perspectives sécuritaires dans un contexte pré-électoral tendu.

Crédit photo:  Jessica Hatcher/IRIN News

Remplacement des F-16: la construction d’un besoin en matière d’armement

Cette Note d’Analyse revient sur la question de l’opportunité du renouvellement des chasseurs-bombardiers de la composante air de la Défense belge, présentée comme une évidence dans l’accord de gouvernement 2014. La note met en exergue l’enracinement, dans le paysage politique belge, de représentations véhiculées par certaines structures industrielles et militaires ainsi que des discours stratégiques qui, tous, contribuent à la construction d’une perception de besoin en matière d’armement.

Crédit photo : cimetière d'avions de combat obsolètes dans une base de l’US Air Force en Arizona (source: Davis-Monthan Air Force Base)

Monitoring de la stabilité régionale dans le bassin sahélien et en Afrique de l’Ouest – janvier à mars 2015

Ce monitoring trimestriel, publié par le GRIP depuis 2011, est réalisé dans le cadre d’un projet intitulé « Contribution à l’amélioration de la sécurité humaine, à la prévention des conflits et au renforcement de l’état de droit en Afrique sub-saharienne » financé par le ministère des Affaires étrangères du Grand-Duché du Luxembourg.

Il a pour but de suivre la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest avec un accent plus particulier sur le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger et le Sénégal. Il se penche sur les questions de sécurité interne au sens large, les tensions régionales, la criminalité et les trafics transfrontaliers.  

Crédit photo: soldat nigérien de la MINUSMA en poste à Ménaka (Mali)
(source: MINUSMA/Marco Dormino)

Niger: cap sur 2016! Situation politique et sécuritaire à la veille des élections

Pour le Niger, 2016 sera une année électorale. La première transition démocratique depuis le coup d’État du 18 février 2010 sera l’occasion pour le président Issoufou de présenter son bilan. Les résultats sont en demi-teinte pour ce pays qui a été forcé de réaliser de grands investissements dans la défense pour faire face aux crises libyenne, malienne et nigériane. En plus des menaces externes qui engendrent une insécurité intérieure, le Niger est confronté au risque posé par le développement de l’économie criminelle, en particulier dans ses confins sahariens. Enfin, l’opposition politique, affaiblie et fragmentée, pourrait fragiliser la tenue pacifique des élections dans une situation où les autorités ont misé davantage sur la politique étrangère au détriment de la situation intérieure.

Crédit photo: inspection d'un Soukhoï SU-25 par le Président Issoufou (source: site de la présidence du Niger)

G5 Sahel: une simple organisation de plus?

Le 16 février 2014, les présidents de la Mauritanie, du Burkina Faso, du Mali, du Tchad et du Niger, réunis à Nouakchott, créaient le G5 du Sahel. Destiné, selon le communiqué final de la réunion, à coordonner les "politiques de développement et de sécurité des cinq États", il prend place dans une région où les organisations régionales sont déjà nombreuses, non sans donner parfois l’impression d’une cacophonie peu productive. Et pourtant, le chef d’état-major des armées françaises le qualifiait, le 7 octobre 2014, de "meilleure instance pour faire progresser la sécurité dans la région". Quant au Conseil de l’Union européenne (UE), il se félicitait de la mise en place de ce cadre de concertation. Les atouts de la nouvelle organisation sont en effet réels. De format réduit, dans un espace faisant géographiquement sens, épargnée par les luttes d’influence, portée par des acteurs locaux mobilisés autour de projets concrets et soutenus par leurs partenaires internationaux, elle cristallise les attentes et les espoirs en matière d’appropriation même si, derrière l’effet de mode, il lui faudra passer l’épreuve du temps.

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