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Transferts d’armes en Afrique subsaharienne : Au-delà des idées reçues

Un Su-30MK2 de la « Force de défense du peuple ougandais ». Source : Wikimedia Commons

S’il est vrai que les États d’Afrique subsaharienne sont avant tout des importateurs d’armements et que ces importations restent marginales à l’échelle mondiale, celles-ci semblent, depuis quelques années, en hausse et couvrent une palette d’armements conventionnels beaucoup plus large que les seules ALPC. De plus, ces États ne procèdent pas qu’à des importations : nombre d’entre eux agissent comme hub dans des transactions internationales, revendent des surplus de leurs stocks à des pays tiers ou cherchent à exporter le produit de leur industrie locale. Ainsi, ceux-ci se trouvent beaucoup plus « concernés » par le TCA que l’idée reçue décrite plus haut voudrait le faire croire ; malgré cela, les systèmes nationaux de contrôle des transferts restent souvent limités et en inadéquation avec les réalités actuelles du commerce des armes.

Ventes d’armes françaises à l’Égypte: les risques d’une coopération opportuniste

À deux périodes différentes de l’Histoire, la France a fait preuve de pragmatisme et d’opportunisme sur le marché de l’armement égyptien. Depuis 2010, le contexte semble lui être à nouveau favorable puisque le montant des commandes et du matériel livré par Paris au Caire ne cesse d’augmenter. Pourtant, ces ventes d’armes surviennent dans un contexte politique agité, lié à une instabilité croissante depuis la destitution du président Morsi à l’été 2013. Par conséquent, les risques et dérives liés à ces exportations sont nombreux. 

Crédit photo : Gonzalo Alonso / Dassault aviation / Licence Creative Commons

Libye : armes, embargo et diplomatie à l’ombre de la menace islamiste

Faut-il armer la Libye afin de faire face à la montée en puissance de Daech, si ce pays parvenait à former un gouvernement d’unité nationale ? Cette question en soulève immanquablement une série d’autres. Légales avant tout : quid des embargos onusien et européen auxquels la Libye est soumise ? Politiques ensuite : qui devrait être armé, et sous quelles conditions ? Militaires enfin : pourquoi encore des armes, alors qu’elles sont déjà tellement répandues dans le pays ? Autant de questions auxquelles cette Note tentera de répondre. 

Crédit photo : obus non explosé à Syrte (source : Christian Jacob Hansen, Danish Demining Group)

Dépenses militaires, production et transferts d'armes - Compendium 2015

Ce rapport présente une synthèse des principales statistiques relatives aux dépenses militaires mondiales, à la production et aux transferts internationaux d’armements conventionnels. Les données de ce rapport proviennent pour l’essentiel des banques de données du Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), éventuellement complétées par des statistiques socio-économiques d’Eurostat, de la Banque mondiale, d’agences des Nations unies ou de la presse spécialisée.

Le Conseil de Coopération du Golfe: un acteur central mais fragile

Alors que les monarchies du Golfe sont sous les feux des projecteurs au Yémen, quel est le rôle joué par l’organisme dans lequel elles sont regroupées – le Conseil de Coopération du Golfe (CCG) – dans la sécurité régionale ?

En regroupant les États d’Arabie saoudite, du Bahreïn, des Émirats arabes unis, du Koweït, du Qatar et de l’Oman, le CCG s’affirme comme un acteur central de la région tant au niveau de sa portée géographique que du niveau des dépenses militaires de ses membres, qui ont constitué plus de 50% du total de la région moyen-orientale ces cinq dernières années[1].

Créé en 1981 par six États du Golfe soucieux de se regrouper pour équilibrer les deux grandes puissances alors en guerre, Iran et Irak, le Conseil de Coopération du Golfe est dirigé par un Conseil suprême, réunissant les chefs d’État annuellement[2]. Il détermine la politique générale en vue de renforcer la coopération dans tous les domaines et progresser sur la voie d’une « unité » des États, qui passe d’abord par leur sécurité.

Néanmoins, le CCG reste marqué par un déséquilibre entre membres, avant tout démographique et militaire, en faveur de l’Arabie saoudite qui utilise ainsi le Conseil comme vecteur d’influence de sa propre politique étrangère. (Crédit photo: www.totalwartv.com)

La puissance aérienne en question. Contribution au débat sur le remplacement des F-16

L’objectif de cette analyse est d’offrir un contrepoint à la question du remplacement des chasseurs-bombardiers F-16 en Belgique. Beaucoup de critiques ont, à juste titre, mis en évidence les coûts relatifs à l’acquisition et à l’entretien de chasseurs-bombardiers. Cette question n’est cependant pas la seule à poser problème. De façon générale, les capacités techniques, tactiques et opérationnelles de ces appareils s’avèrent limitées, voire contre-productives. Autrement dit, en dépit de leurs coûts élevés, les chasseurs-bombardiers offrent une contribution globalement discutable en matière de politique de sécurité pour la Belgique.
(Photo: Les six F-16A belges sur la base d'Azraq en Jordanie. Source : ministère de la Défense, Composante Air)
 

Monitoring de la stabilité régionale dans le bassin sahélien et en Afrique de l’Ouest – octobre à décembre 2015

Ce monitoring trimestriel, publié par le GRIP depuis 2011, est réalisé dans le cadre d’un projet intitulé "Contribution à l’amélioration de la sécurité humaine, à la prévention des conflits et au renforcement de l’état de droit en Afrique sub-saharienne", financé par le ministère des Affaires étrangères du Grand-Duché du Luxembourg.

Il a pour but de suivre la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest avec un accent plus particulier sur le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger et le Sénégal. Il se penche sur les questions de sécurité interne au sens large, les tensions régionales, la criminalité et les trafics transfrontaliers.

Crédit photo : Visite de la MINUSMA à Anefis, au Nord-Mali, dans le cadre du processus de paix (source : Nations unies/Marco Dormino)

Ventes d’armes à l’Arabie saoudite: complicité de crime de guerre?

Un gouvernement qui vend des armes à – et soutient militairement – l’Arabie saoudite se rend‑il coupable de crime de guerre au Yémen ? La question se pose sérieusement aujourd’hui dans plusieurs pays occidentaux, à l’heure où l’Arabie saoudite est impliquée dans un conflit armé[1].

Accusée de violations flagrantes des droits de l’homme et du droit international humanitaire au Yémen, la monarchie saoudienne peut néanmoins compter sur un flot continu d’armes occidentales. Son appétit pour des armements (ultra)modernes « Made in Europe » et « Made in USA » ne semble pas diminuer. Elle en achète à tour de bras, pour des dizaines de milliards de dollars, et ce, depuis des années. Selon le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), le pays, qui compte à peine 30 millions d’habitants, est aujourd’hui le deuxième plus gros importateur d’armements majeurs au monde, avec des importations qui ont triplé sur cinq ans. Et avec 2 747 USD par tête en 2014, l’Arabie saoudite est le pays dont les dépenses militaires par habitant sont les plus importantes au monde. À titre de comparaison, les États-Unis ne dépensent « que » 1 912 USD par habitant (la moyenne, au sein de l’UE, est de 414 USD).

(Photo: Cockerill CT-CV 105HP. Canons gros calibre de fabrication wallonne qui équiperont des véhicules blindés canadiens destinés à la Garde nationale saoudienne. Source: CMI)

(PDF téléchargeable au bas de l'article)

Herstal : le piège de la privatisation

Vieille dame fêtant cette année son 127e anniversaire, la FN Herstal doit-elle s'attendre à un nouveau virage dans son histoire déjà mouvementée ? C'est possible, selon les informations diffusées ces derniers jours concernant un projet de rachat par un groupe d'investisseurs franco-américains. Mais une privatisation, même partielle, est-elle réellement souhaitable ? L’histoire et la nature du groupe ne plaide pas en ce sens.

Liégeoise, envers et contre tout

Créée en 1889 par des armuriers liégeois pour répondre à une commande de 150.000 fusils Mauser pour l'armée belge, la Fabrique nationale de Herstal restera quelques années sous le contrôle de l'Allemand Mauser avant de passer dans le giron de la Société Générale de Belgique après la Première Guerre mondiale[i].

Dans les années 1970, les nombreuses diversifications et acquisitions, notamment aux États-Unis, en feront le « Groupe FN » avec un premier bilan consolidé au 31 décembre 1978. Mais les difficultés ne tarderont pas, entrainant en 1989 la cession de la division aéronautique FN Moteurs (l'actuelle Techspace Aero) au motoriste français SNECMA et, l'année suivante, le retrait de la Société Générale de Belgique au profit du groupe Giat Industries, une entreprise de droit privé à capitaux publics détenue à 100% par le ministère français de la Défense. Le 31 décembre 1990, Giat Industries prenait le contrôle de 92% du Groupe FN, renommé Herstal S.A., tandis que la Région wallonne en conservait 8% seulement, mais avec un droit de veto sur les décisions stratégiques.

Changement politique et espace urbain en Afrique de l’Ouest

Depuis le début de la décennie en cours, l’Afrique de l’Ouest voit émerger en milieu urbain des modes de contestation sociale non inféodés aux systèmes partisans. Reposant sur des logiques de tensions générationnelles, ces mouvements ont été à la base d’alternances politiques au Burkina Faso et au Sénégal. Les motifs de cette contestation touchent principalement à la cherté de la vie, à l’amélioration des conditions de vie et aux enjeux de la gouvernance. Ces mouvements semblent en partie liés à un processus de sensibilisation politique ainsi qu’à une lente maturation associative urbaine. De plus, de très fortes inégalités sociales ou spatiales en milieu urbain entre, une élite mondialisée et une majorité paupérisée et « périphérisée » de la population, posent les germes d’un ressentiment antagonique. 
(Photo tirée du site leral.net)
 
 

Boko Haram : évolution de 2012 à aujourd’hui

Cette note présente les moments forts de l’évolution de Boko Haram depuis 2012, quand la formation djihadiste – initialement active surtout dans le nord-est du Nigeria – a étendu ses attaques à trois pays voisins, le Niger, le Cameroun et le Tchad.

Outre l’évolution des zones sous son contrôle, d’autres caractéristiques expliquent le développement de Boko Haram : structuration, tactiques, communication, alliance avec d’autres mouvements djihadistes, approvisionnement en armes, etc.

Une attention particulière est accordée à l’année 2015 qui marque un tournant dans l’existence du groupe armé. L’engagement accru des forces de sécurité de la région a entraîné une nette réduction de la zone sous son contrôle. Si sa capacité de nuisance paraît affaiblie, sa faculté d’adaptation devrait inspirer la prudence à ceux qui clament que Boko Haram est en voie d’éradication.

Crédit photo : capture d'écran d'une vidéo de propagande de Boko Haram

Conseil de coopération du Golfe, une politique de puissance en trompe-l’œil

Depuis l'effondrement du régime de Saddam Hussein en 2003, le Conseil de coopération du Golfe (CCG) est devenu le principal challenger de l'Iran sur la scène régionale. Porté par la montée en puissance militaire de l'Arabie saoudite, le CCG a développé une architecture de défense qui vise à garantir la stabilité des États membres ainsi qu'à contrer les éventuelles velléités de l’Iran d’étendre son influence dans la région. 

Mali: quels chantiers, quelles avancées?

Vendredi 20 novembre, des hommes armés attaquaient l’hôtel Radisson Blu à Bamako. Revendiqué successivement par Al-Mourabitoune et Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), puis par le Front de libération du Macina en coopération avec Ansar Eddine, cet attentat fait directement écho à l’évolution des groupes djihadistes et de leurs modes d’action depuis plusieurs mois. Par-delà toutefois cette actualité et les seules problématiques sécuritaires, cette note revient sur la situation générale dans le pays et les avancées réalisées depuis l’élection d’Ibrahim Boubacar Keita à la tête de l’État malien en août 2013. Plus précisément, outre la mise en œuvre de l’accord de paix signé en juin 2015, quatre chantiers sont abordés : la sécurité, le développement, les fractures internes et l’État.
Crédit photo : La Grande Mosquée de Djenné (source : Michele Alfieri / 123 RF)

Dépenses militaires en Asie orientale : conflits territoriaux et risques de dérapage

Depuis 1997, la montée en puissance chinoise a amené le niveau des dépenses militaires en Asie orientale à un niveau record, et tous les pays de la région ont beaucoup investi dans leurs marines respectives. Dans un contexte marqué par les tensions politiques et les disputes territoriales, ces dépenses posent-elles un risque pour la stabilité régionale ? Cette note délimite certaines composantes clés d’une ruée généralisée vers le domaine maritime en Asie orientale, et en conclut que les disputes territoriales ne font pas qu’élargir les limites du dilemme de sécurité régional ; elles en restructurent les termes sur une base plus volatile que jamais. 

Crédit photo : exercices maritimes entre les marines américaine et sud-coréenne (source : Aaron Shelley/ U.S. Navy)

 

Armes et diplomatie en Ukraine à l’ombre de la crise syrienne

Faut-il envoyer des armes en Ukraine, pour soutenir les autorités de Kiev face aux rebelles séparatistes pro-russes du Donbass, et donc face à la Russie? Depuis que l’Est ukrainien a sombré dans la guerre, les pays occidentaux divergent sur cette question. Le débat, alimenté par des concepts ambigus tels que celui d’«armes non létales» ou d’«armes létales défensives», apparait ainsi comme confus. 
Cette Note d’Analyse a pour objectif de faire le point sur ce qui est dit et ce qui est fait dans le cadre de ce dossier épineux, que la crise syrienne aura rendu encore plus compliqué.
(Photo:  Radar de contrebatterie AN/TPQ-36 Firefinder)
 

Les transferts d’armements de la Région wallonne en 2014. Synthèse du rapport annuel

L’année 2014 a vu les exportations wallonnes exploser et atteindre un nouveau record sur les dix dernières années, tandis que l’Arabie saoudite maintient sa place de client privilégié de la Région. Cet Éclairage fait une synthèse des principales informations sur les licences octroyées par le gouvernement wallon en 2014, ainsi que les destinations des armements produits en Wallonie.
En 2014, le montant total des licences d'exportations approuvées par le gouvernement wallon a atteint 4 306 299 198 EUR, soit une augmentation de 838 % par rapport à 2013 et un total plus de quatre fois supérieur au précédent pic de 2009. Il s’agit d’une nette rupture par rapport à la moyenne de la période 2004-2013. À elle seule, la valeur des licences accordées en 2014 représentent près de la moitié (42 %) du total de la valeur des licences accordées entre 2003 et 2014 . Seules trois licences d'exportations ont été refusées en 2014, portant sur trois destinations différentes à savoir le Kosovo, la Turquie et le Venezuela.
Quelque 444 licences d'importations ont été octroyées en 2014 pour un montant de 109 269 724 EUR, ainsi que 30 licences de transit représentant un total de 92 941 346 EUR. Aucune demande de licence d'importation ou de transit n'a fait l'objet d'un refus en 2014.
Crédit Photo: GDLS Canada
 
 

La question israélo-palestinienne et le partenariat euro-méditerranéen: Chronique d’un échec annoncé?

Le partenariat euro-méditerranéen avait suscité de nombreux espoirs de part et d’autre de la Méditerranée. Les accords n’ont pas été satisfaisants et ils se sont parfois avérés largement décevants au regard de leurs ambitions initiales. La Politique européenne de voisinage puis l’Union pour la Méditerranée n’ont pas été en mesure de revitaliser ce partenariat. Un certain nombre de défaillances l’ont déstabilisé dès son lancement. Dès lors, la relance du partenariat passe par l’identification de ces faiblesses et par la volonté politique d’y remédier. Une (la ?) pierre d’achoppement centrale continue d’être incarnée par le dossier israélo-palestinien. Le partenariat deviendra légitime s’il parvient à agir de manière crédible et efficace, en concertation avec les autres protagonistes internationaux, sur cette question centrale pour l’aire méditerranéenne – et au-delà – depuis plusieurs décennies.
(Photo: www.eeas.europa.eu - Federica Mogherini on official visit to Egypt)
 

Nouveau code minier au Burkina : de l’or au bénéfice de tous ?

Le Burkina Faso est considéré comme l’un des pays les plus pauvres du monde. Ses stratégies de développement sont essentiellement axées sur l’exploitation industrielle de ses ressources naturelles. La production aurifère est devenue, depuis 2009,  la principale source de croissance du pays, bien qu’elle n’ait pas réussi à amorcer le levier économique nécessaire à l’amélioration des conditions de vie des populations. Pour y remédier, le gouvernement de transition a adopté un nouveau Code minier en juin 2015. Cette note se penche sur l’évolution de ce secteur afin de déterminer dans quelle mesure les avancées de ce nouveau Code minier contribueront à faire de l’or le levier de développement socio-économique durable, ce qu’ambitionne le Burkina Faso à l’horizon 2025?

Objectif Bastogne : sur les traces des reporters de guerre américains

Hiver 44-45 : Ernest Hemingway et Martha Gellhorn parcourent les collines enneigées et ensanglantées des Ardennes. Walter Cronkite qui, dans les années 1960, sera surnommé "l’homme le plus digne de confiance de l’Amérique", informe pour United Press à partir de Luxembourg et d’Assenois. Le mythique Robert Capa fixe son objectif au plus près de l’action.

Une Bosnie sinistrée vingt ans après Dayton

Le 21 novembre 1995, un accord conclu sur la base étatsunienne de Dayton (Ohio) mettait fin à la guerre en Bosnie-Herzégovine. Vingt ans plus tard, si le pays a quasiment disparu des écrans des téléviseurs, il continue à vivoter dans le moule de l’accord, officiellement signé le 14 décembre à Paris.

Une des particularités de l’accord de Dayton est qu’il n’a pas été conclu par les trois factions qui se sont âprement combattues pendant trois années et demie. Si le président internationalement reconnu du pays, le Bosniaque Alija Izetbegović, l’a bien signé au nom de sa communauté, les Serbes et Croates bosniens ont été représentés par les présidents de deux pays voisins – certes impliqués dans le conflit – le Serbe Slobodan Milošević et le Croate Franjo Tudjman.

Crédit photo : Slobodan Milosevic, Alija Izetbegović et Franjo Tudjman (source : Jan Underwood/Dayton Daily News)

 

COP 21, ENMOD et le 6 novembre : la paix et la guerre pour enjeux

En 2001, l’Assemblée générale des Nations unies adoptait une résolution proclamant le 6 novembre « Journée internationale pour la prévention de l'exploitation de l'environnement en temps de guerre et de conflit armé ». À la veille de la 21e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), ou COP21, qui se tiendra du 30 novembre au 11 décembre 2015 sur le site de Paris-Le Bourget, cette célébration du 6 novembre est une belle occasion d’évoquer ce dont COP 21 ne parlera justement pas : l’impact des forces armées sur le changement climatique, en temps de paix comme en temps de guerre.

L’objectif de cet article n’est pas de démontrer pourquoi la militarisation galopante de notre planète est une cause majeure de la détérioration de nos écosystèmes. Ni de rappeler cette évidence que la guerre exerce une action intrinsèquement destructrice sur l’environnement. Pas plus que de nous interroger sur les raisons de la non-prise en compte de l’empreinte écologique des activités militaires[1]. En cette journée particulière, il est de rappeler que l’environnement, toujours victime collatérale des conflits et activités militaires, peut aussi devenir une arme en soi, et qu’il est urgent de nous préoccuper des instruments de droit qui s’attachent à prévenir ce risque.

La guerre, le droit et l’environnement

Le droit international humanitaire dispose de deux instruments principaux pour veiller spécifiquement à la protection de l'environnement en situation d'hostilités.  

La Tunisie : une exception menacée

La Tunisie fait office d’exception au sein d’un environnement régional en pleine décomposition. Près de cinq ans après sa révolution, elle dispose d’une Constitution progressiste émanant de compromis inédits entre des forces politiques aux intérêts finalement conciliables. En hommage au chemin parcouru depuis plus deux ans, quatre institutions issues de la société civile tunisienne viennent de recevoir le prix Nobel de la paix. Cette distinction hautement symbolique, saluant le travail d’un quartet hétéroclite érigé sur fond de crise politique, récompense le dialogue tunisien. Le pays doit cependant encore faire face à des obstacles majeurs. Il subit les répercussions du vide sécuritaire libyen et les manœuvres géopolitiques opaques de puissances régionales aux intérêts divergents. Quant au terrorisme, il gangrène son économie et tente de saper son élan démocratique. 

Crédit photo : Marche de la liberté à Tunis, en janvier 2012 (source : Amine Ghrabi / Licence Creative Commons)

Juger les multinationales. Droits humains bafoués, ressources naturelles pillées, impunité organisée.

Coca-Cola, Monsanto, Shell, Nestlé, Bayer, Texaco… : certaines marques sont associées à des scandales retentissants. Hydropiraterie en Inde, pesticides aux effets dévastateurs, exploitation pétrolière transformant le delta du Niger en désert écologique, drame du Rana Plaza au Bangladesh, enfants empoisonnés par le plomb au Pérou…, la liste est longue et plus qu’inquiétante.

L’accord sur le nucléaire iranien : décryptage

Ça y est, depuis la "date d’adoption" le 18 octobre 2015, l’accord sur le dossier nucléaire iranien est officiellement sur les rails. Mais ce document d’une centaine de pages peut se révéler un véritable casse-tête pour les non-initiés. Tentative de décryptage d’un accord complexe aux implications profondes et multiples pour le Moyen-Orient et la non-prolifération nucléaire...

Traité de non-prolifération nucléaire : l'échec de 2015 mènera-t-il au succès de la Première Commission ?

Les quatre semaines de la 9e conférence d’examen du Traité de non-prolifération nucléaire (dite "RevCon 2015"), du 27 avril au 22 mai 2015, se sont achevées dans la division. Personne ne remet en question que le TNP est la pierre angulaire du régime de non-prolifération. Mais le problème est qu’il n’est plus que cela : le pilier "désarmement nucléaire" est dans un état de mort clinique. 

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