Publications

Les 100 jours de Faustin-Archange Touadéra : défis de la RCA post-conflit

L’élection, en février 2016, de l’ancien Premier ministre Faustin-Archange Touadéra à la présidence de la Centrafrique, a marqué formellement la fin de la transition et le début de la phase de reconstruction du pays, après trois années de crise. Bien que la cause immédiate de la crise centrafricaine reste le coup de force perpétré en mars 2013, par la coalition des rebelles de la Séléka, contre le président François Bozizé, les facteurs explicatifs des cycles de crises en Centrafrique sont à situer dans l’héritage historique des coups de force et dans la fragilité structurelle de l’État centrafricain...

Monitoring de la stabilité régionale dans le bassin sahélien et en Afrique de l’Ouest : avril à juin 2016

Ce monitoring trimestriel, publié par le GRIP depuis 2011, est réalisé dans le cadre d’un projet intitulé "Contribution à l’amélioration de la sécurité humaine, à la prévention des conflits et au renforcement de l’état de droit en Afrique sub-saharienne", financé par le ministère des Affaires étrangères du Grand-Duché du Luxembourg.

Il a pour but de suivre la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest avec un accent plus particulier sur le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger et le Sénégal. Il se penche sur les questions de sécurité interne au sens large, les tensions régionales, la criminalité et les trafics transfrontaliers. 

Crédit photo : l'ex-ministre sénégalais de l’Écologie a dénoncé l'ampleur du trafic illégal du bois de vène en Casamance 

 

Le casse-tête des transferts d’armes à la Libye

Le débat relatif aux dérogations possibles prévues par l’embargo sur les armes contre la Libye a été plutôt confus au cours des derniers mois, à l’image de la situation politico-militaire du pays. Le 16 mai 2016, lors d’une réunion internationale des pays dits « amis de la Libye », la communauté internationale semblait convaincue : le moment était venu pour elle d’autoriser des transferts militaires vers le fragile gouvernement de Fayez el-Sarraj imposé par l’ONU en mars 2016. Objectif : permettre aux nouvelles autorités libyennes de rétablir l’ordre et, surtout, de combattre le terrorisme.

(Photo: A Streit Group Typhoon mine-resistant ambush protected vehicle (MRAP) seized by Greek customs officials in the port of Piraeus. The vehicles were reportedly bound for Libya, in breach of a UN arms embargo against the country. In total 16 vehicles were seized, including eight Typhoons. Source: Greek Public Revenue office)

Depuis, cette idée a été temporairement remise de côté. Le cours récent des évènements semble avoir tout à coup rappelé aux « amis de la Libye » que le gouvernement d’accord national de Sarraj n’est pas encore en mesure de s’imposer face aux multiples milices maîtresses du terrain. Les risques de détournement demeurent trop grands.

La partie n’est cependant que remise, car l’idée d’envoyer des armes au gouvernement légitime libyen n’est en réalité pas nouvelle. Au contraire, elle est aussi vieille que la crise, qui a éclaté en 2011.

Quand la France ne fait plus rêver : l’exemple du Niger

Ce document est la Note d’actualité n°38 (juin 2016), propriété de l’Institut Thomas More (avec le soutien de la DGRIS). Reproduction par le GRIP avec l’aimable autorisation de son auteur, Antonin Tisseron.

Le Niger, pays particulièrement exposé à la menace jihadiste qui pèse sur la bande sahélo-saharienne, est généralement considéré en France comme un partenaire fiable et conscient des enjeux sécuritaires. Pris en étau entre la mouvance AQMI à l’Ouest, les conflits libyens et l’État islamique au Nord ainsi que les attaques de Boko Haram au Sud, les autorités ont entrepris d’augmenter les effectifs des forces armées tandis que plusieurs tentatives d’attentats étaient déjouées dans le pays. Vue du Niger cependant, hors des alcôves du pouvoir, la relation franco-nigérienne est marquée depuis quelques années par une nette dégradation. Et si cette dernière n’est pas inexorable, elle ne saurait être négligée. D’autant que le Niger ne fait pas exception.

Crédit photo : Wikimedia Commons/Jean Rebiffé/Niamey from the sky

RD Congo, régionalisme et équilibres géopolitiques : les enjeux du nouveau découpage territorial

Le 9 janvier 2015, le Parlement congolais adoptait la loi relative au redécoupage du pays en 26 provinces, contre 11 initialement. Bien que cette réforme figure dans la Constitution de 2006, sa mise en œuvre aura attendu près de dix ans, et intervient dans un contexte de tensions politiques, à moins d’une année de la fin du deuxième et dernier mandat constitutionnel du président Joseph Kabila. Parallèlement à la mise en œuvre du processus de découpage territorial, le Parlement congolais avait également apporté un amendement à la loi électorale, visant à subordonner la tenue des prochaines élections présidentielles – théoriquement programmées pour novembre 2016 – à l’organisation d’un recensement préalable de la population. La mesure sera retirée suite aux violentes manifestations populaires survenues entre les 19 et 23 janvier 2015, contre ce qui est alors apparu à une partie de l’opinion et à l’opposition, comme une « tentative de modification » du calendrier électoral, en vue de maintenir le président sortant au pouvoir au-delà des délais constitutionnels...

La défense européenne face au Brexit

Que ce soit vis-à-vis de l’Allemagne nazie, de l’Union soviétique ou… de l’intégration européenne, Winston Churchill a toujours su voir plus loin que ses contemporains. De manière vague et imprécise, certes, mais sincère néanmoins, il souhaitait que l’Europe continentale évolue à terme vers une véritable fédération. Il évoquera même le terme d’États-Unis d’Europe à ce propos. Car Churchill aimait l’Europe, et parlait volontiers de civilisation européenne, dont le nazisme constituait à ses yeux la négation.
Mais Winston Churchill ne pensait pas que le Royaume-Uni devait participer à ce processus d’intégration politique qu’il souhaitait pour le reste du continent. Sans doute voyait-il son pays comme un pont au milieu de l’Atlantique, reliant une Europe unie aux États-Unis, dans le cadre d’une relation transatlantique forte et solidaire. 
Même mort, Churchill continue à voir plus loin que les générations qui lui ont succédé. Car c’est bien ce chemin-là que l’Europe doit prendre à présent. L’UE ne doit pas adopter une attitude punitive vis-à-vis du Royaume-Uni, mais elle doit relancer, parallèlement, le processus d’intégration politique du Vieux Continent. En commençant par la politique étrangère, de sécurité et de défense commune, qui moisit dans les couloirs de Bruxelles depuis des années.
Européens et Britanniques sont destinés à rester côte à côte face aux grands défis sécuritaires internationaux. Mais pas nécessairement dans le cadre de l’UE, pas forcément dans ses structures.

Gérer l’après Compaoré: réflexion sur "la politique ivoirienne" du nouveau pouvoir burkinabè

La chute du régime Compaoré au Burkina Faso en octobre 2014 a entrainé un changement dans la politique étrangère de ce pays. Un des enjeux pour le Burkina post-Compaoré est de maintenir son influence diplomatique régionale. La tension avec la Côte d’Ivoire, consécutive au mandat d’arrêt contre Guillaume Soro, constitue à cet égard un test pour le nouveau président Roch Kaboré. Face à des craintes de déstabilisation de la part du pouvoir ivoirien, le président Kaboré doit concilier la quête de justice des Burkinabè avec les impératifs de la paix avec son voisin, décidé à reprendre sa position de puissance régionale. Malgré l’option officielle pour un règlement à l’amiable du contentieux, il est à craindre que les luttes de pouvoir internes dans les deux pays ébranlent à terme la stabilité de l’axe Abidjan-Ouagadougou.

(Crédit photo: commons.wikimedia.org - Président Roch Marc Christian Kaboré)

Démantèlement des armes et bâtiments nucléaires : terrifiant héritage pour les générations futures

Dans le cadre des accords de désarmement, ou en raison de leur obsolescence, un grand nombre d’armes nucléaires et bâtiments nucléaires – en particulier des sous-marins à propulsion nucléaire – doivent être démantelés. Tous les pays font face au même défi : les contraintes sécuritaires et environnementales de l’entreposage pour une très longue période de matières fissiles et de matériaux radioactifs en grandes quantités. La filière économique nouvelle que pourraient générer ces activités, à Brest par exemple, ne peut faire oublier la charge terrifiante que quelques décennies de "croyance" dans la dissuasion nucléaire font peser sur les générations futures...

Crédit photo : Le SNLE "Le Terrible" lors de sa sortie du hall de construction (DCNS)

Côte d’Ivoire, la voie étroite vers la réconciliation

La réconciliation demeure un chantier fondamental pour la consolidation de la paix en Côte d’ivoire. Conscient de cela, Alassane Ouattara a affirmé dès sa réélection en octobre 2015 vouloir relever en premier lieu ce défi. Pour ce faire, il sera sans doute nécessaire de stabiliser le jeu politique et lever les obstacles persistants à la cohésion sociale parmi lesquels la question du foncier. Mais il faudra surtout mettre fin à la perception d’une "justice des vainqueurs" alimentée par le fait que les poursuites judiciaires ne visent pour l’instant que Laurent Gbagbo et ses partisans et ce, de façon quasi-exclusive...

Crédit photo : Le Gri-Gri international

Dépenses militaires et importations d’armes dans cinq États ouest-africains

La présente note est consacrée à l’évolution des dépenses militaires et aux achats d’armes de la dernière décennie de cinq pays francophones d’Afrique de l’Ouest : le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger et le Sénégal. Aucun de ces pays ne peut être considéré comme une grande puissance, mais la plupart d’entre eux ont récemment choisi la voie d’un net renforcement de leur potentiel militaire, apparemment en riposte aux menaces terroristes et sécessionnistes qui secouent la sous-région. Sans trancher sur le bien-fondé d’une réponse militaire à ce type de menaces, la note tente de fournir un éclairage sur la quantité de ressources affectées à la défense et la sécurité, en les comparant dans la durée et au regard des dépenses affectées aux besoins sociaux des populations de ces pays.
 
Crédit photo : Soldat malien -  AFP/Sia Kambou

Les missiles iraniens de la discorde

Le 9 mai 2016, un missile balistique d’une portée de 2 000 km est lancé par Téhéran[1]. Deux mois auparavant, un Qiam (d’une portée de 750 km) et un Ghadr-1 (d’une portée de 1 600 km) étaient testés par les Gardiens de la révolution. Depuis 2010, ce sont des dizaines de tirs d’essais qui ont été réalisés par la République islamique[2].
La légalité de ces tirs divise l’union éphémère des pays négociateurs du Plan d’action global conjoint (JCPOA) signé il y a près d’un an et met en lumière la présence de véritables enjeux de langage dans le texte de l’accord. La question de la survie du JCPOA se pose donc à mesure qu’augmentent les pressions internes et externes pesant sur les États-Unis.

La paix et la sécurité au sommet de l’UEMOA

Le 5 juin prochain se tiendra à Dakar le sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union économique monétaire ouest-africaine (UEMOA). Parmi les sujets qui y seront abordés figure celui de la paix et de la sécurité dans l’espace UEMOA[1], en l’occurrence la problématique de la lutte contre le terrorisme, ainsi que 18  mesures potentielles en faveur de l’intégration régionale. Cela traduit un développement majeur dans le champ de compétences de l’UEMOA, une organisation à caractère essentiellement économique, et d’autant plus que d’autres organisations sous-régionales jouissent d’une expertise sur cette thématique. Certes, l’espace UEMOA est concerné par la menace terroriste, mais il faut qu’il veille à ce que le volet sécuritaire ne le détourne pas de sa vocation originelle.

(Crédit photo: Sputniktilt - Le siège local de l'UEMOA, à Ouagadougou, Burkina Faso)

Contrôle de l'utilisation finale des armes: pratiques et perspectives

Les autorités chargées d’octroyer les licences d’exportation d’armes sont dans une situation peu enviable. Elles doivent assumer une énorme responsabilité chaque fois qu’elles reçoivent une demande d’autorisation de transfert d’un certain type et d’un certain volume de matériel ou de technologies militaires à un utilisateur final situé dans un pays destinataire particulier. Tout refus de leur part empêche un entrepreneur situé sur leur territoire de fournir le matériel contrôlé à un client étranger et constitue au minimum un préjudice commercial pour l’entrepreneur concerné, tandis que toute autorisation de transfert entraîne un risque potentiel de mauvaise utilisation du matériel...

Containing diversion: arms end-use and post-delivery controls

Arms transfer control authorities are in an unenviable position. Great responsibility is implied in each decision they make regarding the authorisation of the export of certain types and volumes of military goods or technology. A decision to deny the requested transfer licence prevents a company from supplying a customer abroad and is bad for business, while a decision to authorise the transfer might result in the goods being used for ill. In an ideal world, arms export control authorities would have at their disposal accurate end-use documentation allowing them to judge whether the intended use is in line with the exporting country’s national laws, as well as regional and international conventional arms control arrangements...

Contrôle des armes légères et de petit calibre au Sénégal: pratiques et enjeux

En Afrique de l'Ouest, où l'on observe une persistance des groupes armés et un développement du terrorisme djihadiste, la prolifération et la circulation illicite des armes légères et de petit calibre (ALPC) demeurent un enjeu sécuritaire majeur. Malgré le conflit de basse intensité en Casamance et la présence d'une criminalité armée dans certaines zones du pays, le Sénégal apparaît comme l'un des pays les moins affectés par la violence armée dans la sous-région. Outre la bonne gouvernance du Sénégal, limitant les motifs de confrontations armées, les différentes mesures en matière de contrôle des ALPC prises par ce pays peuvent aussi expliquer ce résultat. Cette note se penche sur la problématique des ALPC au Sénégal et se propose d'analyser les initiatives et les mesures de contrôle dans ce domaine.
(Crédit photo: Oeil d'Afrique.com-Trafic d’armes: Le Sénégal traîne le pas pour sa ratification)

 

 

Le Centre du Mali: épicentre du djihadisme?

La multiplication d’épisodes violents dans le centre du Mali, depuis la moitié de l’année 2015, démontre à quel point la paix reste fragile dans ce pays. La signature des accords pour la paix et l’amorce d’un processus de réconciliation ont certes marqué une avancée pour le gouvernement, mais la stabilité demeure précaire dans les régions Centre et Nord. En l’absence de l’autorité étatique, des groupes hétéroclites, se réclamant d’un mouvement djihadiste dont ils ignorent même le nom, dictent leur loi et se vengent de leurs adversaires/ennemis dans le centre du Mali. Ainsi dans le Macina, des pasteurs transhumants, ne voulant plus se soumettre aux règles établies par leurs chefs traditionnels (dioros) cautionnées par l’administration pour l’exploitation des pâturages, se sont armés et ont décidé de ne plus payer de taxes pour avoir accès aux bourgous (plantes fourragères). Le djihad apparaît, ainsi, comme une simple option instrumentale en vue d’objectifs autres que la diffusion de la foi rigoriste.

(Photo: Participants au forum de Dewral Pulaaku au campement peul de Serma (Douentza). Crédit: B. Sangaré, octobre 2014)

Les embargos sur les armes, sanctions en faveur de la paix et la sécurité

Le Traité sur le commerce des armes (TCA), entré en vigueur en décembre 2014, rappelle aux États parties leurs obligations en matière de respect des embargos sur les armes : aucun État ne doit autoriser un transfert d’armes classiques en violation d’un embargo sur les armes des Nations unies. Le GRIP maintient à jour une base de données des embargos décidés depuis 2000, destinée aux autorités compétentes en matière d’octroi des licences d’exportation d’armes ainsi qu’à la société civile dans son ensemble, et qui vise à contribuer au respect des dispositions du TCA. Créée avec le soutien de la Région wallonne, cette base de données cherche à présenter un instantané le plus complet possible des mesures qui touchent un pays : utilisateurs et types d’équipements concernés, modalités d’exemptions et actes juridiques instaurant les mesures...

 

Les élections au service du présidentialisme: les cas du Cameroun, Gabon, République du Congo et Guinée équatoriale

Les systèmes présidentiels ne se caractérisent pas uniquement par l’élection directe du chef de l’État, ni par le rôle prédominant de celui-ci sur le pouvoir exécutif. Le principal élément constitutif de ce type de régime réside dans une stricte séparation des pouvoirs, notamment et surtout entre les branches législative et exécutive. Dans ce contexte, le terme « présidentialisme » est utilisé le plus souvent avec une connotation péjorative. Il désigne une variante, voire une dégénérescence du régime présidentiel, dans la mesure où les équilibres institutionnels sont rompus au profit du chef de l’État. Celui-ci domine les pouvoirs législatifs et judiciaires, ainsi que l’administration de l’État, les forces de sécurité (armée et police) et les structures préposées à l’organisation des élections. Ces dernières deviennent dès lors une simple formalité devant conférer une légitimité démocratique fictive au pouvoir préexistant. Ainsi, le terme de « démocrature » est souvent associé au concept de « présidentialisme », dans le but de dénoncer la nature dictatoriale d’un régime camouflé sous les habits d’une démocratie.

À la lumière d’une telle définition, plusieurs États d’Afrique francophone pourraient être qualifiés de présidentialistes. Parmi eux, figurent les quatre pays d’Afrique équatoriale qui seront analysés dans cette Note : le Cameroun, le Gabon, la Guinée équatoriale et la République du Congo (Congo-Brazzaville). Dans ces pays, le présidentialisme est souvent associé à une forme de paternalisme, le président étant en quelque sorte le père de la nation. Certains auteurs n’hésitent pas, à ce propos, de parler de « présidentialisme paternaliste » ou de « paternalisme institutionnel ». Cette notion repose sur le fait que l’institution présidentielle doit normalement incarner l’unité nationale du pays. Or, la création relativement « récente » de l’État dans nombre de régions d’Afrique explique une transposition de ce rôle depuis l’institution vers la personne qui la représente, ouvrant souvent la voie à un exercice arbitraire de l’autorité.

Face à de telles dynamiques, l’examen des systèmes présidentiels d’Afrique équatoriale peut paraitre aux premiers abords comme secondaire, les dynamiques socio-politiques, historiques et économiques expliquant l’essentiel de leur caractère autocratique. Pourtant, bien que l’inclinaison autoritaire de ces pays ne découle pas forcement de la structure de leur système présidentialiste, l’analyse de celle-ci peut être utile afin de comprendre si ces régimes pourraient évoluer à terme vers un profil plus démocratique, sans pour autant sombrer dans le chaos.

 

L'homme qui répare les femmes: le combat du Docteur Mukwege (5e édition, revue et augmentée)

Paru en octobre 2012, le livre de Colette Braeckman en est désormais à son 5e tirage. La réédition se démarque par sa nouvelle couverture et l’ajout de deux chapitres inédits. Depuis la première parution, le médecin-chef de Panzi s’est retrouvé à deux reprises sur la « short list » des candidats au prix Nobel de la paix et en 2014. Le Parlement européen lui a décerné le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit. Son combat a été porté à l’écran par Thierry Michel et Colette Braeckman dans un documentaire couronné de récompenses dans les festivals internationaux.

Cette nouvelle édition peut être commandée via notre site (www.grip.org) ou par téléphone au 02/241 84 20.

Dépenses militaires mondiales: l’arc oriental fourbit ses armes

Les dépenses militaires globales de la planète sont estimées à 1 676 milliards USD en 2015 (1 773 milliards aux prix et taux de change de 2014), selon les dernières données publiées par le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) .
Cette somme représente une hausse d’environ 1% en termes réels par rapport à 2014. Elle est équivalente à 2,3% du produit intérieur brut mondial et à une moyenne d’environ 230 dollars par habitant.
Les États-Unis, avec des dépenses militaires de 596 milliards USD en 2015, dominent de loin tous les autres pays et représentent à eux seuls 35,6% du total mondial. Ils sont suivis par la Chine, dont les dépenses estimées à 215 milliards comptent pour 12,8% du total.
L’Arabie saoudite, dont les dépenses militaires ont doublé entre 2006 et 2015 et sont probablement sous-estimées selon le SIPRI, se hisse pour la première fois à la troisième place du classement et pèse 5,2% du total mondial (87 milliards).
La Russie est rétrogradée à la quatrième place principalement en raison de la chute du rouble, tandis que le Royaume-Uni, profitant d’un euro faible, se hisse devant la France, elle-même dépassée par l’Inde, qui occupe la sixième place en 2015.  
Le Top 10 des pays les plus dépensiers pour leur effort militaire est complété par le Japon, l’Allemagne et la Corée du Sud, dont les dépenses militaires représentent respectivement de 2,4% à 2,2% du total mondial.

Une tendance ininterrompue à la hausse

Il s’agit de la première hausse après trois années consécutives de diminution depuis 2011. La crise des finances publiques et la fin de la Guerre froide avaient amené les dépenses militaires à leur niveau le plus bas en 1998, année à partir de laquelle elles ont recommencé à croitre sans discontinuer jusqu’en 2011.

Monitoring de la stabilité régionale dans le bassin sahélien et en Afrique de l’Ouest – janvier à mars 2016

Ce monitoring trimestriel, publié par le GRIP depuis 2011, est réalisé dans le cadre d’un projet intitulé "Contribution à l’amélioration de la sécurité humaine, à la prévention des conflits et au renforcement de l’état de droit en Afrique sub-saharienne", financé par le ministère des Affaires étrangères du Grand-Duché du Luxembourg. Il a pour but de suivre la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest avec un accent plus particulier sur le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger et le Sénégal. Il se penche sur les questions de sécurité interne au sens large, les tensions régionales, la criminalité et les trafics transfrontaliers.
Crédit photo : Manifestation "contre la peur" sur la plage de Grand-Bassam en Côte d'Ivoire (source : Licence creative commons)

Union européenne: plus d’exportations d’armes, moins de transparence?

2014 a vu une explosion des autorisations d’exportation d’armes vers le Moyen-Orient par les États membres de l’UE. Cette région absorbe désormais le tiers du montant total des licences d’exportations accordées. Les données récemment rendues publiques mettent aussi en évidence le manque de lisibilité des chiffres de certains pays. Il devient dès lors aujourd’hui de plus en plus difficile d’évaluer de manière adéquate les exportations des États membres, ainsi que le respect de leurs engagements nationaux et internationaux en la matière.

Les limites de la transparence

Le rapport sur les exportations d’armes des États membres de l’UE pour 2014, comme les précédents, n’a pu établir le total des livraisons d’armes effectives cette année, puisque sept États n’ont communiqué aucune donnée à ce sujet (Allemagne, Belgique, Danemark, Grèce, Irlande, Pologne et Royaume-Uni)[1]. À noter également que ne sont disponibles en intégralité que les montants des licences octroyées, lesquels peuvent différer sensiblement de la valeur de l’exportation effective.

Armes nucléaires américaines en Europe : les raisons du statu quo

Le nombre d’armes nucléaires américaines déployées en Europe a diminué de 97 % depuis les années 1970. Toutefois, il reste encore aujourd’hui environ 180 bombes nucléaires américaines dans cinq pays européens : Pays-Bas, Allemagne, Belgique, Italie et Turquie. Pourtant, ces armes nucléaires tactiques, de courte portée, n’ont aucune utilité militaire. La capacité de dissuasion de l’OTAN ne serait en rien affectée par leur retrait. Alors pourquoi sont-elles encore là en 2016 ?

Présidentielles en Guinée équatoriale: un scrutin couru d’avance

Prévues pour l’automne, les élections présidentielles en Guinée équatoriale se tiendront finalement au printemps : le 24 avril 2016. Tel est le souhait du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Teodoro Obiang), candidat à sa propre succession, après 36 années passées à la tête de l’État. Les raisons officielles ayant poussé M. Obiang à revoir le calendrier restent peu claires : « les circonstances l’y obligeraient » selon une information qui a filtré du Palais du peuple de Malabo.

Le décret présidentiel fixant la nouvelle date du scrutin a été adopté le 11 mars 2016, soit six semaines avant le rendez-vous électoral, et 28 jours à peine avant le début de la campagne électorale. D’une durée de 14 jours, celle-ci se tiendra donc du 8 au 22 avril. Bien que de tels délais soient habituels dans l’organisation des scrutins sur le continent, le fait que l’élection ait été soudainement anticipée de plusieurs mois a pris de cours l’opposition équato-guinéenne. Ainsi, celle-ci aurait dû théoriquement disposer de 28 jours pour préparer deux semaines de campagne… afin de défier les 36 années de pouvoir de Teodoro Obiang, un record sur le continent.

De telles conditions ont finalement été rejetées par le plus important mouvement d’opposition au régime. Le 20 mars 2016, l’organe exécutif de la principale coalition légalisée de l’opposition du pays, la Convergence pour la démocratie sociale (Convergencia para la Democracia Social – CPDS), a publié un communiqué de presse sans appel, pour dénoncer le caractère anti-démocratique du scrutin à venir et demander à ses militants de boycotter les opérations de vote. La CPDS dénonce en outre les manœuvres des autorités visant à militariser le pays et à bloquer les frontières avant et après le vote, grâce notamment à des soldats venus du Zimbabwe. Bien que les autorités aient peu communiqué à ce sujet, cette présence de troupes zimbabwéennes témoigne néanmoins du climat de tensions et du manque de confiance qui entourent le rituel électoral équato-guinéen.

Bien que le pays ne soit pas étranger aux processus électoraux, il ne peut en aucun cas être considéré comme démocratique, au regard notamment des normes internationales en vigueur sur la question. Les institutions européennes, d’ailleurs, ne la considère guère comme telle. L’Union européenne (UE), qui déploie régulièrement des missions d’observation électorale en Afrique, n’a jamais voulu contrôler sur le terrain les consultations équato-guinéennes. Pour elle, les conditions démocratiques minimales qui justifient la présence d’une mission n’ont jamais été réunies. Et elles ne le seront clairement pas le 24 avril prochain.

 

La Maprobu : défis d’un déploiement des forces de l’UA au Burundi

Le Burundi traverse une crise politique majeure depuis que le président Pierre Nkurunziza a décidé de solliciter un troisième mandat début avril 2015. Selon l’ONU, au moins 400 personnes ont été tuées et 220 000 autres ont trouvé refuge dans les pays voisins entre avril et décembre 2015[1]. Dès le début de cette crise, l’Union africaine (UA) a exprimé sa détermination à assumer pleinement ses responsabilités, en tant que garante de l'Accord de paix et de réconciliation d'Arusha (2000), dont le but est de garantir la paix et la démocratie au Burundi[2]. À plusieurs reprises, le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA a rappelé sa préoccupation face aux menaces sérieuses que la situation faisait peser sur la paix et la sécurité au Burundi, mais aussi pour les implications graves qu’elle pouvait avoir sur la région. À la suite de la recrudescence des violences en novembre et en décembre 215, le CPS avait voté le 17 décembre l’envoi d’une force de 5 000 hommes, sous le nom de Mission africaine de prévention et de protection au Burundi (MAPROBU)[3], dans le but de restaurer la stabilité et l’État de droit dans le pays.

Pages