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L’Assemblée générale de l’ONU ouvre la porte à un traité d’interdiction des armes nucléaires

Pour la première fois depuis deux décennies, la communauté internationale s’est retrouvée à la Première commission de l’ONU pour adopter ou rejeter une proposition concrète de résolution destinée à faire avancer les négociations multilatérales sur le désarmement nucléaire. Une large majorité d’État – issue du mouvement de l’initiative humanitaire – soutenue par la société civile a ainsi proposé qu’en 2017, un instrument juridique pour interdire les armes nucléaires soit négocié et ce, malgré une forte opposition des puissances nucléaires. C’est ainsi une véritable bataille argumentaire sur les objectifs et les conséquences de cette résolution instituant ce futur traité qui a été réalisée, par les différentes parties, durant cette 71e Assemblée générale de l’ONU.

(Crédit photo: icanfrance.org - vote OEWG)

 

DOSSIER ÉLECTIONS RDC - Plongeon dans l’inconnu? La RDC à l’horizon 2018

Presqu’une année s’est écoulée depuis que le président Joseph Kabila annonçait devant le Parlement congolais l’amorce d’« un processus électoral authentiquement congolais ». À cette époque, plusieurs avaient remué de vieux bouquins de théorie des élections aux fins de savoir à quel type de scrutin s’accommoderait un tel processus si neuf, si original. Trop peu avaient en revanche prédit, à travers un tel néologisme politique, une anticipation de ce qui apparait aujourd’hui comme une officialisation de la fameuse stratégie du « glissement » des mandats des institutions politiques congolaises...

DOSSIER ÉLECTIONS RDC - Portrait: Fred Bauma et la Lucha

Libéré le 29 août 2016 après près de dix-huit mois d’incarcération, Fred Bauma, militant de la toute première heure de la Lutte pour le changement (Lucha) est devenu l’un des visages d’une nouvelle génération congolaise, exigeante et porteuse de changement. Aucun portrait de Fred Bauma ne saurait omettre la place prioritaire qu’occupe désormais le mouvement dans sa vie ni faire l’impasse sur l’histoire particulière de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu...

Au cœur du système Lockheed Martin – Contribution au débat sur le remplacement des F-16 en Belgique

De quel système politique, économique et militaire émane le F-35 Joint Strike Fighter de Lockheed Martin ? Les forces armées belges ont lancé en juin 2014 une procédure destinée à remplacer les F-16. Le F-35 est l’un des cinq appareils qui fait l’objet d’une évaluation de la part de la composante aérienne à cette fin. Nombreux sont par ailleurs ceux qui pensent que l’avion a les faveurs des pilotes belges. Dans cette note, nous cherchons à contextualiser le débat belge qui entoure ce remplacement en explorant d’une manière critique les rouages sociaux sous-jacents à ce projet technique.

Crédit photo: www.mil.be

Yémen : origines et état des lieux de la crise politique et humanitaire

Durant l’été 2014, des manifestations éclatent dans le Nord du Yémen. Menées par la minorité houthie, elles dégénèrent rapidement en guerre civile, et des milices s’introduisent dans le palais présidentiel à Sanaa le 20 janvier 2015. Une transition est négociée, mais n’aboutissant pas, les Houthis décident de renverser les instances décisionnelles pour créer un Conseil révolutionnaire.

Photo ONU/Amanda Voisard. L’Envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU pour le Yémen, Ismail Ould Cheikh Ahmed, briefe le Conseil de sécurité.

DOSSIER ÉLECTIONS RDC - Portrait: Étienne Tshisekedi

Étienne Tshisekedi, le "président" comme se plait à l’appeler son entourage, a créé la surprise en mettant un terme à sa convalescence en Belgique, où il séjournait depuis 2014, pour rentrer au Congo et prendre part au conflit politique qui agite son pays natal. Opposant des gouvernements Mobutu à partir des années 80, puis de ceux de Laurent et Joseph Kabila, le fondateur de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) cristallise et rassemble autour de lui une opposition réfractaire aux conclusions du "dialogue politique". À 83 ans, celui qui, tour à tour, a été un ordonnateur et un observateur de la vie politique congolaise, dispose toujours d’une considérable influence....

DOSSIER ÉLECTIONS RDC - Le glissement suffira-t-il à empêcher la chute de Kabila?

Arrestation de militants de l’opposition et interdiction de manifestations, saisie d’émetteurs de médias locaux et brouillage de radios étrangères, quadrillage de Kinshasa et Lubumbashi par la Garde républicaine, acquisition d’équipement anti-émeutes par l’armée et la police : en RDC, visiblement, le pouvoir ne lésine pas sur les moyens pour tenter de garder le contrôle de la situation alors qu’approche la fin théorique du mandat présidentiel de Joseph Kabila...

Trump et Wall Street : anticipations positives pour le secteur de l’armement

Les électeurs américains nous ont-ils évité une Troisième Guerre mondiale, comme le suggèrent certains médias russes ? Selon Sergueï Glazyev, proche conseiller du président Vladimir Poutine, mais aussi économiste reconnu, les Américains avaient objectivement deux choix : la guerre, ou consentir à un monde multipolaire. Hillary Clinton symbolisait le premier, tandis que Donald Trump donnait une chance à un changement de trajectoire dans les relations russo-américaines...

Dépenses militaires mondiales, production et transferts d’armements: les chiffres clés

Quels sont les principaux chiffres et tendances de l'année 2015 en matière de dépenses militaires, de production et de transferts d'armes ? (Voir aussi infographie ci-dessous)
Selon le SIPRI, les dépenses militaires mondiales pour 2015 sont estimées à 1 676 milliards USD au prix courant, soit une hausse de 1 % par rapport à 2014. Cette somme correspond à 2,3 % du produit intérieur brut mondial (PIB) et à une dépense annuelle moyenne d’environ 228 USD par habitant. L’année 2015 confirme une tendance à la baisse entamée en 2012 des dépenses militaires aux États-Unis et en Europe, bien qu’à un rythme moins important. Dans le reste du monde, la baisse des dépenses s’est accélérée en Amérique latine, et après plusieurs années de hausse, elles ont également diminué en Afrique. Les dépenses militaires en Asie, en Océanie, en Europe orientale et au Moyen-Orient continuent quant à elles d’augmenter.

Armes légères et de petit calibre: chiffres, enjeux, tendances

Institution spécialisée dans l’étude des armes légères, le Small Arms Survey estimait en 2012 à plus de 875 millions le nombre d’armes légères et de petit calibre (ALPC) en circulation dans le monde, dont la plus grande partie est aux mains de civils (650 millions) et se trouve aux États-Unis (34% du total). Et ce chiffre ne cesse de croître car le nombre d’armes produites excède largement la quantité d’armes détruites ou mises hors services. En 2013, on estime qu’entre 18 et 23 millions de nouvelles armes sont arrivées sur le marché à travers le monde (dont 14 millions rien qu’aux États-Unis)[1].

Les dépenses militaires et ventes d’armes au Moyen-Orient et le conflit au Yémen

Cet éclairage aborde la question des dépenses militaires et des ventes d’armes au Moyen-Orient ainsi que le débat autour de leur utilisation controversée dans le contexte du conflit au Yémen. Les informations de cet éclairage sont tirées du rapport annuel du GRIP, Dépenses militaires, production et transferts d’armes - Compendium 2016. 

Dépenses militaires, production et transferts d’armes - Compendium 2016

En 2015, les dépenses militaires mondiales se sont élevées à 1 676 milliards de dollars, soit 2,3 % du produit intérieur brut mondial et environ 228 dollars par habitant. Après une baisse de trois années consécutives, les dépenses militaires mondiales enregistrent en 2015 une hausse d’environ 1 % par rapport à 2014. Les États-Unis comptent à eux seuls pour 35,6% du total mondial.

Corée du Nord : le scénario du pire?

La Corée du Nord interpelle. Depuis l’arrivée au pouvoir de Kim Jong-un, les espoirs de détente ont été douchés par l’accélération des provocations de Pyongyang – tirs de missiles et essais nucléaires – aux répercussions régionales majeures. La défense anti-missile (DAMB) constitue ainsi un nouveau point de crispation entre puissances, que la menace nord-coréenne a encouragé. De ces développements inquiétants se dégagent deux questions majeures : de quelles capacités dispose la Corée du Nord, et que veut-elle ? Cette seconde partie d’analyse* restitue l’histoire des différentes crises nucléaires coréennes pour fournir au final un bilan de la situation mais aussi une perspective critique à la fois des réalisations, des ambitions et des contraintes de Pyongyang et des options à disposition de la communauté internationale...

Crédit photo : les statues de Kim Il-sung et Kim Jong-il devant le "Palais du Soleil Kumsusan" - en fait, le mausolée érigé à la gloire de la dynastie Kim (source : collection privée)  

*Première partie : Corée du Nord - Questions nucléaires et balistiques

Militaires occidentaux au Niger: présence contestée, utilité à démontrer

En raison de sa situation géostratégique, au carrefour de plusieurs foyers déstabilisateurs, le Niger connaît, depuis quelques années, une multiplication de bases militaires occidentales, principalement françaises et états-uniennes. Le pays est devenu en effet la base arrière de l’opération Barkhane, ainsi qu’une plateforme d’observation des États-Unis dans une région minée par plusieurs insurrections, la plupart à caractère djihadiste. Cependant, ces déploiements passent mal auprès de la population et de l’armée nigériennes, habituées à ne pas déléguer leurs instruments de défense à l’extérieur et attachées à la souveraineté de leur pays.

Crédit photo : Opération Barkhane (source : ECPAD)

Corée du Nord : Questions nucléaires et balistiques

La Corée du Nord interpelle. Depuis l’arrivée au pouvoir de Kim Jong-un fin 2011, les espoirs d’une nouvelle détente ont été douchés par l’accélération des provocations de Pyongyang – tirs de missiles et essais nucléaires – aux répercussions régionales majeures. La défense anti-missile constitue ainsi un nouveau point de crispation entre puissances, que la menace nord-coréenne a encouragé. De ces développements inquiétants se dégagent deux questions majeures : de quelles capacités dispose la Corée du Nord, et que veut-elle ? Nous tenterons de répondre à ces questions dans cette analyse en deux parties. Cette première partie vise à restituer les fondamentaux de la dissuasion et de la défense anti-missile... (la deuxième partie "Corée du Nord: le scénario du pire?" sera publiée prochainement)

Crédit photo : Parade militaire à Pyongyang exhibant le nouveau missile intercontinental "KN14" dont les capacités restent inconnues (Source : Arms Control Wonk)

En savoir plus sur le sujet?

Découvrez l'interview de Bruno Hellendorff sur le dernier essai nucléaire nord-coréen...

Consultez la deuxième partie de cette analyse publiée le 14 novembre 2016...

Corée du Nord : le scénario du pire?

Égypte : embargo et armes de répression interne

Le 14 août 2013, les forces de sécurité égyptiennes commencent l’évacuation d’un sit-in des partisans du président Morsi, destitué par l’armée un mois plus tôt. L’évacuation est particulièrement violente : un millier de personnes y perdront la vie. En réaction, les pays de l’Union européenne vont adopter trois mesures : un "embargo" sur les "équipements pouvant servir à la répression interne" sans pour autant en donner une définition précise ; une réévaluation des licences d’exportation d’armes en cours et un réexamen de la coopération de sécurité avec l’Égypte. Dans cette Note d’Analyse, nous essayerons de déterminer la façon dont les États membres de l’UE ont mis ces mesures en œuvre. Nous nous attarderons sur la question de la définition des "équipements pouvant servir à la répression interne" ainsi que les évolutions juridiques en cours dans ce domaine. Ensuite, nous examinerons l’évolution des exportations d’armes européennes vers l’Égypte et la situation des droits de l’homme sur place...

Crédit photo : Manifestation au Caire (source : Flickr/Violet Paradise/Licence Creative Commons)

Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) : Radioscopie et trajectoire d’un parti présidentiel

Cette note sur le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) s’inscrit dans le volet d’analyses consacré à l’étude des systèmes politiques d’Afrique centrale1. Elle complète les travaux déjà réalisés sur d’autres partis « présidentiels » de la sous-région, en l’occurrence, le Parti congolais du travail (PCT) et le Parti démocratique gabonais (PDG), avec lesquels le RDPC partage quelques similarités de parcours. La création du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le 24 mars 1985, répond à une succession de tensions institutionnelles au sommet de l’État ; elle témoigne de la recomposition de l’espace politique camerounais, consécutive à la démission2 inattendue du premier président de la république, Ahmadou Ahidjo, le 4 novembre 1982...

Arbitrage en mer de Chine méridionale - Taiping: "île" ou "rocher"?

Le 22 janvier 2013, les Philippines ont demandé un arbitrage extérieur dans le différend les opposant à la Chine à propos des revendications de cette dernière en mer de Chine méridionale. Le tribunal sollicité, organisé sous les auspices de la Cour permanente d'arbitrage (CPA), une organisation intergouvernementale basée à La Haye[1], devait se prononcer, entre autres choses, sur «[…] le statut de certains éléments maritimes en mer de Chine méridionale et les droits maritimes qu’ils peuvent générer»[2]. À l’été 2016, au terme d’un long processus légal émaillé d’altercations diplomatico-politiques, le tribunal a rendu sa sentence, et cette dernière fait d’ores et déjà jurisprudence. Loin de se limiter à la seule dispute sino-philippine, ses arguments ont provoqué d’importants remous légaux, diplomatiques et géopolitiques, en Asie-Pacifique et même au-delà. Cependant, un acteur directement impliqué dans ce développement a largement échappé aux regards et analyses extérieurs : Taiwan.

(Photo : Monument à Taiping. L'inscription signifie "the key to the southern frontier". Source: site web du gouvernement taiwanais (Executive yuan de Taiwan))

La longue marche de l’architecture africaine de sûreté et sécurité maritimes dans le golfe de Guinée

(Full English version)
Alors que l'insécurité maritime se confirme comme l'une des menaces majeures à la sécurité et à la stabilité économique du Golfe de Guinée, tant pour les États du littoral que ceux enclavés dans l'arrière-pays qui dépendent du commerce maritime, l'augmentation rapide des actes de piraterie et de brigandage maritime a pris de court plusieurs pays de la sous-région...

Cet éclairage a été publié dans le numéro spécial du magazine Diplomatie d’octobre 2016, consacré à la sécurité maritime et au développement en Afrique. Ce numéro spécial, bilingue, sera distribué au sein des milieux diplomatiques en marge du Sommet de Lomé qui se déroulera le 15 octobre 2016.

Résumé du SIPRI Yearbook 2016 - Armements, désarmement et sécurité internationale

Ce rapport est le résumé en français du SIPRI Yearbook 2016 (892 pages), un annuaire prisé dans le monde entier par les politiciens, les diplomates, les journalistes, les académiques, les étudiants et les citoyens, comme une source fiable et indépendante de données et d’analyses sur l’armement, le désarmement et la sécurité internationale.

Monitoring de la stabilité régionale dans le bassin sahélien et en Afrique de l’Ouest : juillet à septembre 2016

Ce monitoring trimestriel, publié par le GRIP depuis 2011, est réalisé dans le cadre d’un projet intitulé "Contribution à l’amélioration de la sécurité humaine, à la prévention des conflits et au renforcement de l’état de droit en Afrique sub-saharienne", financé par le ministère des Affaires étrangères du Grand-Duché du Luxembourg. Il a pour but de suivre la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest avec un accent plus particulier sur le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger et le Sénégal. Il se penche sur les questions de sécurité interne au sens large, les tensions régionales, la criminalité et les trafics transfrontaliers. 

Crédit photo : L’enquête sur la mort de Thomas Sankara et douze de ses compagnons étant presque achevée, le procès pourrait se tenir d’ici la fin de l'année selon la justice militaire burkinabè (source : Gardens of Freedom / Twitter)

Conflit au Haut-Karabakh : vers une reprise des hostilités?

Malgré l’établissement d’un cessez-le-feu précaire en 1994, l’Arménie et l’Azerbaïdjan restent sur le pied de guerre au Haut-Karabakh. L’Azerbaïdjan a bénéficié des revenus du secteur pétrolier pour investir massivement dans les dépenses militaires et acquérir des armements capables de renverser le rapport de forces. De son côté, l’Arménie tente de contrebalancer son manque de liquidités en accroissant sa coopération, sinon son ralliement, avec la Russie. Celle-ci voit elle-même cette coopération comme un moyen d’empêcher l’allié de l’Azerbaïdjan, la Turquie, de pénétrer trop loin dans le Caucase. Toutefois, la Russie semble avoir tacitement autorisé une reprise des hostilités du côté de Bakou en lui vendant des S-300 PMU2...

Crédit photo : Musée des soldats morts au combat de la République du Haut-Karabakh, Stepanakert
(Source : Adam Jones / LCC)

La défense européenne après le Brexit: mieux vaut tard que jamais

Ce n’est pas la première fois que les leaders européens les plus en vue annoncent vouloir relancer la politique européenne de sécurité et de défense commune (PeSDC). Mais c’est la première fois qu’ils le font sans le Royaume-Uni. Aussi, dans le nouveau contexte posé par le choix britannique de quitter l’UE, les appels au rassemblement autour de cette politique résonnent incontestablement avec une tonalité différente.

Le Brexit ne devrait néanmoins pas créer trop d’illusions. S’il est aujourd’hui acté que la PeSDC ne pouvait progresser avec Londres à son bord, et que le nouveau contexte permet une relance, il ne faut pas oublier que lorsque les Britanniques partiront, l’alibi qu’ils ont longtemps incarné aux yeux de leurs partenaires pour justifier l’absence de progrès en matière de défense s’en ira avec eux.

Facteur de blocage, le Royaume-Uni est en effet loin de constituer le dernier obstacle pour relancer sérieusement la PeSDC. Les divergences de fond sur l’essence même de cette politique et sur ce qu’elle représente dans le cadre du processus d’intégration européenne demeurent importantes. Reste qu’une fois le divorce consommé, les « Continentaux » n’auront plus d’excuses. Ils seront dos au mur et devront avancer. Or, quoiqu’importantes, leurs divergences demeurent surmontables. Et elles pourraient l’être, en partie au moins, en activant la « coopération structurée permanente ».

De Genval au dialogue: dynamiques et crispations au sein de l’opposition en RDC

Alors que des manifestations convoquées les 19 et 20 septembre par l’opposition congolaise ont dégénéré en affrontements entre la police et les manifestants dans plusieurs villes du pays, et se sont soldées par la mort de plusieurs dizaines de personnes, un état des lieux de la dynamique de l’opposition congolaise semble indispensable. Ces manifestations entendaient dénoncer la non-convocation du corps électoral à l’échéance constitutionnelle du 19 septembre. Le moment est particulièrement critique pour la RDC, alors que le report des élections se précise et que le maintien en poste du président Kabila au-delà de la fin officielle de son mandat le 19 décembre a été autorisé par la cour constitutionnelle[1].

Le 1er septembre 2016 s’ouvrait enfin le dialogue national destiné à trouver un consensus pour l’organisation des élections (locales, présidentielles, législatives) à venir. Au moment de la convocation officielle du dialogue par le président Joseph Kabila, début 2016, seul l’UDPS, le parti de l’opposant historique Étienne Tshisekedi, était prêt à s’entretenir avec le pouvoir. Le «G7», un groupe de sept partis auparavant membres de la majorité présidentielle et Moïse Katumbi,le très médiatique ex-gouverneur du Katanga, ainsi que la «Dynamique de l’opposition» constituée entre autres de l’UNC de Vital Kamerhe et du MLC dirigé par Eve Bazaïba, se refusaient quant à eux à dialoguer avec la majorité.

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