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Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) : Radioscopie et trajectoire d’un parti présidentiel

Cette note sur le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) s’inscrit dans le volet d’analyses consacré à l’étude des systèmes politiques d’Afrique centrale1. Elle complète les travaux déjà réalisés sur d’autres partis « présidentiels » de la sous-région, en l’occurrence, le Parti congolais du travail (PCT) et le Parti démocratique gabonais (PDG), avec lesquels le RDPC partage quelques similarités de parcours. La création du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le 24 mars 1985, répond à une succession de tensions institutionnelles au sommet de l’État ; elle témoigne de la recomposition de l’espace politique camerounais, consécutive à la démission2 inattendue du premier président de la république, Ahmadou Ahidjo, le 4 novembre 1982...

Arbitrage en mer de Chine méridionale - Taiping: "île" ou "rocher"?

Le 22 janvier 2013, les Philippines ont demandé un arbitrage extérieur dans le différend les opposant à la Chine à propos des revendications de cette dernière en mer de Chine méridionale. Le tribunal sollicité, organisé sous les auspices de la Cour permanente d'arbitrage (CPA), une organisation intergouvernementale basée à La Haye[1], devait se prononcer, entre autres choses, sur «[…] le statut de certains éléments maritimes en mer de Chine méridionale et les droits maritimes qu’ils peuvent générer»[2]. À l’été 2016, au terme d’un long processus légal émaillé d’altercations diplomatico-politiques, le tribunal a rendu sa sentence, et cette dernière fait d’ores et déjà jurisprudence. Loin de se limiter à la seule dispute sino-philippine, ses arguments ont provoqué d’importants remous légaux, diplomatiques et géopolitiques, en Asie-Pacifique et même au-delà. Cependant, un acteur directement impliqué dans ce développement a largement échappé aux regards et analyses extérieurs : Taiwan.

(Photo : Monument à Taiping. L'inscription signifie "the key to the southern frontier". Source: site web du gouvernement taiwanais (Executive yuan de Taiwan))

La longue marche de l’architecture africaine de sûreté et sécurité maritimes dans le golfe de Guinée

(Full English version)
Alors que l'insécurité maritime se confirme comme l'une des menaces majeures à la sécurité et à la stabilité économique du Golfe de Guinée, tant pour les États du littoral que ceux enclavés dans l'arrière-pays qui dépendent du commerce maritime, l'augmentation rapide des actes de piraterie et de brigandage maritime a pris de court plusieurs pays de la sous-région...

Cet éclairage a été publié dans le numéro spécial du magazine Diplomatie d’octobre 2016, consacré à la sécurité maritime et au développement en Afrique. Ce numéro spécial, bilingue, sera distribué au sein des milieux diplomatiques en marge du Sommet de Lomé qui se déroulera le 15 octobre 2016.

Résumé du SIPRI Yearbook 2016 - Armements, désarmement et sécurité internationale

Ce rapport est le résumé en français du SIPRI Yearbook 2016 (892 pages), un annuaire prisé dans le monde entier par les politiciens, les diplomates, les journalistes, les académiques, les étudiants et les citoyens, comme une source fiable et indépendante de données et d’analyses sur l’armement, le désarmement et la sécurité internationale.

Monitoring de la stabilité régionale dans le bassin sahélien et en Afrique de l’Ouest : juillet à septembre 2016

Ce monitoring trimestriel, publié par le GRIP depuis 2011, est réalisé dans le cadre d’un projet intitulé "Contribution à l’amélioration de la sécurité humaine, à la prévention des conflits et au renforcement de l’état de droit en Afrique sub-saharienne", financé par le ministère des Affaires étrangères du Grand-Duché du Luxembourg. Il a pour but de suivre la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest avec un accent plus particulier sur le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger et le Sénégal. Il se penche sur les questions de sécurité interne au sens large, les tensions régionales, la criminalité et les trafics transfrontaliers. 

Crédit photo : L’enquête sur la mort de Thomas Sankara et douze de ses compagnons étant presque achevée, le procès pourrait se tenir d’ici la fin de l'année selon la justice militaire burkinabè (source : Gardens of Freedom / Twitter)

Conflit au Haut-Karabakh : vers une reprise des hostilités?

Malgré l’établissement d’un cessez-le-feu précaire en 1994, l’Arménie et l’Azerbaïdjan restent sur le pied de guerre au Haut-Karabakh. L’Azerbaïdjan a bénéficié des revenus du secteur pétrolier pour investir massivement dans les dépenses militaires et acquérir des armements capables de renverser le rapport de forces. De son côté, l’Arménie tente de contrebalancer son manque de liquidités en accroissant sa coopération, sinon son ralliement, avec la Russie. Celle-ci voit elle-même cette coopération comme un moyen d’empêcher l’allié de l’Azerbaïdjan, la Turquie, de pénétrer trop loin dans le Caucase. Toutefois, la Russie semble avoir tacitement autorisé une reprise des hostilités du côté de Bakou en lui vendant des S-300 PMU2...

Crédit photo : Musée des soldats morts au combat de la République du Haut-Karabakh, Stepanakert
(Source : Adam Jones / LCC)

La défense européenne après le Brexit: mieux vaut tard que jamais

Ce n’est pas la première fois que les leaders européens les plus en vue annoncent vouloir relancer la politique européenne de sécurité et de défense commune (PeSDC). Mais c’est la première fois qu’ils le font sans le Royaume-Uni. Aussi, dans le nouveau contexte posé par le choix britannique de quitter l’UE, les appels au rassemblement autour de cette politique résonnent incontestablement avec une tonalité différente.

Le Brexit ne devrait néanmoins pas créer trop d’illusions. S’il est aujourd’hui acté que la PeSDC ne pouvait progresser avec Londres à son bord, et que le nouveau contexte permet une relance, il ne faut pas oublier que lorsque les Britanniques partiront, l’alibi qu’ils ont longtemps incarné aux yeux de leurs partenaires pour justifier l’absence de progrès en matière de défense s’en ira avec eux.

Facteur de blocage, le Royaume-Uni est en effet loin de constituer le dernier obstacle pour relancer sérieusement la PeSDC. Les divergences de fond sur l’essence même de cette politique et sur ce qu’elle représente dans le cadre du processus d’intégration européenne demeurent importantes. Reste qu’une fois le divorce consommé, les « Continentaux » n’auront plus d’excuses. Ils seront dos au mur et devront avancer. Or, quoiqu’importantes, leurs divergences demeurent surmontables. Et elles pourraient l’être, en partie au moins, en activant la « coopération structurée permanente ».

De Genval au dialogue: dynamiques et crispations au sein de l’opposition en RDC

Alors que des manifestations convoquées les 19 et 20 septembre par l’opposition congolaise ont dégénéré en affrontements entre la police et les manifestants dans plusieurs villes du pays, et se sont soldées par la mort de plusieurs dizaines de personnes, un état des lieux de la dynamique de l’opposition congolaise semble indispensable. Ces manifestations entendaient dénoncer la non-convocation du corps électoral à l’échéance constitutionnelle du 19 septembre. Le moment est particulièrement critique pour la RDC, alors que le report des élections se précise et que le maintien en poste du président Kabila au-delà de la fin officielle de son mandat le 19 décembre a été autorisé par la cour constitutionnelle[1].

Le 1er septembre 2016 s’ouvrait enfin le dialogue national destiné à trouver un consensus pour l’organisation des élections (locales, présidentielles, législatives) à venir. Au moment de la convocation officielle du dialogue par le président Joseph Kabila, début 2016, seul l’UDPS, le parti de l’opposant historique Étienne Tshisekedi, était prêt à s’entretenir avec le pouvoir. Le «G7», un groupe de sept partis auparavant membres de la majorité présidentielle et Moïse Katumbi,le très médiatique ex-gouverneur du Katanga, ainsi que la «Dynamique de l’opposition» constituée entre autres de l’UNC de Vital Kamerhe et du MLC dirigé par Eve Bazaïba, se refusaient quant à eux à dialoguer avec la majorité.

L’improbable espionne, au service de la lutte anti-apartheid

1936, elle n’a que six mois quand ses parents émigrent à Durban, en Afrique du  Sud. Toute jeune déjà, l’injustice la révolte. Le massacre de Sharpeville en 1960 – la police tue 69 manifestants dans ce township –, sert de déclic : Eleanor rejoint le Parti communiste. La même année, elle rencontre Ronnie Kasrils, son futur époux,  membre  de  l’aile  militaire de l’ANC de Nelson Mandela. Elle devient l’une des premières recrues féminines de cette section, sert d’agent de liaison, participe à des actes de sabotage… Arrêtée en 1963, elle passe de longues semaines en prison où elle est interrogée, brutalisée. Feignant une dépression nerveuse, elle est transférée à Fort Napier, un institut psychiatrique, d’où elle parvient finalement à s’échapper. Eleanor retrouve Ronnie et tous deux se réfugient au Botswana. C’est le début d’un long exil – presque trente ans – qui les amènera de Dar es Salaam à Londres, d’où ils poursuivront le combat aux côtés de l’ANC.

Golfe de Guinée : enjeux et défis d’une architecture africaine de sûreté et sécurité maritimes

L’insécurité maritime, en essor depuis le tournant des années 1990, demeure l’une des menaces majeures à la sécurité et à la stabilité économique des États riverains du golfe de Guinée ; tant pour ceux situés sur le littoral, que ceux enclavés dans l’arrière-pays, qui dépendent également du commerce maritime pour leurs importations et leurs exportations. Ce défi sécuritaire dans le golfe de Guinée, prend la forme d’attaques – en moyenne une par semaine –, contre les navires transportant les produits pétroliers ou contre les installations d’extraction d’hydrocarbures situés en off-shore. Ce sont aussi des prises d’otages, des vols à mains armée et des détournements de cargaisons de pétrole brut. Depuis dix ans, près de 600 attaques, en haute mer ou dans les eaux territoriales des États riverains, ont été enregistrées. Si le nombre d’incidents déclarés semble stagner, les attaques sont devenues plus violentes avec le recours par les assaillants aux armes de guerre et à une logistique conséquente pour acheminer les cargaisons d’hydrocarbures dérobées...

Putsch manqué en Turquie : entre fragilisation de l’État et renforcement du pouvoir

Le 15 juillet 2016 à 23h18, un groupe de militaires turcs baptisé « Conseil de la paix dans le pays » diffuse un message sur la chaîne publique TRT affirmant que l’armée a pris le contrôle de la Turquie pour sauver la démocratie. Avorté seulement quelques heures plus tard, le putsch révèle une fracture au sein de l’armée turque, puisqu’une frange importante des officiers supérieurs y aurait participé. Par conséquent, c’est d’abord elle qui en ressort affaiblie, par des purges considérables dans ses rangs et la perte de la surprenante indépendance dont elle bénéficiait jusque-là vis-à-vis du pouvoir civil. Les suites de la tentative de putsch pourraient également influencer les relations de la Turquie avec deux pays clés dans la gestion de son espace régional, la Russie et les États-Unis.

Crédit photo : des civils s’opposent au putsch en cours en montant sur un char utilisé par les rebelles
(source : jamiiforums)

Selon la version du gouvernement turc, ainsi que les premières analyses des observateurs, des officiers affiliés au mouvement religieux Hizmet de l’imam Fethullah Gulen auraient constitué la force motrice du coup d’État[1]. Toutefois, autour d’eux se seraient agglomérés des officiers kémalistes et laïcs. Certains militaires auraient également rejoint le coup en l’échange de garantie de promotion, d’autres sous la menace ou le chantage[2]. Enfin, un certain nombre de conscrits aurait été trompé par leurs supérieurs, qui leur auraient ordonné de se déployer, sous prétexte d’exercices ou même d’opérations contre le PKK[3].

L’Ukraine : une nouvelle source pour le trafic d’armes

Le 9 avril 2015, une patrouille de moniteurs de la mission d’observation de l’OSCE dans l’est de l’Ukraine s’arrête à Schastia, ville située sur la ligne de contact avec les séparatistes, en vue d’observer l’application du cessez-le-feu. Ils sont approchés par un soldat d’un bataillon de volontaires ukrainiens qui leur propose d’acheter une Kalachnikov AK-47S pour la modique somme de 500 dollars…[1] L’Ukraine est-elle devenue une source pour le trafic d’armes légères ? 

Crédit photo : un séparatiste pro-russe prend la pose au milieu d'armes prétendument saisies à des soldats ukrainiens, dans la ville de Horlivka dans l'oblast de Donetsk en mai 2014 (source :  ARES)

Traité sur le commerce des armes : la deuxième conférence des États parties

Du 22 au 26 août 2016 se déroulera à Genève la deuxième conférence des États parties au Traité sur le commerce des armes (CSP2 ou Second Conference of States Parties). La conférence réunira les représentants des États parties, signataires et observateurs, les représentants d’organisations régionales et internationales, ainsi que les représentants de l’industrie, le tout sous le regard attentif des organisations de la société civile et des centres de recherche. Comme lors de la première conférence qui s’est tenue en août 2015 à Cancun, le GRIP sera présent à Genève afin de suivre les discussions qui devront porter principalement sur les progrès et les difficultés dans la mise en œuvre du Traité.

Enjeux électoraux au Gabon : quelques hypothèses sur l’élection présidentielle d’août 2016

L’élection présidentielle gabonaise du 27 août 2016, pourrait marquer un tournant dans l’histoire politique du pays ; c’est en effet la première échéance électorale présidentielle « normale » de l’ère post-Omar Bongo Ondimba, puisque celle de 2009 a été anticipée à la suite du décès du doyen gabonais. Par rapport au scrutin de 2009, cette élection revêt par ailleurs plusieurs caractéristiques singulières, dont il faut tenir compte dans l’appréciation de ce que pourrait être l’avenir politique du Gabon. Tout d’abord l’ampleur de la mobilisation des acteurs des deux camps, majorité présidentielle et opposition, contrairement à l’élection de 2009 dont l’effet de surprise avait réduit les capacités d’action de plusieurs acteurs politiques. À titre d’illustration, aucun candidat de l’opposition n’avait pu déployer des représentants dans l’ensemble des bureaux de vote. Tout comme plusieurs d’entre eux n’avaient pu parcourir la moitié des localités importantes du pays, en raison de l’insuffisance de ressources, tant matérielles qu’humaines. De même, les candidats n’avaient pas eu le temps de mettre en place une stratégie de contestation des résultats des urnes en cas d’irrégularité, stratégie qui aurait pu contraindre le vainqueur à partager le pouvoir...

La Centrafrique est-elle prête pour une éventuelle levée de l’embargo sur les armes?

L’élection du nouveau président Faustin-Archange Touadéra le 14 février 2016 ainsi que le second tour des élections législatives en avril ont mis fin à plus de deux ans de transition politique en République centrafricaine (RCA). Contrairement à Catherine Samba-Panza, ancienne cheffe du gouvernement de transition, Touadéra dispose de l’ensemble des pouvoirs rattachés à la fonction présidentielle pour mener les nombreuses réformes dont le pays a besoin. Le nouveau chef d’État a rapidement pointé du doigt l’embargo sur les armes des Nations unies qui, selon lui, limite fortement les capacités des forces de sécurité nationales qui doivent faire face aux menaces des milices locales[1]. Au mois de janvier 2016, le Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU) a pourtant décidé de prolonger son embargo d’un an. Après la prise de fonction du nouveau gouvernement et face aux défis sécuritaires persistants, la question de savoir si la RCA est prête pour une éventuelle levée de l’embargo sur les armes en 2017 doit être posée.

(Photo: Trying out new Peacekeeping Uniforms - Wikimedia Commons)

Les défis de la société civile au Tchad

Entre l’automne 2014 et le printemps 2016, le Tchad a connu des manifestations populaires, avec une mobilisation d’une ampleur sans précédent. Motivée par les difficultés économiques, la contestation est progressivement devenue plus politique, notamment à travers l’action des plateformes d’associations citoyennes « Trop, c’est trop », « Iyina » et « Ça suffit ». Ces organisations de la société civile tchadienne, qui revendiquent le départ d’Idriss Déby ont connu une montée en puissance indéniable au cours de cette période. Cependant, dans un contexte de contraction des libertés publiques, particulièrement depuis les élections présidentielles d’avril 2016, ces organisations semblent encore fragiles, et la mobilisation populaire s’est quelque peu affaiblie. À la veille de l’investiture de Déby le 8 août 2016, l’hypothèse d’un véritable éveil de la société civile tchadienne reste encore à évaluer.

Crédit photo : site du blogueur Makaila

Le Japon, nouvel exportateur d'armements : histoire, régulations et perspectives stratégiques

Depuis l’immédiat après-guerre, la Constitution japonaise consacre le principe de renonciation à la guerre comme droit souverain de la nation. Cette prescription pacifiste est soutenue par l’essentiel de la population de l’archipel et s’est accompagnée, depuis les années 1960, d’une interdiction formelle d’exporter des armes. Or, depuis sa victoire aux élections de décembre 2012, le Premier ministre Shinzo Abe a mené des réformes dans les champs de la défense et de la sécurité, en lien avec sa promesse électorale de "remettre le Japon sur pied". En 2014, le gouvernement levait ainsi un interdit vieux d’un demi-siècle et ouvrait à nouveau au Japon la possibilité d’exporter des armements.

Les 100 jours de Faustin-Archange Touadéra : défis de la RCA post-conflit

L’élection, en février 2016, de l’ancien Premier ministre Faustin-Archange Touadéra à la présidence de la Centrafrique, a marqué formellement la fin de la transition et le début de la phase de reconstruction du pays, après trois années de crise. Bien que la cause immédiate de la crise centrafricaine reste le coup de force perpétré en mars 2013, par la coalition des rebelles de la Séléka, contre le président François Bozizé, les facteurs explicatifs des cycles de crises en Centrafrique sont à situer dans l’héritage historique des coups de force et dans la fragilité structurelle de l’État centrafricain...

Monitoring de la stabilité régionale dans le bassin sahélien et en Afrique de l’Ouest : avril à juin 2016

Ce monitoring trimestriel, publié par le GRIP depuis 2011, est réalisé dans le cadre d’un projet intitulé "Contribution à l’amélioration de la sécurité humaine, à la prévention des conflits et au renforcement de l’état de droit en Afrique sub-saharienne", financé par le ministère des Affaires étrangères du Grand-Duché du Luxembourg.

Il a pour but de suivre la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest avec un accent plus particulier sur le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger et le Sénégal. Il se penche sur les questions de sécurité interne au sens large, les tensions régionales, la criminalité et les trafics transfrontaliers. 

Crédit photo : l'ex-ministre sénégalais de l’Écologie a dénoncé l'ampleur du trafic illégal du bois de vène en Casamance 

 

Le casse-tête des transferts d’armes à la Libye

Le débat relatif aux dérogations possibles prévues par l’embargo sur les armes contre la Libye a été plutôt confus au cours des derniers mois, à l’image de la situation politico-militaire du pays. Le 16 mai 2016, lors d’une réunion internationale des pays dits « amis de la Libye », la communauté internationale semblait convaincue : le moment était venu pour elle d’autoriser des transferts militaires vers le fragile gouvernement de Fayez el-Sarraj imposé par l’ONU en mars 2016. Objectif : permettre aux nouvelles autorités libyennes de rétablir l’ordre et, surtout, de combattre le terrorisme.

(Photo: A Streit Group Typhoon mine-resistant ambush protected vehicle (MRAP) seized by Greek customs officials in the port of Piraeus. The vehicles were reportedly bound for Libya, in breach of a UN arms embargo against the country. In total 16 vehicles were seized, including eight Typhoons. Source: Greek Public Revenue office)

Depuis, cette idée a été temporairement remise de côté. Le cours récent des évènements semble avoir tout à coup rappelé aux « amis de la Libye » que le gouvernement d’accord national de Sarraj n’est pas encore en mesure de s’imposer face aux multiples milices maîtresses du terrain. Les risques de détournement demeurent trop grands.

La partie n’est cependant que remise, car l’idée d’envoyer des armes au gouvernement légitime libyen n’est en réalité pas nouvelle. Au contraire, elle est aussi vieille que la crise, qui a éclaté en 2011.

Quand la France ne fait plus rêver : l’exemple du Niger

Ce document est la Note d’actualité n°38 (juin 2016), propriété de l’Institut Thomas More (avec le soutien de la DGRIS). Reproduction par le GRIP avec l’aimable autorisation de son auteur, Antonin Tisseron.

Le Niger, pays particulièrement exposé à la menace jihadiste qui pèse sur la bande sahélo-saharienne, est généralement considéré en France comme un partenaire fiable et conscient des enjeux sécuritaires. Pris en étau entre la mouvance AQMI à l’Ouest, les conflits libyens et l’État islamique au Nord ainsi que les attaques de Boko Haram au Sud, les autorités ont entrepris d’augmenter les effectifs des forces armées tandis que plusieurs tentatives d’attentats étaient déjouées dans le pays. Vue du Niger cependant, hors des alcôves du pouvoir, la relation franco-nigérienne est marquée depuis quelques années par une nette dégradation. Et si cette dernière n’est pas inexorable, elle ne saurait être négligée. D’autant que le Niger ne fait pas exception.

Crédit photo : Wikimedia Commons/Jean Rebiffé/Niamey from the sky

RD Congo, régionalisme et équilibres géopolitiques : les enjeux du nouveau découpage territorial

Le 9 janvier 2015, le Parlement congolais adoptait la loi relative au redécoupage du pays en 26 provinces, contre 11 initialement. Bien que cette réforme figure dans la Constitution de 2006, sa mise en œuvre aura attendu près de dix ans, et intervient dans un contexte de tensions politiques, à moins d’une année de la fin du deuxième et dernier mandat constitutionnel du président Joseph Kabila. Parallèlement à la mise en œuvre du processus de découpage territorial, le Parlement congolais avait également apporté un amendement à la loi électorale, visant à subordonner la tenue des prochaines élections présidentielles – théoriquement programmées pour novembre 2016 – à l’organisation d’un recensement préalable de la population. La mesure sera retirée suite aux violentes manifestations populaires survenues entre les 19 et 23 janvier 2015, contre ce qui est alors apparu à une partie de l’opinion et à l’opposition, comme une « tentative de modification » du calendrier électoral, en vue de maintenir le président sortant au pouvoir au-delà des délais constitutionnels...

La défense européenne face au Brexit

Que ce soit vis-à-vis de l’Allemagne nazie, de l’Union soviétique ou… de l’intégration européenne, Winston Churchill a toujours su voir plus loin que ses contemporains. De manière vague et imprécise, certes, mais sincère néanmoins, il souhaitait que l’Europe continentale évolue à terme vers une véritable fédération. Il évoquera même le terme d’États-Unis d’Europe à ce propos. Car Churchill aimait l’Europe, et parlait volontiers de civilisation européenne, dont le nazisme constituait à ses yeux la négation.
Mais Winston Churchill ne pensait pas que le Royaume-Uni devait participer à ce processus d’intégration politique qu’il souhaitait pour le reste du continent. Sans doute voyait-il son pays comme un pont au milieu de l’Atlantique, reliant une Europe unie aux États-Unis, dans le cadre d’une relation transatlantique forte et solidaire. 
Même mort, Churchill continue à voir plus loin que les générations qui lui ont succédé. Car c’est bien ce chemin-là que l’Europe doit prendre à présent. L’UE ne doit pas adopter une attitude punitive vis-à-vis du Royaume-Uni, mais elle doit relancer, parallèlement, le processus d’intégration politique du Vieux Continent. En commençant par la politique étrangère, de sécurité et de défense commune, qui moisit dans les couloirs de Bruxelles depuis des années.
Européens et Britanniques sont destinés à rester côte à côte face aux grands défis sécuritaires internationaux. Mais pas nécessairement dans le cadre de l’UE, pas forcément dans ses structures.

Gérer l’après Compaoré: réflexion sur "la politique ivoirienne" du nouveau pouvoir burkinabè

La chute du régime Compaoré au Burkina Faso en octobre 2014 a entrainé un changement dans la politique étrangère de ce pays. Un des enjeux pour le Burkina post-Compaoré est de maintenir son influence diplomatique régionale. La tension avec la Côte d’Ivoire, consécutive au mandat d’arrêt contre Guillaume Soro, constitue à cet égard un test pour le nouveau président Roch Kaboré. Face à des craintes de déstabilisation de la part du pouvoir ivoirien, le président Kaboré doit concilier la quête de justice des Burkinabè avec les impératifs de la paix avec son voisin, décidé à reprendre sa position de puissance régionale. Malgré l’option officielle pour un règlement à l’amiable du contentieux, il est à craindre que les luttes de pouvoir internes dans les deux pays ébranlent à terme la stabilité de l’axe Abidjan-Ouagadougou.

(Crédit photo: commons.wikimedia.org - Président Roch Marc Christian Kaboré)

Démantèlement des armes et bâtiments nucléaires : terrifiant héritage pour les générations futures

Dans le cadre des accords de désarmement, ou en raison de leur obsolescence, un grand nombre d’armes nucléaires et bâtiments nucléaires – en particulier des sous-marins à propulsion nucléaire – doivent être démantelés. Tous les pays font face au même défi : les contraintes sécuritaires et environnementales de l’entreposage pour une très longue période de matières fissiles et de matériaux radioactifs en grandes quantités. La filière économique nouvelle que pourraient générer ces activités, à Brest par exemple, ne peut faire oublier la charge terrifiante que quelques décennies de "croyance" dans la dissuasion nucléaire font peser sur les générations futures...

Crédit photo : Le SNLE "Le Terrible" lors de sa sortie du hall de construction (DCNS)

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