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Un Califat en Asie du Sud-Est: logiques croisées d’une crainte partagée

Tandis qu’elle accumule les défaites militaires en Irak et en Syrie, l’organisation terroriste État islamique (EI) pourrait ouvrir un nouveau front en Asie du Sud-Est, où elle pourrait même instaurer un «califat». Le scénario se précise à mesure que les mouvements les plus radicaux du sud des Philippines semblent se globaliser, se professionnaliser et se greffer mieux que jamais à des réseaux et lignes de fracture socio-politiques transfrontalières. Ce développement augure d’une transformation durable du paysage djihadiste dans la région, et des moyens d’y faire face – alors même qu’un «modèle» sud-est asiatique de contreterrorisme semblait avoir fait ses preuves.
Photo: Combattants d’Abu Sayyaf prenant la pose avec un drapeau de l’État islamique.

Une jeunesse africaine en quête de changement

"Y’en a marre de rester les bras croisés." Le 16 janvier 2011, Dakar est plongée dans le noir. Cette nouvelle panne d’électricité sera la goutte de trop, l’étincelle qui fera bouger Thiat et Kilifeu, deux jeunes rappeurs, et leur ami journaliste, Cheikh Fadel Barro. Ce soir-là germe l’idée de créer un mouvement citoyen. Deux jours plus tard, Y’en a marre (YAM) est officiellement lancé. La capitale sénégalaise accueille alors le Forum social mondial, une formidable tribune pour dénoncer l’injustice sociale et la corruption, prôner une nouvelle culture politique…

Commerce des armes et responsabilité internationale des États exportateurs

En vertu du droit européen et international, il est interdit aux États membres de l'Union européenne de faciliter, de contribuer à ou de soutenir des violations des droits humains et du droit international humanitaire à l'étranger, par exemple au travers de transferts d'armes. Pourtant, des inquiétudes existent quant à la légalité de certaines exportations d’armements. Au-delà de la responsabilité première qui incombe à l’utilisateur des armes, cette note d’analyse vise à examiner la question de la responsabilité légale des États européens qui transfèrent des armes vers d’autres États dans des situations où celles-ci pourraient être utilisées pour commettre de graves violations du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire. 

Où en est la recherche européenne de défense?

En 2016, pour la première fois de leur histoire, les institutions européennes ont décidé de financer des actions dans le domaine de la recherche de défense. Il s’agit d’un changement fondamental dans l’approche de l’Union vis-à-vis de la défense européenne. Cela pourrait se révéler un véritable game changer en fonction des modalités qui seront retenues pour définir le montant et les contours du futur programme de recherche de défense européen (EDRP) ainsi que son articulation avec les planifications de défense nationales et la planification de défense européenne qui semble en passe d’émerger. D’importantes autres questions seront également à trancher telles que l’articulation du programme européen avec des programmes capacitaires, ainsi que sa gouvernance d’ensemble. La présente Note d’Analyse, élaborée à partir d’un rapport fait au Parlement européen en mars 2016, dresse un point de situation au printemps 2017. 

Crise politique en Malaisie : silence et turbulences

Depuis 2015, la Malaisie est engoncée dans une crise politique qui n’en finit pas, précipitée par un scandale de corruption d’ampleur mondiale. Au cœur de la tourmente, le Premier ministre Najib Razak aurait perçu pas moins d’un milliard de dollars d’un fonds souverain – « 1MDB » – au bord de la faillite aujourd’hui. Son gouvernement a pourtant réagi par une fuite en avant potentiellement déstabilisatrice pour toute la région : il a réduit au silence ses détracteurs par un usage intensif de lois liberticides et joue la carte raciale et religieuse pour gagner des élections qui s’annoncent contestées. Une telle évolution est appelée à déborder des frontières, mais pour quelles conséquences ?

RDC : Enjeux et portraits autour d'un enlisement électoral

Le 20 décembre 2016, la République démocratique du Congo aurait dû connaître le nom de son nouveau Président. Il n’en a rien été. Violée ou mal interprétée – les avis divergent –, la Constitution congolaise n’a pas pu jouer son rôle dans le processus électoral. L’acharnement de Joseph Kabila et de son entourage a brisé l’élan de démocratisation et l’espoir d’un peuple de savourer les avancées démocratiques de son pays.

Les biens et technologies de production d’armements : des exportations à risque

Les biens et technologies de production d'armements occupent une place stratégique dans le marché international de l'armement : ils permettent à l'État importateur de devenir autonome par rapport à son fournisseur tout en acquérant des compétences susceptibles de stimuler son industrie de défense. Pour les entreprises exportatrices, le défi est de répondre à l'accroissement des exigences d'offsets impliquant des transferts de technologies de production tout en conservant leur savoir-faire et donc leur compétitivité. Pour les États exportateurs, plusieurs impératifs entrent en considération lors de l’exportation de capacités de production : le contrôle de l'utilisation finale de ces capacités et des armes qu'elles serviront à produire, et la minimisation de l'impact que pourrait avoir cette exportation sur son niveau d'emploi. 

Crédit photo : Usine de munitions de l’entreprise Caracal (source: army-technology.com)

La Convention de Kinshasa sur les armes légères entre en vigueur : et après ?

L’utilisation des armes légères et de petit calibre (ALPC) est omniprésente dans l’ensemble des conflits armés actuels en Afrique, alimentant la violence, entravant la sécurité humaine et le développement. Relativement faciles à se procurer, très meurtrières et aisément dissimulables pour échapper aux contrôles, on compterait quelque 100 millions d’ALPC en Afrique et la lutte contre leur prolifération est donc devenue un enjeu majeur pour le continent.

La coopération structurée permanente : opportunité et embûches pour la défense européenne

Le Brexit et l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis ont semé la confusion au sein de la communauté internationale, mais pour ce qui concerne la défense européenne, ces deux évènements sont en réalité clarificateurs. Ils démontrent, premièrement, que l’UE doit renforcer son autonomie stratégique en développant sa politique de sécurité et de défense commune (PSDC) et, deuxièmement, que cela ne pouvait se faire avec le Royaume-Uni à bord.

Enseignements et enjeux du rapport de l’OCDE "États de fragilité 2016 – Comprendre la violence"

Alors qu’une présentation du rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) intitulé États de fragilité – Comprendre la violence a eu lieu mi-janvier à Bruxelles[1], cet Éclairage propose de revenir sur sa genèse et sur ses principaux enseignements. Le rapport, qui s’adresse avant tout au monde du développement, présente un nouvel index de la fragilité des États, et propose également l’analyse d’un des déterminants de cette fragilité, la violence.

PESCO: European defence’s last frontier

2016 was a year in which the European Union authorities took many measures in favour of defense: global strategy, implementation plan, action plan, preparatory action for defense research and roadmap to increase cooperation with NATO.
The question that everyone is asking is whether these measures are just a flash of fire or whether they mark a genuine renewal. In other words, will they be followed by institutional prolongations and if so which ones?

Défense européenne - l’enjeu de la coopération structurée permanente

L’année 2016 a été marquée par de multiples initiatives des autorités de l’Union européenne en faveur de la défense : stratégie globale, plan de mise en oeuvre, plan d’action, action préparatoire de recherche de défense et feuille de route pour accroître la coopération avec l’OTAN.
La question que tout le monde se pose est de savoir si ces initiatives ne constituent qu’un feu de paille ou si elles marquent un authentique renouveau. En d’autres termes, seront-elles suivies de prolongements institutionnels et si oui lesquels ?

Contrôle du transit et transbordement. Focus sur trois pays européens

Le 23 novembre dernier, les autorités portuaires de Hong Kong saisissaient neuf véhicules blindés Terrex appartenant à Singapour lors de l’escale d’un porte-conteneur dans le port chinois. Les véhicules n’avaient pas fait l’objet d’une licence de transit et leur saisie allait déclencher une crise diplomatique entre Singapour et la Chine. Cet incident nous permet de comprendre les enjeux des contrôles du transit et transbordement d’équipements de défense. Ces contrôles sont souvent le parent pauvre des publications sur les contrôles à l’exportation. Dans cette analyse, nous examinerons sous cet angle trois pays européens, la France, l’Allemagne et les Pays-Bas, afin de dégager quelques différences dans les législations et les pratiques de ces trois états voisins de la Belgique.

Crédit photo : Cochin International Contrainer Transhipment Terminal (Commons Wikimedia)

Belarus et Russie : divorce en cours

Le Belarus ne fait pas souvent la Une de l’actualité. Pourtant, au vu des tensions aux périphéries de la Russie, plusieurs évènements récents méritent une analyse. Les relations du Belarus avec la Russie et avec l’Union européenne (UE) sont en effet en pleine phase de redéfinition. 

Le Belarus, la "dernière dictature d’Europe", a toujours essayé de balancer son allégeance entre l’UE et Moscou pour maximiser les contreparties économiques qui lui permettent de survivre. Ces dernières années, de nombreux sujets d’irritation sont apparus qui ont transformé la relation entre Minsk et Moscou en une relation de défiance, voire de chantage mutuel.

RDC : les enjeux du redécoupage territorial - Décentralisation, équilibres des pouvoirs, calculs électoraux et risques sécuritaires

La question de la décentralisation est ancienne en RD Congo. Elle est régulièrement revenue sous la forme d’un débat opposant les tenants d’un État fédéral largement décentralisé aux partisans d’un État unitaire fortement centralisé. Aussi, ce débat a été régulièrement relancé face au constat d’un vide administratif dans de nombreuses régions du pays. Exacerbé par l’immensité du territoire et l’insuffisance de ses voies de communication, ce déficit de présence étatique est à l’origine d’un enclavement préjudiciable au développement de l’hinterland congolais.

Crise nord-coréenne : diplomatie, menace nucléaire et défense antimissile

Pendant la seule année 2016, Pyongyang a procédé à deux essais nucléaires et à un nombre record de tests de missiles balistiques. La question se pose, avec peut-être plus d’acuité que jamais, de savoir comment faire face à cette crise coréenne qui n’en finit pas. Les sanctions internationales n’ont pas amené Pyongyang à amender sa position. Pas plus que les pressions diplomatiques et démonstrations de force. Alors que l’objectif d’une dénucléarisation « totale, vérifiable et irrémédiable » de la Corée du Nord apparaît de moins en moins crédible, ses voisins investissent de plus en plus dans les moyens de se défendre contre ses missiles.

Donald Trump élu président: nouveau symptôme d’une régression des valeurs libérales en Occident?

La récente élection de Donald Trump et le Brexit ont pris en défaut les prédictions majoritaires, basées sur une vision très répandue selon laquelle les occasionnelles victoires électorales de mouvements xénophobes et d’extrême-droite dans certains pays occidentaux ne sont que de simples nids-de-poule sur le chemin menant à un monde libéral et cosmopolite. Toutefois, le verdict populaire dans deux des démocraties les plus avancées au monde, ainsi que les succès engrangés par des démagogues racistes dans plusieurs pays européens, suggèrent une inquiétante montée en puissance d’idéologies populistes reposant sur le racisme et l’anti-mondialisation, l’autoritarisme politique, et le conservatisme social. Et une dérive tout aussi inquiétante vers la « démocratie illibérale », c’est-à-dire un régime dans lequel des dirigeants démocratiquement élus font adopter des législations qui restreignent ou suppriment des libertés publiques, la liberté de la presse ou encore l’indépendance des cours.

Cartoon: (c) David Parkins

 

L’ONU et la lutte contre le commerce illicite des armes légères en 2016

En juin 2016, les États parties au Programme d’action sur les armes légères (PoA) se sont réunis une nouvelle fois afin d’évaluer les progrès accomplis en matière de prévention et d’élimination du commerce illicite des armes légères. Il s’agit de la 10e réunion depuis l’adoption du Programme en 2001, il y a quinze ans. Après l’entrée en vigueur du Traité sur le commerce des armes en décembre 2014 et l’adoption en septembre 2015 du Programme de développement durable à l’horizon 2030, 2016 aura été une année de transition et de petites avancées pour le processus des Nations unies sur les armes légères. Sans oublier, à l’horizon 2018, la troisième Conférence d’examen de ce même Programme d’action.

Burkina Faso: où en est la réforme de l’armée deux ans après l’insurrection populaire?

La présente réflexion analyse les enjeux de la réforme de l’armée au Burkina Faso, deux ans après la fin du régime de Blaise Compaoré. Cette réforme s’inscrit dans le processus de changement impulsé par l’insurrection d’octobre 2014. La stabilité du nouveau pouvoir dirigé par le président Roch Kaboré et la résilience du pays à la menace terroriste constituent les principaux enjeux. De par sa portée, et malgré les changements qu’elle a suscités, la réforme n’induit pas encore un changement de paradigme sur la politique de défense.

Crédit photo : Forces armées nationales (FAN) du Burkina Faso (source : aouaga.com/photographe A.O)

Monitoring de la stabilité régionale dans le bassin sahélien et en Afrique de l’Ouest – octobre à décembre 2016

Ce monitoring trimestriel, publié par le GRIP depuis 2011, est réalisé dans le cadre d’un projet intitulé "Contribution à l’amélioration de la sécurité humaine, à la prévention des conflits et au renforcement de l’état de droit en Afrique sub-saharienne", financé par le ministère des Affaires étrangères du Grand-Duché du Luxembourg. Il a pour but de suivre la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest avec un accent plus particulier sur le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger et le Sénégal. Il se penche sur les questions de sécurité interne au sens large, les tensions régionales, la criminalité et les trafics transfrontaliers. 

Crédit photo : Manko Wattu Senegal (Grande marche d'opposition) Seneweb.com

DOSSIER ÉLECTIONS RDC - Portrait de Moïse Katumbi

Moïse Katumbi est de la génération des opposants que craint le régime de Joseph Kabila. Issu de l’actuelle majorité présidentielle, l’ancien gouverneur du Katanga incarne la figure du dauphin révolté. L’homme a un profil contrasté ; s’il lui est arrivé de nombreuses fois de s’opposer frontalement aux multinationales opérant au Katanga, ainsi qu’aux élites de Kinshasa – avec parfois une brutalité particulière –, il sait également se faire aduler des foules.

DOSSIER ÉLECTIONS RDC - La Justice rongée de l’intérieur

La nouvelle crise politique en RDC marque l’échec des réformes et des nouvelles institutions issues de la Constitution de 2006. Les causes de cet enlisement et les thérapies appropriées ont été identifiées et maintes fois répétées : il y a toujours une absence de volonté politique et une culture de la ruse, dans l’indiscipline et l’impunité...

DOSSIER ÉLECTIONS RDC - Portrait de Joseph Kabila

Son deuxième et dernier quinquennat a expiré le 19 décembre 2016. Mais Joseph Kabila, président de la République démocratique du Congo depuis le 26 janvier 2001, ne semble guère disposé à passer la main. En dépit de la pression internationale et des tensions internes suscitées par ses manœuvres, le « Raïs », comme l’appellent affectueusement ses partisans, règne de main de maître sur le Congo.

(Photo: ONU/Ryan Brown)

DOSSIER ÉLECTIONS RDC - La société civile et les défis de la nouvelle transition congolaise

Depuis le tournant des années 1990, une société civile plurielle s’est affirmée en RDC, dans le sillage de la libéralisation de l’espace politique. Succédant aux cycles des mouvements de contestation étudiants des années soixante à quatre-vingt, puis à l’émergence de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), les organisations de la société civile (OSC) ont été aux avant-gardes des luttes pour l’élargissement de l’espace politique et des libertés civiles.

Corée du Sud: l’émergence d’un nouvel exportateur majeur d’armements

La Corée du Sud a connu un développement économique, industriel et technologique incomparable sur les 60 dernières années. De pays parmi les plus pauvres de la planète au lendemain de la guerre de Corée, il est passé au rang de 11e puissance mondiale en terme de PIB, devant l’Australie et la Russie. Ce pays a également développé une base industrielle et technologique de défense (BITD) impressionnante, passant d’une dépendance totale vis-à-vis des importations de défense américaines à des exportations d’armement qui ont atteint 3,49 milliards USD en 2015. Dans cette Note d’Analyse, nous examinerons les politiques industrielles et le contexte sécuritaire qui ont permis cette croissance. Nous analyserons ensuite le projet KF-X (avion de combat de 4e génération) actuellement en cours de développement conjoint par la Corée du Sud et l’Indonésie. Ce projet ambitieux représente un test majeur pour l’industrie de défense sud-coréenne en termes d’acquisition et de transfert de technologies et de capacités d’assemblage...

Crédit photo: Forces armées de la République de Corée. Digitalmode.net

Voir la vidéo "L'industrie de défense sud-coréenne: 3 questions à Denis Jacqmin"

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