Environnement, changement climatique et enjeux de sécurité

Les relations entre environnement, changement climatique et sécurité internationale sont explorées selon trois axes principaux, complémentaires et s’inscrivant dans un continuum :

1. Actualiser et promouvoir la Convention ENMOD

Adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies le 10 décembre 1976 (A/Res./31/72), la "Convention sur l'interdiction d'utiliser des techniques de modification de l'environnement à des fins militaires ou toutes autres fins hostiles", ou Convention ENMOD, est aujourd’hui le seul instrument international régissant l’utilisation de technologies et techniques permettant de modifier artificiellement le climat.
Après deux conférences d’examen, l’une en septembre 1984, la seconde huit ans plus tard en 1992, ENMOD a été mise en sommeil, dans un contexte où le dérèglement climatique ne constituait pas encore une préoccupation internationale. Le moment n’est-il pas venu de lui donner un nouveau souffle ? Alors qu’elle ne compte que 77 États parties, dont la Belgique, ne peut-on pas s’interroger sur l’absence de la France, pays hôte de COP21 en 2015 ?
Face à l’étendue des opportunités nouvelles qu’offrent aux militaires les avancées technologiques en matière de géo-ingénierie, avec les risques de compromettre les fragiles équilibres de la planète, l’actualisation de la Convention ENMOD résonne comme une urgence.

2. Réduire l’empreinte écologique des activités militaires

Une plus grande sobriété environnementale et énergétique est-elle un obstacle à notre sécurité, ou un atout ? Face au changement climatique, les forces armées sont-elles une partie du problème, ou peuvent-elles être une partie de la solution ?
Le changement climatique entraine désormais pour les forces armées l’obligation de se pencher sur leur empreinte écologique, une question désormais ouvertement abordée dans les rapports officiels  du Pentagone, premier consommateur d’énergies fossiles aux États-Unis. 
Sachant que les bases, camps d’entraînement et terrains de manœuvre militaires occupent 1% de la surface du globe, n’est-il pas nécessaire de prendre en compte l’impact des activités militaires dans leur ensemble ? En temps de paix autant qu’en temps de guerre ?
Les risques liés au changement climatique peuvent être pour les forces armées une occasion de revoir certains de leurs « fondamentaux ». L’objectif de la recherche sera de promouvoir la transparence, de réfléchir aux conditions d’une « transition stratégique » à l’instar de la « transition énergétique », et d’esquisser les contours d’un système de défense affichant une plus faible empreinte écologique, le développement durable ne pouvant faire l’économie d’une sécurité durable.

3. Des ressources pour un financement durable du Fonds vert

Où trouver les 100 milliards de dollars annuels promis dès 2009 à Copenhague (COP15) aux pays du Sud pour les aider à lutter contre le changement climatique ? 
En guise de feuille de route, les participants aux Conférences des Parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) pourraient utilement s’inspirer de quelques initiatives passée : les ambitions du Global Peace Fund présenté par Nehru il y a déjà 65 ans ; la proposition de Valéry Giscard d’Estaing, devant l’Assemblée extraordinaire des Nations Unies sur le désarmement en 1978, de créer un fonds spécial du désarmement pour le développement ; ou encore celle de Michel Camdessus, directeur-général du FMI de 1987 à 2000, d'instaurer une taxe sur l´exportation des armes, beaucoup plus facile selon lui, "à mettre en oeuvre que la taxe Tobin".
Quitte à briser certains tabous – faut-il rappeler que les 100 milliards de dollars nécessaires à la dotation du Fonds vert pour le climat représentent moins de 6% des 1 776 milliards de dollars de dépenses militaires dans le monde en 2014 ? – la recherche tentera de dégager des options relatives au financement des engagements en matière de lutte contre le changement climatique.