Ressources naturelles, conflits et construction de la paix en Afrique de l'Ouest

Après la Guerre froide, les ressources naturelles et le changement climatique sont progressivement devenus deux « nouveaux » enjeux sécuritaires primordiaux. Dans les années 1990, plusieurs conflits ont en effet démontré qu’une abondance de ressources pouvait contribuer à l’explosion de violences et à financer les moyens du conflit. Les pénuries engendrées par le changement climatique (en eau par exemple) ont également été considérées comme une nouvelle menace sécuritaire, au Sahel notamment. Cela dit, la relation entre ressources naturelles et violence armée est hétérogène, changeante et liée à une foule d’autres facteurs. Cette évolution a confronté la communauté internationale à des défis relativement nouveaux mais surtout plus complexes.

C’est probablement en Afrique de l’Ouest que ces défis s’expriment aujourd’hui avec le plus d’acuité. La région continue d’être le théâtre de plusieurs foyers de tensions (pays de la sous-région du fleuve Mano, Sahel, delta du Niger, zone sénégambienne).

Dans ces zones, l’environnement et les ressources naturelles participent à la perpétuation de situations de conflit, latent ou ouvert. Au niveau régional, une réforme des modes de gestion des ressources naturelles et des politiques environnementales est donc nécessaire au développement d’une stabilité durable. Ce processus, bien que complexe à conceptualiser et à mettre en oeuvre, constitue une opportunité d’action incontournable pour les partenaires internationaux des pays et institutions de la région.

Ce rapport poursuit deux objectifs. Le premier cherche à fournir une compréhension globale et critique du lien entre l’environnement, les ressources naturelles et les conflits. La perspective des Nations unies servira de point de référence. Le second consiste à identifier, sur la base des cas empiriques d’Afrique de l’Ouest, les limites, opportunités et perspectives nouvelles fournies par l’intégration de cette dimension « environnementale » dans les politiques de sécurité et de développement.