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Burundi : les conséquences d’un coup d’État manqué

Le putsch avorté du 13 mai dernier est intervenu après plus de deux semaines de manifestations dans les rues de Bujumbura et de violences policières qui ont fait plusieurs dizaines de victimes depuis l’annonce de la candidature de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat. L’absence du président, qui se trouvait en Tanzanie pour assister à un sommet régional des chefs d’État sur la situation de son pays, était propice à un coup de force.

(Crédit Photo: IWACU Burundi. Manifestation à Bruxelles de la diaspora burundaise)

EU, ECOWAS and electoral observation in West Africa

Something might change in West Africa during the next two years. On 28 March 2015, one of the most influential countries of this continent succeeded in its electoral gamble, projecting itself toward a pacific and ordered democratic alternation. This is a historical step for Nigeria, which is also the predominant ECOWAS Member State. The latter, by extension, could benefit from such a success. Very active in the area of electoral observation, ECOWAS missions could now enjoy a growing authority when they will deploy in other Member States. A new wind is blowing from Western Africa, at a time when this region is about to face eight other presidential consultations in the coming couple of years. The EU, a traditional partner of African democratic transitions, should take advantage of it.

(Photo crédit: EUEOM)

The end of the EUPOL RD Congo mission: what can be expected in the forthcoming of the Congolese elections?

The EUPOL RD Congo mission ended in December 2014. One month later, large protests sparked violence in Kinshasa. The police forces violently cracked down on this movement, a reaction that highlighted their persisting shortcomings. This paper has a double objective: assessing some of the lessons learned from the EUPOL mission, more specifically addressing its strategic aspects both for the EU and the DRC, and identifying security perspectives in a context of pre-electoral tensions. 

Crédit photo:  Jessica Hatcher/IRIN News

Replacing the F-16 fighter fleet: the construction of a need in matters of Belgian armament

This Analysis is again addressing the question of the appropriateness of the renewal of the Belgian Air Defence F-16 fighter fleet, which is framed as obvious in the coalition agreement of 2014. The note highlights how representations conveyed by certain industrial and military structures are rooted into the Belgian political landscape, and how strategic discourses, too, contribute to the construction of a perceived need in terms of armaments.

Photo : combat aircraft cemetery in US Air Force-base in Arizona (source: Davis-Monthan Air Force Base)

Monitoring of regional Stability in the Sahel region and in West Africa – January to March 2015

This quarterly monitoring, published by GRIP since 2011 is part of a project named “Contributing to improve human security, conflict prevention and strengthening the rule of law in Sub-Saharan countries” funded by the Ministry of Foreign Affairs of the Grand Duchy of Luxembourg.

It aims to monitor the security situation in West Africa with a focus on Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinea, Mali, Niger and Senegal. It examines in particular broad internal security issues, regional tensions, and cross-border crime and trafficking.

Crédit photo: soldat nigérien de la MINUSMA en poste à Ménaka (source: MINUSMA/Marco Dormino)

Niger: Heading Toward 2016! Political and Security Situation on the Eve of the Elections

For Niger, 2016 will be an electoral year. The first democratic transition since the 18th February 2010 coup will be the occasion for president Issoufou to present its results. The results are mixed for this country which had to consent large defense investments in order to cope with the crises in Libya, Mali, and Nigeria. In addition to external threats which trigger internal insecurity, Niger faces the danger of a developing criminal economy, especially in the Sahara. Finally, the political opposition, weakened and fragmented, can undermine the elections in a context where the authorities have done more foreign policy than domestic politics. 

Crédit photo: le président Issoufou inspecte un Soukhoï SU-25 (source: site de la présidence du Niger)

G5 Sahel: une simple organisation de plus?

Le 16 février 2014, les présidents de la Mauritanie, du Burkina Faso, du Mali, du Tchad et du Niger, réunis à Nouakchott, créaient le G5 du Sahel. Destiné, selon le communiqué final de la réunion, à coordonner les "politiques de développement et de sécurité des cinq États", il prend place dans une région où les organisations régionales sont déjà nombreuses, non sans donner parfois l’impression d’une cacophonie peu productive. Et pourtant, le chef d’état-major des armées françaises le qualifiait, le 7 octobre 2014, de "meilleure instance pour faire progresser la sécurité dans la région". Quant au Conseil de l’Union européenne (UE), il se félicitait de la mise en place de ce cadre de concertation. Les atouts de la nouvelle organisation sont en effet réels. De format réduit, dans un espace faisant géographiquement sens, épargnée par les luttes d’influence, portée par des acteurs locaux mobilisés autour de projets concrets et soutenus par leurs partenaires internationaux, elle cristallise les attentes et les espoirs en matière d’appropriation même si, derrière l’effet de mode, il lui faudra passer l’épreuve du temps.

La France et sa Bombe

Le 19 février 2015, le président Hollande  a prononcé un discours sur la dissuasion nucléaire. Cette prise de parole est une coutume, chaque président contribuant à promouvoir et à assurer la continuité de cette politique de dissuasion pour « faire en sorte que notre pays, bien après même que le Président ne sera plus en exercice, celui-là, ou un autre y sera, pour qu'il y ait cette continuité ». L’objectif était d’expliquer et d’affirmer cette politique de défense à nos alliés, nos possibles adversaires et la population française. Seul problème – et de taille –, il est à craindre que les États non dotés ne comprennent absolument pas un tel discours, à deux mois de la 9e Conférence d’examen du Traité de non-prolifération nucléaire…

Crédit Photo: A. Courtillat/Armée de l'air

Une version en néerlandais de cet éclairage a été publiée sur le site de Vrede: "Frankrijk en zijn bom

 

Dissuasion nucléaire : l'obstination française

Depuis sa prise de fonction en mai 2012, le Président Hollande n’a jamais réalisé de discours sur la force de dissuasion nucléaire, alors que s’est établi un début de réflexion au Parlement, lors du vote de la Loi de programmation militaire 2014/2019. Pour la première fois à Istres ce jeudi 19 février 2015, le Président va donc présenter sa vision de la dissuasion nucléaire – néanmoins en partie définie dans une tribune à une époque où il n’était encore que simple prétendant à ce poste. Notons que cette intervention a lieu deux mois avant la 9e Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) qui se tiendra à l’ONU. Une conférence cruciale pour l’avenir du régime du TNP, où l’action et l’image de la France sont loin d’être vues comme très positives…

Crédit photo : sous-marin nucléaire lanceur d’engins de nouvelle génération - SNLE NG Le Vigilant (Jean-Marie Collin)  

Craft weapons in DRC: Survey in Bandundu and Maniema

The Democratic Republic of Congo is known for an important proliferation of small arms. However, in this huge country, the situation varies considerably from one region to another. While border regions in the East– especially the Kivus and Ituri – experience very high rates of war weapons possession, imported from abroad and industrially manufactured, other parts of the country are much less affected by this phenomenon. In these areas, the weapons held by many civilians are locally made and mainly intended mainly for hunting.

An illustration of Turkey’s place on the Defence Markets

Among NATO members, Turkey is perhaps the state facing the most volatile regional environment. Bordered by the Black Sea, the Mediterranean Sea and the Caucasus and Iran, sharing frontiers with states confronted with terrorist groups or at war such as Iraq, Syria and Lebanon, Turkey is also grappling with an armed Kurdish independence movement. Moreover, even if it is allied with Greece through NATO, the relations between Ankara and Athens remain problematic.

Terrorisme et contre-terrorisme en Afrique centrale : quelle vision stratégique pour le Tchad et le Cameroun?

La poussée meurtrière de Boko Haram, dans les zones transfrontalières des pays riverains du Nigeria, s’inscrit dans des dynamiques antérieures de dégradation de la situation sécuritaire. Dans ces zones excentrées et en déshérence, la marginalisation économique et le désinvestissement des États, ont conduit progressivement à l’enracinement et au développement de certaines activités illicites,  ainsi qu’à des formes de violence dont le terrorisme n’est qu’une des variantes récentes. Aux effets du sous-développement et de la pauvreté, à l’insuffisance de l’analyse et aux contraintes politiques et économiques internes, ont succédé des réponses prioritairement sécuritaires, au Nigeria d’abord, et ensuite dans l’Extrême-Nord du Cameroun. L’impact de ces mesures reste aléatoire, sans que l’on observe pour autant, à court terme,un infléchissement des activités des groupes criminels dont la trajectoire transcende les limites frontalières des États. Les actions de Boko Haram bousculent les dispositifs de défense et de sécurité des pays de la région, et les appellent au renouvellement de leurs doctrines en matière de prévention, de gestion des risques et menaces, dont les menaces terroristes... 

3e conférence sur l’impact humanitaire des armes nucléaires, un nouveau cycle d’actions

Le processus des conférences sur l’impact humanitaire des armes nucléaires a connu une accélération entre mars 2013 (Oslo) et décembre 2014 (Vienne), ce qui marque une volonté des États non dotés d’armes nucléaires, appuyés par la société civile, de sortir de la léthargie qui régnait dans les forums onusiens du désarmement. La conférence de Vienne a consacré cet objectif : compléter le savoir déjà acquis dans les conférences précédentes et ouvrir de nouvelles perspectives pour combler le vide juridique existant.

La République démocratique du Congo vit-elle un scénario à la burkinabé?

La situation s'est brutalement tendue en République démocratique du Congo, où les manoeuvres du gouvernement en vue des prochaines élections présidentielles faisaient débat depuis plusieurs mois. Joseph Kabila, au pouvoir en RDC depuis l'assassinat de son père en 2001, a été élu en 2006 et 2011. Tandis que les élections de 2006 avaient mobilisé une très forte attention internationale et avaient notamment reçu un soutien très actif, financier et humain, de la part de l'Union européenne, les élections de 2011 avaient été entachées de davantage d'irrégularités.

Le second mandat du président Kabila arrivant au terme que lui fixe la Constitution l'année prochaine, des élections présidentielles devraient avoir lieu, auxquelles il ne devrait pas pouvoir se présenter. La Constitution établit en effet une limite de deux mandats présidentiels consécutifs. Les spéculations vont donc bon train depuis plusieurs mois autour d'une potentielle réforme de la Constitution par la majorité du président Kabila afin de permettre le maintien au pouvoir de ce dernier.

Dans la nuit du 17 au 18 janvier dernier, le gouvernement a fait adopter une loi par la chambre basse du Parlement qui prévoyait que le recensement de la population, en vue d'inscrire l'ensemble des votants potentiels sur les listes électorales, serait un préalable à l'élection présidentielle. Poser ainsi un pré-requis à l'organisation de cette élection représente pour l'opposition politique un moyen utilisé par le pouvoir en place pour gagner du temps et repousser l'échéance électorale. Les opposants du gouvernement en place soulignent ainsi qu'un recensement électoral crédible prendra des années en RDC, un pays à la fois immense et où l'autorité de l'État est inégalement exercée.

Remplacement des F-16: la vision de la Défense nationale

En juin 2014, la Défense nationale a rédigé une demande d'information concernant le remplacement des F-16. Intitulé Air Combat Capability Successor Program Preparation Survey, ce document a été envoyé à cinq agences nationales, chacune responsable d'un programme aérien, afin de s'enquérir au sujet d’un successeur aux F-16. Bien qu'initialement confidentiel, le document avait été obtenu par la VRT qui, dans la foulée, avait soulevé le problème de la préférence de la Défense pour le F-35. À la suite de demandes de quelques parlementaires lors de la Commission de la Défense de la Chambre de ce 7 janvier 2015, le document a finalement été rendu public. À la lecture, on se rend compte que le problème dépasse le seul F-35. Ce document véhicule des représentations industrielles et sécuritaires qui méritent une analyse critique.

Crédit photo: Benjamin Vokar/GRIP

Monitoring of Regional Stability in the Sahel region and in West Africa– October to December 2014

This quarterly monitoring, published by GRIP since 2011 is part of a project named “Contributing to improve human security, conflict prevention and strengthening the rule of law in Sub-Saharan countries” funded by the Ministry of Foreign Affairs of the Grand Duchy of Luxembourg. 

It aims to monitor the security situation in West Africa with a focus on Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinea, Mali, Niger and Senegal. It examines in particular broad internal security issues, regional tensions, and cross-border crime and trafficking.

Crédit photo : Centre de traitement du virus Ebola de Nzérékoré, en Guinée (source: UN Photo/Martine Perret - 9 janvier 2015)

Indonesia’s defense industry: the key to power?

Since 2010, the Indonesian government has embarked on an ambitious journey of « revitalizing » and developing its defence industry. Between economic optimism, political opportunities and constraints, strategic issues and operational challenges, the ascent of Indonesia’s defence industry raises many questions. Transpiring from this development are the sheer complexity of a country’s “emergence”, and the strategies of its leaders. This note offers an entry point to an issue that is necessarily multifaceted, but also critical for the future of Indonesia’s place and role in the global arms market, and equally key to a seemingly ever more fragile regional stability.   

Crédit photo : Blindé "Badak" (rhino), développé par l’entreprise indonésienne PT Pindad, en collaboration avec le fabricant belge CMI (tourelle). 

Electoral Challenge in Burkina Faso.The EU facing the enigmas of the transition

This article could be summarised by a question mark, which will only find an answer in November 2015, when the transition in Burkina Faso will lead to presidential, legislatives and local elections. A courageous but still enigmatic transition, which raises hope as much as concern. In such an uncertain environment, the European Union, traditional partner of African democratic processes, is called to proceed cautiously and prudently. It is like a bull in a china shop. 

Crédit photo: compte Facebook du mouvement d'opposition burkinabé "le balai citoyen"

The management of cross-border areas in the Sahara-Sahel: Between living spaces and "grey areas"

As the security situation deteriorates in the Sahara-Sahel area as a consequence of the Libyan crisis, the border areas have been the subject of different security approaches by regional and extra-regional actors. In the Sahara-Sahel, two visions are facing each other. One considers the border as a fixed line which is supposed to be strictly controlled: it is the vision conveyed by the Sahel region states and their extra-regional partners. The other vision considers the Sahara-Sahel areas, in particular the border areas, as open and dynamic spaces: this vision is shared by the local people, nomads, migrants, irregular armed groups and even some state actors.

Crédit photo : poste-frontière de Maghnia en Algérie (Magharebia / Licence creative commons)

La CBLT et les défis sécuritaires du bassin du lac Tchad

La CBLT constitue le principal cadre institutionnel pour une action concertée des pays riverains du lac Tchad, face à la montée de nouvelles menaces sécuritaires transfrontalières. L’activisme du groupe islamiste nigérian Boko Haram, dans l’État du Borno et dans les zones contiguës des États voisins du Nigeria, apparait comme l’une de ces menaces sécuritaires montantes, si elle venait à s’articuler aux autres formes d’insécurité déjà présentes dans la sous-région.  À savoir, les trafics d’armes, les vols à main armée, la contrebande de pétrole, le vol de bétail, etc. La situation qui prévaut dans l’État nigérian de Borno est en grande partie le fruit des inégalités sociales criantes, et la conséquence d’un désinvestissement de l’État, dans cette région excentrée du pays, pourvue pourtant d’importantes ressources arables et hydriques. Cette caractéristique structurelle, commune aux pays de la région et opposant un centre à une périphérie en déshérence, est facteur déterminant de vulnérabilité. 

Burkina Faso, une révolution portée par la jeunesse

Le 30 octobre 2014, à l’issue de quatre jours de mobilisation nationale, le président Blaise Compaoré a été contraint de démissionner. Deux semaines de négociations ont ensuite permis à l’armée, à l’opposition politique et à la société civile de s’entendre sur l’établissement d’une charte de transition ainsi que sur la nomination de l’ancien diplomate Michel Kafando à la tête du gouvernement intérimaire, jusqu’au scrutin présidentiel prévu pour le mois de novembre 2015. Plus qu’une crise politique conjoncturelle, cette période de mobilisation sociale renvoie à des dynamiques de contestation déjà anciennes et relevant de revendications socio-économiques profondément ancrées dans la société burkinabée. Porteuse de la mobilisation, la jeunesse dénonce notamment l’existence d’une fracture générationnelle, entrainée par la mainmise sur le pays des élites issues du coup d’État de 1987, ainsi que la récupération de la « révolution burkinabée » par les anciens cadres du régime.

(Photo: http://le-blog-sam-la-touch.over-blog.com/)

Les Mistral russes: un imbroglio évitable

En 2011, soit trois ans à peine après la crise russo-géorgienne qui faisait déjà craindre l’annexion d’un ancien territoire soviétique par la Russie, Moscou et Paris ont conclu une entente pour la livraison de deux bâtiments de projection et de commandement de classe Mistral (plus deux autres en option, qui ne seront vraisemblablement pas commandés). Le contrat d’une valeur de 1,2 milliard d’euros n’a pas manqué à l’époque de susciter les inquiétudes de plusieurs membres de l’OTAN, des Pays baltes aux États-Unis en passant par la Pologne et le Royaume-Uni.

Il s’agit en effet du plus important contrat d’armement jamais conclu entre un membre de l’Alliance et la Russie. La guerre en Ukraine et l’impossibilité de parvenir à un règlement diplomatique entre Kiev et Moscou ont accentué la pression sur Paris à un moment où la livraison du premier navire d’assaut amphibie, le Vladivostok, devait avoir lieu. C’est ce qui a poussé le président François Hollande à sursoir la livraison du matériel militaire. La saga des Mistral russes est donc loin de son épilogue...

Photo: www.defense.gouv.fr

SIPRI YEARBOOK 2014 - Armements, désarmement et sécurité internationale

Le SIPRI Yearbook est un recueil de données et d’analyses portant sur :

  • la sécurité et les conflits 
  • les dépenses militaires et l’armement
  • la non-prolifération, le contrôle des armements et le désarmement

Ce fascicule est le résumé de la 45e édition du SIPRI Yearbook, qui traite des évolutions en 2013 dans les domaines suivants :

An ill wind : How the sale of Mistral warships to Russia is undermining EU arms transfer controls

In 2011 France agreed a contract to supply Russia with two Mistral-class amphibious assault ships with an option for two more to follow. This was the first major arms sale to Russia by a North Atlantic Treaty Organisation (NATO) state. Controversial at the time it was agreed, the recent deterioration in relations with Russia because of the Ukrainian crisis has returned the Mistral sale to the spotlight, with forthright opposition to the deal from around the European Union (EU).

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