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Résumé du SIPRI Yearbook 2016 - Armements, désarmement et sécurité internationale

Ce rapport est le résumé en français du SIPRI Yearbook 2016 (892 pages), un annuaire prisé dans le monde entier par les politiciens, les diplomates, les journalistes, les académiques, les étudiants et les citoyens, comme une source fiable et indépendante de données et d’analyses sur l’armement, le désarmement et la sécurité internationale.

Monitoring of regional Stability in the Sahel region and in West Africa – July to September 2016

This quarterly monitoring, published by GRIP since 2011 is part of a project named “Contributing to improve human security, conflict prevention and strengthening the rule of law in Sub-Saharan countries” funded by the Ministry of Foreign Affairs of the Grand Duchy of Luxembourg. It aims to monitor the security situation in West Africa with a focus on Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinea, Mali, Niger and Senegal. It examines in particular broad internal security issues, regional tensions, and cross-border and transnational crimes.

Photo Credit: L’enquête sur la mort de Thomas Sankara et douze de ses compagnons étant presque achevée, le procès pourrait se tenir d’ici la fin de l'année selon la justice militaire burkinabè (source : Gardens of Freedom / Twitter)

Uncertain balance of power in Nagorny-Karabakh :Towards renewed hostilities ?

In spite of a shaky ceasefire entered into force in 1994, Azerbaijan and Armenia have remained at daggers drawn over Nagorny-Karabakh. Benefiting from massive oil revenues, Azerbaijan has dramatically stepped up military expenditures over the last decade partly aimed at purchasing game-changing weapons. On the other side, Armenia has sought to offset its scarce financial resources with increased security cooperation, if not bandwagoning, with Russia, which in turn used it as a way to prevent Azerbaijan’s ally Turkey from encroaching too far into South Caucasus. Nonetheless, with the sale of S-300 PMU2’s systems to Azerbaijan, Russia seems to have tacitly agreed on a potential resumption of hostilities from Baku. 

Crédit photo : Musée des soldats morts au combat de la République du Haut-Karabakh, Stepanakert (Source : Adam Jones / LCC)

The author would like to warmly acknowledge all the persons who contributed to this paper, with a special mention to Mr. Masis Ingilizian, military analyst for Bellingcat.

La défense européenne après le Brexit: mieux vaut tard que jamais

Ce n’est pas la première fois que les leaders européens les plus en vue annoncent vouloir relancer la politique européenne de sécurité et de défense commune (PeSDC). Mais c’est la première fois qu’ils le font sans le Royaume-Uni. Aussi, dans le nouveau contexte posé par le choix britannique de quitter l’UE, les appels au rassemblement autour de cette politique résonnent incontestablement avec une tonalité différente.

Le Brexit ne devrait néanmoins pas créer trop d’illusions. S’il est aujourd’hui acté que la PeSDC ne pouvait progresser avec Londres à son bord, et que le nouveau contexte permet une relance, il ne faut pas oublier que lorsque les Britanniques partiront, l’alibi qu’ils ont longtemps incarné aux yeux de leurs partenaires pour justifier l’absence de progrès en matière de défense s’en ira avec eux.

Facteur de blocage, le Royaume-Uni est en effet loin de constituer le dernier obstacle pour relancer sérieusement la PeSDC. Les divergences de fond sur l’essence même de cette politique et sur ce qu’elle représente dans le cadre du processus d’intégration européenne demeurent importantes. Reste qu’une fois le divorce consommé, les « Continentaux » n’auront plus d’excuses. Ils seront dos au mur et devront avancer. Or, quoiqu’importantes, leurs divergences demeurent surmontables. Et elles pourraient l’être, en partie au moins, en activant la « coopération structurée permanente ».

De Genval au dialogue: dynamiques et crispations au sein de l’opposition en RDC

Alors que des manifestations convoquées les 19 et 20 septembre par l’opposition congolaise ont dégénéré en affrontements entre la police et les manifestants dans plusieurs villes du pays, et se sont soldées par la mort de plusieurs dizaines de personnes, un état des lieux de la dynamique de l’opposition congolaise semble indispensable. Ces manifestations entendaient dénoncer la non-convocation du corps électoral à l’échéance constitutionnelle du 19 septembre. Le moment est particulièrement critique pour la RDC, alors que le report des élections se précise et que le maintien en poste du président Kabila au-delà de la fin officielle de son mandat le 19 décembre a été autorisé par la cour constitutionnelle[1].

Le 1er septembre 2016 s’ouvrait enfin le dialogue national destiné à trouver un consensus pour l’organisation des élections (locales, présidentielles, législatives) à venir. Au moment de la convocation officielle du dialogue par le président Joseph Kabila, début 2016, seul l’UDPS, le parti de l’opposant historique Étienne Tshisekedi, était prêt à s’entretenir avec le pouvoir. Le «G7», un groupe de sept partis auparavant membres de la majorité présidentielle et Moïse Katumbi,le très médiatique ex-gouverneur du Katanga, ainsi que la «Dynamique de l’opposition» constituée entre autres de l’UNC de Vital Kamerhe et du MLC dirigé par Eve Bazaïba, se refusaient quant à eux à dialoguer avec la majorité.

L’improbable espionne, au service de la lutte anti-apartheid

1936, elle n’a que six mois quand ses parents émigrent à Durban, en Afrique du  Sud. Toute jeune déjà, l’injustice la révolte. Le massacre de Sharpeville en 1960 – la police tue 69 manifestants dans ce township –, sert de déclic : Eleanor rejoint le Parti communiste. La même année, elle rencontre Ronnie Kasrils, son futur époux,  membre  de  l’aile  militaire de l’ANC de Nelson Mandela. Elle devient l’une des premières recrues féminines de cette section, sert d’agent de liaison, participe à des actes de sabotage… Arrêtée en 1963, elle passe de longues semaines en prison où elle est interrogée, brutalisée. Feignant une dépression nerveuse, elle est transférée à Fort Napier, un institut psychiatrique, d’où elle parvient finalement à s’échapper. Eleanor retrouve Ronnie et tous deux se réfugient au Botswana. C’est le début d’un long exil – presque trente ans – qui les amènera de Dar es Salaam à Londres, d’où ils poursuivront le combat aux côtés de l’ANC.

Golfe de Guinée : enjeux et défis d’une architecture africaine de sûreté et sécurité maritimes

L’insécurité maritime, en essor depuis le tournant des années 1990, demeure l’une des menaces majeures à la sécurité et à la stabilité économique des États riverains du golfe de Guinée ; tant pour ceux situés sur le littoral, que ceux enclavés dans l’arrière-pays, qui dépendent également du commerce maritime pour leurs importations et leurs exportations. Ce défi sécuritaire dans le golfe de Guinée, prend la forme d’attaques – en moyenne une par semaine –, contre les navires transportant les produits pétroliers ou contre les installations d’extraction d’hydrocarbures situés en off-shore. Ce sont aussi des prises d’otages, des vols à mains armée et des détournements de cargaisons de pétrole brut. Depuis dix ans, près de 600 attaques, en haute mer ou dans les eaux territoriales des États riverains, ont été enregistrées. Si le nombre d’incidents déclarés semble stagner, les attaques sont devenues plus violentes avec le recours par les assaillants aux armes de guerre et à une logistique conséquente pour acheminer les cargaisons d’hydrocarbures dérobées...

Putsch manqué en Turquie : entre fragilisation de l’État et renforcement du pouvoir

Le 15 juillet 2016 à 23h18, un groupe de militaires turcs baptisé « Conseil de la paix dans le pays » diffuse un message sur la chaîne publique TRT affirmant que l’armée a pris le contrôle de la Turquie pour sauver la démocratie. Avorté seulement quelques heures plus tard, le putsch révèle une fracture au sein de l’armée turque, puisqu’une frange importante des officiers supérieurs y aurait participé. Par conséquent, c’est d’abord elle qui en ressort affaiblie, par des purges considérables dans ses rangs et la perte de la surprenante indépendance dont elle bénéficiait jusque-là vis-à-vis du pouvoir civil. Les suites de la tentative de putsch pourraient également influencer les relations de la Turquie avec deux pays clés dans la gestion de son espace régional, la Russie et les États-Unis.

Crédit photo : des civils s’opposent au putsch en cours en montant sur un char utilisé par les rebelles
(source : jamiiforums)

Selon la version du gouvernement turc, ainsi que les premières analyses des observateurs, des officiers affiliés au mouvement religieux Hizmet de l’imam Fethullah Gulen auraient constitué la force motrice du coup d’État[1]. Toutefois, autour d’eux se seraient agglomérés des officiers kémalistes et laïcs. Certains militaires auraient également rejoint le coup en l’échange de garantie de promotion, d’autres sous la menace ou le chantage[2]. Enfin, un certain nombre de conscrits aurait été trompé par leurs supérieurs, qui leur auraient ordonné de se déployer, sous prétexte d’exercices ou même d’opérations contre le PKK[3].

L’Ukraine : une nouvelle source pour le trafic d’armes

Le 9 avril 2015, une patrouille de moniteurs de la mission d’observation de l’OSCE dans l’est de l’Ukraine s’arrête à Schastia, ville située sur la ligne de contact avec les séparatistes, en vue d’observer l’application du cessez-le-feu. Ils sont approchés par un soldat d’un bataillon de volontaires ukrainiens qui leur propose d’acheter une Kalachnikov AK-47S pour la modique somme de 500 dollars…[1] L’Ukraine est-elle devenue une source pour le trafic d’armes légères ? 

Crédit photo : un séparatiste pro-russe prend la pose au milieu d'armes prétendument saisies à des soldats ukrainiens, dans la ville de Horlivka dans l'oblast de Donetsk en mai 2014 (source :  ARES)

Traité sur le commerce des armes : la deuxième conférence des États parties

Du 22 au 26 août 2016 se déroulera à Genève la deuxième conférence des États parties au Traité sur le commerce des armes (CSP2 ou Second Conference of States Parties). La conférence réunira les représentants des États parties, signataires et observateurs, les représentants d’organisations régionales et internationales, ainsi que les représentants de l’industrie, le tout sous le regard attentif des organisations de la société civile et des centres de recherche. Comme lors de la première conférence qui s’est tenue en août 2015 à Cancun, le GRIP sera présent à Genève afin de suivre les discussions qui devront porter principalement sur les progrès et les difficultés dans la mise en œuvre du Traité.

Enjeux électoraux au Gabon : quelques hypothèses sur l’élection présidentielle d’août 2016

L’élection présidentielle gabonaise du 27 août 2016, pourrait marquer un tournant dans l’histoire politique du pays ; c’est en effet la première échéance électorale présidentielle « normale » de l’ère post-Omar Bongo Ondimba, puisque celle de 2009 a été anticipée à la suite du décès du doyen gabonais. Par rapport au scrutin de 2009, cette élection revêt par ailleurs plusieurs caractéristiques singulières, dont il faut tenir compte dans l’appréciation de ce que pourrait être l’avenir politique du Gabon. Tout d’abord l’ampleur de la mobilisation des acteurs des deux camps, majorité présidentielle et opposition, contrairement à l’élection de 2009 dont l’effet de surprise avait réduit les capacités d’action de plusieurs acteurs politiques. À titre d’illustration, aucun candidat de l’opposition n’avait pu déployer des représentants dans l’ensemble des bureaux de vote. Tout comme plusieurs d’entre eux n’avaient pu parcourir la moitié des localités importantes du pays, en raison de l’insuffisance de ressources, tant matérielles qu’humaines. De même, les candidats n’avaient pas eu le temps de mettre en place une stratégie de contestation des résultats des urnes en cas d’irrégularité, stratégie qui aurait pu contraindre le vainqueur à partager le pouvoir...

La Centrafrique est-elle prête pour une éventuelle levée de l’embargo sur les armes?

L’élection du nouveau président Faustin-Archange Touadéra le 14 février 2016 ainsi que le second tour des élections législatives en avril ont mis fin à plus de deux ans de transition politique en République centrafricaine (RCA). Contrairement à Catherine Samba-Panza, ancienne cheffe du gouvernement de transition, Touadéra dispose de l’ensemble des pouvoirs rattachés à la fonction présidentielle pour mener les nombreuses réformes dont le pays a besoin. Le nouveau chef d’État a rapidement pointé du doigt l’embargo sur les armes des Nations unies qui, selon lui, limite fortement les capacités des forces de sécurité nationales qui doivent faire face aux menaces des milices locales[1]. Au mois de janvier 2016, le Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU) a pourtant décidé de prolonger son embargo d’un an. Après la prise de fonction du nouveau gouvernement et face aux défis sécuritaires persistants, la question de savoir si la RCA est prête pour une éventuelle levée de l’embargo sur les armes en 2017 doit être posée.

(Photo: Trying out new Peacekeeping Uniforms - Wikimedia Commons)

The challenges of the awakening civil society in Chad

Between autumn 2014 and spring 2016, Chad witnessed a popular mobilization of an unprecedented scale. The protest was initially driven by the economic difficulties but gradually became more political, particularly with the action of the civic associations platforms "Trop, c’est trop", "Iyina" and "Ça suffit". The importance of these numerous civil society organizations demanding the departure of President Idriss Déby, grew over this period, but not without difficulties. In a context of restricted civil liberties, particularly since the presidential elections of April 2016, these organizations seem fragile, and struggle to maintain a high level of popular mobilization. On the eve of President Deby's inauguration on August 8, 2016, the possibility of a real awakening of the Chadian civil society remains to be assessed.

(Photo: blogger Makaïla's website)

Le Japon, nouvel exportateur d'armements : histoire, régulations et perspectives stratégiques

Depuis l’immédiat après-guerre, la Constitution japonaise consacre le principe de renonciation à la guerre comme droit souverain de la nation. Cette prescription pacifiste est soutenue par l’essentiel de la population de l’archipel et s’est accompagnée, depuis les années 1960, d’une interdiction formelle d’exporter des armes. Or, depuis sa victoire aux élections de décembre 2012, le Premier ministre Shinzo Abe a mené des réformes dans les champs de la défense et de la sécurité, en lien avec sa promesse électorale de "remettre le Japon sur pied". En 2014, le gouvernement levait ainsi un interdit vieux d’un demi-siècle et ouvrait à nouveau au Japon la possibilité d’exporter des armements.

Les 100 jours de Faustin-Archange Touadéra : défis de la RCA post-conflit

L’élection, en février 2016, de l’ancien Premier ministre Faustin-Archange Touadéra à la présidence de la Centrafrique, a marqué formellement la fin de la transition et le début de la phase de reconstruction du pays, après trois années de crise. Bien que la cause immédiate de la crise centrafricaine reste le coup de force perpétré en mars 2013, par la coalition des rebelles de la Séléka, contre le président François Bozizé, les facteurs explicatifs des cycles de crises en Centrafrique sont à situer dans l’héritage historique des coups de force et dans la fragilité structurelle de l’État centrafricain...

Monitoring of regional Stability in the Sahel region and in West Africa – April to June 2016

This quarterly monitoring, published by GRIP since 2011 is part of a project named “Contributing to improve human security, conflict prevention and strengthening the rule of law in Sub-Saharan countries” funded by the Ministry of Foreign Affairs of the Grand Duchy of Luxembourg.

It aims to monitor the security situation in West Africa with a focus on Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinea, Mali, Niger and Senegal. It examines in particular broad internal security issues, regional tensions, and cross-border and transnational crimes.

Crédit photo : l'ex-ministre sénégalais de l’Écologie a dénoncé l'ampleur du trafic illégal du bois de vène en Casamance 

 

Le casse-tête des transferts d’armes à la Libye

Le débat relatif aux dérogations possibles prévues par l’embargo sur les armes contre la Libye a été plutôt confus au cours des derniers mois, à l’image de la situation politico-militaire du pays. Le 16 mai 2016, lors d’une réunion internationale des pays dits « amis de la Libye », la communauté internationale semblait convaincue : le moment était venu pour elle d’autoriser des transferts militaires vers le fragile gouvernement de Fayez el-Sarraj imposé par l’ONU en mars 2016. Objectif : permettre aux nouvelles autorités libyennes de rétablir l’ordre et, surtout, de combattre le terrorisme.

(Photo: A Streit Group Typhoon mine-resistant ambush protected vehicle (MRAP) seized by Greek customs officials in the port of Piraeus. The vehicles were reportedly bound for Libya, in breach of a UN arms embargo against the country. In total 16 vehicles were seized, including eight Typhoons. Source: Greek Public Revenue office)

Depuis, cette idée a été temporairement remise de côté. Le cours récent des évènements semble avoir tout à coup rappelé aux « amis de la Libye » que le gouvernement d’accord national de Sarraj n’est pas encore en mesure de s’imposer face aux multiples milices maîtresses du terrain. Les risques de détournement demeurent trop grands.

La partie n’est cependant que remise, car l’idée d’envoyer des armes au gouvernement légitime libyen n’est en réalité pas nouvelle. Au contraire, elle est aussi vieille que la crise, qui a éclaté en 2011.

When France is no longer a dream. The example of Niger

This document is the ‘Note d’actualité No. 38’ (June 2016), property of the Thomas More Institute (with the support of the DGRIS). Reproduction by GRIP courtesy of its author, Antonin Tisseron.

Niger, a country particularly exposed to the jihadist threat that burdens the Sahel-Saharan strip, is generally regarded in France as a reliable partner that is aware of the security issues. Caught between the AQIM movement in the West, the Libyan conflicts and Islamic State in the North as well as Boko Haram attacks in the South, the authorities have undertaken to increase the strength of the armed forces while several attempted terrorist actions were thwarted in the country. Seen from Niger, however, away from the corridors of power, Franco-Nigerien relationship has showed significant deterioration in recent years. And while this deterioration is not inexorable, it cannot be neglected. Considering that Niger is no exception.

Crédit photo : Wikimedia Commons/Jean Rebiffé/Niamey from the sky

RD Congo, régionalisme et équilibres géopolitiques : les enjeux du nouveau découpage territorial

Le 9 janvier 2015, le Parlement congolais adoptait la loi relative au redécoupage du pays en 26 provinces, contre 11 initialement. Bien que cette réforme figure dans la Constitution de 2006, sa mise en œuvre aura attendu près de dix ans, et intervient dans un contexte de tensions politiques, à moins d’une année de la fin du deuxième et dernier mandat constitutionnel du président Joseph Kabila. Parallèlement à la mise en œuvre du processus de découpage territorial, le Parlement congolais avait également apporté un amendement à la loi électorale, visant à subordonner la tenue des prochaines élections présidentielles – théoriquement programmées pour novembre 2016 – à l’organisation d’un recensement préalable de la population. La mesure sera retirée suite aux violentes manifestations populaires survenues entre les 19 et 23 janvier 2015, contre ce qui est alors apparu à une partie de l’opinion et à l’opposition, comme une « tentative de modification » du calendrier électoral, en vue de maintenir le président sortant au pouvoir au-delà des délais constitutionnels...

La défense européenne face au Brexit

Que ce soit vis-à-vis de l’Allemagne nazie, de l’Union soviétique ou… de l’intégration européenne, Winston Churchill a toujours su voir plus loin que ses contemporains. De manière vague et imprécise, certes, mais sincère néanmoins, il souhaitait que l’Europe continentale évolue à terme vers une véritable fédération. Il évoquera même le terme d’États-Unis d’Europe à ce propos. Car Churchill aimait l’Europe, et parlait volontiers de civilisation européenne, dont le nazisme constituait à ses yeux la négation.
Mais Winston Churchill ne pensait pas que le Royaume-Uni devait participer à ce processus d’intégration politique qu’il souhaitait pour le reste du continent. Sans doute voyait-il son pays comme un pont au milieu de l’Atlantique, reliant une Europe unie aux États-Unis, dans le cadre d’une relation transatlantique forte et solidaire. 
Même mort, Churchill continue à voir plus loin que les générations qui lui ont succédé. Car c’est bien ce chemin-là que l’Europe doit prendre à présent. L’UE ne doit pas adopter une attitude punitive vis-à-vis du Royaume-Uni, mais elle doit relancer, parallèlement, le processus d’intégration politique du Vieux Continent. En commençant par la politique étrangère, de sécurité et de défense commune, qui moisit dans les couloirs de Bruxelles depuis des années.
Européens et Britanniques sont destinés à rester côte à côte face aux grands défis sécuritaires internationaux. Mais pas nécessairement dans le cadre de l’UE, pas forcément dans ses structures.

After Compaoré: discussing "the Ivorian policy” of the new government of Burkina Faso

Following the collapse of the Compaoré regime in 2014, Burkina Faso is witnessing a shift in its foreign policy. One of the challenges for the country is to maintain its diplomatic influence in the region. This crisis with Côte d’Ivoire, which resulted from the arrest warrant released by Burkina Faso against Guillaume Soro, is a test for the new President Roch Kabore. Regarding Côte d’Ivoire as a threat for its government, President Kaboré has to mediate between the quest for justice of its population and the need to maintain a peaceful relationship with Côte d’Ivoire, an emerging regional power since the end of the civil war in 2011. Despite the political will of both countries to settle the conflict peacefully, political tensions in their domestic politics are likely to worsen the stability of the Abidjan-Ouagadougou diplomatic axis in the following years.

(Photo credit: commons.wikimedia.org - President Roch Marc Christian Kaboré)

Dismantling of nuclear weapons and vessels: A terrifying legacy for future generations

As part of disarmament agreements, or due to obsolescence, a large number of nuclear weapons and nuclear vessels – especially nuclear-powered submarines – must be dismantled. All countries are facing the same challenge posed by the security and environmental constraints of storing large quantities of fissionable and radioactive materials for a very long period. The new economic sector that might be generated by these activities, in Brest for example, cannot make us forget the terrifying burden imposed on future generations by decades of "belief" in nuclear deterrence.

Crédit photo : Le SNLE Le Terrible lors de sa sortie du hall de construction (DCNS)

Côte d’Ivoire, the difficult path to Reconciliation

Peace in Côte d’Ivoire will be difficult to consolidate without progress in the reconciliation process. Improvements in social cohesion remain blocked by grievances over the access to land – an issue that president Alassane Ouattara promised to address upon his reelection in October 2015. Steps should also be taken to prevent the reconciliation process from being perceived as driven by victor’s justice – by those who won the war, exclusively targeting those who lost, that is Gbagbo and his followers.

Crédit photo : Le Gri-Gri international

Military Spending and Arms Imports in five West African Countries

This report describes the evolution of military expenditures and arms imports during the last decade in five French-speaking West African countries: Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali, Niger and Senegal. None of these countries can be considered as a major power, but most of them recently chose to strengthen their military capacities, apparently in response to the terrorist and secessionist threats that shake the sub-region. Without stating about the legitimacy of a military answer to this type of threats, the note intends to bring some fresh data on the quantity of resources allocated to the defence and security sector, and compare them over time and with regard to the expenses allocated to the social needs for the population of these countries.


Photo credit : Malian Soldier -  AFP/Sia Kambou

Les missiles iraniens de la discorde

Le 9 mai 2016, un missile balistique d’une portée de 2 000 km est lancé par Téhéran[1]. Deux mois auparavant, un Qiam (d’une portée de 750 km) et un Ghadr-1 (d’une portée de 1 600 km) étaient testés par les Gardiens de la révolution. Depuis 2010, ce sont des dizaines de tirs d’essais qui ont été réalisés par la République islamique[2].
La légalité de ces tirs divise l’union éphémère des pays négociateurs du Plan d’action global conjoint (JCPOA) signé il y a près d’un an et met en lumière la présence de véritables enjeux de langage dans le texte de l’accord. La question de la survie du JCPOA se pose donc à mesure qu’augmentent les pressions internes et externes pesant sur les États-Unis.

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