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La mission EUNAFVOR MED Libye : des critiques justifiées ?

Le 19 avril 2015 a marqué un tournant dans la position adoptée par l’Union européenne (UE) vis-à-vis de ce qui est désigné aujourd’hui comme la "crise méditerranéenne" ou la "crise migratoire". Ce jour-là, un bateau contenant environ 700 migrants au départ des côtes libyennes chavire près de l’île italienne de Lampedusa, causant la mort d’au moins 400 d’entre eux. Cette tragédie largement médiatisée rend soudain manifeste l’augmentation des flux migratoires illégaux à travers la Méditerranée, ainsi que le juteux trafic de migrants qui s’y greffe. L’intérêt particulier de l’Europe envers la Libye découle précisément de ces deux phénomènes complexes, tous deux causés par la guerre civile et l’instabilité politique qui règne dans le pays depuis 2011...

Libyan crisis: role and concerns of the EU and its member states

When the regime of Muammar Gaddafi collapsed under NATO bombs, in 2011, France and the United Kingdom, the main instigators and actors of the Libyan campaign, were far from understanding that Libya would become the theater of a never-rending and complex conflict, much like those who torment the Middle East.

The difference in Libya, however, is that the European Union and its members play a leading role. In spite of conflicting policies and interests, they have been able to preserve a certain unity. The relationship between Italy and France in the Libyan case, however, remains marked by mutual mistrust and misunderstanding

(Photo credit: On 25 July, Emmanuel Macron invited Fayez Sarraj, President of the Presidential Council of the Government of National Accord, and Khalifa Haftar, commander of the Libyan National Army. Source: Elysee.fr)

The Ukrainian defense industry: one foot in the USSR, another in NATO

Since its creation, the Ukrainian defense industry has kept very close ties with its Russian counterpart. The annexation of Crimea in 2014 and the support from the Russian Federation to separatist in Eastern Ukraine forced a brutal and rapid disconnection between the two industrial complexes. UkrOboronProm, the umbrella company for Ukrainian state-owned defense companies has set itself several objectives: provide the Ukrainian army with modern gears, replace Russia as a provider of components for the defense industries and important customers, reform the defense industry to make it competitive and finally move towards the adoption of NATO standards. The Ukrainian industry is also switching from a “Russian-inspired model” to a western model that involves a bigger share of private initiative. In order to succeed in this transition, the Ukrainian military industrial complex will need a great deal of internal and external political support, strong quality control mechanisms and the capacity to rebuild its reputation from the Ianoukovitch era.

Crédit photo: The Vast Soviet Tank Graveyard at Kharkov, Ukraine - Urban Ghosts Media (Tom, July 2015)

SWOT ANALYSIS

Monitoring of regional Stability in the Sahel region and in West Africa – October to December 2017

This quarterly monitoring, published by GRIP since 2011, aims to monitor the security situation in West Africa with a focus on Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinea, Mali, Niger and Senegal. It examines in particular broad internal security issues, regional tensions, and cross-border and transnational crimes...

Crédit photo : MINUSMA Peacekeeper Patrols Airstrip in Kidal, Northern Mali - UN Photo/Marco Dormino

Est du Congo: à qui profite la prolifération des groupes armés?

Plus que jamais, les milices et groupes armés pullulent en République démocratique du Congo (RDC). Des régions jusque-là épargnées sont touchées, et tout particulièrement le Kasaï, mais la violence et l’insécurité – déjà omniprésentes depuis plus de deux décennies – sont en pleine recrudescence dans l’est du pays.

NOUVEAU LIVRE: Pour la dignité paysanne. Expériences et témoignages d'Afrique, réflexions, pistes méthodologiques

« On me dit que tu t’occupes de développement ! Mais que fais-tu au juste ? », lui demande un jour son oncle. C’était en 2006. Deogratias Niyonkuru avait passé une trentaine d’années aux côtés des paysans congolais et camerounais. La tête pleine d’idées, il rentre chez lui au Burundi et s’investit dans la création d’ADISCO, une association qui vise à accroître l’autonomie des paysans et à construire avec eux des modèles économiques et sociaux viables. Leur action sera couronnée du prix Roi Baudouin pour le Développement en Afrique 2014-2015.

La défense européenne, entre Doctor FED & Mister PESCO

Les États membres de l’Union européenne (UE) sont persévérants. Depuis près d’un an, ils clament vouloir relancer la Politique européenne de sécurité et de défense commune (PSDC), qu’ils avaient créée en 1999 sans toutefois avoir l’intention de la faire fonctionner sérieusement. Le contexte sécuritaire international se faisant plus pressant, ils ont décidé de la remettre en ordre de marche, d’autant plus que leur principal bouc-émissaire en la matière, le Royaume-Uni, s’apprête à tirer sa révérence...

La guerre oubliée du Yémen : impasse militaire, casse-tête politique et catastrophe humanitaire

En mars 2015, une coalition internationale dirigée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis est entrée en guerre au Yémen. Elle entend combattre le mouvement politique armé Houthi, allié aux forces fidèles à l’ancien président yéménite Saleh pour ramener au pouvoir le président internationalement reconnu, Hadi. Souvent qualifié de guerre par procuration entre l’Arabie saoudite et l’Iran sur fond de tensions interconfessionnelles, le conflit au Yémen reflète en réalité une mosaïque de luttes de pouvoir et de tensions au niveau local ainsi que de multiples fractures dans la société yéménite. Héritages d’évènements récents et d’une histoire séculaire, ces fractures sont les braises sur lesquelles viennent aujourd’hui souffler les différents acteurs d’un conflit qui a pris une dimension internationale...

La Turquie après le putsch manqué : reconfiguration accélérée de l’exercice du pouvoir

La tentative de coup d’État qui s’est déroulée dans la nuit du 15 juillet 2016 en Turquie présente un caractère paradoxal. Bien qu’avortée, elle a mis fin à l’âge d’or du parti AKP qui, depuis 2002, exerçait le pouvoir sans discontinuer en s’appuyant sur une majorité solide, une popularité croissante, une politique économique efficace, et un rapport de force avec les autres acteurs de la vie politique qu’il tournait de plus en plus à son avantage. Toutefois, elle constitue également ce "cadeau de Dieu" qu’évoquait le président Erdogan, une opportunité historique qui doit permettre à l’AKP d’accélérer la transformation en profondeur des institutions, afin de faire émerger un système politique qui consacre son hégémonie à travers un déséquilibre des pouvoirs...

Turquie: l'indépendance de la justice en danger

Les purges en Turquie sont largement relayées et dénoncées par la presse internationale depuis le putsch manqué du 15 juillet 2016. L’ampleur des atteintes portées au pilier de l’état de droit qu’est le système judiciaire a en effet de quoi interpeller : des procès éclairs en série, des motifs d’accusation obscurs et quelque 4 000 magistrats limogés par décret depuis le coup d’État avorté. Mais l’instrumentalisation de l’appareil judiciaire turc ne date pas de juillet 2016, il est un enjeu de pouvoir visible entre forces politiques turques depuis une dizaine d’années. En effet, depuis l’arrivée au pouvoir de l’AKP, en 2002, l’évolution du système judiciaire est fonction des relations entre trois acteurs concurrents de l’échiquier politique : le mouvement religieux Hizmet de Fethullah Gülen...

Latin America, a new El Dorado for European arms exports?

Latin American countries are today in an exceptional situation where the defense budgets are being contracted and the missions of the armed forces reoriented towards issues of public security. This Analysis presents the evolution of military spending in these countries as well as arms acquisitions: who are the major importers, who are their main suppliers and what are the current trends? It is also examining the question of transfers of small arms and light weapons and their ammunition from the European Union Member States to this region.

Crédit photo : parachutistes mexicains (Master Sgt. Adam M. Stump/USAF/Wikimedia Commons)

 

«Robots tueurs»: encadrement ou interdiction?

Ce 13 novembre 2017, les Nations unies vont ouvrir des discussions officielles sur la problématique des «robots tueurs», avec la première réunion d’un groupe d’experts[1] dédié à ce sujet. Fin août déjà, une centaine de professionnels du secteur de la robotique et de l’intelligence artificielle, dont Elon Musk[2], signaient une lettre ouverte à l’ONU demandant une interdiction des armes létales autonomes.

The role of the US in Arms Transfers to Armed Groups in Syria

Since 2012, weapons and ammunition have arrived massively to the many armed groups active in Syria, notably from the Balkans and passing through neighbouring countries which, like Saudi Arabia, claim to be the final recipients. Far from being just a case of unscrupulous exporters and importers ignoring the re-exporting ban, it appears that the United States is at the heart of these transfers.

Through two programs – the first implemented by the CIA for the benefit of opponents to the Damascus government; the second organized by the Pentagon to arm the opponents to Islamic State – the United States have indeed coordinated, facilitated and financed billions of dollars of arms purchases in third countries and supervised their transport to the Syrian rebel groups they wish to support. However, this flood of weapons has produced many unintended effects, including the supply of jihadist groups and fighting between factions armed, some by the CIA, others by the Pentagon.

Crédit photo : missile TOW américain utilisé par des combattants de l'Etat islamique

Balkan arms transfers to the Middle East and risks of diversion to armed groups

Since 2011, small arms and light weapons flows from the Balkans to the Middle East have increased sharply. While Iraq remains logically the largest importer of Balkan weapons in the region, Saudi Arabia has also established itself as a major customer. Others, in particular Turkey, Jordan and the United Arab Emirates, have also greatly expanded their arms purchases. The main exporting country to the Middle East is by far Bulgaria, followed by Croatia, Bosnia and Herzegovina, and Serbia. The curve of their exports rises dramatically, with record sales in 2015 or 2016.

Yet, some of these weapons were diverted to diverse non-state armed groups operating in Syria, including "subsidiaries" of Al-Qaeda, and even Islamic State. The lax policy of the exporters is not alone to blame. These transfers are actually part of a strategy that goes well beyond the Balkan and the Middle East.

Photo credit: Serbian machine gun M02 Coyote used by a rebel in Syria (2016) - source: ARES (Armament Research Service) via Facebook.

Dépenses militaires, production et transferts d’armes - Compendium 2017

Ce rapport présente une synthèse des principales tendances et statistiques relatives aux dépenses militaires mondiales, à la production et aux transferts internationaux d’armements conventionnels, sur la base des Fact Sheets et des bases de données du Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI).
En 2016, les dépenses militaires mondiales se sont élevées à 1 666 milliards de dollars, soit 2,2% du produit intérieur brut mondial et environ 227 dollars par habitant...

Monitoring of regional Stability in the Sahel region and in West Africa – July to September 2017

This quarterly monitoring, published by GRIP since 2011, aims to monitor the security situation in West Africa with a focus on Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinea, Mali, Niger and Senegal. It examines in particular broad internal security issues, regional tensions, and cross-border and transnational crimes.

Crédit photo : Casque bleu de la MINUSMA près de Gao (source : MINUSMA / Harandane Dicko)

Permanent Structured Cooperation: national perspectives and state of play

This Report is now available in English on the European Parliament's website.

The European Parliament commissioned GRIP with a study on Permanent Structured Cooperation. Written by Frédéric Mauro, in collaboration wiht Federico Santopinto, the study was first published in French on 17 July. 

Un Traité d’interdiction des armes nucléaires a été adopté

Le 7 juillet 2017, l’ambassadeur du Costa Rica, Madame Elayne Whyte Gómez, présidente de la conférence des Nations unies pour la négociation d'un instrument juridiquement contraignant visant à interdire les armes nucléaires, a annoncé l’adoption du Traité d’interdiction des armes nucléaires. Ainsi, 72 ans après sa première utilisation, l’arme nucléaire devient une arme illégale au regard du droit international, au même titre que les autres armes de destruction massive, biologiques et chimiques, respectivement interdites en 1972 et en 1993...

L’armée turque après le putsch: outil éreinté au service de la politique étrangère d’un régime consolidé

L’armée turque a subi la tentative de coup d’État de juillet 2016 et ses suites de plein fouet: secouée par des vagues de purges parmi ses cadres, privée de son indépendance par sa soumission au gouvernement civil, elle doit cependant maintenir des engagements cruciaux à l’intérieur et à l’extérieur du pays tout en s’adaptant à la posture internationale de plus en plus clivante qu’entend tenir le président Erdogan. Ainsi, l’outil militaire d’une politique étrangère de plus en plus vindicative ressort au contraire éreinté du processus de consolidation du pouvoir post-coup. Observant des déficits dans des secteurs essentiels à ses missions actuelles, comme les capacités aériennes et la planification stratégique, l’armée voit également la pérennité de son professionnalisme menacé par une baisse des exigences de recrutement et de formation et leur basculement vers des critères de loyauté politique plutôt que d’excellence militaire.

(Crédit photo: Turkish Soldiers - U.S. Navy photo by MC2 (SW) Christopher Hall)

L’opposition armée burundaise: état et capacité d’influence sur le régime de Nkurunziza

Le 10 août 2017, un rapport d’un groupe d’experts onusiens est revenu en détail sur la question sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Ce document fait état d’une prolifération de groupes armés de différentes nationalités de la région des Grands Lacs, dont des rebelles burundais.

Résumé du SIPRI Yearbook 2017 - Armements, désarmement et sécurité internationale

Ce rapport est le résumé en français du SIPRI Yearbook 2017 (784 pages), un annuaire prisé dans le monde entier par les politiciens, les diplomates, les journalistes, les académiques, les étudiants et les citoyens, comme une source fiable et indépendante de données et d’analyses sur l’armement, le désarmement et la sécurité internationale.

Faut-il arrêter de vendre des armes à l’Arabie saoudite?

Se poser la question, c’est déjà y répondre tant les motifs pour suspendre les ventes d’armes au Royaume saoudien paraissent nombreux : bilan catastrophique en matière des droits de l’homme et répression violente de sa propre population ; des violations répétées du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme au Yémen ; financement et propagation d’une vision ultra-rigoriste de l’Islam ; et un soutien matériel et financier à des groupes armés non étatiques en Syrie et en Libye. Avec un tel tableau, il serait légitime de s’attendre à ce que le pays fasse l’objet de sanctions internationales sévères et soit confiné à la marge du système international...

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