Le remplacement des F-16 belges : processus et enjeux

Achetés au milieu des années 1970, les 160 F-16 belges ont été intensivement utilisés, notamment dans les Balkans, en Afghanistan, ou plus récemment en Libye et en Irak. Facilement déployables, l’engagement de chasseurs-bombardiers s’avère également moins risqué que l’emploi des forces terrestres dans les conflits actuels et a joué un rôle de premier plan dans les opérations militaires belges de ces vingt dernières années.

Le remplacement des F-16 belges en dix points-clés

Ce 7 septembre 2017, les trois agences gouvernementales encore en compétition pour le remplacement des F-16 de la Composante air doivent remettre leurs propositions et réponses au cahier des charges émis par le gouvernement belge en mars dernier. Cet éclairage revient sur quelques questions importantes soulevées par cette première partie du processus de remplacement.

1. Quelques chiffres

La Belgique avait commandé un total de 160 F-16 en deux vagues d’achat (116 en 1975 et 44 en 1984). La fin de la Guerre froide et l’engagement des F-16 belges dans des missions expéditionnaires exigeantes ont poussé à réduire la flotte autour d’un petit nombre d’appareils modernisés. La Belgique en possède actuellement 54. Ces appareils ont été construits pour une durée de vie de 8 000 heures de vol, qui sera atteinte entre 2023 et 2028. Ces appareils seront progressivement remplacés par 34 nouveaux avions de combat avec une capacité pleinement opérationnelle prévue pour 2030...

 

Corée du Nord : Quelles options pour une nouvelle détente ?

Une fois n’est pas coutume, c’est par tweets interposés que le président américain Donald Trump semble vouloir résoudre la crise nord-coréenne. Le 8 août, il a promis au régime de Pyongyang « feu et colère » si ce dernier s’entêtait dans son programme balistique et nucléaire. La Corée du Nord a répondu en menaçant, avec une précision aussi inattendue qu’inquiétante, d’attaquer l’île de Guam, un territoire non incorporé des États-Unis dans le Pacifique. Le 11 août, Donald Trump se fendait d’un nouveau tweet avertissant Kim Jong-un que, s’il persistait dans ses mauvais choix, des solutions militaires étaient préparées, « locked and loaded »...

 

L'Angola entre continuité et incertitudes : les rêves suspendus d’une jeunesse en rupture

Cette dernière décennie, l’Angola s’est affirmée comme une puissance montante d’Afrique australe, affichant des taux de croissance économique parmi les plus élevés du monde. Cette montée en puissance, favorisée notamment par la fin d’une guerre civile longue de 27 années et par la demande exponentielle en ressources minières et pétrolières, s’accompagne cependant d’un contexte socio-économique fragile. La persistance des inégalités sociales, de pratiques autoritaires dans l’exercice du pouvoir, la concentration des richesses entre les mains de 5 % de la population, ainsi que les entraves à la liberté d’expression, sont à l’origine d’une contestation sociale balbutiante, portée depuis 2011 par une frange de la jeunesse urbaine en cours de mobilisation. Aussi, les élections générales angolaises du 23 août 2017, représentent à plus d’un titre un tournant historique, depuis les premières élections multipartites tenues en 1992...

Crédit photo : Nouveau siège de l'Assemblée nationale à Luanda, inauguré en 2015 (crédit : David Stanley  - avril 2015)
 
 

Les transferts d’armements de la région wallonne en 2016: synthèse du rapport annuel

Chaque année, le Gouvernement wallon doit soumettre à la sous-commission de contrôle des licences d'armes du Parlement wallon un rapport contenant les données relatives aux exportations, aux importations et aux transits d’armes civiles et de produits liés à la défense de, vers et par la Région wallonne[1]. Une fois le rapport soumis au Parlement, celui-ci est rendu public et accessible en ligne sur le site du Gouvernement wallon[2]. Le rapport relatif aux exportations de l’année 2016 a fuité dans la presse avant d’avoir été présenté au Parlement[3].

L’année 2016 est marquée par une baisse importante de la valeur des licences d’exportations d’armes octroyées par la Région wallonne, 453 millions d’euros, soit le montant le plus bas depuis 2005. En dix ans, la Région wallonne a autorisé pour plus de sept milliards d’euros d’exportations d’armements[4]. Les chiffres de ces dernières années confirment la place prépondérante du Moyen-Orient dans les exportations wallonnes ainsi qu’une forte dépendance des entreprises wallonnes envers des pays tels que l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Pakistan. Les exportations vers des partenaires historiques comme les États-Unis, et dans une moindre mesure la France, sont quant à elles en forte baisse.

Rapports de la Région wallonne sur les exportations d’armes : Incomplets, trop rares et trop tardifs

Chaque année, le Gouvernement wallon doit soumettre un rapport à la sous-commission de contrôle des licences d'armes du Parlement wallon. Celui-ci contient les données relatives aux exportations, aux importations et aux transits d’armes civiles et de produits liés à la défense de, vers et par la Région wallonne. Une fois le rapport soumis au Parlement, il est rendu public et accessible en ligne sur le site du gouvernement wallon[1]. Le rapport relatif aux exportations de l’année 2016 a fuité dans la presse avant d’avoir été présenté au Parlement[2] (pour une analyse du rapport consulter l’Éclairage « Les transferts d’armements de la région wallonne en 2016 : synthèse du rapport annuel »). Si les rapports annuels de la Région wallonne contiennent des informations utiles, plusieurs améliorations sont nécessaires en matière de périodicité, de contenu et de lisibilité.

Monitoring of regional Stability in the Sahel region and in West Africa – April to June 2017

This quarterly monitoring, published by GRIP since 2011, aims to monitor the security situation in West Africa with a focus on Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinea, Mali, Niger and Senegal. It examines in particular broad internal security issues, regional tensions, and cross-border and transnational crimes...

Crédit photo : Projet à impact rapide (QIP) à Gao, financé par la MINUSMA (UN Photo/Harandane Dicko/mai 2017)

Kasaï: une rébellion de trop pour le pouvoir de la RDC?

Depuis août 2016, les miliciens du « Kamuina Nsapu » affrontent la Police nationale congolaise (PNC) et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) au Kasaï, dans le centre du pays. Amorcée par un différend administratif entre les autorités provinciales et un chef coutumier local, la crise s’est muée en un mouvement de révolte de plus grande envergure, remettant en cause la légitimité des autorités de Kinshasa. Localisée au départ dans les provinces du Kasaï et du Kasaï-Central, la révolte s’est ensuite étendue aux cinq provinces du grand Kasaï, entrainant d’importantes conséquences humanitaires. De nombreux témoignages font en effet état de graves violations des droits de l’homme : 42 fosses communes ont été découvertes. Le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) dénombre plus d’un million de déplacés internes, et plus de 30 000 réfugiés ont fui vers l’Angola où 300 à 500 Congolais arrivent désormais quotidiennement...

Fonds européen de la défense: l’UE au secours de l’industrie

Les marchés et les industries de défense sont restés longtemps imperméables au processus d’intégration européenne, et le demeurent en grande partie encore aujourd’hui. Mais peut-être plus pour longtemps, si l’on en croit les propositions faites par la Commission européenne le 30 novembre 2016 et le 7 juin 2017...

La crise diplomatique au Conseil de coopération du Golfe : la brutalité d’une rupture soudaine

Le 5 juin 2017, l’Arabie saoudite, le Bahreïn, l’Égypte, les Émirats arabes unis (EAU), le Yémen, les Maldives et le gouvernement libyen siégeant à Tobrouk rompent brusquement leurs relations diplomatiques avec le Qatar, provoquant une crise politique avant tout centrée sur la région du Golfe, marquée ces dernières années par la rivalité entre Doha et Riyad. Cette rupture est rapidement justifiée par les officiels saoudiens, émiratis ou bahreïnis qui affirment que le Qatar soutient des groupes terroristes tout en maintenant une attitude jugée trop favorable à l’Iran. Un véritable blocus diplomatique et matériel est organisé autour du Qatar, faisant écho, de manière beaucoup plus intense, au rappel des ambassadeurs décidé par plusieurs voisins du Qatar en mars 2014. Dans quel contexte des relations entre pays du Golfe survient cette rupture et quel message semble-t-elle porter ?

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