| Réf. GRIP DATA: | G1708 |
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| Date d'insertion: | 04/11/99 |
Introduction
Le texte présenté ci-dessous a été élaboré par les organisations belges francophones membres du réseau belge francophone daction sur les armes légères(RAIAL/BF).
Ce réseau RAIAL/BF agit en coordination avec le comité flamand contre la prolifération des armes légères au sein du Réseau daction international sur les armes légères (RAIAL, International Action Network on Small Arms/IANSA)
I. Constat
Les centaines de millions darmes légères en circulation dans le monde engendrent des catastrophes humanitaires, contribuent à bafouer les droits de lhomme, entretiennent la criminalité et handicapent le développement de nombreuses sociétés. Elles sont linstrument privilégié de la plupart des conflits armés actuels dont les victimes sont surtout des civils, en majorité des femmes et des enfants. Les caractéristiques de ces armes les rendent utilisables même par des enfants et permettent quelles soient lobjet de ventes illicites et de trafics.
Il existe une prise de conscience croissante au niveau mondial, tant de la part des gouvernements que des ONG, de la nécessité de prendre en compte la disponibilité excessive des armes légères, « oubliées » par les accords de désarmement. Encouragés par le succès de la campagne pour linterdiction des mines antipersonnel, plusieurs pays et ONG viennent de sengager dans le lancement dune nouvelle campagne sur les armes légères.
II. Objectif final dune campagne sur les « armes légères »
Réduire au maximum lutilisation et la prolifération des armes légères et des munitions.
III. Le contexte de la prolifération des armes légères
Les armes légères ne sont pas la cause des conflits mais elles les aggravent, retardent leur résolution et compliquent la mise en application des accords de paix.
Les causes premières des conflits sont multiples (politiques, sécuritaires, culturelles, identitaires, socio-économiques). La limitation de lemploi des armes légères nécessite donc de sattaquer à ces causes premières. Il sagit de créer les conditions pour ne plus devoir utiliser les armements. De nombreux efforts sont déjà réalisés dans ce sens, mais ils doivent être accrus notamment par lamélioration du développement socio-économique, linstauration dune « culture de paix » ainsi que la promotion de la démocratie et du respect des droits de lhomme et du droit humanitaire.
Mais inversement, la lutte contre les causes profondes des conflits risque dêtre contrecarrée par la présence massive darmes légères. Il sagit donc, parallèlement à ces efforts, de restreindre au maximum la présence, les transferts et lemploi des armes légères.
IV. Mesures à développer pour freiner la prolifération et lemploi des armes légères
Il sagit de mener plusieurs actions en même temps :
Prendre en compte loffre et la demande.
Prendre en compte le commerce licite et le trafic illicite.
Prendre en compte les flux (transferts et commerce international des armes) et les stocks existants.
Prendre à la fois des mesures spécifiques aux armes légères et des mesures globales concernant lensemble des armes conventionnelles.
A long terme
Dans le cadre multilatéral
Adoption dun « traité sur le contrôle et la limitation des transferts internationaux des armements conventionnels ».
Dans lUnion européenne
Adoption dune politique et dune réglementation communes en matière dexportations darmes conventionnelles.
A moyen terme
Dans le cadre multilatéral
Adoption dun « code de conduite international sur les transferts darmements » (proposition du Comité des Prix Nobel de la Paix, à linitiative dOscar Arias, ancien président du Costa Rica).
Adoption dune « convention sur la prévention de lusage illégal et aveugle des armes légères » (proposition dEdward Laurance, 1997).
Amélioration du « registre des Nations Unies sur les armes conventionnelles » (inclure les armes légères, les stocks existants et les achats intérieurs, rendre obligatoires les déclarations des Etats).
Création dun système de marquage universel des armes légères ainsi quun traçage à partir de la production jusquà lutilisateur final, via une banque de données. Inclusion dans cette banque de données des contrôles des stocks, des reventes et des destructions des surplus.
Création dun système de contrôle international de la production et des exportations de munitions.
Enregistrement international des intermédiaires, vendeurs et producteurs.
Adoption dune convention sur le contrôle international de la production et des transferts de munitions.
Au niveau régional
Soutien aux initiatives régionales (Afrique, Amérique latine, Asie) en vue daméliorer la prévention des conflits, les mesures de confiance, le contrôle des stocks darmement, le désarmement et la démobilisation.
Création de registres régionaux sur les stocks et les flux darmements.
Adoption de moratoires (ex. : Afrique de lOuest) sur la production, limportation et lexportation darmes.
A court terme
Dans le cadre multilatéral
Renforcer les moyens juridiques et matériels de collecte et de destruction des armes légères après les conflits (notamment dans le cadre daccords de paix et des opérations de maintien de la paix).
Dans lUnion européenne
Amélioration et application du « code de conduite européen » sur les exportations darmes (adopté en mai 1998) : meilleure transparence, meilleure définition des critères notamment celui relatif aux droits de lhomme.
Renforcer la coopération, léchange dinformation et la coordination de la lutte contre les trafics darmes (dans le cadre du « programme pour la prévention du trafic illicite des armes conventionnelles et la lutte contre ce trafic », décidé en juin 1997 par le Conseil de lUE), notamment en dégageant les moyens financiers nécessaires.
Standardiser les formulaires de destination finale (« end-use ») afin de limiter les possibilités de falsification et de détournement.
En Belgique
Renforcer les contrôles sur la réalité des transferts darmes (destination finale, bonne arrivée) et veiller à lapplication stricte des réglementations nationales, européennes et internationales en matière dexportation darmes. Attribuer les moyens humains, financiers et juridiques suffisants pour atteindre ces objectifs.
B. Renforcer la réglementation nationale sur les exportations darmes :
1° Amélioration de la définition des critères, notamment en ce qui concerne les droits de lhomme, la stabilité régionale, et les niveaux excessifs dachats darmements et des dépenses militaires.
2° Inclure dans la définition des armements le matériel destiné aux forces de sécurité et de police.
3° Limiter la durée de validité des licences dexportations darmes et interdire lexportation de licences de production darmements.
4° Adopter un système unique et obligatoire de marquage de toutes les armes à feu (militaires et civiles) produites et vendues en Belgique ou à lexportation. Constitution dun registre national centralisant les données sur les détentions et les flux de ces armes à feu.
5° Rendre obligatoire lenregistrement des vendeurs et intermédiaires légalement autorisés à opérer dans le marché des armements. Rendre punissables les délits commis par des ressortissants belges à létranger (extraterritorialité).
6° Améliorer la transparence : rendre publiques les données sur les exportations darmes.
7° A linstar des législations de la Suède ou des Etats-Unis, permettre à une Commission parlementaire de donner son avis avant toute attribution de licence dexportation darmes.
Documents de référence (disponibles sur le site Internet du GRIP : www.grip.org, section « commerce des armes et armes légères »)
Recommandations du groupe dexperts de lONU sur les armes légères (1997)
Moratoire sur les transferts et la production darmes légères en Afrique de lOuest (octobre 1998)
Convention contre les trafics darmes de lOrganisation des Etats Américains (1997)
Code de conduite sur les exportations darmes de lUnion européenne (mai 1998)
Proposition des Prix Nobel de la Paix pour un Code de conduite international sur les exportations darmes à linitiative dOscar Arias (1997)
Programme européen de lutte contre les trafics darmes (juin 1997)
Documents ECOSOC (ONU, Vienne) sur la détention et les transferts darmes à feu (1998).
Appel à laction de Bruxelles (octobre 1998), dans le cadre de la conférence « Un désarmement durable pour un développement durable ».
9. Principes régissant les transferts darmes classiques, adoptés par lOSCE (1993).
Liste des signataires (au 13/10/99)
Action commune culturelle socialiste (ACCS)
Amnesty International (Belgique francophone)
Coordination nationale pour la paix et la démocratie (CNAPD)
Centre national de coopération au développement (CNCD)
Commission justice et paix
Conseil des femmes
Croix-Rouge de Belgique
Entraide et fraternité / Vivre ensemble
Femmes pour la paix
Groupe de recherche et dinformation sur la paix et la sécurité (GRIP)
Handicap International
Ligue belge des droits de lhomme
Mouvement chrétien pour la paix (MCP)
Médecins sans frontières (MSF)
Mouvement international de la réconciliation / Internationale des résistants à la guerre (MIR/IRG)
Mouvement ouvrier chrétien (MOC)
Oxfam-Solidarité
Pax Christi Wallonie Bruxelles
Présence et action culturelles (PAC)
Solidarité socialiste
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Groupe de recherche et d'information
sur la paix et la sécurité
70 Rue de la Consolation, B-1030 Bruxelles
Tél.: +32.2.241 84 20 - Fax : +32.2.245
19 33
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